Dijon - Mulhouse (31 janvier 2004)
Match comptant pour la sixième journée du Super 16, poule Magnus.
Le Scorpion tétanisé, le coffre-fort mulhousien bien rempli, ce Dijon-Mulhouse, c'était vraiment la choucroute sauce moutarde. Joueurs, spectateurs et supporters, le plaisir a été pleinement partagé.
Un car d'ultras mulhousiens, une délégation allemande en provenance de Memmingen, club par où étaient passés Abrahamsson et Cihlar, des supporters dijonnais sur les dents, des Ducs remontés comme des pendules, des Scorpions sûrs de leur affaire, avec Christer Eriksson qui fait tourner ses quatre paires d'ailiers (comme lors du match à Mulhouse perdu 9-1 par les Dijonnais), en somme, un nouvel épisode du gros cube professionnel contre le gentil amateur.
Gentil amateur, il n'y eut point, et le scénario pensé par Maric et ses joueurs s'est réalisé sans contestations possibles. Les Dijonnais ont pris le match à leur compte, contenant avec brio une formation alsacienne empruntée et déboussolée qui ne trouva jamais, à chacun son tour, la solution. Les Dijonnais ont parfaitement maîtrisé le cours du jeu dès l'entame du match, en perforant, au fil des minutes, le verrou mulhousien par Thomas Gueguen avec une troisième ligne en pleine ascension (Albano-Gueguen-Gentilleau), et Miroslav Pazak, par deux fois, sur un breakaway gagnant et sur une grossière erreur défensive, preuve du désarroi mulhousien avec un Lhenry bien fébrile.
Cette saison, les Ducs ont bien pris de la bouteille, gérant sérieusement et efficacement un deuxième tiers physique, dominé par la rébellion mulhousienne attendue, deux buts en supériorité numérique, mais la nouveauté, c'est la prestation dijonnaise lors de la dernière période, période où l'on pouvait craindre une baisse physique du groupe. Neckar et sa défense y ont muselé l'attaque mulhousienne, et quand Milan Tekel, à cinq contre quatre, a propulsé sa patate de la bleue, Lhenry n'a rien vu venir. Thomas Bergamelli, l'ex-Mulhousien, a enfoncé définitivement sa crosse dans la carapace du Scorpion anéanti et, quand on pense que Miroslav Pazak, insaisissable, est venu échouer par trois fois en breakaway sur Fabrice Lhenry, impérial sur ces actions, l'addition aurait pu être plus corsée.
Match plein et de qualité durant soixante minutes, le meilleur de la saison, plaisir partagé entre joueurs et spectateurs, des matchs comme cela, on en redemande, et le prochain, ça sera Villard-de-Lans. avec une double confrontation aller/retour, calendrier oblige, avec, dès samedi, un déplacement sur le plateau du Vercors pour affronter des Ours revigorés par leur victoire en terre tourangelle.
Compte-rendu signé Pierre Sage
Commentaires d'après-match (dans le Bien Public)
Daniel Maric (entraîneur de Dijon) : "On a mieux sorti les palets de notre zone. On a également été très incisif, et plus déterminé. C'est un ensemble. Le plus positif, c'est qu'après deux âneries, on arrive à tenir le score. Ce n'est pas de la réussite. Mulhouse a été nerveux et moins efficace que prévu. On doit garder le même état d'esprit car chaque match est un gros défi."
Frantisek Neckar (gardien de Dijon) : "Avant, on partait battu d'avance en se disant qu'ils ont untel ou untel. On jouait les mains liées. Or, depuis la débâcle face à Anglet, on n'aligne que des bons matches, on est parti sans complexe et le changement est intervenu naturellement. On est rentré sur la glace en se disant, c'est aujourd'hui ou jamais ! Cette rage a fait qu'on a exercé un gros pressing très haut qui les a étouffés. C'est une revanche sur le match de Mulhouse, où Bilbao avait simulé un tir en l'air lors du neuvième but. C'est un geste que l'on fait quand il y a 4-3, c'est un manque de respect que l'on n'a pas oublié. On savoure mais on doit repartir de plus belle car on peut retomber aussi sec de notre petit nuage. Je pense que le coach ne va pas hésiter à nous rabaisser le caquet si dès le prochain entraînement ça ne va pas."
Christer Eriksson (entraîneur de Mulhouse) : "On marque sept buts, trois pour nous et quatre pour eux. On donne la première période. C'était du hockey de sac à dos. À chaque fois, on avait un Dijonnais accroché sur notre dos sans que les arbitres sanctionnent. [...] C'est de ma faute, jouer avec quatre paires d'ailiers n'a pas marché. Je n'ai pas été assez sensible à l'état de l'équipe. J'aurais dû jouer avec trois lignes, même si je remarque que ce ne sont pas les jeunes qui ont fait les cadeaux, mais plutôt les défenseurs, qui ont été perdants à tous les un contre un. On a joué compliqué en se faisant beaucoup de passes. Combien de fois Segla a monté le palet plutôt que de le mettre sur la cage directement. Il a recherché des diagonales et on a été pris en contre-attaque. Sur une petite glace, cela se paie cash."
Dijon - Mulhouse 2-7 (0-3, 1-3, 1-1)
Samedi 31 janvier 2004 à 20h15 à Trimolet. 1100 spectateurs.
Arbitrage de Julien Avavian assisté d'Alexandre Hauchart et Guillaume Gielly.
Pénalités : Dijon 22' (4', 10', 8'), Mulhouse 34' (0', 8'+10', 6'+10').
Évolution du score :
1-0 à 11'06" : Gueguen assisté de Gentilleau
2-0 à 15'31" : Pazak assisté de Tiphaigne
3-0 à 24'47" : Pazak assisté de Dugas
3-1 à 31'35" : Bilbao assisté de Brinckö et Prunet (sup. num.)
3-2 à 38'55" : Michou (sup. num.)
4-2 à 49'52" : Tekel assisté de Dugas (sup. num.)
4-3 à 51'32" : Croz assisté de Brisard
5-3 à 59'10" : Bergamelli assisté de Pazak et Bouché
Dijon
Gardien : Frantisek Neckar.
Défenseurs : Marcus Abrahamsson - Joshua Allison ; Milan Tekel (A) - Mathieu Bouché ; Aymeric Gillet - Wilfried Molmy.
Attaquants : Miroslav Pazak - Julien Tiphaigne (C) - Stephen Dugas (A) ; Thomas Bergamelli - Robert Vavroch - Jiri Cihlar ; Aurélien Albano* - Thomas Gueguen* - Romain Gentilleau.
Remplaçants : Grégory Fougère (G), Thomas Bussat, Jean-Michel Bortino*, Ludovic Duranceau, Guillaume Grandjean.
Mulhouse
Gardien : Fabrice Lhenry.
Défenseurs : Miikka Ruokonen* (A) - Allan Carriou ; Patrick Scriban* - Mathieu Mille ; Dusan Brincko - Lilian Prunet (A).
Attaquants : paires d'ailiers Pavol Segla* - Juho Jokinen ; Guillaume Chassard - Steve Michou ; Pierre Brisard - Richard Kazda ; Vincent Bringuet - Luc Tardif jr, combinées alternativement aux centres Francis Ballet, Lionel Bilbao (C) et Étienne Croz.
Remplaçants : Benjamin Jubien (G), Jérémie Bigot.
* Ces joueurs ont été tirés au sort pour être soumis à un contrôle anti-dopage diligenté par le ministère, qui a peu apprécié les critiques récentes de Christer Eriksson au sujet de l'amateurisme des contrôles dans le hockey.