Brest - Anglet (20 septembre 2003)

 

Match comptant pour la deuxième journée du Super 16, poule ouest.

S'il est évident que Brest était attendu au tournant pour son entrée différée dans le championnat après avoir été exempt de la première journée, il est tout aussi évident que les Albatros ont su montrer ce soir de quoi ils étaient capables. Vitesse et intensité physique auront été les armes de destructions massives employées par l'escouade bretonne pour assommer 5-2 les Angloys valeureux mais bien trop peu incisifs pour espérer contrecarrer les plans brestois. Une fois encore, certaines personnalités sont ressorties du lot, mais ce qui a le plus surpris lors de ce match est la qualité du collectif brestois qui pour son premier match officiel a fait preuve de vitesse d'exécution et de précision dans les passes et les enchaînements, laissant augurer des lendemains qui chantent au Rïnkla Stadium...

Brest étouffe l'Hormadi

Alors que Timo Kulonen, le charismatique et gigantesque défenseur bresto-finnois, faisait son grand retour dans l'effectif élite après avoir été initialement appointé à la réserve, Sylvain Giet manquait comme prévu à l'appel, ses adducteurs étant encore en phase de convalescence. Thomas Gueguen était de manière plus surprenante à ranger aussi dans la catégorie des absents. Toujours est-il que cela n'entame en rien la confiance des Albatros qui d'entrée de jeu vont se jeter à corps perdus dans ce premier tiers à deux cents à l'heure.

Un début de match tonitruant est initié par Yven Sadoun, trop court pour rattraper correctement une rondelle vagabonde dans le slot (00'55). Après cette banderille d'amorçage, les Brestois n'attendent pas plus de deux minutes pour ouvrir la marque à la surprise générale, puisque c'est sur une supériorité basque que Loïc Sadoun, l'assistant du tout nouveau capitaine Grossi, chipe le palet pour partir en deux contre un avec son frère. Loïc pour Yven, Yven pour... Et non, Yven prend le tir et aligne à bout portant Filiatrault pris de court (1-0 à 02'57). C'est un véritable coup de massue sur les casques basques que Bona ne ménage pas pour autant en multipliant les raids rageurs et impossibles à suivre (04'30).

En supériorité, Patard et Garbocz tentent bien d'inquiéter Figved, mais sans succès. À l'inverse, les Bretons sont excellents dans l'art de l'infériorité numérique, et sur un nouvel exercice du style, Loïc Sadoun réalise le même coup que précédemment, à ceci près que cette fois-ci le cadre n'est pas trouvé (07'34). Dans tout ce flot d'actions bleues, le timide débordement de Patard (09'40), qui finit dans le but mais sans la rondelle, passe presque inaperçu tant les coups de boutoirs de Yven Sadoun (sur le contre de cette même action) ou du trio Sadoun-Ijäs-Sadoun (11'10) en supériorité autour du slot angloy font monter l'intensité de ce premier tiers.

Ce qui devait arriver arriva, et Bruno Maynard ne laisse pas passer un palet mal dégagé dans le slot par Filiatrault et le catapulte tout droit dans les filets visiteurs (2-0 à 12'30). Maynard, transcendé par ce but, ne s'arrête plus de sillonner la patinoire comme un mort de faim en quête de rondelle, et se retrouve sur tous les fronts aussi bien défensifs que offensifs pour faire le bon geste (13'39). Et à ce petit jeu-là, le trio offensif des Sadoun-Ijas-Sadoun (14'50) ne sont pas en reste et provoque à plusieurs reprise la panique dans les rangs basques, à l'instar de Bona qui inlassablement continue ses raids solitaires et fulgurants que peu sont capables d'arrêter (16'15).

Et pourtant, s'il est un défaut qui pénalise les Brestois, c'est leur indiscipline, qui, au lieu de leur coûter cher, les amène à accroître la marque quand Ludek Broz, le petit centre aux mains d'or dont le coach Sergueï ne dit que du bien, s'en va fusiller Filiatrault en solitaire pour le deuxième but en infériorité pour les Brestois (3-0 à 17'44). Contentés par ce score lourd mais logique, tant la différence de vitesse et d'intensité physique entre Brestois et Angloys aura été flagrante, les Albatros font en sorte d'asséner un puissant shoot caractéristique d'Yven Sadoun que le gardien canadien de l'Hormadi arrête de la mitaine (19'47) avant de rentrer aux vestiaires.

Les Albatros poursuivent leur plan de vol

Toujours décidés dans leur quête de beau jeu, les Albatros continuent à taquiner les Angloys par de jolies escarmouches initiées par Broz, manquant de peu la reprise à bout portant consécutive à une belle transversale de Provencher (21'00), mais également par Bona qui comme à l'entraînement remet en retrait dans l'axe pour Arcangeloni (22'02) qui ne trouve pas la faille à deux mètres du portier de la citadelle basque, ou encore par les Sadoun Brothers qui sur un long une-deux dans la zone défensive aquitaine mettent en exergue la qualité de la mitaine de Filiatrault sur le lancer d'Yven (23'01). Le tandem Patard-Solaux y va bien de sa mise en garde aux alentours de la cage finistérienne, mais Bona récupère la rondelle pour partir en contre sans plus de succès (25'00).

La chaude alerte de ce tiers vient de Provencher, oublié à la ligne bleue, qui échoue dans son duel avec Filiatrault (26'00). C'est l'avertissement de trop pour les visiteurs qui subissent la sentence brestoise une quatrième fois grâce à un Broz faufilant la rondelle ni vu ni connu dans le but basque après une longue phase de domination derrière la cage sudiste (4-0 à 27'02). Ce doublé personnel pour le Tchèque "Lutch" déclenche la révolte basque. Dans la foulée, las de subir les assauts Brestois, c'est Bédard qui réduit la marque aux alentours de la cage brestoise (4-1 à 27'34). À ce jeu de tac-au-tac, ce sont encore les Brestois qui auront le dernier mot dans ce tiers, en profitant cette fois-ci d'une supériorité, après avoir mis à l'épreuve les infériorités, pour remettre les visiteurs à quatre longueurs grâce à la bonne reprise de Provencher (5-1 à 29'12).

Satisfait de cet avantage conséquent, les Albatros lèvent alors le pied, même si Broz reste dangereux sur un débordement dont le centre ne peut être réceptionné par Provencher (32'04) et qui trouve pour réponse une phase de domination basque autour de la cage de Juju Figved (dit "la poisse"), bien évacuée par le lieutenant Maynard décidé à faire le ménage dans sa zone (33'22). Dès lors, le jeu commence à se durcir, à se hacher par les pénalités, même si Ijäs parvient à sortir son épingle du jeu en combinant joliment avec Loïc Sadoun (37'09). Courally et Larrieu sèment le trouble dans la défense locale pendant que Mikel et Sedlak font connaissance de manière musclée (38'01). Maynard fera une nouvelle fois en sorte que le score n'évolue plus jusqu'à la pause en imposant sa loi tel un vrai patron dans la zone défensive bretonne (39'00), tandis que les deux équipes s'apprêtent à rentrer aux vestiaires sur ce score une nouvelle fois logique au vu du jeu.

Un dernier tiers sans jeu

Si le premier tiers avait permis de voir un hockey fluide et rapide, le dernier tiers est tout à l'opposé, même si Maynard continue son parcours de titan en étant présent sur tous les fronts, bien aidé par le feu-follet Bona, dont les deux lancers sont malheureusement incapables de tromper Filiatrault (43'12 & 45'54). Les coups de sifflet de M. Bocquet prennent le dessus sur le jeu pour rythmer cette fin de match, de telle sorte que sur une double infériorité numérique, les Brestois cèdent inévitablement sur un but de Solaux (5-2 à 48'04).

Christian Élian, rentré en jeu en lieu et place de Mikel coincé sur le banc des bagnards pour dix minutes, tente bien d'apporter un peu plus de fraîcheur grâce à une jolie transversale (49'40) mais rien n'y fait et l'arbitre un tantinet tatillon continue d'envoyer au bagne des Brestois à tour de bras. De quoi mettre le feu sur l'igloo local sur les lancers des Daramy et consorts, et mettre en évidence les talents de Figved qui, alors que tout le monde croyait la rondelle rentrée dans le but, parvient à capter le palet à une vitesse impressionnante (54'10). Contraints de subir la majeure partie de la fin du match en infériorité, les Brestois résistent tout de même au jeu de puissance angloy très loin d'être au point. On en reste sur ce score, malgré les inexorables tentatives de Maynard ou Broz dans les derniers instants, presque flatteur pour l'Hormadi.

Compte-rendu signé William Boussard

 

Commentaire d'après-match

Bruno Maynard (défenseur de Brest) : "Dans l'ensemble, je pense qu'on est bien entré dans le match, avec d'autant plus de motivation qu'on avait peur de manquer de rythme, ce qui n'a pas été le cas. On a bien attaqué et contrôlé le jeu. Je pense qu'avec un autre arbitrage le score aurait été encore différent, car la différence de vitesse était nette entre les deux équipes. On a deux lignes plutôt physiques et une ligne plutôt vive, ce qui fait un effectif assez complémentaire. Maintenant, on se dirige vers Angers qu'on a su maîtriser collectivement la dernière fois, car c'est assez difficile de jouer collectif sur des petites glaces comme la leur. Ils ont de bons petits joueurs, assez véloces, avec également un bon bloc d'étrangers. On est attendu par rapport à ce qui a pu être dit, à notre effectif, et aux résultats qu'on a pu faire au tournoi d'Angers, mais on le sait et on va faire avec."

 

Brest - Anglet 5-2 (3-0, 2-1, 0-1)

Samedi 20 septembre 2003 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 400 spectateurs.

Arbitrage de Didier Bocquet assisté de Alexandre Hauchart et Laurent Antunes.

Pénalités : Brest 26'+10'+10'+10' (8', 18', 30'), Anglet 12' (2', 8', 2').

Évolution du score :

1-0 à 02'57" : Y. Sadoun assisté de L. Sadoun et Pulawski (inf. num.)

2-0 à 12'30" : Maynard assisté de Broz et Grossi

3-0 à 17'44" : Broz assisté de Borzik (inf. num.)

4-0 à 27'02" : Broz assisté de Grossi et Mikel

4-1 à 27'34" : Bédard assisté de Solaux et Daramy

5-1 à 29'12" : Provencher assisté de Broz et Mikel (sup. num.)

5-2 à 48'04" : Solaux assisté de Duda et Bédard (double sup. num.)

 

Brest

Gardien : Julien Figved.

Défenseurs : Ivan Borzik - Tadeusz Pulawski ; Aleksandr Tsyplakov - Jan Mikel ; Bruno Maynard - Timo Kulonen ; Christian Élian.

Attaquants : Yven Sadoun - Janne Ijäs - Loïc Sadoun ; Dino Grossi (C) - Ludek Broz - Jimmy Provencher ; Patrick Bona - Stéphane Arcangeloni - Jérôme Veret.

Remplaçants : Gabriel Bounoure (G), Maksim Tikhonov, Sébastien Oprandi. Absents : Sylvain Giet (adducteurs), Thomas Gueguen.

Anglet

Gardien : Jean-Ian Filiatrault.

Arrières : Daniel Sedlak - David Saint-Onge ; Pascal Bédard - Lubomir Duda ; Jean-Christophe Filippin (C) - Mickaël Wiart.

Attaquants : David Dostal - Michal Garbocz - Raphaël Larrieu ; Stanislas Solaux - Xavier Daramy - Jérôme Patard ; Nicolas Courally - Julien Aubry - Géraud Maréchal ; Antoine Amsellem.

Remplaçants : Christophe Bigot (G), Xavier Lasalle. Absent : Julien Hitze.

 

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