République Tchèque - Suisse (2 mai 2004)

 

Championnats du monde 2004, deuxième tour, groupe E.

Après avoir obtenu un nul crispant face à la Lettonie, les Suisses n'avaient pas grand-chose à attendre de leur confrontation face à la République tchèque, impressionnante depuis le début du tournoi. Si ce n'est faire douter les grands favoris comme ont pu le faire les Autrichiens défaits seulement 0-2 après une longue résistance. Toujours est-il que les deux équipes avaient déjà la tête à leur prochain match : la Suisse avec une confrontation déterminante contre l'Allemagne pour la qualification en quart de finale et la République Tchèque qui se prépare à passer un premier test d'envergure face au Canada. Les deux coaches ne s'y étaient d'ailleurs pas trompés en titularisant les deux gardiens remplaçants (Cechmanek et Bührer) lors de cette rencontre. À noter côté tchèque, les débuts dans le tournoi de Martin Havlat, tout juste remis d'une grippe.

Malgré le relatif faible enjeu de cette rencontre, les deux équipes ne faisaient pas dans la demi-mesure. Beat Forster neutralisait durement Martin Rucinsky derrière les cages de Bührer et écopait de la première pénalité de la rencontre. Les Tchèques se montraient peu inspirés sur le jeu de puissance et Andres Ambuhl se procurait même une belle occasion en contre mais il échouait - au sens propre - sur Cechmanek. Rucinsky prenait le relais de Forster dans la geôle et les Suisses furent tout près d'ouvrir le score par Ivo Rüthemann mais l'attaquant bernois voyait son tir repoussé par Dopita qui avait suppléé un Cechmanek défaillant. Slegr et Ziegler montraient qu'ils n'était pas là pour plaisanter et le match se résumait à une dure bataille en zone neutre. Les Tchèques, globalement dominateurs, ne se montraient guère tranchants et ce sont les Suisses qui portaient le danger en contre, notamment sur un deux-contre-un d'Ambühl et Jenni, mais l'attaquant de Färjestad manquait son tir. Ziegler et Slegr retournaient en prison mais cette fois chacun à leur tour. Les deux situations de supériorité numérique ne débouchaient pas sur grand chose de concret, si ce n'est un tir de Rüthemann bien capté par Cechmanek.

Visiblement vexés d'avoir été autant ballottés, les hommes de Slavomir Lener passaient l'accélérateur en début de deuxième période. Le duo Dopita-Prucha se signalait d'entrée et Bührer devait s'interposer. Il était même battu sur un tir de Straka qui heurtait son poteau. La prison de Steinegger compliquait un peu plus la tâche de Suisses sous pression et les Tchèques en profitaient pour obtenir un avantage mérité sur slap de la bleue de Spacek en plein dans la lucarne de Bührer (1-0, 24'00"). La pression sur les cages de Bührer ne retombait pas pour autant et les Suisses passaient encore deux minutes difficile pendant la prison de Keller. Finalement c'est Jaromir Jagr qui s'illustrait pour le plus grand plaisir du public en récupérant un palet de Straka et puis en tentant de feinter Bührer pour finalement pousser le palet au fond des filets alors qu'il était projeté sur la glace (2-0, 31'36"). Un but d'équilibriste qui aurait pu sonner le gals des espoirs suisses. Mais ces derniers allaient très vite se relancer en obtenant une supériorité numérique (faute de Novak). Sur un débordement côté droit, Patrick Fischer adressait un tir en angle fermé qui surprenait Chechmanek et la Suisse revenait immédiatement dans le match (2-1, 33'59"). Les hommes de Ralph Krüeger avaient fait preuve d'une belle efficacité et continuaient à empoisonner la vie des Tchèques à tel point qu'une bagarre éclata à la fin du tiers avec notamment Ziegler et Dvorak dans les premiers rôles. Les Suisses s'en sortaient même en supériorité numérique.

Les Helvètes n'avaient pas abandonné leur ambitions lors de la dernière période mais pensaient avant tout à défendre leur cage autour d'un Bührer convaincant. Mais Jagr avait beau s'employer, les Tchèques ne trouvaient pas la faille malgré deux supériorités numériques consécutives, à chaque fois provoquées par Beat Forster. Josef Beranek se procura la plus belle occasion du tiers avec un tir du poignet concluant un débordement côté gauche. Un one-timer de Kaberle trouvait encore Bührer sur sa route. Le score aurait pu en rester là sans un surnombre suisse dans la dernière minute. Sur la supériorité numérique qui suivit, Prospal concluait sur le coup de sirène un trois contre un d'un joli tir du revers (3-1, 59'59"). Victoire laborieuse des Tchèques qui avaient peut-être la tête au match contre le Canada. Quant aux Suisses, leur résistance fut héroïque et surtout bien meilleure que celle des Allemands face à ces même Tchèques. De bonne augure avant le match décisif pour les quarts de finale...

Élus joueurs du match : Martin Steinegger pour la Suisse et Jaroslav Spacek pour la République tchèque.

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Commentaires d'après-match :

Slavomir Lener (entraîneur de la République Tchèque) : "L'équipe suisse a pratiqué un marquage très serré dans la zone neutre. Nous avons fait beaucoup d'erreurs à la ligne bleue offensive et cela a donné aux Suisses des occasions dangereuses sur les contre-attaques. C'était notre match le plus difficile jusqu'ici, exigent physiquement, et nous l'avons négocié avec patience et lucidité. Je suis content que nous ayons marqué aux moments opportuns et fait bon usage de nos unités spéciales, même si la conclusion de nos mouvements offensifs n'a pas toujours été parfaite."

Ralph Krüger (entraîneur de la Suisse) : "Nous voulions tenir le 0-0 le plus longtemps possible. Quand nous avons encaissé le premier but, il y a eu contrecoup psychologique, et l'équipe a un peu abandonné les consignes. Mais à 2-0, elle a réagi. C'est clair, ils ont dominé le match, mais nous n'avons jamais plié et je suis fier quand mon équipe joue ainsi. C'est notre meilleur match dans ce Mondial. Nous avons réussi à nous créer dix ou onze occasions de but, soit trois ou quatre de plus que prévu. Marco [Bührer] a fait vraiment un grand match, mais je ne change pas mes plans : le titulaire contre l'Allemagne sera Martin Gerber."

Goran Bezina (défenseur de la Suisse) : "Nous avons pratiqué un hockey agressif avec un jeu défensif très solide. Nous aurions pu faire mieux en jeu de puissance mais je pense quand même qu'il s'agit d'un de nos meilleurs matches. Nous avons essayé de tenir leur joueurs à distance de notre gardien. Il a vraiment très bien joué dans les cages."

 

République Tchèque - Suisse 3-1 (0-0, 2-1, 1-0)

Dimanche 2 mai à 16h15 à la Sazka Arena de Prague. 17100 spectateurs.

Arbitrage de Hannu Henriksson (FIN) assisté de Peter Feola (USA) et Ales Lesnjak (SLO)

Pénalités : République Tchèque 22' (6', 16', 0'), Suisse 28' (6', 16', 6')

Tirs : République Tchèque : 44 (11, 17, 16) , Suisse : 18 (7, 5, 6)

 

Évolution du score :

1-0 à 24'00" : Spacek assisté de Kaberle et Dvorak (sup. num.)

2-0 à 31'36" : Jagr assisté de Straka

2-1 à 33'59" : Fischer assisté de Della Rossa et Steinegger (sup. num.)

3-1 à 59'59" : Prospal assisté de Straka et Kaberle (sup. num.)

 

République Tchèque

Gardien : Roman Cechmanek.

Défenseurs : Jaroslav Spacek - Jan Novak ; Roman Hamrlik - Frantisek Kaberle ; Jan Hejda - Jiri Slegr ; Martin Skoula.

Attaquants : David Vyborny - Martin Straka - Jaromir Jagr ; Martin Rucinsky - Vaclav Prospal - Radek Dvorak ; Michal Sup - Jiri Dopita - Petr Prucha ; Jan Hlavac - Josef Beranek - Martin Havlat ; Milan Kraft.

Remplaçant : Tomas Vokoun (G).

Suisse

Gardien : Marco Bührer.

Défenseurs : Steve Hirschi - Martin Steinegger ; Beat Forster - Mathias Seger ; Olivier Keller - Mark Streit ; Goran Bezina - Reto Kobach.

Attaquants : Patrick Fischer - Martin Plüss - Patric Della Rossa ; Ivo Rüthemann - Thomas Ziegler - Thierry Paterlini ; Marcel Jenni - Anders Ambühl - Marc Reichert ; Sandy Jeannin - Luca Cereda - Valentin Wirz.

Remplaçant : Ronnie Rüger (G).

 

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