Avangard Omsk - Dinamo Moscou (19 mars 2003)

 

Quart de finale du championnat de Russie 2002/03, deuxième manche.

Omsk est tombé dans le piège d'entrée, mais la tâche du Dinamo s'annonce maintenant encore plus difficile. L'Avangard ne sera plus pris par surprise, et il sait parfaitement à quoi s'attendre. De plus, les Moscovites ont un autre souci. Comme les saisons de Roman Zolotov et Aleksei Troshchinsky se sont terminées prématurément sur blessure, la défense est en manque de personnel. Avec la suspension de Skopintsev, il faut rappeler dans l'effectif le défenseur letton Rodrigo Lavins.

Du côté d'Omsk, c'est en attaque qu'il y a quelques absences. Faute de pouvoir comme d'habitude s'appuyer sur deux très grosses lignes, Ivan Hlinka décide donc de changer complètement de stratégie. Il place la gâchette russe Maksim Sushinsky avec les deux meilleurs marqueurs du championnat, Tomá Vlasák et Pavel Patera. Le troisième attaquant tchèque Martin Prochazka est laissé en tribune afin d'utiliser comme troisième étranger le défenseur Jirí Slegr, déjà de retour après avoir été opéré de la hanche il y a seulement trois semaines, et qui supplée un Shalnov auteur d'erreurs coupables hier.

Le trio de feu inédit fait immédiatement grande impression. À peine est-il monté sur la glace qu'il ouvre le score, après seulement vingt-six secondes de jeu, sur une déviation de Sushinsky. Le public s'attend alors à ce que l'Avangard réalise le festival offensif que tout le monde à Omsk espère. Mais celui-ci ne dure en fait que quelques minutes, et se résume de plus en plus à des actions individuelles. Le Dinamo n'a pas l'intention de se laisser autant dominer qu'hier en début de match, et réplique en s'appuyant par exemple sur le culot du jeune Ovechkin.

Heureusement, Omsk n'a pas uniquement son talent offensif comme atout. Après la prestation médiocre de Vyukhin hier, Maksim Sokolov retrouve logiquement sa place de titulaire, lui qui ne l'a plus été depuis trois semaines et une défaite contre Togliatti. Et la présence de Sokolov ressemble à une assurance tous risques dans les cages... jusqu'à ce lancer puissant qui heurte son masque avec fracas. Sokolov est sonné, mais il se relève sans mal... au contraire de son masque, cabossé. Il doit donc emprunter celui d'Ovechkin. Dans une fonction où la superstition prend souvent beaucoup d'importance, voilà qui n'est pas très bon signe pour la suite...

À voir la première ligne d'Omsk s'escrimer pendant une minute vingt à cinq contre trois à la reprise, on comprend en effet que la réussite n'est pas du côté de l'équipe locale ce soir. Ce qui pourrait la sauver, c'est que les joueurs de Dynamo, dans l'émotion de l'évènement, sont également très nerveux. Exclu pour dix minutes en raison d'une altercation avec Patera, Vyshedkevich est si agité dans sa prison que l'arbitre lui indique finalement la direction de vestiaires. Pour le deuxième jour de suite, la défense du Dinamo est réduit à cinq éléments à cause d'une pénalité de match !

Le tournant de la rencontre a lieu peu après la mi-match. Perezhogin se présente seul face à Yeremeïev, mais tire au-dessus de la cage. Le palet est récupéré par le Dinamo qui lance une contre-attaque conclue par l'égalisation d'Aleksei Kudashov. Dans la minute qui suit, l'Avangard semble avoir repris l'avantage, mais après avoir fait appel à la vidéo, l'arbitre annule le but en expliquant que le palet n'a jamais franchi la ligne à son avis.

Omsk est fébrile, à l'image de Slegr qui fait une passe directement sur Kartsev, cadeau non exploité, heureusement pour le Tchèque. Mais Kudashov, lui, prend sa chance en fin de tiers, et réalise le doublé. Sushinsky répond au début du troisième tiers en inscrivant également son deuxième but, en supériorité numérique. Mais cette action propre de la première ligne est un peu isolée, et les attaques de l'Avangard échouent toutes sur Yeremeïev, alors que le Dinamo reste dangereux en contre-attaque.

C'est sur l'une d'elles que les visiteurs effectuent un nouveau hold-up lors de la prolongation. Vorobiev et Kartsev partent en deux contre un et ce dernier le conclut victorieusement. Candidat au titre, Omsk est proche d'une sortie rapide et sans gloire. L'expérience Ivan Hlinka est-elle un échec ? En cas d'élimination, il est fort probable, connaissant le président Anatoli Bardin, qu'il y mettra fin, pleurant les millions investis en vain, et renverra le prestigieux entraîneur tchèque comme s'il se fût d'un coup transformé en incapable.

 

Commentaires d'après-match :

Ivan Hlinka (entraîneur d'Omsk) : "Il faut reconnaître que c'est l'équipe la plus intelligente qui a gagné ces deux matches. Elle a mieux su concrétiser ses occasions et a commis moins d'erreurs. Notre situation est extrêmement difficile, mais il serait prématuré de tirer un trait sur l'Avangard. Nous nous battrons encore à Moscou."

Zinetula Bilyaetdinov (entraîneur du Dinamo Moscou) : "Certainement personne ne s'attendait à deux victoires du Dinamo. Cela n'en rend la victoire que plus belle. Chacun a parfaitement rempli sa tâche. Mes joueurs ont montré une intéressante stabilité psychologique, même après avoir encore encaissé le premier but. Contre un tel rival, il n'y a qu'une seule arme : garder la tête froide. Nous devons montrer que nous sommes un organisme uni et invulnérable. Si notre adversaire sent la moindre faiblesse, un quatrième puis un cinquième match deviendront inévitables. On ne doit pas oublier que nous jouons contre les meilleurs marqueurs du championnat, contre le meilleur gardien russe, et contre un entraîneur au talent remarquable."

 

Avangard Omsk - Dinamo Moscou 2-3 a.p. (1-0, 0-2, 1-0, 0-1)

Mercredi 19 mars 2003 à la patinoire Viktor Blinov d'Omsk. 5000 spectateurs.

Arbitrage de M. Kadyrov. Pénalités : Omsk 20', Moscou 24'+10'+20'.

Tirs cadrés : Omsk 41 (13, 12, 14, 2), Moscou 24 (9, 8, 6, 1).

Évolution du score :

1-0 à 00'26" : Sushinsky assisté de Vlasak et Patera

1-1 à 30'23" : Kudashov assisté de Razin

1-2 à 39'32" : Kudashov assisté de Savchenkov et Razin (sup. num.)

2-2 à 42'08" : Sushinsky assisté de Vlasak et Patera (sup. num.)

2-3 à 62'36" : Kartsev assisté de Vorobiev et Stepanov

 

Avangard Omsk

Gardien : Maksim Sokolov.

Défenseurs : Dmitri Ryabykin - Yuri Panov ; Sergueï Rozin - Jirí Slegr ; Kirill Koltsov - Igor Nikitin.

Attaquants : Tomá Vlasák - Pavel Patera - Maksim Sushinsky (C) ; Dmitri Zatonsky - Ravil Yakubov - Aleksandr Kharitonov ; Aleksandr Perezhogin - Andrei Taratukhin - Artem Chernov ; Andrei Subbotin - Ramil Saïfullin - Aleksandr Popov.

Dinamo Moscou

Gardien : Vitali Yeremeïev.

Défenseurs : Aleksandr Zhdan - Osmo Soutokorva ; Oleg Orekhovsky - Ilya Nikulin ; Sergueï Vyshedkevich - Rodrigo Lavins.

Attaquants : Aleksandr Kuvaldin - Aleksandr Semak - Dmitri Starostenko ; Aleksandr Savchenkov (C) - Andrei Razin - Aleksei Kudashov ; Vladimir Vorobiev - Denis Kartsev - Aleksandr Stepanov ; Vladislav Yevseïev - Aleksandr Ovechkin - Aleksei Tereshchenko.

 

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