Grenoble - Brest (27 mars 2004)

 

Demi-finale du Super 16, deuxième manche.

Après les incidents de la veille, tout le monde espérait que les esprits se soient calmés et que le jeu reprenne la vedette. Les nouvelles étaient rassurantes du côté de Stéphane Gachet, victime finalement d'une commotion cérébrale et sorti le matin même de l'hôpital. Il devra observer quelques jours de repos et a fait un passage remarqué dans les tribunes de Pôle Sud afin de rassurer ses fervents supporters. Présent également dans les travées de la patinoire grenobloise, son agresseur Dino Grossi, suspendu automatiquement pour ce match et dans l'attente de connaître la suspension qui lui sera infligée par la commission de discipline. Les deux joueurs étaient remplacés respectivement par Martin Millerioux et Maksim Tikhonov.

Les deux équipes entamaient la rencontre prudemment. Pas de grandes envolées ni de prises de risque inutiles, chaque équipe préférant rester sur ses gardes, consciente de l'impact que pourrait avoir le premier but. Grenoble se fait une première frayeur sur une pénalité bien stupide de Jesse Saarinen qui avait oublié d'attacher son casque. Sans dommage malgré quelques actions chaudes devant la cage de Rolland. La plus belle occasion de la période est à mettre à l'actif de Baptiste Amar dont le tir côté droit trouve le poteau brestois. Pas malheureux, Figved, sur ce coup-là. Les Brûleurs de Loups ont bien à leur tour une occasion de faire la différence en supériorité numérique, mais visiblement leur power-play était bien moins inspiré que la veille car ils sont incapables d'installer le jeu de puissance. Les Albatros se montrent bien mieux en place que la veille et surtout ne laissent pas l'initiative du jeu à Grenoble. La muraille s'annonce bien difficile à franchir pour des Brûleurs de Loups concentrés. C'est donc sur un score nul et vierge que s'achevait cette première période "d'attente"...

En deuxième période, les premières pénalités vont jouer un rôle important. Alors que Grenoble peine une nouvelle fois à installer son jeu de puissance en supériorité numérique (Tomasello), Amar est sanctionné à son tour. Le jeu à quatre contre quatre laisse des espaces dans la défense brestoise, ce dont profitent les Brûleurs de Loups sur un contre rondement mené. Forsell à l'origine, Podlaha en relais, et Saarinen à la conclusion avec un tir ras de glace à mi-distance entre les jambes de Figved (1-0, 24'55"). Un bel enchaînement collectif et une ouverture du score presque inattendue à cet instant de la rencontre. Brest bénéficie d'ailleurs du reste de la supériorité numérique pour se racheter mais n'en profite pas malgré un jeu de puissance bien installé. Ce n'est que partie remise pour les Albatros qui profitent d'une prison d'Agnel pour à nouveau s'installer dans la zone dauphinoise. Cette fois sera la bonne, puisque Loïc Sadoun, laissé un peu trop libre de ses mouvements derrière la cage par la défensive grenobloise, centre pour Borzik qui trompe Rolland de près et égalise (1-1, 28'34"). Décidément, les deux équipes ne parviennent pas à se départager ce soir. Pourtant, les Brûleurs de Loups ont une occasion rêvée de prendre leurs distances au gré d'une avalanche de pénalités qui s'abattent sur les Brestois victimes d'un arbitrage intransigeant. En tout, plus de trois minutes en supériorité numérique, dont deux en double supériorité ! Mais les Albatros remarquables de solidarité en défense tiennent le coup et neutralisent des Grenoblois bien brouillons. La fin du tiers est même entièrement à leur avantage mais le score ne bouge pas.

La dernière période sera donc décisive. Première surprise du chef Guennelon, la mise à l'écart de Benjamin Agnel, exilé au bout du banc tandis que Christophe Tartari prend sa place sur la première ligne. Un choix qui s'avère bien judicieux car le junior grenoblois apporte toute son énergie à une équipe qui en avait bien besoin. Les débats s'équilibrent à nouveau et Grenoble se montre plus tranchant qu'en deuxième période. Discret la veille, le duo Forsell-Podlaha fait ce soir la différence, mais pas de la même façon qu'à l'accoutumée. Cette fois, c'est Josef Podlaha qui, récupérant une passe ajustée de Tartari qui place les Grenoblois en situation de deux contre un, temporise pour servir sur un plateau Tero Forsell dont la reprise trouve la lucarne de Julien Figved (2-1, 47'16"). Bingo ! Les Brestois ont pourtant avoir l'occasion de revenir dans la partie. Ça sent bon la compensation lorsque deux Grenoblois (Tuominen et De Murcia) se retrouvent simultanément en prison. C'est de bonne guerre et on n'en voudra pas à M. Bocquet. Reste aux Brûleurs de Loups à faire aussi bien que les Albatros lors de la période précédente : tenir pendant deux minutes à cinq contre trois. Et c'est ce qu'ils font avec brio grâce à un travail de harcèlement constant qui perturbe considérablement des Albatros qui ne peuvent jamais vraiment s'installer convenablement. Mais Brest n'a pas dit son dernier mot et rate de très peu deux occasions rêvées d'égaliser. À chaque fois le palet passe à quelques centimètres de la cage de Rolland comme sur cette cage grande ouverte ratée par Jan Mikel. Le vent a tourné et la faute de Pulawski dans les dernières minutes sonne le glas des derniers espoirs brestois. D'autant que sur la supériorité numérique qui suit, Christophe Tartari se fait un malin plaisir à convertir en but un palet bien maladroitement relancé par Figved qui avait pourtant gelé dans un premier temps la rondelle (3-1, 58'32").

Grenoble parvient ainsi à remporter deux victoires en deux rencontres à domicile et peut se montrer confiant pour le reste de la série. Les Albatros pour leur part sont désormais dos au mur et n'ont pas gagné leur pari de revenir en Bretagne avec au moins une victoire en poche. Du côté des Brûleurs de Loups, on retiendra la performance de la première ligne sous l'impulsion d'un Tero Forsell très en vue, impliqué sur les trois buts ce soir. Une nouvelle preuve de la richesse de l'effectif grenoblois puisque c'est la deuxième ligne qui s'est mise en évidence la veille. Suite (et fin ?) de la série mardi à Brest.

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Grenoble - Brest 3-1 (0-0, 1-1, 2-0)

Samedi 27 mars à 20h15 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3173 spectateurs.

Arbitrage de Didier Bocquet assisté de Nicolas Barbez et Damien Velay.

Pénalités : Grenoble 12' (2', 4', 6'), Brest 18' (2', 12', 4').

Évolution du score :

1-0 à 24'55" : Saarinen assisté de Podlaha et Forsell (inf. num.)

1-1 à 28'34" : Borzik assisté de Sadoun et Broz (sup. num.)

2-1 à 47'16" : Forsell assisté de Podlaha et Tartari

3-1 à 58'32" : Tartari assisté de Forsell (sup. num.)

 

Grenoble

Gardien : Patrick Rolland.

Défenseurs : Jesse Saarinen - Jukka-Pekka Holopainen ; Baptiste Amar - Simon Bachelet ; Martin Millerioux - Roland Fougère.

Attaquants : Benjamin Agnel (A) puis Christophe Tartari - Tero Forsell - Josef Podlaha ; Sami Kaartinen - Jani Tuominen - Benoît Bachelet (C) ; Andrei Shchevelev - Laurent Deschaume - Xavier De Murcia.

Remplaçants : Fabrice Agnel (G), Cyril Papa, Romain Bachelet et Timo Bayon. Absents : Stéphane Gachet (commotion cérébrale), Jean-François Bonnard (fracture de la malléole), Laurent Meunier (fracture du plateau tibial et déchirure ligamentaire) et Nicolas Antonoff (ligaments du genou).

Brest

Gardien : Julien Figved.

Défenseurs : Daniel Kysela - Tadeusz Pulawski ; Jan Mikel - Ivan Borzik ; Timo Kulonen - Aleksandr Tsyplakov.

Attaquants : Loïc Sadoun (A) - Stéphane Arcangeloni - Yven Sadoun ; Maksim Tikhonov - Ludek Broz - Jimmy Provencher (C) ; Jérôme Vérêt - Janne Ijäs - Gianluca Tomasello.

Remplaçants : Gabriel Bounoure (G), Bruno Maynard (A). Absents : Dino Grossi (suspendu), Christian Élian et Sébastien Oprandi.

 

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