Strasbourg - Chamonix (29 mars 2003)

 

Match comptant pour la treizième journée de la poule finale du championnat de France 2002/2003 de division 1.

Dernier match, à domicile, de la saison pour les pensionnaires du Wacken. Exit les rêves du titre, il reste encore la possibilité de finir deuxième à l'issue de ce match, face à des adversaires qui peuvent, eux aussi, prétendent au podium, les Chamois de Chamonix.

Réalisme alpin

La partie commence sur un rythme assez lent. Les Chamoniards bénéficient pourtant rapidement d'une supériorité numérique, suite à une obstruction de Coulombeix. Avantage numérique qu'ils savent implanter devant Äikää, les tirs sont cadrés mais ils ne s'imposent pas au niveau physique, et Strasbourg se tire bien de l'exercice, sans pour autant arriver, ensuite, à inquiéter Bochatay. Leurs actions sont confuses, imprécises, et pataudes. On note un léger mieux de la partie lors de la première supériorité de Strasbourg, la cage alpine est assiégée, un slap de Flinck repoussé on ne sait où, le palet qui traîne à un mètre de la cage, avant qu'Himler ne le pousse sur la base du poteau. Les Chamoniards subissent alors le match, surtout au niveau physique, où ils n'arrivent pas à soutenir la comparaison. Ce sont pourtant eux qui ouvrent le score, joliment d'ailleurs, quand Margerit remonte presque toute la patinoire, pour ensuite servir à l'opposé Maës qui conclue de près face à Äikää. On retrouve aussitôt la même action, avec les mêmes joueurs, pour une seconde réalisation identique, refusée par l'arbitre : Äikää a déplacé la cage en effectuant un lancer de jambières pour repousser, l'arbitre estime que le palet est rentré après coup.

Il est temps pour Strasbourg de réagir, et c'est le lutin Aye qui monte à l'abordage et sert en retrait Coulombeix. L'ex-Angloy allume à bout portant Bochatay qui détourne. Strasbourg retrouve des couleurs, même si l'Étoile Noire pousse par à-coups, comme ce but d'Hohnadel légitimement refusé pour une charge caractérisée sur le gardien, qui ne peut alors défendre correctement.

Globalement, Chamonix n'est pas imprenable, mais ses actions sont plus concises, plus rapides que celles de son adversaire.

On prend les mêmes et on recommence

Malgré une entame favorable, les locaux n'arrivent pas à trouver la faille, et c'est Chamonix qui va de nouveau marquer, sur sa première action. Pierre Pousse, l'entraîneur-joueur chamoniard formé à Strasbourg, monte vers le but, puis revient vers la ligne bleue en lançant un tir à suivre vers Äikää. Beaule détourne de près et de façon heureuse devant l'infortuné Finlandais. On peut difficilement être plus réaliste... Pourtant, Chamonix sent le bon coup, et profite de ces instants de flottement chez les locaux pour placer des accélérations, comme ces assauts de Lurati ou de Pastore, dont le tir passe à côté alors qu'Äikää est archi-battu. Ou encore lorsque Beaule hérite d'un palet de 3-0, seul face à Sami, qui gagne son duel, ainsi que le rebond. Pourtant, Strasbourg est à ce moment (27') complètement à côté de son match, Chamonix joue collectif et est le plus menaçant. Une attaque de Sevcik, qui rate l'immanquable devant Bochatay, réveille l'Étoile Noire. Tuominen, idéalement esseulé par Hohnadel, bute sur un réflexe du même Bochatay. Les Alpins subissent alors le match, même s'ils savent rester dangereux, avec un excellent grattage de palet très haut posant des problèmes aux Alsaciens, même en supériorité numérique.

Strasbourg est en train de perdre confiance, alors que Chamonix est encore prenable, mais il faudrait récupérer les nombreux rebonds que laisse traîner le portier chamoniard.

Adieu le podium

De nouveau, Strasbourg prend les choses en main, mais bute toujours sur Bochatay, bien aidé par son casque. Et c'est encore Chamonix qui marque, par l'intermédiaire de Hrehorcak. Encore un grattage de palet de Svenk, puis le Slovaque remonte le long de la bande, résiste à la charge locale, contourne le but et remonte vers Äikää. Son léger tir du revers est repoussé, mais Hrehorcak, déséquilibré par Dumuis, trompe confusément le Finlandais, pas chanceux sur cette action. Les choses se compliquent quand on voit le réalisme alpin face aux multiples essais infructueux des Bas-Rhinois. Saint-Marc bénéficie d'une occasion, très nette, alors que Chamonix est en supériorité. Le Canadien part à toute allure en contre, mais Bochatay se couche victorieusement. Petit espoir, Allison ouvre le score alsacien, quand Brau-Arnauty décoche un tir tendu, repoussé une nouvelle fois. Allison, de l'autre côté de la bleue, voit la lucarne grande ouverte et ne se pose pas de questions en envoyant une mèche, bien sentie, la dépoussiérer.

Il s'ensuit aussitôt une période confuse, où M. Rousselin a bien du mal à trouver qui fait quelle faute, et envoie au petit bonheur la chance Alsaciens et Alpins en prison. Strasbourg est alors à quatre contre trois, et les espaces sont plus importants. Dumuis et Allison sont à la bleue et installent la supériorité, je te passe, tu me passes, l'Américain temporise un bref instant avant d'envoyer un exocet en pleine lucarne. L'espoir est revenu, hélas seulement le temps d'engager. Svenk remonte vers Äikää et effectue un petit centre en arrière au poteau gauche pour Maës qui reprend comme à la parade.

Daniel Bourdages demande alors un temps mort, pour laisser les esprits se re-concentrer après ce nouveau coup de massue. C'est pourtant Chamonix qui pousse, avec Beaule qui perd son duel face à Äikää. Il reste environ cinq minutes à jouer, Chamonix reste un peu en retrait, alors que Strasbourg tente désespérément de remonter à l'abordage. Sur une feinte d'Allison en deux contre un, le défenseur chamoniard manque de dévier dans son but, du patin. Plus que deux minutes, Äikää est sorti, Saint-Marc bute sur un lancer de jambières de Bochatay. La pression strasbourgeoise est mal engagée, Léoty récupère et envoie puissamment du fond de sa zone dans les filets désertés, histoire de ponctuer cette fin de match un peu tristounette.

Bilan de la saison

La saison strasbourgeoise finit un peu en eau de boudin, après avoir bien commencé en 2002. L'Étoile Noire était alors un gros favori pour le titre de division 1. Depuis, les choses ont moins favorablement évolué pour les hommes de Daniel Bourdages, qui doit amèrement se remémorer, maintenant, qu'un futur champion de France peut faire match nul contre Neuilly... s'il gagne, en même temps, les matches encore plus importants (en référence à ses déclarations lors de la contre-performance, début janvier, d'Épinal contre Neuilly). Strasbourg n'a pas su négocier les matches cruciaux, notamment à la maison, en laissant échapper des points contre Épinal, Nice et Limoges. Pourtant, l'effectif était pléthorique, quantitativement et qualitativement. À l'image de ce soir, il a manqué pas mal de réussite à l'attaque alsacienne, malgré des qualités de cur évidentes (comme ce match de Coupe de France contre Amiens, où les Strasbourgeois étaient allés au bout de leur persévérance). L'intersaison arrive, la nouvelle patinoire va peut-être commencer à prendre forme, il va falloir continuer à monter en puissance afin de monter "au-dessus par la voie sportive", un souhait du président Hohnadel.

Victoire précieuse, un peu inespérée, des Alpins. Sur l'ensemble du match, sans parler de hold-up, on notera que les buts chamoniards sont arrivés à des moments importants, cassant la pression strasbourgeoise (une spécialité des brasseries du coin, pourtant !). On notera, à leur décharge, un bon travail collectif en attaque, avec des jeux de passes agréables à regarder. Derrière, c'était un peu plus confus, le pressing physique ne semble pas être leur qualité première, à l'image d'un Léoty qui compense son manque de gabarit par une gnac visible. La mission de cette saison était de remonter progressivement vers le haut, avec des jeunes (9 juniors sur 18 joueurs hier, mais il manquait les expérimentés Balmat, Charlet, Dumas et Fournet, ceci explique peut-être cela). La saison n'est pas encore finie qu'on murmure déjà qu'un certain nom prestigieux rejoindrait les Chamois l'année prochaine... L'ambition sera peut-être à la hausse, on ne pourra que s'en réjouir.

Compte-rendu signé Stéphane Rault

 

Commentaire d'après-match (dans les DNA) :

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "On a vu ce à quoi on s'attendait, à savoir une équipe un peu attentiste, rapidement disposée en 1-2-2. Il fallait s'adapter à cela. On prend des buts en contre alors que l'on savait que c'était notre faiblesse. On s'est battus, mais mal, sans cohésion. Nous avions également des difficultés dans les phases de 4 contre 4, où le jeu est plus technique. Il faut des duos forts et nous étions handicapés par les absences de Medeiros et de Schuchewytsch. Il est aussi dommage que les joueurs ne soient pas plus en amour avec leur équipe. Certains gestes individuels pénalisent l'ensemble du groupe."

 

Strasbourg - Chamonix 2-5 (0-1, 0-1, 2-3)

Samedi 29 mars 2003 à 17h30 à la patinoire du Wacken.

Arbitrage de M. Rousselin assisté de MM. Magnier et Gremion.

Pénalités : Strasbourg 22' (2', 2', 8'+10'), Chamonix 22' (4', 6', 12').

Tirs cadrés : Strasbourg 35 (10, 13, 12), Chamonix 20 (7, 6, 7).

Évolution du score :

0-1 à 11'05" : Maës assisté de Margerit et Prétat

0-2 à 23'34" : Beaule assisté de Pousse

0-3 à 45'04" : Hrehorcak assisté de Svenk

1-3 à 47'42" : Allison assisté de Brau-Arnauty

2-3 à 50'42" : Allison assisté de Dumuis (sup. num.)

2-4 à 51'40" : Maës assisté de Svenk

2-5 à 58'56" : Léoty assisté de Bochatay (cage vide)

 

Strasbourg

Gardien : Sami Äikää.

Défenseurs : Jouni Saarinen - Sébastien Lesur ; Josh Allison - Damien Brau-Arnauty ; Gabriel Cadoret - Thibault Dumuis ; François Besseyre.

Attaquants : Daniel Sevcik - Tomy Flinck (A) - Peter Himler ; Olivier Escuder (A) - Stéphane Hohnadel (C) - Jani Tuominen ; Fabrice Aye - Pierre-Hervé Coulombeix - Mathieu Saint-Marc ; Thomas Frand - Damien Mehl - Grégoire Mehl.

Remplaçant : Antoine Intsaby (G). Absents : Maxime Schuchewytsch (sélection nationale belge), Éric Medeiros (blessé).

Chamonix

Gardien : Frédéric Bochatay

Défenseurs : Peter Hrehorcak - Vincent Léoty ; Xavier Lorenzelli (A) - Mathieu Prétat ; Yoann Petiot.

Attaquants : Guillaume Lurati - Pierre Pousse - Alain Beaule (A) ; Bruno Margerit (C) - Peter Svenk - Lionel Maës ; Alexandre Doulliot - Cyril Abboudi - Jonathan Pastore.

Remplaçants : Frank Constantin (G), Julien Marquet. Absents : Yannick Fournet, Stéphane Balmat (blessés), Yannick Charlet, Pierrick Dumas.

 

 

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