Brest - Villard-de-Lans (28 février 2004)

 

Match comptant pour la onzième journée de la poule Magnus 2004.

Sans avoir à forcer réellement leur talent, les Albatros sont venus à bout d'Ours un peu atones et visiblement un peu usés par leur long trajet. C'est donc sans avoir à subir de retour de flamme ou de sursaut d'orgueil que les Brestois ont pu enchaîner leur cinq buts pour finalement s'imposer 5-1. Un match placé sous le signe du fair-play dans le cadre de la journée "hors-jeu la violence" et qui n'aura heureusement pas été entaché d'accrochage sérieux entre une puissante équipe bretonne et une équipe villardienne parfois un peu trop tendre physiquement. Les Albatros continuent ainsi leur route vers les play-offs et retrouvent désormais le quatuor de tête synonyme d'avantage de la glace en quarts. Un retour en trombe des Finistériens en grande partie dû, ce soir, au capitaine Dino Grossi, auteur à nouveau d'un doublé. Le rouleau compresseur breton a enfin atteint sa vitesse de croisière en aplatissant cette fois-ci Villard-de-Lans, mais il va désormais devoir retrouver la route et se déplacer à Dijon samedi... en espérant qu'il ne cale plus en si bon chemin.

Alors que Roger Querros fait un speech sur la non-violence dans le sport, Albatros et Ours rentrent main dans la main avec un jeune moustique du club. De quoi donner le ton d'une rencontre sans accrocs ni autres escarmouches. Néanmoins, si de valses ou de voyages en prison il n'y a pas dans ce premier tiers, les occasions, elles, ne se font pas attendre. Au bout de seize secondes de jeu seulement, Yven Sadoun récupère un palet seul devant Nogaretto, malheureusement ce dernier fait l'arrêt in extremis (00'16). De quoi donner des ailes aux Albatros qui dictent fermement leur loi à des Ours sans réaction. Provencher signale ainsi une nouvelle alerte à bord du navire isérois en envoyant le palet percuter le bouclier de Nogaretto à bout portant (01'52). Même topo pour Ludek Broz dont le lancé est à nouveau dévié (04'10). Les Villardiens acculés sortent tout de même peu à peu la tête de l'eau, sans pour autant contenir Stéphane Arcangeloni, qui fait son retour de blessure, et qui voit enfin Nogaretto bloquer le palet du premier coup après un tir depuis l'engagement (05'10). Les Villardiens, habituellement si vifs et rapides, traînent quelque peu et se font surprendre. Grossi se faufile derrière un défenseur avant de reprendre un palet devant le but gardé tant bien que mal par un Nogaretto adepte des rebonds (08'53). Le premier visiteur à pointer le bout de son nez hors de ses bases est donc Kent Gillings qui trouve néanmoins le cuir de la niche (09'10).

La faille n'est plus très loin pour les Brestois qui taquinent Nogaretto autour de sa cage par l'intermédiaire de Tikhonov (09'42), de Tomasello à la reprise d'un centre dans le slot (10'09) ou de Grossi auteur d'un gros lancer en entrée de zone (11'15). Des signes avant-coureurs qui s'avèrent exacts puisque, quelques secondes plus tard, Jimmy Provencher et Ludek Broz travaillent dur derrière la cage pour transmettre à Dino Grossi face au but pour fusiller en règle le malheureux Nogaretto (1-0 à 11'29). Pas de quoi calmer Tomasello qui revient à la charge pour provoquer un Nogaretto qui aura toutes les peines du monde à contrôler le palet (11'50). Pour ne rien arranger, la chance n'est pas du côté des Villardiens qui se retrouvent avec un joueur de moins lorsque Pierre Bourgey prend, à cinq mètres du tireur seulement, un terrible palet dans la bouche (12'40). Bourgey sera évacué en urgence à l'hôpital où il y a été semble-t-il opéré afin de remettre en place une lèvre sérieusement explosée et des dents enfoncées. Pas de quoi amadouer les Brestois qui vont repartir de plus belle avec en tête de fronde Loïc Sadoun qui tente de forcer le passage du palet entre le cerbère et son poteau (15'44). Broz est tout près d'inscrire un but gag en voyant son centre surprendre Nogaretto qui ne se le met pas dans ses propres filets de justesse (16'39). Face à Maynard depuis le bleue, le geôlier villardien est tout heureux de voir le puissant lancé frôler la cage (17'51).

De retour après le surfaçage, les deux équipes se font plus calmes dans un premier temps puisque seul un bon tir de Ijäs est à noter. Toutefois, le compteur des pénalités s'affole un peu plus après un premier tiers vierge de toute répression. De quoi libérer des espaces et permettre aux artilleurs Grossi et Mikel de mitrailler un Nogaretto particulièrement sollicité (26'55). Tellement sollicité qu'il finit d'ailleurs par céder une deuxième fois lorsque Grossi récupère un rebond vagabond (2-0 à 27'09). Pas le temps de reprendre leurs esprits que les Villardiens, bien qu'en supériorité numérique, se font prendre en contre par des Brestois euphoriques. En effet, Loïc Sadoun, pour ce qui va devenir une spécialité brestoise, s'en va seul en breakaway, en infériorité, suite à une bonne récupération de Kysela. Un face-à-face judicieusement remporté face à un Nogaretto qui se couche sans doute un peu vite, et le break est fait (3-0 à 27'55). Villard a pris un sérieux coup derrière les oreilles et se fait à nouveau peur sur un débordement incontrôlé de Tomasello qui fait le tour de la cage sans parvenir à redresser son tir (28'30).

Les Ours encaissent peu à peu le coup et se réveillent timidement par l'intermédiaire de Goncalves qui se voit bloqué par Figved, ou de Millar qui va feinter joliment Figved avant de tirer et faire croire à tout le monde le but (31'10). Illusion ? Toujours est-il que le jeu continue sans que les Villardiens n'aient protesté. Franck Billieras se remet à y croire à la vue de ses coéquipiers et tente également sa chance mais Figved fait bloque (31'49). Entre-temps, le coffre-fort adverse a changé de garde puisqu'à mi-match c'est Pascal Favarin qui fait son entrée (30'39). Pas de traitement de faveur pour le nouveau portier qui s'estime heureux que le palet n'ait pas atterri dans la palette de Mikel dans l'axe suite à l'étonnant débordement de Broz (35'45). Ludek Broz, toujours aussi actif et créatif, teste lui-même Favarin sur un débordement sans fin heureuse (36'14), à l'instar de Tomasello qui ne peut reprendre la passe lumineuse devant la cage de Loïc Sadoun (37'43). Mais Pascal Favarin finit par connaître le même sort que son coéquipier, puisqu'au jeu des doubles pénalités, c'est Brest qui en profite sur un engagement remporté par Arcangeloni, directement transmis à Tsyplakov qui allume de la bleue et transperce le gardien visiteur (4-0 à 39'30).

À la reprise du troisième tiers, Julien Figved a enfin l'occasion de se mettre en valeur sur deux minutes de jeu de puissance villardien enfin bien négocié. "Saved by Figved" par-ci, "saved by Figved" par-là, les Ours ne savent plus par où passer. Comme à l'accoutumée, malgré une brillante prestation, Julien Figved doit s'incliner lorsque Rich Metro transforme à bout portant un rebond consécutif à un lourd lancer de Marakhovski (4-1 à 45'33).. Malheureusement pour les Isérois, pas le temps de savourer ou de se remettre à y croire, puisqu'une minute trente plus tard, en supériorité, Janne Ijäs bénéficie de la récupération de Daniel Kysela puis de la déviation instantanée de Yven Sadoun pour partir seul en break et tromper pleine lunette un Favarin impuissant (5-1 à 46'53). Si Favarin est obligé de rester vigilent face à Tomasello toujours en raid rageur (47'00), il en va tout autant de Figved qui contient le débordement de Franck Billieras (48'49) ou le tir de Gillings (54'00). Figved, la mitaine chaude, ne s'arrête plus et remporte avec brio ses un contre un, notamment face à Franck Billieras qui ne sait plus comment faire (54'10). James Duval en vadrouille autour du but (55'00) tente sa chance sans succès face au "mur de granit" breton. Dépités de ne pouvoir forcer davantage la boîte brestoise, les Villardiens baissent les bras et prennent le risque de voir la marque s'aggraver sur un bon lancer de Provencher dont le rebond revient sur Grossi suite à un contre rondement mené et initié par l'inévitable Broz (58'13). De toute façon, la victoire étant acquise depuis bien longtemps.

À l'issue du match, Janne Ijäs et Franck Billieras se sont vu remettre le prix du fair-play des mains de Roger Querros, responsable de ce mouvement dans tout le Finistère.

Compte-rendu signé William Boussard

 

Commentaires d'après-match

Bruno Maynard (défenseur de Brest) : "Je crois que Villard avait encore les pieds dans le bus au début. Ça nous a permis de rentrer dans le match rapidement et de nous mettre vite à notre niveau. Après, Villard a joué son jeu, et nous aussi, nous avons continué à progresser vers l'avant, en commençant à avoir un peu de chance. Le premier but nous a permis de nous lâcher et après tout s'est bien passé. Ce qui a fait la différence par rapport au match aller, c'est tout simplement le trajet. Ce n'est pas la porte à coté et cette fois-ci c'étaient eux qui avaient les 15h de car dans les jambes. En plus de ça, nous sommes presque au complet à part Ivan derrière, nous sommes plus solides en ce moment et ça se voit encore ce soir. On maîtrise mieux le match, on se laisse moins avoir, on a moins de passages à vide. En ce moment, c'est tout simple, il y a une dynamique de victoire donc la confiance règne dans l'équipe."

Dennis Murphy (entraîneur de Villard-de-Lans) : "Je pense que l'expérience qu'il y a dans cette équipe brestoise est pour beaucoup dans leur victoire. Ils ont également des joueurs qui pèsent plus et ça s'est ressenti dans les coins. Un joueur comme Grossi illustre parfaitement ça puisqu'il marque les deux premiers buts grâce à sa puissance et à son expérience. Ils ont également plusieurs bons tireurs comme on a pu le constater sur des engagements ou sur des tirs bien placés. On prend deux autres buts comme ça. Enfin, il y a le breakaway sur le cinquième but, très bien construit avec une passe puis une déviation pour un joueur lancé de derrière qui s'échappe. Offensivement, Brest a un potentiel impressionnant ! Et puis dans la cage, il y a aussi Julien Figved qui a eu des occasions et qui a été très bon ce soir. Par rapport au match aller, la différence vient tout simplement du fait, pour nous comme pour eux, qu'après 15h de car c'est difficile. On a le voyage dans les pattes et c'est long pour tout le monde car le vendredi soir tu ne dors pas bien."

 

Brest - Villard-de-Lans 5-1 (1-0, 3-0, 1-1)

Samedi 28 février 2004 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 725 spectateurs.

Arbitrage de Thierry Calamoneri assisté de Stéphane Phelippe et Savice Fabre.

Pénalités : Brest 18' (0', 12', 6'), Villard-de-Lans 18' (0', 6', 2'+10').

Tirs : Brest 40 (18, 7+7, 8), Villard-de-Lans 29 (5, 9, 15).

Évolution du score :

1-0 à 11'29" : Grossi assisté de Provencher et Broz

2-0 à 27'09" : Grossi assisté de Kulonen

3-0 à 27'55" : L. Sadoun assisté de Kysela (inf. num.)

4-0 à 39'30" : Tsyplakov assisté d'Arcangeloni

4-1 à 45'33" : Metro assisté de Marakhovski et Millar

5-1 à 46'53" : Ijäs assisté de Y. Sadoun et Kysela (sup. num.)

 

Brest

Gardien : Julien Figved.

Défenseurs : Daniel Kysela - Tadeusz Pulawski ; Jan Mikel - Timo Kulonen ; Aleksandr Tsyplakov - Bruno Maynard (A).

Attaquants : Loïc Sadoun (A) - Janne Ijäs - Yven Sadoun ; Dino Grossi (C) - Ludek Broz - Jimmy Provencher ; Maksim Tikhonov - Stéphane Arcangeloni - Gianluca Tomasello.

Remplaçants : Gabriel Bounoure (G), Christian Élian, Jérôme Veret. Absent : Ivan Borzik (douleur à l'aine).

Villard-de-Lans

Gardien : Nicolas Nogaretto puis Pascal Favarin à 30'39".

Défenseurs : Roman Marakhovski - Martin Roh ; Nicolas Favarin - Christopher Lepers ; Stéphane Guillot-Diat - Jean-Marc Girard (A).

Attaquants : Franck Billieras - Kent Gillings - Christophe Negro (C) ; Rich Metro - Alexandre Goncalves - Rob Millar ; Pierre Bourgey (A) - James Duval - James Cruz ; Rudy Billieras - Damien Chalons.

Absent : Mathieu Guidoux.

 

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