Rouen - Amiens (6 avril 2003)

 

Troisième et dernier match de la finale de la coupe Magnus 2003.

Et la destinée s'accomplit !

Il fallait bien qu'elle eût lieu une fois, cette finale entre Rouen et Amiens. C'était l'heure. Une telle conclusion de championnat ne peut être autre chose qu'une tragédie de laquelle surgira l'impunité pour l'une ou l'autre équipe.

Comme pour se rassurer, les Gothiques commençaient mieux la rencontre en se créant des occasions un peu plus franches que celles des Rouennais, et finissaient par ouvrir la marque sur une erreur de changement de ligne normand (0-1 à 10'44). Un coup d'accélérateur plus tard, on se rendit compte que les Picards étaient en sur-régime. Arnaud Briand, esseulé au niveau de l'enclave, décroisait brillamment une superbe passe de Guillaume Besse (auteur d'un gros travail derrière le but) qui permettaient aux Dragons d'égaliser (1-1 à 18'04).

En dépit de quelques occasions de part et d'autre, il n'y eut aucune évolution au score au cours du tiers médian. Tout juste faisons-nous le constat que les Amiénois semblent moins frais physiquement et psychologiquement. À défaut, ils jouaient avec la peur de perdre. Preuve qu'après les deux premières manches et le tutoiement de la victoire, ils ont dépassé le statut d'outsiders.

Dans le dernier tiers, l'expérience rouennaise alliée à l'adresse a raison de la solide défense picarde. C'est au cours d'un évitable jeu de puissance, que, sur une passe transversale de David Saint-Pierre, Simon Lacroix ouvre les portes de la gloire (2-1 à 45'49). Éric Doucet, après une accélération de Sami Karjalainen, parachève le coup en inscrivant le but gagnant dans un angle impossible assis au premier poteau (3-1 à 52'07) ! La liesse s'empare du public normand. En fin de match, Antoine Richer demande un temps mort afin de sortir son gardien au profit d'un attaquant supplémentaire. Libérés, n'ayant plus rien à perdre, c'est avec l'énergie du désespoir qu'Anthony Mortas parvient à réduire la marque pour les siens (3-2 à 59'12). La stupeur passée, le public reprend de plus belle ses témoignages d'allégresse pour accompagner la rondelle d'Arnaud Briand filant dans la cage vide (4-2 à 59'57).

C'est fait ! À la croisée des chemins, les Rouennais bigarrés sont restés maîtres de leur destin, sans précipitation, tout en parvenant à contourner une forte défense d'Amiens, homogène mais qui a manqué de persévérance. Cette victoire fait figure de postérité aux cinq titres acquis dans les "Années Dragons". Toute une génération rêvait de cette finale comme aboutissement, consécration définitive face au rival suprême... Mais pour l'heure, dans le camp rouennais, sabrez magnums et videz flacons !

Compte-rendu signé Thierry Frechon

 

Commentaires d'après-match (dans Paris Normandie et au micro de Sport +) :

Franck Pajonkowski (entraîneur de Rouen) : "Hier, j'ai vécu le match le plus stressant depuis que je suis entraîneur. On était dos au mur. Aujourd'hui, j'ai dit aux gars que l'on n'avait plus de pression. Elle était plutôt du côté d'Amiens car Rozenthal avait quand même eu le palet de la victoire au bout de la crosse en prolongation, hier soir. C'est finalement la troisième ligne (Bellemare, Vogin, Geffroy) qui a réveillé l'équipe. Les jeunes ont été très forts et les vétérans ont su faire la différence. C'est une belle année. C'est quand même plus facile de faire ce boulot dans une équipe qui gagne. J'ai essayé de prendre sur les différents entraîneurs que j'ai pu avoir, notamment Larry Huras. Je connais le jeu, je savais donc que j'allais m'en sortir pour le coaching derrière le banc, pour les systèmes aussi. Seulement il faut surtout gérer un groupe. Je pense avoir progressé, comme pour mes speechs d'avant-match. En septembre, ils duraient à peine une minute. Aujourd'hui, j'en ai fait deux longs dans la journée."

Alain Vogin (attaquant de Rouen) : "Je me suis porté garant des jeunes auprès de Pajon. Je leur ai dit de ne faire aucun complexe et de regarder ce que faisait Hecquefeuille en face. Je leur ai dit de jouer comme en juniors. On a montré qu'on pouvait créer de l'offensive."

Guillaume Besse (attaquant de Rouen) : "Avant cette finale, j'ai dit tout ce que j'avais sur le cur. Je savais que ça allait m'attirer les foudres des Amiénois qui se sont focalisés sur moi. Ça les a un peu déconcentrés. Ce soir, c'était sûrement mon dernier match de hockey à Rouen, je vais partir vivre au Canada avec ma compagne. Gagner devant son public, devant ces gens qui vous ont suivis depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies, c'est magnifique, c'est exaltant, c'est merveilleux, on ne peut pas rêver mieux. On a traversé de grosses épreuves cette année, l'équipe a surmonté beaucoup de choses, ça a forgé le caractère. Je pense qu'on avait un potentiel exceptionnel. L'équipe était bien construite, avec un nombre réduit de joueurs, mais des joueurs très talentueux. Quand on réussissait à jouer disciplinés et tous ensemble, c'est vrai qu'il était difficile de les arrêter."

Nicolas Pousset (défenseur de Rouen) : "C'est naturellement une grosse satisfaction de conserver ce titre. Venir ici était un challenge intéressant. Je ne me suis pas trompé même si je quittais Reims avec beaucoup de Français et un style de jeu nordique, alors qu'ici c'était plutôt canadien. Je me suis adapté."

Luc Chauvel (attaquant d'Amiens) : "Le résultat est logique sur l'ensemble de la saison, pas obligatoirement sur la finale."

 

 

Rouen - Amiens 4-2 (1-1, 0-0, 3-1)

Dimanche 6 avril 2003 à 18h00 sur l'île Lacroix. 3200 spectateurs.

Arbitrage de M. Bachelet.

Pénalités : Rouen 6', Amiens 6'.

Évolution du score :

0-1 à 10'44" : Mazzone assisté de Gras

1-1 à 18'04" : Briand assisté de Besse et Provencher

2-1 à 45'49" : Lacroix assisté de Saint Pierre et Doucet (sup. num.)

3-1 à 52'07" : Doucet.

3-2 à 59'12" : Mortas assisté de Kulmala et B. Chauvel

4-2 à 59'57" : Briand (cage vide)

 

Rouen

Gardien : Éric Raymond.

Défenseurs : Daniel Carlsson - Simon Lacroix ; Allan Carriou - Nicolas Pousset ; Sami Karjalainen - Nicolas Besch ; Simon Doreille.

Attaquants : Pierre Allard - David Saint-Pierre - Éric Doucet ; Guillaume Besse - Arnaud Briand - Jimmy Provencher ; Pierre-Édouard Bellemare - Alain Vogin - Thibault Geffroy.

Remplaçants : Landry Macrez (G), Terry Prunier, Adrien Dufournet. Absent : Aram Kevorkian (blessé).

Amiens

Gardien : Antoine Mindjimba.

Défenseurs : Frédéric Brodin - Vincent Bachet ; Frederik Bergqvist - Arnaud Mazzone ; Denis Perez - Karl Dewolf.

Attaquants : Kevin Hecquefeuille - Anthony Mortas - François Rozenthal ; Brice Chauvel - Laurent Gras - Luc Chauvel ; Arto Kulmala - Julian Marcos - Benoît Paillet ; Mickaël Brodin.

Remplaçants : Didier Drif (G), Nicolas Rouxel et David Hennebert.

 

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