Mulhouse - Dijon (3 septembre 2003)
Match amical.
Voici le dernier match de cette longue série estivale pour les Scorpions, face à un adversaire dit de même niveau, les Ducs de Dijon. Décidément peu de monde en semaine à Mulhouse, alors que sur la glace aussi, il manque beaucoup de joueurs dans l'effectif mulhousien (cinq joueurs retenus en Équipe de France), une conséquence d'un effectif "francisé" de qualité...
Ce sera aussi l'une des explications de ce score-fleuve. Mulhouse officie avec ses gardiens juniors, quatre défenseurs et dix attaquants, dont cinq juniors, face à un adversaire presque au complet. Au moins aura-t-on pu récompenser les minots de leur persévérance, en leur octroyant un temps de glace respectable.
Le score de 1-3, en fin de premier tiers, semble logique. Dijon exploite les nombreuses faiblesses de relance et de marquage des Scorpions : l'ouverture du score de Bergamelli, suite à une sortie puis à un replacement trop lent de Beck, puis la rincée de Verhoef, lors d'un engagement joué tambour battant. Enfin, plus chanceux, le but de Duranceau, suite à un tir de loin de Gillet, dévié malencontreusement, mais qui échoue juste devant le néo-Dijonnais, démarqué. Sans parler d'une grosse erreur de relance de Ruokonen qui profite à Gentilleau, mais l'ancien Nantais tire à côté. Mulhouse est à la peine, et ne commencer à émerger que sur son premier but, une belle avancée de Segla, qui temporise avant de passer à Michou à l'opposé. Presque aussitôt, le même Michou hérite d'un deuxième palet gagnant, mais Neckar s'interpose joliment, bien aidé par son poteau qui stoppe définitivement le palet qui était passé doucement sous lui. Mulhouse termine mieux ce tiers, mais Dijon ferme ses espaces, ce qui gêne les locaux qui essaient surtout les contres en solitaire.
Si au bout de quarante minutes, le score est revenu à parité, on pourra dire que ce fut laborieux pour y parvenir. Surtout quand Pazak part marquer en infériorité, suite à une maladresse de Ruokonen enchaînée d'une grossière erreur de Scibran, alors que les Scorpions sont installés en zone dijonnaise. Les Mulhousiens s'énervent alors, comme sur cette bagarre entre Scibran et Neckar, alors que le premier nommé a un peu trop "charcuté" le palet quand le deuxième cherchait à le capter. Dijon joue bien le coup, et frôle la cinquième réalisation, lorsque le poteau de Beck repousse un tir. Il est alors temps, pour le grand bonhomme de ce match, Pavol Segla, de sonner la révolte. Le premier essai de Jokinen est repoussé, mais le Slovaque capte, passe devant Neckar et loge la rondelle dans un trou de souris. On y croit de nouveau quand Jokinen part en breakaway mais Franta (qui officie encore, sous ses jambières, avec des bas rouges, blancs et noirs rappelant son époque mulhousienne !) s'interpose brillamment. Il ne pourra rien, en revanche, en supériorité sur une avancée énergique de Segla qui décoche un tir puissant. Les jeunes ne sont pas en reste, car Bigot conclut un joli centre en retrait de Ballet, mais Neckar ferme bien. La dernière réalisation du tiers est un petit numéro de Segla, qui passe, repasse, donne à Jokinen derrière la cage, puis le petit Finlandais temporise, le temps de servir Prunet, qui arrive à toute vitesse et marque dans une position acrobatique. Le score est plus acceptable, mais il va falloir faire attention à bien rester concentré.
Et de nouveau, le défense locale est prise en défaut. D'abord une excellente remontée de Dugas, qui positionne idéalement Pazak, pour un tir en pleine lucarne. Puis sur une jolie combinaison à trois, en supériorité, qui permet à Tiphaigne de donner deux longueurs d'avance à son équipe. Avant que Scibran n'exploite de près, et du revers, le rebond d'un centre-tir de Michou. Le score se tient, Mulhouse est un peu plus concentré, mais encore plus affaibli depuis quelques moments par la sortie de Schuchewytsch. Dijon attend, tout en délivrant quelques moments de bon hockey, avec des mouvements collectifs des paires Vavroch-Cihlar ou Dugas-Pazak. C'est d'ailleurs lors de l'une de ces remontées que Vavroch bénéficie d'une nouvelle largesse de la défense adverse pour donner de nouveau deux longueurs d'avance à Dijon. Plus le choix, Bilbao, promu ce soir coach sur le banc, décide de sortir Jubien, alors que Dijon est en infériorité. L'installation en zone bourguignonne se met en route, Segla pour Ruokonen qui aussitôt lui redonne, le Slovaque s'avance et décoche un nouveau tir puissant et victorieux. Il reste une minute à jouer, on sort de nouveau le gardien, mais Dijon capte le palet, et Pazak, l'omniprésent, d'envoyer au loin... loin, loin, au fond des filets, à l'ultime seconde.
Match sans grosse valeur d'un côté : avec la moitié de l'effectif hors de la glace, que pouvait-on espérer de plus à Mulhouse ? À la rigueur, un peu plus de concentration et de précision lors des passes et des placements. L'avantage est d'avoir pu éprouver une configuration minimale, en quantité, de l'effectif. Quelques jolis mouvements collectifs, ou individuels (Segla notamment), ont été notés.
D'un autre côté, une courte défaite face à un adversaire quand même très respectable, puisqu'ayant disputé très honorablement la dernière Poule Magnus. C'est donc un résultat qui peut rassurer, on est en droit de se dire qu'avec un effectif complet, le match eût été mené de façon plus conquérante.
Dijon, de son côté, semble disposer d'un effectif très intéressant. Pas forcément de grosses stars, mais d'excellents techniciens, jouant et traquant toute erreur adverse de façon assez concluante. Dugas, Tiphaigne, Vavroch, et Cihlar font bien circuler le palet, et cherchent constamment la crosse de Pazak, qui est elle aussi constamment, et diaboliquement, bien placée. J'ai juste pu remarquer un petit moins, en défense, avec des placements à travailler (pour éviter les contres adverses à la bleue) et des hésitations coupables devant Neckar, même si "Franta" n'a rien perdu de ses qualités.
Un petit mot, enfin, concernant une rumeur qui circulait hier soir dans les tribunes, et qui explique peut être la présence de Juraj Faith et de Dany Bousquet venus en spectateurs au match. Olivier Coqueux aurait signé chez le voisin allemand, Fribourg-en-Brisgau. Le nouveau promu de DEL a déjà fait du ménage parmi ses troupes et aurait approché le Franco-Canadien. C'est une nouvelle encore à prendre au conditionnel, motivante pour l'intéressé, qui se voit récompensé de ses deux belles saisons en Alsace. La nouvelle est, par contre, moins agréable pour Mulhouse qui se voit amputé d'un excellent élément, la ligne Coqueux-Segla-Jokinen promettait beaucoup, et le remplacer, si telle est l'envie des dirigeants, ne sera pas chose aisée en cette période.
Compte-rendu signé Stéphane Rault
HC Mulhouse - CPH Dijon 6-8 (1-3, 3-1, 2-4)
Mercredi 3 septembre 2003 à 20h00 à la patinoire de l'Illberg. 200 spectateurs environ.
Arbitrage de M. Durand.
Pénalités : Mulhouse 12' (0', 8', 4'), Dijon 12' (0', 8', 4').
Tirs : Mulhouse 26 (12, 7, 7), Dijon 30 (9, 12, 9).
Évolution du score :
0-1 à 02'35" : Bergamelli assisté de Pazak
0-2 à 05'32" : Verhoef assisté de Cihlar
0-3 à 12'50" : Duranceau assisté de Gillet
1-3 à 14'12" : Michou assisté de Segla
1-4 à 21'52" : Pazak (inf. num.)
2-4 à 29'30" : Segla assisté de Jokinen
3-4 à 37'05" : Segla assisté de Scibran (sup. num.)
4-4 à 39'12" : Prunet assisté de Jokinen et Segla
4-5 à 43'51" : Pazak assisté de Dugas
4-6 à 48'41" : Tiphaigne assisté de Pazak et Dugas (sup. num.)
5-6 à 53'18" : Scibran assisté de Michou et Odot-Andersson
5-7 à 55'21" : Vavroch assisté de Gillet
6-7 à 58'42" : Segla assisté de Ruokonen (sup. num.)
6-8 à 59'59" : Pazak (cage vide)
Mulhouse
Gardien : Gilles Beck puis Benjamin Jubien à 29'37".
Défenseurs : Miikka Ruokonen - Patrick Scriban ; Dusan Brincko - Lilian Prunet (C).
Attaquants : Romain Pierrel - Juho Jokinen - Pavol Segla ; Maxime Schuchewytsch (puis Jérôme Catil) - Francis Ballet - Steve Michou ; Vincent Bringuet - Björn Odot-Andersson - Jérémy Bigot.
Absents : Fabrice Lhenry, Allan Carriou, Mathieu Mille, Guillaume Chassard, Luc Tardif jr (équipe de France), Lionel Bilbao, Étienne Croz (problèmes de dos), Olivier Coqueux (départ ?).
Dijon
Gardien : Frantisek Neckar.
Défenseurs : Marcus Abrahamsson - Milan Tekel ; Aymeric Gillet - Wilfried Molmy ; Josh Allison - Yan Verhoef.
Attaquants : Miroslav Pazak - Stephen Dugas - Julien Tiphaigne (C) ; Thomas Bergamelli - Jirí Cihlar - Robert Vavroch ; Jean-Michel Bortino - Romain Gentilleau - Thomas Bussat (puis Ludovic Duranceau).
Remplaçant : Grégory Fougère (G). Absents : Mathieu Bouché, Aurélien Albano.