Strasbourg - Montpellier (29 janvier 2005)

 

Match comptant pour la troisième journée de la poule finale de division 1.

C'est accompagnés par les Hell's Bells que les Vipers, privés de Ctvrtnicek suspendu, sautaient sur la glace du Wacken sous les huées des spectateurs qui ne savaient pas encore que ces cloches ne sonnaient que le glas de la série victorieuse de leurs protégés. Il sera beaucoup question de jeu en après-match, de "bô" jeu même, pour les amoureux de combinaisons savantes qui ne fonctionnent que quand on regarde jouer ceux qui les pratiquent. C'est donc des Montpelliérains soudés et compacts, décidés à administrer la médecine du Docteur Ryser (décoction à base de réalisme, de rigueur dans le positionnement défensif) qui ont pris leur premier point dans cette phase finale. D'aucuns parleront de déjouer. Il reste que lorsque on est favori et qu'on se veut plus fort, il faut gagner (La Palice).

Le premier tiers-temps égrenait ses premières minutes avec une équipe de Strasbourg déroulant son jeu et un entraîneur serein, qui se permettait d'envoyer sa quatrième ligne sur la glace. Les Alsaciens, sûrs de leur bon droit et de leur invincibilité, étaient mis en confiance par un bruyant poteau de Dave Grenier en première supériorité numérique. C'est pourtant peu après que les Vipers mordaient une première fois lorsque, après un dégagement annoncé régulier par les arbitres, les Bas-Rhinois croyant qu'il serait sifflé eurent quelques hésitations derrière leur cage. Hésitation dont profitait Juraj Ozorak pour remettre à Marek Michalovic, esseulé (0-1 à 7'06"). S'ensuivirent deux supériorités consécutives qui remettaient l'Étoile Noire dans la course par un but de Daniel Sevcik, qui glissait le palet sous l'aisselle de Fabrice Agnel (1-1 à 12'13"). Malgré les supériorités strasbourgeoises, les Montpelliérains ne cédaient pas et regagnaient les vestiaires à parité.

Le deuxième tiers-temps débutait sur une série de coups de sifflets, distribués avec équité aux deux équipes par un trio arbitral jusque là plutôt aux aguets de la "horde" montpelliéraine. Les Alsaciens surpris par ce déferlement perdaient leurs moyens et laissaient Juraj Ozorak inscrire en supériorité le second but des visiteurs (1-2 à 35'45"). La réplique strasbourgeoise ne se faisait pas attendre durant une double supériorité octroyée pendant quasiment deux pleines minutes. À deux secondes de la rentrée du quatrième homme, Batardière, l'arme fatale Tommy Flinck concluait sa énième tentative en logeant le palet juste sous le gant de Fabrice Agnel qui avait, jusque là, éteint toutes ses tentatives (2-2 à 39'24").

Le troisième tiers-temps donnait lieu à une pause sur le plan des sifflets arbitraux, ceux-ci ayant peut être décidé de laisser à leur destin les joueurs des deux équipes, tous déterminés à faire la différence sur cette ultime période. Les Strasbourgeois multipliaient les tirs lointains et les Héraultais les contre-attaques. Sur l'une d'elles, Juraj Ozorak héritait d'une occasion en or avec un Larivière couché devant lui. Occasion manquée qui avait fait se lever le banc montpelliérain. C'est encore le même Ozorak qui retrouvait le même scénario, une poignée de secondes avant la fin, et qui levait trop son palet qui heurtait la transversale. Le coup de sifflet final allait voir les Strasbourgeois exhaler leur frustration en tentant d'impressionner des Vipers, qui en ont vu bien d'autres, en les acculant sur leur cage, Larivière (deux buts sur seize tirs) allant même heurter Agnel (deux buts sur trente-deux tirs) pour on ne sait quelle obscure raison...

Le hockey-réalité des Vipers leur a permis de se relancer en allant prendre un point à la terreur de la poule nord et sur sa glace. Les Montpelliérains ont perdu un point au Wacken mais ils ont retrouvé leur équipe, ce groupe soudé qui applique avec discipline des consignes strictes, faites, on ose le rappeler, pour gagner des matchs, finalité de tout sport.

 

Commentaires d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace)

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "On n'est vraiment pas récompensés, on domine toute la rencontre mais l'anti-jeu aura eu raison ce soir. J'ai vu plus de boucherie au cours de ce match que durant toute la première phase."

Pascal Ryser (entraîneur de Montpellier) : "On a su faire déjouer les Strasbourgeois grâce à une grosse défense et un pressing très haut dans les couloirs. Ils savaient très bien ce qu'on allait leur proposer, notamment au niveau du rythme. C'est un match référence. Les gars ont été très solides et ont fait le plus difficile après le flottement de Neuilly : se retrouver. À noter l'immédiate intégration de Janne Kinnunen [le joker médical remplaçant McGee], qui a montré à ses coéquipiers qu'il était digne d'être un Viper."

 

Strasbourg - Montpellier 2-2 (1-1, 1-1, 0-0)

Samedi 29 janvier 2005 à 17h30 au Wacken. 1210 spectateurs.

Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Gilles Magnier et Nicolas Lobry.

Pénalités : Strasbourg 20' (4', 10', 6'), Montpellier 30' (14', 12', 4').

Tirs : Strasbourg 32, Montpellier 16.

Évolution du score :

1-0 à 07'06" : Michalovic assisté d'Ozorak

1-1 à 12'13" : Sevcik assisté de Medeiros (sup. num.)

1-2 à 35'45" : Ozorak assisté de Michalovic et Rojko (sup. num.)

2-2 à 39'24" : Flinck assisté de Schuchewytsch (sup. num.)

 

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