Villard-de-Lans - Épinal (29 novembre 2003)

 

Match comptant pour la onzième journée du Super 16, poule est.

Les rues de Villard-de-Lans portent déjà les traces des premières neiges avant ce match décisif. C'est le moment ou jamais pour Épinal, qui a su rester dans la course pour la Poule Magnus, et qui doit maintenant s'imposer à l'extérieur contre un adversaire qui n'avait échappé à la défaite à l'aller que par un but controversé.

La rencontre débute de la meilleure des manières pour les visiteurs avec un slap de la bleue de Trebaticky qui ouvre le score dès la première minute de jeu. Le gardien Stanislav Petrik s'applique ensuite à préserver cet avantage, parfois sauvé par son poteau, et parfois aussi en faisant bouger volontairement la cage. L'arbitre agacé de sa conduite ajoute même une méconduite à sa pénalité pour retard de jeu.

Villard-de-Lans accentue sa pression au deuxième tiers-temps, et Pierre Bourgey, de retour de blessure, met le plus conviction à tester Petrik. Les Spinaliens ne répliquent que par de grandes transversales destinées à lancer des contre-attaques, mais les Villardiens gèrent bien, et ce sont même eux qui égalisent en contre en infériorité, après que Marakhovski a pris une pénalité de match pour un piquage, grâce à Goncalves bien lancé par Negro. Mais le public ne restera pas soulagé bien longtemps, et trois minutes plus tard, une défense des Ours passive permet à Blaha de contourner la cage et de redonner l'avantage aux Dauphins.

Pire, Roman Trebaticky, meilleur homme du match jusqu'ici, trompe une nouvelle fois Nicolas Nogaretto. C'est le but de trop pour celui-ci, certes maintenant abandonné par sa défense mais qui est en bonne partie responsable du premier but spinalien. Dommage pour l'habituelle doublure, alors qu'il avait convaincu Dennis Murphy qui vouait jusque là une confiance indéfectible en Pascal Favarin, il doit finalement céder sa place à son aîné, mieux en forme que ces dernières semaines. Il faut dire qu'il aura moins de travail, les tirs spinaliens se faisant de plus en plus rares alors que les Villardiens pressent. Mal en point, ils ont notamment l'occasion de refaire surface en fin de période sur un tir de pénalité, mais Petrik remporte son face-à-face avec James Duval.

Toutefois, les Ours abordent le troisième tiers-temps en double supériorité numérique, et Rob Millar ne rate pas l'occasion de réduire le score. À deux lignes et demi, les Spinaliens montrent des signes de fatigue en cette fin de match, comme souvent en ce moment. Les poteaux les sauvent d'ailleurs à plusieurs reprises. Et finalement, Villard-de-Lans arrache le nul à moins de trois minutes de la fin par Gillings après une bonne circulation de palet.

S'ensuit une nouvelle blague de l'arbitre, M. Mendlowicz. Sa prestation laissait déjà à désirer, par exemple sa naïveté devant certaines simulations spinaliennes, mais la cerise sur le gâteau arrive lors de la prolongation. Il ne fait jouer que cinq minutes au lieu des dix prévues, à la faveur d'un règlement de l'an passé trouvé à la table de marque. Après la "fin du match", les dirigeants villardiens retrouvent un règlement à jour et vont en informer les arbitres qui s'excusent. On rappelle tout le monde des vestiaires alors que Trebaticky par exemple était déjà sous la douche, et les joueurs remontent sur la glace à 23h19 pour les cinq minutes restantes, devant une quarantaine de spectateurs puisque le public a évidemment déjà quitté la patinoire. Un épisode tragi-comique qui ne change rien au résultat mais qui ne glorifie pas le hockey français. Décidément, ce match ne restera pas une référence à quelque niveau que ce soit, les Villard-Épinal nous avaient habitués à mieux, y compris du temps de l'ex-N1.

 

Commentaire d'après-match (dans La Liberté de l'Est

Raphaël Marciano (entraîneur d'Épinal) : "Je suis très fier de mes joueurs qui se sont battus comme des diables. La fin du match a été folklorique. Au terme du temps réglementaire, l'arbitre nous a annoncé cinq minutes de prolongation. Je lui ai signalé qu'elle devait durer dix minutes, mais il m'a soutenu le contraire. Comme nous étions toujours ex-æquo au bout des cinq minutes, nous sommes rentrés aux vestiaires. Les gars étaient d'ailleurs sous la douche quand l'arbitre est finalement revenu nous chercher pour convenir qu'il s'était trompé. Ça n'a rien changé, mais quand même..."

 

Villard-de-Lans - Épinal 3-3 a.p. (0-0, 1-3, 1-2)

Samedi 29 novembre 2003 à 20h30 à la patinoire André-Ravix. 680 spectateurs.

Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de Damien Velay et Gwilherm Margry.

Pénalités : Villard-de-Lans 39' (2', 4'+5'+20', 8'), Épinal 40' (4'+10', 8', 8'+10').

Évolution du score :

0-1 à 01'01" : Trebaticky assisté de Slovak

1-1 à 31'34" : Goncalves assisté de Negro (inf. num.)

1-2 à 34'21" : Blaha

1-3 à 36'34" : Trebaticky assisté de Drzik

2-3 à 40'46" : Millar assisté de Girard (double sup. num.)

3-3 à 57'31" : Gillings

 

Villard-de-Lans

Gardien : Nicolas Nogaretto puis Pascal Favarin à 36'34".

Défenseurs : Nicolas Favarin - Jean-Marc Girard (A) ; Christopher Lepers - Mathieu Guidoux ; Roman Marakhovsky - Martin Roh ; Stéphane Guillot-Diat.

Attaquants : Rich Metro - Kent Gillings - Rob Millar ; Franck Billieras - Alexandre Goncalves - Pierre Bourgey ; Christophe Negro (C) - James Duval - James Cruz ; Rudy Billieras.

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik.

Défenseurs : Radoslav Regenda - Josef Drzik ; Vladimír Domin (A) - Peter Slovak ; Pavel Blaha.

Attaquants : Ivo Novotny - Roman Trebaticky - Igor Szabados ; Christophe Ribanelli - Anthony Maurice (A) - Frédéric Dehaëne (C) ; Karel Kadlec - Guillaume Papelier.

Remplaçant : Didier Drif (G).

 

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