Strasbourg - Caen (22 novembre 2003)

 

Match comptant pour la dixième journée de division 1, poule nord.

Match au sommet entre deux des trois leaders de cette poule. À l'aller, les Drakkars, nouveaux promus de D1, avaient réussi à s'imposer à la maison face à l'Étoile Noire. Strasbourg se devait donc de rendre la politesse à son adversaire, dans un Wacken qui allait se remplir progressivement, et accueillir son "revenant" Schuchewytsch parmi les siens.

Début des hostilités

Le jeu vient à peine de commencer que déjà les échanges sont musclés. Le temps pour Peter Himler de chauffer quelques Caennais, c'est le jeune Devin qui répond un peu trop illicitement. La sanction est presque immédiatement soldée : Sevcik reprend le rebond d'un premier essai du même Himler... Strasbourg continue alors de presser Caen qui se retrouve acculé dans sa moitié de terrain. Les visiteurs évoluent pourtant pendant quatre minutes en supériorité, mais pêchent par un manque de précision dans leurs actions ou leurs placements. En face, Strasbourg contient relativement bien et marque de nouveau, à égalité, quand Tomi Flinck récupère le rebond d'un premier envoi de Dirnbach. Et manque d'aggraver le score quand le duo Flinck-Hohnadel remonte toute la glace en une-deux avant que le deuxième nommé ne finisse sa course... dans la cage, en compagnie du gardien caennais Robert Marton. Le répit est de courte durée, c'est Simon Laliberté qui donne trois longueurs d'avance aux siens, suite à un petit slalom et un joli contournement de Marton, un peu délaissé par son arrière-garde.

Caen finit alors ce tiers en net progrès, avec Rodolphe Garnier qui chipe le palet à Larivière un peu hardiment sorti de sa cage. Le but est grand ouvert mais Soghomonian récupère trop tardivement pour concrétiser (18'03"). Enfin, Pierre Feutry effectue un petit numéro mais, malheureusement, son tir passe au-dessus.

Chauds les marrons

Si Caen a décidé d'entamer la deuxième période d'une façon plus concise, elle utilise aussi des méthodes plus musclées. En face, Strasbourg ne se laisse pas intimider, aussi va-t-on rarement jouer à cinq contre cinq.

La partie est donc hachée, chaque équipe théoriquement en supériorité se voit souvent sanctionnée presque dans la minute qui suit. À ce petit jeu, Caen gâche beaucoup trop d'occasions, même à 5 contre 3, butant souvent sur un patin strasbourgeois, ou sur une mauvaise passe. De son côté, l'Etoile Noire attend patiemment son heure, comme sur cette sortie de prison de Daniel Sevcik qui se retrouve seul face à Marton, qui parade d'un joli grand écart (31'07"). En double supériorité, Strasbourg crée le danger, Dirnbach exécute un bon coast-to-coast, contré par Marton, Sevcik récupère le rebond qui sera aussi contré (33'27"). Il y a aussi cette "immanquable" occasion d'Hohnadel qui sert en retrait Schuchewytsch, mais "Max" manque complètement sa reprise, qui passe au-dessus de la cage caennaise (34'17").

Caen peut alors rejouer à égalité, quand Sevcik exploite un énième rebond pour le 4-0. Sanction lourde mais réaliste quand on regarde les pénalités distribuées à Caen dans ce tiers (16 minutes). Garnier pète alors un peu les plombs : sur un contre, il peut se présenter seul face à Denis Larivière, mais le portier canadien sorti loin de sa cage détourne le palet. L'entraîneur caennais charge pourtant le Strasbourgeois, alors que la rondelle est déjà ailleurs. C'est donc dans une ambiance houleuse que le tiers se termine péniblement, sur un nouvel essai "immanquable". Cette fois-ci, "Pierrot" Feutry part à toute allure pour centrer pour Määttä, mais le jeune Finlandais, à bout portant, tire au-dessus (39'47").

Ça ne refroidit guère

L'ultime tiers est, lui aussi, bien haché par les pénalités, même si les esprits se sont un peu calmés. L'entame est pourtant longue, Caen commence à émerger en double supériorité, mais les actions ne sont pas toujours finies, et c'est même Strasbourg en infériorité qui manque d'aggraver un peu plus le score quand Vigneault remonte la glace, mais il temporise un poil de trop. Son collègue Laliberté est rentré trop tôt en zone offensive et croit concrétiser le but alors que les Caennais se sont logiquement arrêtés de jouer sur le sifflet de l'arbitre signalant le hors-jeu.

Caen remonte à l'abordage et trouve récompense en supériorité, sur un tir tendu de Soghomonian de la bleue. Le match s'équilibre, même si l'on note que Strasbourg pousse peut-être moins souvent, mais mieux, devant Marton qui parade sur des essais de Vigneault ou Medeiros.

La dernière grosse occasion est pour les Drakkars, une reprise à bout portant de Määttä bien servi par Janil, mais le tir passe encore au-dessus. C'est alors à Strasbourg de conclure, victorieusement, sur un tir "filou" d'Éric Medeiros. Tout le monde s'attend à un centre pour Schuchewytsch, placé en embuscade devant Marton, mais le Canadien exploite tout simplement un léger espace laissé par le portier caennais.

Le score est sévère mais réaliste pour les Caennais. On sentait beaucoup de volonté dans leurs rangs, mais ils étaient trop imprécis dans leurs actions. Peut être aussi un peu trop "volontaires" physiquement, et pas toujours à bon escient. L'absence de Saarinen (un nom bien connu habituellement... à Strasbourg) en défense est peut-être aussi un motif d'explication aux nombreux flottements devant Marton, qui a quand même livré un bon match. Il faudra se ressaisir rapidement car le prochain match est à Neuilly-sur-Marne, un autre gros morceau de la poule nord.

Pour Strasbourg, l'affront de l'aller est lavé, avec la manière. Le premier tiers a été mené comme il fallait, avec trois buts d'avance pour se donner confiance. Ensuite, le match a été plus prudent, en exploitant souvent en deux contre un la moindre occasion. Bonne partie de Larivière, ainsi que de Vigneault (qui rappelle par moments un certain Jesse Saarinen au niveau de la relance).

Compte-rendu signé Stéphane Rault

 

Commentaires d'après-match

Olivier Escuder (capitaine de Strasbourg) : "On s'était fait secouer à Caen par des joueurs costauds et durs. On a eu des blessés. Ce soir, on avait à cur de leur montrer que venir à Strasbourg n'était pas une partie de plaisir. Denis Larivière a fait une belle partie. C'était très important au premier tiers, cela nous a facilité la tâche. Ensuite, nous avons réussi à gérer notre avance. Offensivement, on a une grosse armada, on le savait déjà. Mais la progression est également réelle en défense. Ces dernières semaines, on a laissé 5 buts à Courbevoie, 4 à Cergy, puis 2 à Amnéville et enfin un seul ce soir face à Caen, une équipe présumée supérieure."

Maxime Schuchewytsch (attaquant de Strasbourg) : "Physiquement, c'était un peu difficile, je n'avais plus trop joué depuis un mois et demi, j'ai un peu géré l'effort. Mais je suis surtout content de retrouver cette équipe. Quand on joue avec des joueurs que l'on aime bien, on se donne plus. C'est la grande différence avec mon passage à Mulhouse."

 

Strasbourg - Caen 5-1 (3-0, 1-0, 1-1)

Samedi 22 novembre 2003 à 17h30 à la patinoire du Wacken. 900 spectateurs.

Arbitrage de M. Henry assisté de M. Courgeon et Mlle Torribio.

Pénalités : Strasbourg 28' (8', 10', 10'), Caen 28' (2', 18', 8').

Tirs : Strasbourg 32 (10, 13, 9), Caen 23 (7, 7, 9).

Évolution du score :

1-0 à 01'45" : Sevcik assisté de Himler (sup. num.)

2-0 à 10'11" : Flinck assisté de Dirnbach

3-0 à 17'22" : Laliberté

4-0 à 34'58" : Sevcik

4-1 à 49'03" : Soghomonian assisté de Garnier (sup. num.)

5-1 à 57'31" : Medeiros

 

Strasbourg

Gardien : Denis Larivière.

Défenseurs : Milan Dirnbach - Damien Brau-Arnauty ; Vincent Lacaes - Thibault Dumuis ; Xavier Rénier - Alexandre Vigneault.

Attaquants : Daniel Sevcik - Simon Laliberté - Peter Himler ; Éric Medeiros - Stéphane Hohnadel - Tomi Flinck ; Mathieu Saint-Marc - Damien Mehl - Aurélien Popescu ; Pierre-Hervé Coulombeix - Olivier Escuder (C) - Maxime Schuchewytsch.

Remplaçant : Antoine Intsaby (G). Absent : Thomas Frand.

Caen

Gardien : Robert Marton.

Défenseurs : Jean-Marc Soghomonian (C) - Maxime Caillard ; Alexis Gomane - Mathieu Blanvillain ; Roch Chevalier.

Attaquants : Maxime Cheradame - Thomas Kaspar - Rodolphe Garnier ; Tuomo Määttä - Pierre Feutry - Martial Janil ; Christophe Desmons - Pierre-Antoine Devin - Frédéric Loureiro.

Remplaçants : David Anselin (G), Adrien Baraduc, Mathieu Caillard. Absents : Virgile Mariette, Arnaud Hascoët, Heikki Saarinen, Damien Fleury, Guillaume Fontaine.

 

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