République Tchèque - Russie (7 mai 2003)

 

Quarts de finale des championnats du monde 2003.

Les Russes se sont finalement qualifiés avec pas mal de chance, mais ils n'ont montré qu'épisodiquement leur talent et n'ont pas développé de jeu collectif convaincant. Comment pourront-ils se remettre de leurs trois défaites consécutives qui ont fait planer beaucoup de doutes sur leurs capacités ? Les Tchèques, au contraire, ont montré peu de failles, et ils ont bien sûr la faveur des pronostics. Mais ils n'ont pas gagné d'avance. N'oublions pas qu'ils avaient déjà impressionné l'an dernier avant de buter sur Maksim Sokolov, comme par hasard de nouveau titularisé aujourd'hui. Éliminée en quarts de finale des Jeux Olympiques et des championnats du monde par la Russie, la République Tchèque a aussi perdu neuf de leurs dix dernières confrontations... mais a gagné la dixième, en amical à Saint-Pétersbourg. La bête noire est-elle pour autant terrassée ?

Les Russes parviennent bien à entrer dans la zone offensive, mais ont plus de mal ensuite. Il leur manque souvent le soutien de leurs défenseurs, qui restent en retrait car ils craignent légitimement les contre-attaques tchèques. On voit peu d'occasions franches, jusqu'à ce que Saprykin, bien placé devant la cage, soit accroché par Kaberle. Le bilan catastrophique du jeu de puissance russe ne s'arrange pas : il prend des tirs dès que possible, mais se fait éjecter de la zone tout aussi vite, et ce sont finalement Hejduk et Hlavac qui concrétisent un 2 contre 1 (1-0 à 16'26").

Sokolov se fait une grosse frayeur au retour sur la glace en parant un lancer de la zone neutre. Le palet part en effet dans les airs et retombe derrière lui, mais il se retourne à temps. Les Russes sont fébriles, et leur deuxième supériorité numérique est une succession de passes ratées. Les Tchèques exploitent au contraire la première pénalité adverse, une obstruction involontaire de Kovalchuk sur Vokoun, avec un tir en lucarne de Milan Hejduk (2-0 à 29'01"). L'indiscipline des Russes les enfonce irrémédiablement, et à leur troisième infériorité numérique de la période, une action collective fluide aboutit au but de Jaroslav Hlinka (3-0 à 36'28"), qui condamne Maksim Sokolov à être remplacé par Podomatsky. Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour le gardien amateur de littérature, qui avait emmené un livre de Steinbeck dans ses valises pour cette compétition. Mais ni les raisins de la colère ni un quelconque vent de révolte ne semblent animer cette équipe russe insensible au fameux choc psychologique.

Sergueï Soïn réussit certes un magnifique petit pont sur Kaberle, mais le palet échappe ensuite à l'heure de conclure. Quant à Podomatsky, il s'illustre devant Hlavac encore parti en deux contre un, puis en fin de match sur une échappée en infériorité numérique de Martin Straka, mais c'est désormais un détail. Le match a baissé en intensité dans cette troisième période, et un renversement de situation n'apparaît jamais possible.

Ce fut un match sans génie, et cette seule affirmation donne à elle seule l'identité du vainqueur. Car il aurait fallu que les Russes soient touchés par la grâce pour retrouver enfin leur inspiration. Mais les Tchèques, avec leur défense de fer, ont parfaitement tenu ce quart de finale. L'équipe qui a fait le moins d'erreurs l'a emporté, et il n'y a pas eu photo sur ce plan-là entre des Russes balbutiants et des Tchèques rigoureux.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match

Slavomír Lener (entraîneur de la République Tchèque) : "Nous avons joué exactement comme nous le voulions, avec agressivité et avec un excellent forechecking. La façon dont la ligne de Straka a surpassé le premier bloc russe est proprement incroyable !"

Vladimir Plyushchev (entraîneur de la Russie) : "Les Tchèques ont été très précis et ont concrétisé presque toutes leurs occasions. Je ne saurais pas expliquer pourquoi nous avons marqué si peu de buts dans les quatre dernières rencontres. Mais, aujourd'hui, je pense que je me suis trompé dans le choix du gardien. Je pensais que trois matches de suite seraient de trop pour Podomatsky, et que Max aurait eu le temps de se reposer et de ménager ses nerfs. Cela n'était pas été le cas, et si je ne l'ai pas sorti dès le deuxième but, c'est que je ne voulais donner l'impression aux joueurs que les entraîneurs paniquaient."

Ilya Kovalchuk (attaquant de la Russie) : "Quand vous perdez 6-7, vous pouvez vous exprimer à propos du gardien, mais quand le score est de 0-3, on ne peut s'en prendre qu'à nous-mêmes. La responsabilité de notre ligne est de marquer et de mener l'équipe vers le tour suivant. Nous n'avons fait ni l'un ni l'autre. La fatigue accumulée ne saurait constituer une excuse, quand on porte le maillot russe, les pieds doivent patiner d'eux-mêmes. Dans ce championnat, nous avons e assez de ferveur et d'énergie, mais l'expérience nous a parfois fait défaut."

 

République Tchèque - Russie 3-0 (1-0, 2-0, 0-0)

Mercredi 7 mai 2003 à 20h00 à l'Elysée Arena de Turku. 6401 spectateurs.

Arbitrage de Thomas Andersson (SUE) assisté de Juha Kautto (FIN) et Karol Popovic (SVK).

Pénalités : République Tchèque 6' (2', 2', 2'), Russie 8' (0', 6', 2').

Tirs : République Tchèque 29 (10, 10, 9), Russie 31 (10, 13, 8).

Engagements : République Tchèque 43, Russie 24.

Évolution du score :

1-0 à 16'26" : Hlavac assisté de Hejduk et Modrý (inf. num.)

2-0 à 29'01" : Hejduk assisté de Kaberle (sup. num.)

3-0 à 36'28" : Hlinka assisté de Špacek et Kadlec (sup. num.)

 

République Tchèque

Gardien : TomᚠVokoun.

Défenseurs : Jan Hejda - Petr Kadlec ; TomᚠKaberle - Jaroslav Modrý ; Jaroslav Špacek - Pavel Kolarík ; Martin Richter.

Attaquants : Jan Hlavác - Martin Straka - Milan Hejduk ; David Výborný - Robert Reichel - Radim Vrbata ; Michal Sup - Josef Vašícek - Radek Duda ; Jindrich Kotrla - Jirí Hudler - Jaroslav Hlinka ; Jaroslav Balaštík.

Remplaçant : Roman Málek (G). Surnuméraire : Pavel Trnka.

Russie

Gardien : Maksim Sokolov puis Yegor Podomatsky à 36'28".

Défenseurs : Dmitri Kalinin - Aleksandr Khavanov ; Vassili Turkovski - Sergueï Gusev ; Vitali Proshkin - Dmitri Yerofeïev ; Sergueï Vyshedkevich - Aleksandr Guskov.

Attaquants : Ilya Kovalchuk - Pavel Datsyuk - Igor Grigorenko ; Aleksandr Frolov - Denis Arkhipov - Igor Saprykin ; Aleksandr Suglobov - Sergueï Zinoviev - Vladimir Antipov ; Aleksandr Semin - Sergueï Soïn - Ivan Novoseltsev.

Surnuméraires : Aleksandr Zhdan, Aleksei Kaigorodov.

 

Retour aux championnats du monde