Rouen - Amiens (5 avril 2003)

 

Deuxième match de la finale de la coupe Magnus 2003.

Plus qu'une finale, un mythe !

Après la victoire d'Amiens lors de la première manche, quelque soit l'équipe qui soulèvera la coupe Magnus, désormais, la finale 2003, on le sait, sera plus qu'une distribution de titre : un mythe ! Cette rivalité entre deux équipes, deux régions, est ancestrale. Il y a plus de mille ans, au Xème siècle, le chef viking Rollon, baptisé par l'église, était chargé par le roi Charles de protéger, entre autres, la frontière normando-picarde en échange d'un territoire proche des limites actuelles du département de la Seine-Maritime.

Ce deuxième match porte au paroxysme la tension et le plaisir amer d'en découdre contre "LE" rival. Un échec rouennais sur sa glace face aux Gothiques serait ressenti comme une suprême humiliation pour toute une génération de partisans normands. Du côté picard, ce "second" match semble être l'unique chance de soulever le trophée. Malgré des heures de palabres, de réflexion, de nuits blanches à jouer cette deuxième partie prématurément, cette tension, cette obsession quasi-maladive, n'aura qu'une issue sur la glace de l'île Lacroix en ce samedi 3 avril de l'an de grâce 2003. Il n'y a plus de logique intrinsèque, le public ne maîtrise plus grand-chose et s'en remet à chacun de ses favoris pour jouer par procuration une mythologie.

La pression se lit dans chaque camp. Les deux équipes ont du mal à se livrer. Sérieuses mais enchaînées par l'enjeu, elles semblent disputer un quatrième tiers au match de jeudi dernier. La foule crispée lance des encouragements désunis jusqu'à ce qu'Éric Doucet reprenne la rondelle laissée libre par Mindjimba et sa défensive sur un envoi cristallin de Simon Lacroix (1-0 à 19'12) ! Une ouverture du score tardive qui a fait subir un tiers supplicié à tous les acteurs.

À la reprise, les Normands sont soulagés et rassurés. Libérés et plus sereins, les Dragons dominent, se voyant même refuser un but. C'est sans doute ici que les joueurs de Franck Pajonkowski manquent le tournant de la rencontre. Le jeu en devient plus ouvert, Amiens procédant en contres. Puis les deux équipes se neutralisent et ne parviennent pas, à cause de trop rares occasions sérieuses, à trouver les filets adverses avant la deuxième pause.

La troisième période repart sur le même rythme et les même bases que la seconde moitié du tiers précédent. Un long bras de fer s'amorce entre les deux équipes. Et à ce petit jeu, c'est Amiens qui est le plus opportuniste. Les Picards profitent d'un relâchement des Rouennais, qui attendaient un coup de sifflet de l'arbitre, consécutif à une faute sur Guillaume Besse non sanctionnée et pourtant tellement évidente. Mickaël Brodin égalise et envoie les deux équipes en mort subite. Infernal !

Dans cette prolongation, une action émérite restera gravée dans toutes les mémoires. C'est le breakaway en supériorité numérique de François Rozenthal face à Éric Raymond. En un quart de demi-seconde, tous les présents sont passés de l'état de frayeur ravageuse à l'espoir disparu (ou inversement). Un sentiment de renaissance (ou de petite mort). C'est le premier exploit d'Éric Raymond. Profession gardien de play-off. Les seules parties qui débouchent sur la vérité et clouent le bec aux bavardages.

C'est maintenant l'heure de la fusillade. Héroïque, Éric Raymond dévie tous les palets amiénois, alors que son vis-à-vis craque face aux exploits de David Saint-Pierre et Guillaume Besse. Dans le camp rouennais, ce n'est pas l'allégresse, c'est un sentiment de terrible soulagement qui domine. Déjà, du côté des supporters, on anticipe la "belle finale" du lendemain.

Compte-rendu signé Thierry Frechon

 

Commentaire d'après-match (au micro de Sport +)

Antoine Richer (entraîneur d'Amiens) : "On se devait d'être vigilants défensivement, je pense qu'on l'a été. On était peut-être un peu crispés. On n'a pas tout de suite pu développer et jouer. J'avais annoncé aux joueurs que ce serait un match physique, ça ne l'a pas été tant que ça."

 

Rouen - Amiens 1-1 a.p. (1-0, 0-0, 0-1, 0-0) / 2-0 aux tirs au but

Samedi 5 avril 2003 à 20h00 sur l'île Lacroix. 3200 spectateurs.

Arbitrage de M. Benoist.

Pénalités : Rouen 18'+10', Amiens 16'+10'.

Évolution du score :

1-0 à 19'12" : Doucet assisté de Lacroix

1-1 à 50'17" : M. Brodin assisté de Bergqvist

Tirs au but :

Rouen : Saint-Pierre (réussi), Besse (réussi), Doucet (arrêté).

Amiens : Bergqvist (arrêté), Gras (arrêté), B. Chauvel (arrêté), F. Rozenthal (arrêté).

 

Rouen

Gardien : Éric Raymond.

Défenseurs : Daniel Carlsson - Simon Lacroix ; Sami Karjalainen - Allan Carriou ; Nicolas Pousset.

Attaquants : Pierre Allard - David Saint-Pierre - Éric Doucet ; Guillaume Besse - Arnaud Briand - Jimmy Provencher ; Thibault Geffroy - Alain Vogin - Pierre-Édouard Bellemare ; Adrien Dufournet.

Remplaçants : Landry Macrez (G), Simon Doreille, Nicolas Besch, Terry Prunier. Absent : Aram Kevorkian (blessé).

Amiens

Gardien : Antoine Mindjimba.

Défenseurs : Frédéric Brodin - Vincent Bachet ; Frederik Bergqvist - Arnaud Mazzone ; Karl Dewolf - Denis Perez.

Attaquants : Kevin Hecquefeuille - Anthony Mortas - François Rozenthal ; Brice Chauvel - Laurent Gras - Luc Chauvel ; Arto Kulmala - Julian Marcos - Benoît Paillet ; Mickaël Brodin.

Remplaçants : Didier Drif (G), Nicolas Rouxel et David Hennebert.

 

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