Avangard Omsk - Severstal Cherepovets (2 avril 2003)

 

Demi-finale du championnat de Russie 2002/03, cinquième manche.

L'Avangard Omsk doit en passer par une cinquième manche à domicile avant d'envisage une qualification, une situation qu'il connaît bien pour l'avoir souvent vécue ces dernières années. La pression est donc maîtrisée, mais la certitude de la victoire n'existe pas, tant chacun des matches de cette demi-finale s'est joué à peu de choses. Deux séries de suite qui se prolongent commencent à peser dans les jambes, surtout avec un calendrier des play-offs aussi resserré qu'en Russie. De plus, il manque à Omsk les deux ailiers habituels de la deuxième ligne : Aleksandr Perezhogin, qui était déjà absent au quatrième match en raison d'une infection virale, et Aleksandr Kharitonov, qui a été heurté au visage par le palet à la fin de la rencontre en question et qui souffre d'une commotion cérébrale et de blessures faciales.

Comme d'habitude, l'Avangard commence sa prestation à domicile en mettant la pression sur la cage adverse, avec Maksim Sushinsky en fer de lance. Le Severstal Cherepovets ne commence à sortir du bois qu'après une dizaine de minutes, mais il provoque très vite une erreur cruciale de Sokolov : au lieu de geler le palet après avoir arrêté un lancer de Nikitenko, le gardien vice-champion du monde tente de le dégager sur le côté... et se fait piéger par l'international junior Yuri Trubachev qui a parfaitement flairé le coup. Puisque c'est aux moins de vingt ans de se mettre en évidence, ceux de la quatrième ligne d'Omsk ne sont pas en reste. Six minutes plus tard, Andrei Taratukhin, rentré dans l'effectif à la faveur des absents de dernière minute, répond du tac au tac en égalisant.

Alors que Cherepovets ne profite pas d'une double supériorité numérique en deuxième période, Omsk exploite parfaitement en vingt secondes à peine une pénalité contre Nikitenko, un but tout à fait mérité pour Aleksandr Prokopiev, qui avait déjà menacé Cousineau en fin de premier tiers-temps. Mais Maksim Sokolov connaît un nouvel instant de faiblesse en laissant passer entre ses jambières un tir en angle fermé de Yuri Dobryshkin, et tout est à refaire. On attend par exemple un coup de génie de la ligne tchèque, amis si Tomá Vlasák se défait sans trop de problèmes de Yudin, il échoue en revanche sur Cousineau.

C'est un incident parfaitement prévisible qui éclate à dix minutes de la fin. Le "goon" Aleksandr Yudin, revenu dans l'effectif pour cette dernière rencontre, avait été chauffé à blanc au sujet de Jirí Slegr, le défenseur tchèque qui était présenté dans les conversations comme un rival à sa mesure. Avec quelqu'un d'aussi vaniteux que Yudin, qui ne tolère aucune concurrence dans son "domaine réservé", cela risquait forcément d'aboutir à une confrontation directe. Les deux hommes se sont longtemps cherchés, et la bagarre constitue donc un dénouement peu surprenant. Yudin, qui jure sur ses grands dieux n'avoir jamais perdu un combat et traite de menteur quiconque prétend le contraire, a cette fois-ci 5500 témoins qui l'ont vu terminer avec le nez cassé. Jirí Slegr a beau lever les bras pour recueillir "l'hommage" de la foule, il n'est nullement gagnant dans l'affaire. À l'inverse de Yudin, qui est plus ou moins payé pour ça, à la mode nord-américaine, ce n'est pas ce genre d'échauffourées, avec pour conséquence une pénalité de match plus une rencontre de suspension pour l'éventuelle finale, que l'on attend de Slegr, dont la mission doit être de stabiliser la défense d'Omsk.

Or, celle-ci en a bien besoin, et elle se rend compte presque immédiatement de ce qu'il en coûte de perdre son meilleur défenseur. Comme Sapozhnikov est en prison, l'Avangard fait le forcing en avantage numérique, mais est crucifié par une contre-attaque de l'attaquant biélorusse Andrei Kalyuzhny. Malgré une dernière réaction et une ultime occasion de Sushinsky à l'avant-dernière minute, Omsk s'est donc fait piéger en beauté. Comme l'an passé face à Kazan, l'Avangard échoue aux portes de la finale. La confrontation suprême que beaucoup attendaient entre les deux entraîneurs tchèques Vladimìr Vujtek et Ivan Hlinka n'aura donc pas lieu.

Au lieu de ça, c'est Cherepovets qui peut se congratuler, les joueurs réservant une bonne part de leurs félicitations à Marcel Cousineau. Le gardien canadien a gagné son match dans le match, décisif, face à Maksim Sokolov, son prédécesseur dans les cages du Severstal, qui a prouvé bien malgré lui à son ancien club qu'il n'était plus besoin de le regretter.

 

Commentaires d'après-match :

Ivan Hlinka (entraîneur d'Omsk) : "Je félicite mon collègue pour sa victoire. Aujourd'hui, nous avons commis des erreurs qui ne pardonnent pas en play-offs. De plus, les forces nous ont manqué pour attaquer avec dynamisme. Dix matches en seize jours, c'est vraiment beaucoup, et on atteint là les limites des possibilités de l'organisme humain."

Sergueï Mikhalev (entraîneur de Cherepovets) : "Chaque match de cette demi-finale a mobilisé nos forces physiques et mentales jusqu'à la limite. La réussite nous a souri, et même Sokolov nous a aidés. Peut-être qu'il se souvient de Cherepovets et qu'il a éprouvé du respect pour nous... Quand nous avons été menés au score, ce fut difficile à vivre, et notre deuxième but a fait l'effet d'un bon bol d'air. C'est la première fois dans son histoire que Cherepovets atteint la finale, et c'est une énorme joie pour tous nos supporters."

 

Avangard Omsk - Severstal Cherepovets 2-3 (1-1, 1-1, 0-1)

Mercredi 2 avril 2003 à la patinoire Viktor Blinov, à Omsk. 5500 spectateurs (guichets fermés).

Arbitrage de M. Zaïtsev. Pénalités : Omsk 14'+5'+20', Cherepovets 14'+5'+20'.

Tirs cadrés : Omsk 28 (14, 7, 7), Cherepovets 25 (7, 14, 4).

Évolution du score :

0-1 à 11'53" : Trubachev assisté de Nikitenko et Dobryshkin

1-1 à 17'30" : Taratukhin assisté de Nikitin et Saïfullin

2-1 à 25'33" : Prokopiev assisté de Panov et Ryabykin (sup. num.)

2-2 à 30'56" : Dobryshkin assisté de Nikitenko

2-3 à 49'45" : Kalyuzhny assisté de Berdnikov (inf. num.)

 

Avangard Omsk

Gardien : Maksim Sokolov.

Défenseurs : Dmitri Ryabykin - Yuri Panov ; Sergueï Rozin - Jirí Slegr ; Kirill Koltsov - Igor Nikitin.

Attaquants : Dmitri Zatonsky - Aleksandr Prokopiev - Maksim Sushinsky (C) ; Andrei Subbotin - Ravil Yakubov - Aleksandr Popov ; Tomá Vlasák - Pavel Patera - Artem Chernov ; Yuri Ermolin - Ramil Saïfullin - Andrei Taratukhin.

Severstal Cherepovets

Gardien : Marcel Cousineau.

Défenseurs : Sergueï Gusev - Evgueni Petrochinin ; Vassili Turkovsky - Igor Shchadilov ; Andrei Sapozhnikov - Aleksandr Yudin.

Attaquants : Yuri Kuznetsov - Aleksei Kalyuzhny - Sergueï Berdnikov ; Yuri Dobryshkin - Andrei Nikitenko - Yuri Trubachev ; Ruslan Nurtdinov - Vadim Yepanchintsev - Vladimír Vujtek jr ; Andrei Shefer - Pavel Torgaïev (C) - Aleksandr Blokhin.

 

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