Allemagne - Danemark (10 mai 2005)

 

Championnats du monde 2005, poule de relégation.

L'Allemagne peut se contenter d'un match nul pour obtenir son maintien dans l'élite mondiale. Objectif donc : ne pas perdre. Mais au vu de la performance réussie contre la Slovénie, il semble raisonnable. Après la bérézina face à la Slovénie, le Danemark a bien relevé la tête en battant l'Autriche et en jouant cette fois le rôle du come-back. Ce n'est pourtant pas suffisant pour espérer se qualifier et un résultat ce soir est indispensable pour les hommes de Mikael Lundström.

La Mannschaft débute la rencontre avec la confiance acquise face à la Slovénie. Les Allemands mettent la pression sur les Danois, à l'image de Klaus Kathan qui se crée la première occasion du match. La pression allemande finit par payer car Morten Green rejoint le banc des pénalités. Le jeu de puissance allemand s'installe et Christoph Schubert, déjà très précieux dans cette situation de jeu contre la Slovénie, lance de la bleue. Corey Hirsch fait l'arrêt mais ne contrôle pas le palet, Jochen Hecht est le plus prompt à s'en saisir et ouvre le score (1-0, 03'16"). Début idéal pour l'équipe de Greg Poss qui semble partie pour rééditer sa performance de la veille face à la Slovénie. Les Danois réagissent par à coup et sur contre-attaque comme sur cette interception de Jannik Hansen à la ligne bleue qui aurait pu faire mouche sans le brio de Müller. C'est finalement en supériorité numérique (Martinec) que les Danois vont trouver l'occasion de revenir au score : un tir de Green est dévié par Andersen devant les buts et Andreas Andreasen conclut victorieusement l'action (1-1, 14'00"). Cette égalisation contrarie les plans des Allemands mais ces derniers n'en sont pas au bout de leurs émotions. Suite à une pénalité différée, Sulzer et Lewandowski regagnent simultanément le banc des pénalités, procurant ainsi un double avantage numérique aux Danois pendant deux minutes. Mais les joueurs de Mikael Lundström confondent vitesse et précipitation et un invraisemblable surnombre vient gâcher leur avantage après une quarantaine de secondes de jeu.

La deuxième période a une configuration très similaire à la première. Une fois revenue à égalité numérique, l'Allemagne pousse pour reprendre l'avantage. Elle bénéficie d'une nouvelle situation de supériorité numérique suite à un cross-check de Morten Dahlmann. Après un but refusé et une petite frayeur sur un break enrayé par Schubert, les Allemands reprennent l'avantage sur un slap de Stefan Schauer repoussé difficilement par Hirsch mais Tino Boos, bien placé près des cages, n'a plus qu'à pousser le palet au fond des cages désertes (2-1, 25'44"). Sven Felski a une belle occasion de donner deux buts d'avance aux siens sur une reprise instantanée devant Hirsch mais l'ailier des Eisbären manque de réussite. Mais les Danois n'abandonnent pas la partie à leurs adversaires et reprennent l'initiative du jeu. Une faute de Stephan Retzer sur Morten Green parti tout seul aurait sans doute mérité un penalty. M. Bulanov en juge autrement et siffle une simple pénalité. Le Danemark met la pression à l'image de cette énorme charge de Morten Dahlman sur Tomas Martinec qui laissera le rugueux Germano-Tchèque sonné pendant quelques minutes. L'Allemagne laisse passer l'orage en tuant deux pénalités d'affilée et semble en mesure de faire la différence en fin de tiers : Kreutzer manque de peu une déviation juste devant la cage et Fical à bout portant ne parvient pas à tromper un Hirsch redevenu très solide. Et pourtant, en fin de tiers, comme lors de la première période, les Danois arrachent l'égalisation : Mike Grey remporte un engagement en zone d'attaque et laisse le palet pour Schioldan à la bleue. Le slap du défenseur danois est repoussé par Müller mais Grey se saisit du rebond et remet les deux équipes à égalité (2-2, 36'08").

Les Allemands peuvent se satisfaire d'un match nul mais commencent le dernier tiers tambour battant afin d'éviter toute mauvaise surprise. Kreutzer est tout près de tromper Hirsch en faisant le tour de la cage mais butte sur le portier danois. L'inquiétude semble gagner les rangs allemands au fil des minutes et la catastrophe tant redoutée se produit finalement sur un exploit de Kasper Degn qui profite de la fébrilité de la défense allemande pour se frayer un chemin entre Renz et Ehrhoff et marquer en deux temps, se payant le luxe de reprendre son propre rebond (2-3, 49'28"). Cette fois les Allemands n'ont plus d'autre alternative que de marquer. La tension monte d'un cran, Jochen Hecht ne parvient pas à pousser au fond un palet que Hirsch avait bloqué mais pas contrôlé. Les joueurs de Greg Poss bénéficient d'une supériorité numérique à quatre contre trois... Bon moment pour égaliser mais Petr Fical rate une occasion énorme. La sortie de Müller à plus d'une minute de la fin ne change rien malgré un poteau de Hecht qui donnera encore plus de regrets aux Allemands...

Terrible scénario pour la Mannschaft qui a pourtant nettement dominé son adversaire et a fait la course en tête la grande majorité du match mais n'a jamais été capable de prendre deux buts d'avance. L'Allemagne était peut-être trop confiante après sa victoire facile sur les Slovènes, toujours est-il que la voilà en bien mauvaise posture et contrainte d'espérer une victoire de l'Autriche face à la Slovénie par moins de sept buts d'écart. Un scénario possible mais pas garanti. Une descente en groupe B de l'Allemagne serait toute de même une véritable catastrophe pour une équipe désormais plus habituée à jouer la qualification en quart de finale.

Quant au Danemark, il fait figure de miraculé. Qui aurait donné la moindre de chance de maintien à l'équipe de Mikael Lundström après son incroyable défaite face à la Slovénie, équipe supposée la plus faible du groupe ? Les Danois ont eu le mérite d'y croire, renversant une situation compromise face à l'Autriche et en venant à bout d'une équipe d'Allemagne qui n'a pas su se mettre à l'abri suffisamment tôt. Leur maintien n'en est que plus mérité.

Elus meilleurs joueurs du match : Tino Boos pour l'Allemagne et Christian Schioldan pour le Danemark.

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Commentaires d'après-match :

Mikael Lundström (entraîneur du Danemark) : "Nous avons joué avec beaucoup de pression pour gagner des matches. Après ce qui s'est passé contre la Slovénie, nous étions obligés de faire une introspection sur nous-même et voir ce que nous pouvons faire. Je pense que cela montre non seulement notre caractère mais notre état d'esprit combatif."

Morten Dahlman (défenseur du Danemark) : "On pensait qu'on pouvait les battre. Nous pensons que nous sommes encore très bons sur la glace. Notre but était de rester dans ce groupe et nous l'avons fait."

Andreas Andreasen (défenseur du Danemark) : "Nous avons joué simplement et nous sommes tenus à notre stratégie de jouer le palet dans leur zone. La pression était sur les Allemands. On est revenus dans le match et nous sommes battus du mieux que nous pouvions."

 

Allemagne - Danemark 2-3 (1-1, 1-1, 0-1)

Mardi 10 mai à 12h15 à l'Olympiaeishalle d'Innsbruck. 2335 spectateurs.

Arbitrage de Vyacheslav Bulanov (RUS) assisté de Roman Pouzar (TCH) et Stefan Fonselius (FIN).

Pénalités : Allemagne 14' (6', 6', 2'), Danemark 14' (6', 4', 4').

Tirs : Allemagne 38 (12, 14, 12), Danemark 22 (8, 9, 5).

Évolution du score :

1-0 à 03'16" : Hecht assisté de Schubert et Benda (sup. num.)

1-1 à 14'00" : Andreasen assisté de Andersen et Green (sup. num.)

2-1 à 25'44" : Boos assisté de Schauer et Furchner

2-2 à 36'08" : Grey assisté de Schioldan

2-3 à 49'28" : Degn assisté de Damgaard

 

Allemagne

Gardien : Robert Müller (sorti de sa cage à 58'47").

Défenseurs : Lasse Kopitz - Stephan Retzer ; Christian Ehrhoff - Christoph Schubert ; Stefan Schauer - Nico Pyka ; Alexander Sulzer - Andreas Renz.

Attaquants : Jochen Hecht - Jan Benda - Tomas Martinec ; Petr Fical - Marcel Goc - Daniel Kreutzer ; Sven Felski - Alexander Barta - Klaus Kathan ; Eduard Lewandowski - Tino Boos - Sebastian Furchner.

Remplaçant : Alexander Jung (G). Absents : Michael Bakos, Andreas Morczinietz.

Danemark

Gardien : Peter Hirsch.

Défenseurs : Jesper Damgaard - Andreas Andreasen ; Christian Schioldan - Morten Dahlman ; Thomas Johnsen - Mads Møller.

Attaquants : Christoffer Kjærgaard - Morten Green - Bo Nordby Andersen ; Jannik Hansen - Frans Nielsen - Peter Regin ; Nicolas Monberg - Lasse Degn - Kasper Degn ; Michael Smidt - Mike Grey - Thor Dresler.

Remplaçants : Michael Madsen (G), Fredrik Åkesson, Mads True. Absents : Kim Staal (coupure au pied), Mads Christensen.

 

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