Strasbourg - Morzine (31 janvier 2004)

 

Match comptant pour la quatrième journée de la poule finale de division 1.

Après un match au score fleuve contre Limoges (12-5), l'Étoile Noire affrontait ce soir les Pingouins de Morzine, une équipe bien classée pour le moment, invaincue depuis le début de l'année et qui a vaincu tout dernièrement le voisin chamoniard. Une belle affiche en perspective, le match pouvait commencer avec une nouvelle recrue pour les Alsaciens, afin de reprendre le moral après les diverses désillusions slovaques (Valko) puis canadiennes (Vigneault puis Laliberté), et enfin la blessure sérieuse de Vincent Lacaes. Il s'agit du défenseur slovaque Pavol Mihalik, prêté par Angers qui l'avait engagé pendant la blessure de Crochetière.

Le premier tiers-temps propose une mise en jambes progressive, même si la tendance se dessine assez facilement. En face des Alpins qui jouent tout en patience, discipline et contres collectifs à deux ou trois, Strasbourg essaie un peu plus un travail de pressing (relatif), en mêlant raids solos et occupation de la zone adverse. On note quand même déjà un manque de réalisme flagrant devant la cage de Johan Bäckö, notamment en supériorité, face à des Morzinois qui marquent sur un contre, une belle percée le long de la bande d'Alnered qui attend le dernier moment pour donner à l'opposé à Éric Lebey qui pousse dans la cage vide (7'52"). Le match est équilibré, mais Strasbourg manque souvent son dernier geste, et ne parvient pas à dominer son sujet, sanctionné pourtant par de nombreuses pénalités. Et c'est d'ailleurs à la fin de l'une d'entre elles que Jean-Nicolas Bordeleau profite d'un moment d'inattention de la défense bas-rhinoise pour donner deux longueurs d'avance à son équipe, dans des circonstances plutôt heureuses, son tir étant dévié infortunément par un joueur strasbourgeois (18'23"). Presque aussitôt s'ensuit une petite escarmouche entre Damien Brau-Arnauty et Bertrand Richard, pas le temps de se poser la question, la supériorité alsacienne se met en place, un gros tir de Milan Dirnbach pour Peter Himler qui dévie de près devant Bäckö (19'35"). La rentrée aux vestiaires peut se faire dans de meilleures conditions pour l'Étoile Noire, même s'il va falloir rester concentré.

D'ailleurs, bien remotivés, et aussi aidés par Bordeleau sanctionné d'un accrocher, les Alsaciens recollent dans la foulée aux Pingouins : une nouvelle supériorité installée, un nouveau tir de Dirnbach pour une nouvelle déviation de près de Himler, tout en finesse celle-ci, on sent un travail à l'entraînement (22'11"). Le match devient plaisant à voir car les deux équipes se donnent la réplique, avec une tendance plus prononcée pour les Strasbourgeois, qui malheureusement pèchent encore beaucoup en réalisme. Face à un "immanquable" de Himler (25'44"), Maltais répond, suite à un excellent grattage de palet, mais Denis Larivière ferme magistralement, tout comme Johan Bäckö inquiété dans la continuité de l'action par un raid rageur de Stéphane Hohnadel (26'46"). La partie en est à sa moitié, le rythme s'est assagi, Morzine procède par à-coups et Strasbourg relâche un peu son effort. Lors d'une nouvelle escarmouche entre les deux camps, M. Rousselin choisit avant tout de punir la faute initiale de Sevcik. Cela aurait pu être sans trop de conséquences si Strasbourg ne jouait pas déjà en infériorité. Les choses se corsent donc, et Lebey reprend de volée une transversale de Lindgren (32'06"). Tout de suite après, c'est à Olivier Maltais de piéger Larivière après un gros travail derrière la cage (32'34"). Strasbourg se retrouve littéralement groggy et aurait peut être mérité un petit temps mort pour reprendre un peu ses esprits, car le reste du tiers les voit incapables de finir une action, quand Thomas Lindgren manque lui de corser l'addition, sur un premier essai de près repoussé par Larivière, qui laisse alors une cage béante. Heureusement, le Suédois ne peut capter le rebond. La fin de période est un peu plus volontaire pour les locaux, sur un tir à bout portant de Flinck (38'46"), puis un autre, lointain, de Brau-Arnauty (39'15"), mais Bäckö reste imperméable.

Il va falloir mettre alors les bouchées doubles, et on se dit que la mission n'est pas impossible car Dirnbach montre la voie à suivre mais Backo se couche bien (41'00"). Hélas, Morzine vient juste de tuer une pénalité que Jean-Yves Socquet monte à l'attaque et sert Maltais pour une réalisation de près qui sonne le glas des espoirs locaux (42'04"). Ceux-ci continuent pourtant à essayer, notamment sur une nouvelle supériorité, où c'est le poteau de Backo qui aide son équipe (46'05"). Les Morzinois restent à l'affût en grattant tout palet mal négocié par les locaux, pour ensuite partir vers la cage adverse, comme sur cette avancée de Joakim Stenvall (47'11"). Il reste environ dix minutes à jouer, Strasbourg perd progressivement ses espoirs, Morzine joue en supériorité mais ne semble pas vouloir pousser plus que cela, on assiste donc à quelques minutes de hockey mal fini, jusqu'à cette nouvelle échappée collective des Pingouins, avec Stenvall qui longe la bande et centre au tout dernier moment pour Lindgren qui score pour la sixième fois (54'45"). Grosse leçon d'efficacité face à des Strasbourgeois de plus en plus écurés par un Johan Bäckö en état de grâce, et une nouvelle fois suppléé par son poteau face à Himler (58'20"). Mathieu Saint-Marc bénéficie d'une dernière grosse occasion, et peut se présenter seul face au portier alpin qui gagne encore magistralement son duel (59'20"). Pas la peine donc de s'éterniser sur la fin du match, ponctuée d'un concert de crosses morzinoises contre la bande pour l'allégresse, et strasbourgeoises pour la rage et la frustration d'un match mal négocié.

Grosse gifle pour les Bas-Rhinois, le score est même sévère vis-à-vis de leur prestation. L'attaque semble moins à mettre en cause que le comportement défensif de l'équipe. Il ne manquait pas grand-chose devant, juste un peu de réalisme (deux poteaux quand même et moult "immanquables" au-dessus), mais derrière, on a noté un peu de fébrilité et d'hésitation pour protéger son gardien, pas à la noce pendant quelques longues minutes après le 4-2. Rien n'est encore perdu, il faudra juste retrouver un peu de confiance et de sérénité avant de rencontrer Caen dans quinze jours et Chamonix dans trois semaines.

Morzine arrivait en Alsace avec la meilleure défense de la poule, et repart sans doute en laissant une belle impression quant à son efficacité. Le style de jeu proposé est simple : derrière, on joue discipliné , on dégage le long de la bande, devant, on gratte, et on part à deux ou trois en contre, en alliant vitesse et jeu de passes simples (comme sur les buts 1 et 6). Ajoutons un gardien assez inspiré, une grosse dose de réalisme, et on obtient un mélange efficace, même si un peu frustrant car on attendrait un peu plus de hardiesse pour prendre le jeu à son compte. Morzine est quand même une bonne surprise dans cette poule finale et ne sera pas à prendre à la légère.

Compte-rendu signé Stéphane Rault

 

Commentaires d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace)

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "Nos adversaires n'ont pas eu plus d'occasions que nous, mais ils ont su en concrétiser six. Nous avons perdu des palets à des mauvais moments et mal négocié les avantages numériques. Nous avons perdu deux matches et il reste dix journées. Tout reste possible. Mais désormais, il faut gagner, dès samedi prochain à Amnéville, puis commencer à battre les bonnes équipes de la poule sud. Il est clair que nous donnons trop de buts à nos adversaires."

Stéphane Gros (entraîneur de Morzine) : "Johan Bäckö a tenu le match dans les moments importants. Nous lui devons beaucoup. Notre quatrième but fait très mal à Strasbourg, qui ne s'en est jamais remis. En fait, à 4-2 pour nous, c'était fini. Mon équipe me surprend chaque jour davantage. Elle a vraiment un cur énorme et c'est ce qui a fait la différence ce soir. Pourtant, je pensais sincèrement que notre série de matches sans défaite s'arrêterait à Strasbourg."

 

Strasbourg - Morzine 2-6 (1-2, 1-2, 0-2)

Samedi 31 janvier 2004 à 17h30 à la patinoire du Wacken. 1032 spectateurs.

Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de Sueva Torribio et d'Olivier Allaert.

Pénalités : Strasbourg 18' (6', 10', 2'), Morzine 16' (10', 2', 4').

Tirs : Strasbourg 40 (12, 15, 13), Morzine 25 (7, 10, 8).

Évolution du score :

0-1 à 07'52" : Lebey assisté d'Alnered (inf. num.)

0-2 à 18'23" : Bordeleau

1-2 à 19'35" : Himler assisté de Rénier (sup. num.)

2-2 à 22'11" : Himler assisté de Dirnbach et Rénier (sup. num.)

2-3 à 32'06" : Lebey assisté de Lindgren (double sup. num.)

2-4 à 32'34" : Maltais (sup. num.)

2-5 à 42'04" : Maltais assisté de Hubert

2-6 à 54'45" : Lindgren assisté de Stenvall et Lebey

 

Strasbourg

Gardien : Denis Larivière.

Défenseurs : Milan Dirnbach - Damien Brau-Arnauty ; Thibault Dumuis ou Xavier Rénier - Pavol Mihalik.

Attaquants : Daniel Sevcik - Éric Medeiros - Peter Himler ; Maxime Schuchewytsch - Stéphane Hohnadel - Tommi Flinck ; Olivier Escuder (C) - Pierre-Hervé Coulombeix - Mathieu Saint-Marc ; Thomas Frand - Damien Mehl - Thomas Reverdin.

Remplaçant : Antoine Intsaby (G). Absents : Vincent Lacaes (blessé), Aurélien Popescou.

Morzine

Gardien : Johan Bäckö.

Défenseurs : Louis Jouillie (C) - Jean-Nicolas Bordeleau ; Andreas Alnered - Stéphane Mettens ; Clément Bleuze.

Attaquants : Joakim Stenvall - Thomas Lindgren - Éric Lebey ; Jean-Yves Socquet - Marc-Étienne Hubert - Olivier Maltais ; Anthony Richard - Bertrand Richard - Éric Dupieux.

Remplaçant : Erwann Grevat (G). Absents : Alain Boisson, Stéphane Gros, Damien Vidaleinq, François Michaux, Olivier Richard.

 

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