Canada - Slovaquie (8 septembre 2004)

 

Quart de finale de la Coupe du monde 2004.

Entre un Canada impeccable et une Slovaquie amputée de quelques-uns de ses meilleurs joueurs et qui n'exprime pas son potentiel, peut-il y avoir match ? Même si la première pénalité de la soirée est contre Dany Heatley, l'unique occasion est pour les maîtres des lieux malgré l'infériorité numérique. Joe Sakic envoie la rondelle vers le slot où Jarome Iginla déménage palet et gardien dans la cage. Mais le but est refusé, ce qui n'est pas du goût du banc canadien. Décidément, Iginla n'est pas verni, lui qui n'a toujours pas réussi à marquer dans cette coupe du monde. Rappelons en effet que les Canadiens ont enchaîné les victoires jusqu'ici malgré le manque de réussite de leur première ligne offensive. Après dix minutes d'observation, les assauts canadiens se font plus fréquents, et la Slovaquie éprouve de plus en plus de difficultés à se sortir de l'étau, perdant souvent le palet en zone neutre. On a assisté sans surprise à un premier tiers-temps assez défensif.

Dès le début du suivant, une pénalité discutable est appelée contre le capitaine slovaque Miroslav Šatan. À deux reprises, Chara dégage son camp, mais finalement le Canada lance son action de loin, en prenant beaucoup de vitesse. Le duo vainqueur de la Coupe Stanley avec Tampa Bay ouvre le score, sur une passe transversale de Brad Richards pour Vincent Lecavalier. La Slovaquie tente alors de réagir, mais elle est assommée par un but d'Iginla, qui cherchait la passe au second poteau pour Lemieux mais qui trouve la déviation contre son camp de Višnovský. Cela n'empêche pas le speaker d'accorder dans un premier temps le but à Mario, à croire qu'on veut empêcher Iginla d'ouvrir son compteur. L'injustice sera vite réparée.

Remonter deux buts relève de la mission impossible pour la Slovaquie. Même si elle utilise maintenant sa vitesse de patinage pour rentrer en zone canadienne, la plupart de ses tirs sont contrés au passage par une défense solide et n'atteignent pas Martin Brodeur. Le gardien canadien a quand même à réaliser un arrêt à bout portant devant Lubomír Bartecko sur une passe de Gáborík derrière la cage. C'était la dernière chance, plus rien n'empêche maintenant les Canadiens de dérouler. Zdeno Chara perd un palet à la ligne bleue et Ryan Smth dévie la passe de Lecavalier. Le public a tout juste le temps de fêter ce troisième but qu'arrive le quatrième, sur un tir de l'enclave de Joe Sakic. Ján Lašak en a assez et cède volontiers sa place à Rastislav Stana (qui avait annoncé aux journalistes qu'il serait titulaire !), qui avait déjà eu droit à cinq buts canadiens au fond de ses filets lors de la première phase. La vie est beaucoup plus cool pour Brodeur : plastron, crosse, mitaine... Hop !

Tous les voyants sont au vert pour le Canada, d'autant que la première ligne en a définitivement terminé avec sa période de disette. Elle inscrit son troisième but de la soirée, le second pour Jarome Iginla, qui prouve que ce n'est pas en trois matches qu'il a perdu la qualité de son tir du poignet. Quant à Martin Brodeur, qui tourne à un but encaissé en moyenne par match dans ce tournoi, il garde sa concentration jusqu'au bout et obtient enfin son premier blanchissage.

Élus meilleurs joueurs du match : Jarome Iginla pour le Canada et Zdeno Chara pour la Slovaquie.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match

Pat Quinn (entraîneur du Canada) : "La patience était la clé, et il y a eu des exemples pour le prouver. Nous avons vu les Suédois devenir impatients et nous avons vu les Russes devenir impatients face aux styles de jeu de leurs adversaires. Ce soir, la première ligne s'est libérée. Mario a fait quelques actions fantastiques et Jarome a trouvé quelques bons endroits où se placer. C'était le jour de paie pour tout le bon travail qu'ils ont fait."

Jarome Iginla (attaquant du Canada) : "Je m'inquiétais d'être le premier type dans l'histoire à jouer avec Mario et Joe et ne pas marquer le moindre point. Avec eux, vous vous créez des occasions. J'ai reçu quelques superbes passes du revers de Mario. Je dois encore me forcer pour ne pas être intimidé à leurs côtés. Ils sont si positifs et m'encouragent quand je manque une action. C'est un régal de jouer avec eux. Sur le moment, je souhaitais vraiment que ce premier but soit accordé. Je savais que j'avais un peu bousculé le gardien, mais j'espérais que le palet était rentré avant."

 

Canada - Slovaquie 5-0 (0-0, 4-0, 1-0)

Mercredi 8 septembre 2004 à 19h00 à l'Air Canada Centre de Toronto. 18786 spectateurs.

Arbitrage de Don Vanmassenhoven et Stephen Walkom (CAN) assistés de Jean Morin et Pierre Racicot (CAN).

Pénalités : Canada 8' (2', 2', 4'), Slovaquie 8' (2', 2', 4').

Tirs : Canada 26 (10, 8+2, 6), Slovaquie 23 (8, 9, 6).

Évolution du score :

1-0 à 07'52" : Lecavalier assisté de Richards et Brewer (sup. num.)

2-0 à 25'26" : Iginla assisté de Sakic et Brewer

3-0 à 31'29" : Smyth assisté de Lecavalier et Heatley

4-0 à 31'48" : Sakic assisté d'Iginla et Lemieux

5-0 à 47'49" : Iginla assisté de Lemieux et Sakic

 

Canada

Gardien : Martin Brodeur (2').

Défenseurs : Eric Brewer - Adam Foote ; Robyn Regehr - Scott Niedermayer ; Jay Bouwmeester - Scott Hannan.

Attaquants : Mario Lemieux - Joe Sakic - Jarome Iginla ; Simon Gagné - Brad Richards - Martin St-Louis ; Ryan Smyth - Vincent Lecavalier (2') - Dany Heatley (2') ; Kris Draper (2') - Joe Thornton - Shane Doan.

Remplaçant : Roberto Luongo (G).

Réservistes : Wade Redden (épaule), Patrick Marleau, Brenden Morrow, Kirk Maltby et José Théodore (G).

Slovaquie

Gardien : Ján Lašák puis Rastislav Stana à 31'48".

Défenseurs : Zdeno Chára - Jaroslav Obšut ; Branislav Mezei - Lubomír Višnovský (2') ; Martin Štrbák (2') - Radoslav Suchý.

Attaquants : Ladislav Nagy - Pavol Demitra - Marián Hossa ; Richard Zedník - Jozef Stümpel - Miroslav Šatan (C, 2') ; Lubomír Bartecko - Martin Cibák - Marián Gáborík ; Vladimír Országh - Rastislav Pavlikovský (2') - Branko Radivojevic.

Réservistes : Peter Budaj (G), Radovan Somík, Ronald Petrovický, Richard Lintner, Ladislav Cierny, Miroslav Hlinka.

 

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