Suisse - Suède (6 mai 2003)

 

Championnats du monde 2003, deuxième tour, groupe F.

Même si la Suisse peut doubler la Suède en cas de victoire, l'enjeu de ce match concerne moins ceux qui sont sur la glace que ceux qui se rongent les ongles dans les gradins : en effet, si la Suisse prend au moins un point, la Lettonie accède aux quarts de finale et la Russie est éliminée du Mondial. Autant dire que le destin de ces deux formations dépend fortement de la motivation dont feront preuve des adversaires qui alignent leurs gardiens n2 du moment, Lars Weibel et Mikael Tellqvist, afin de préserver les titulaires pour le quart de finale de demain.

Les Suédois pratiquent un hockey délié mais pas encore très rythmé, et ils ne sont pas tous très concentrés sur leur jeu. Per-Johan Axelsson ajoute les mots envers l'arbitre au geste vengeur envers Streit, et prend 2'+10'. La meilleure occasion du début de match est donc suisse, avec un centre au second poteau pour Luca Cereda qui n'a pas assez de force dans son revers pour redresser la course du palet. Mais les Scandinaves ouvrent le score sur leur première action vraiment rapide et bien menée, conclue par Mats Sundin d'une belle feinte et d'un tir du revers dans le haut du filet (0-1 à 08'21").

La Suède fait toujours preuve d'une étonnante indiscipline, et Renberg laisse partir un coup de poing alors que son équipe est déjà en infériorité. À cinq contre trois et avec l'engagement en zone offensive, les Suisses, qui ne s'étaient pas installés jusque là, ont le temps de prendre deux lancers. Le premier rebond dans l'axe est dégagé par la défense, le second sur le côté est pris par Martin Plüss qui égalise (1-1 à 12'38"). Deux minutes plus tard, le petit attaquant de Kloten fusille une seconde fois à bout portant le bouclier de Tellqvist après une mise au jeu dans la zone suédoise (2-1 à 14'21"). La partie s'emballe dans la dernière minute du tiers avec une déviation de Zetterberg devant le but et un double arrêt de Tellqvist face à Olivier Keller. Les nerfs des Russes sont décidément mis à rude épreuve, et ils ont de quoi se faire du mauvais sang au vu du score.

La Suède parvient pourtant à égaliser rapidement en deuxième période, sur un tir dans un angle impossible de Dick Tärnström, qui reprend un palet qui a rebondi dans le fond après un lancer non cadré de Sundin (2-2 à 24'18"). Les attaques des Scandinaves se font de plus en plus précises, mais ils se font également peur, par exemple quand Tellqvist glisse et s'écroule en allant dégager un palet, ou quand Della Rossa slalome dans la défense malgré une infériorité numérique. En dépit d'un jeu sans temps morts et d'offensives de plus en plus soutenues, les Suédois sont toujours tenus en échec. L'entraîneur de la Russie, Vladimir Plyushchev, n'est toujours pas déridé, mais dans une autre tribune, celui de la Lettonie, Curt Lindström, paraît presque plus tendu. Il sait en effet que ses compatriotes suédois peuvent marquer à tout moment et lui jouer un bien mauvais tour.

Attention toutefois à ne pas tomber dans la facilité, comme sur cette passe contre la bande de Sundin qui rend le palet devant la cage à Wirz, heureusement couvert par la défense. Mais la Suède se rachète sur l'attaque suivante, où un très gros travail de Niklas Andersson, récompensé aujourd'hui du Guldpucken (palet d'or) suédois pour son excellente saison, ouvre la voie à une reprise au second poteau de Mika Hannula (2-3 à 43'27"). L'attaquant de Malmö, très actif ce soir, est logiquement récompensé par son premier but du tournoi, décisif qui plus est.

Le capitaine Jörgen Jönsson accentue en effet l'avance suédoise et enterre du même coup les espoirs suisses et surtout lettons (2-4 à 47'16"). Puis Weibel perd de vue un court instant le palet en parant un tir de Höglund, et Peter Nordström l'envoie alors au fond des filets (2-5 à 50'01"). Même une double supériorité numérique de près de deux minutes ne permet pas aux Suisses de revenir, alors que la Suède assure tout en permettant à Forsberg, qui se ressent du coude depuis le dernier match, de se reposer.

Après avoir songé un temps à investir dans le marché des pacemakers en Russie, les Suédois ont finalement coupé la corde déjà passée autour du cou de Plyushchev. Quant aux malheureux Lettons, ils sont d'autant plus déçus qu'ils ont eu de bonnes raisons d'y croire.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match

Ralph Krueger (entraîneur de la Suisse) : "À un moment, nous avons plus pensé à attaquer qu'à défendre. Et cette erreur, nous l'avons payé cher. Nous nous sommes peut-être sentis un peu trop sûrs de nous à 2-2 et nous n'avons plus réussi à contrôler le palet et à prendre de bonnes décisions comme avant. Nous affronterons en quart la Slovaquie, l'équipe qui selon moi dispose du meilleur potentiel offensif de la compétition. Nous n'aurons une chance que si nous appliquons à la perfection notre système défensif."

Hardy Nilsson (entraîneur de la Suède) : "Nous avons haussé le rythme à partir de la deuxième période. Ils se sont fatigués sous notre pression et nous avons eu plus d'occasions. Je pense que beaucoup de gens n'ont pas compris que le monde du hockey s'est agrandi, et que des équipes comme la Suisse ou l'Allemagne ont fait de tels progrès dans les cinq dernières années qu'elles peuvent battre n'importe qui."

 

Suisse - Suède 2-5 (2-1, 0-1, 0-3)

Mardi 6 mai 2003 à 20h00 à l'Élysée Arena de Turku. 5703 spectateurs.

Arbitrage de Vladimír Sindler (TCH) assisté de Juha Kautto (FIN) et Valeri Goutsoulia (BLR).

Pénalités : Suisse 12' (4', 6', 2'), Suède 22' (6'+10', 2', 4').

Tirs : Suisse 19 (9, 3, 7), Suède 44 (11, 19, 14).

Évolution du score :

0-1 à 08'21" : M. Sundin assisté de Renberg et R. Sundin

1-1 à 12'38" : Plüss assisté de Streit (double sup. num.)

2-1 à 14'21" : Plüss

2-2 à 24'18" : Tärnström assisté de M. Sundin (sup. num.)

2-3 à 43'27" : Hannula assisté d'Andersson

2-4 à 47'16" : Jönsson assisté de Nordström

2-5 à 50'01" : Nordström assisté de Höglund

 

Suisse

Gardien : Lars Weibel.

Défenseurs : Goran Bezina - Lukas Gerber ; Severin Blindenbacher - Martin Steinegger ; Mark Streit - Olivier Keller ; Beat Forster - Mathias Seger.

Attaquants : Thierry Paterlini - Jean-Jacques Aeschlimann - Sandy Jeannin ; Patrick Fischer - Luca Cereda - Valentin Wirz ; Patric Della Rossa - Martin Plüss - Patrik Bärtschi ; Adrian Wichser - Flavien Conne - Björn Christen.

Remplaçant : Tobias Stephan (G). Surnuméraires : Marcel Jenni (maux de dos), Marco Bührer (G), Patrick Fischer II.

Suède

Gardien : Mikael Tellqvist.

Défenseurs : Dick Tärnström - Niklas Kronwall ; Mattias Norström - Thomas Rhodin ; Ronnie Sundin - Magnus Johansson ; Per Gustafsson.

Attaquants : Henrik Zetterberg - Peter Forsberg - Mathias Tjärnqvist ; Peter Nordström - Jörgen Jönsson - Jonas Höglund ; Per-Johan Axelsson - Mats Sundin - Mikael Renberg ; Niklas Andersson - Johan Davidsson - Mika Hannula ; Mathias Johansson.

Remplaçant : Tommy Salo (G). Surnuméraires : Marcus Nilson (blessé), Daniel Tjärnqvist, Henrik Lundqvist (G).

 

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