Nice - Reims (8 octobre 2005)

 

Match comptant pour la troisième journée de division 2, poule est.

Soir du 8 janvier 2005. À la patinoire de Toulon, l'équipe de Reims vient de perdre. Score : 7-4 pour les Varois. Plus qu'une victoire, les coéquipiers d'Arnaud Maujean laissent échapper définitivement leurs dernières chances de disputer la poule finale de D2. Une semaine plus tard, toujours en déplacement, les mêmes Champenois sauvent le point du match nul contre la réserve amiénoise. Sans le savoir, ils viennent de lancer une série de onze matchs sans défaite en championnat. Reims gagne d'abord ses huit matchs de play-down pour finir à la dixième place. Dans la foulée, le club démarre la saison 2005-2006 par une victoire à Champigny et un nul contre Chambéry. C'est forte de cette statistique que son équipe se présente à Nice pour un duel "au sommet" face au leader - provisoire - de la poule est. Une belle partie s'annonce entre deux concurrents directs en vue d'une qualification pour la phase finale.

Et c'est Nice qui gagne le premier engagement. Le palet s'envole rapidement vers la zone rémoise, mais l'impression est trompeuse : très vite, les Phénix reprennent le contrôle des opérations, à tel point que le premier dégagement interdit est sifflé contre les locaux (0'48). Une occasion comme une autre de découvrir que le gardien des Aigles est ce soir Christian Carlsson. Jusqu'à présent, le Suédois a partagé la garde des filets avec son compère Clément Lebas, mais c'est bien lui qui s'impose comme titulaire pour ce match important. Il gèle un premier palet après moins d'une minute de jeu. Pas le temps de refroidir, puisque quelques secondes plus tard, Gaël Cler s'engouffre aux abords du slot et parvient à prendre un tir en pivot : c'est à côté pour l'attaquant rémois (1'12). Seule la première ligne des locaux, Pascal Margerit au centre des frères Laplace, parvient véritablement à contrer les velléités offensives adverses. Gaël Cler a une nouvelle occase mais est repris in extremis par l'arrière-garde azuréenne. On guette en vain la réplique ! Yves Cruz, qui refuse de se laisser marcher sur les patins, flaire un bon coup. Franchement rapide, l'ancien Villardien fait le tour de la cage et distille une bonne passe à Damien Laplace : le palet est toutefois bloqué par Marek Raczka (5'17). Le Polonais joue encore une fois parfaitement le coup, quand un long rush de Pascal Margerit profite à l'autre Laplace, Romain : le jeune attaquant voit son tir de la bleue capté par la mitaine de son vis-à-vis. À défaut de but, il y a beaucoup d'intensité dans ce début de match. Intensité dans les cages, intensité le long des bandes : une mise en échec un peu forte, et c'est le plexiglas de la table de marque qui tombe. Les officiels niçois réagissent vite, et tout est réparé à la vitesse de l'éclair. Rapide aussi, le tir d'Aurélien Frasier, mais pas assez pour tromper la vigilance du gardien champenois.

À défaut d'inaugurer le tableau d'affichage, l'ancien joueur du Vésinet est le premier sanctionné (9'41). À cinq contre quatre, Reims reprend sa marche en avant et semble trouver la faille en moins de vingt secondes. Illusion d'optique, en fait. Nice tue assez facilement la supériorité, mais c'est alors que les Aigles sont de nouveau cinq sur le glaçon que survient une nouvelle occasion pour leurs adversaires. Le palet échappe à toutes les crosses dans la zone défensive azuréenne, mais est finalement repris par Julien Thiery. Christian Carlsson parvient néanmoins à le bloquer (12'11), et relance pour Cédric Jalet. Le plus Niçois des Aigles fait ce soir son retour, et il offre une passe remarquable à son grand copain Anthony Miramond : malheureusement, ce dernier s'emmêle les crayons et tire en plein... sur Marek Raczka, qui n'en demandait pas tant. Encore un double arrêt pour le gardien rémois dans la foulée, d'abord sur un tir surpuissant de Damien Laplace, puis sur la reprise instantanée de son frère Romain. Idéal pour réveiller tout le monde, et notamment l'attaque champenoise, qui manque de trouver l'ouverture par l'intermédiaire de son capitaine, Arnaud Maujean himself (15'42). Immédiatement après, Julien Maire se rend coupable d'une crosse haute et laisse son équipe à quatre. C'est l'heure du "Tomas Banas Show" : le défenseur slovaque de Nice se joue de toute l'arrière-garde rémoise et, à coup de petits ponts, arrive aux abords du slot adverse. C'était très bien joué dans l'esprit, un peu moins pour la finition, puisque le tir est finalement contré, de même que le rebond repris par Aurélien Frasier (16'14). Petter Krantz tente à son tour l'exploit individuel, mais décidément, ça ne veut pas rentrer. En fait, aucune des deux équipes ne parvient désormais à conserver le contrôle de la rondelle, en dépit des efforts notables d'Yves Cruz pour poser le jeu. La dernière occasion est rémoise, avec un contre de Richard Zavodny. Peine perdue : on en est toujours à 0-0 quand le buzzer retentit.

De retour des vestiaires, c'est Reims qui prend de nouveau un bon départ, avec une première action chaude signée Vincent Bouché (20'36). La réplique vient timidement des frères Laplace, mais c'est en fait un autre Rémois, Benoît Le Pezeron, qui sème une petite panique dans le nid des Aigles, suivie d'un bon slap de Vincent Bouché - encore lui ! Décidément, c'en est trop pour Nice, dont la première ligne appuie sur l'accélérateur. Romain Laplace capte la rondelle et, d'une superbe passe dans le dos, offre un caviar à son capitaine Pascal Margerit. Ce que les joueurs de Peter Almasy gagnent dans l'opération ? Une pénalité sifflée contre Arnaud Maujean, c'est déjà ça. En l'espace de trente secondes, deux gros shoots de Banas viennent tester la solidité de la mitaine de Raczka. C'est bon, ça tient le choc côté champenois, et ça s'enhardit même par l'intenable Vincent Bouché, qui amène deux fois le danger sur la cage de Christian Carlsson. Nice confondrait-il vitesse et précipitation ? Apparemment, car son adversaire fait bien mieux que tuer la pénalité. N'empêche, les Aigles ont bien pris un très léger ascendant, physique surtout. On les sent prêts à s'envoler, même s'ils restent cloués au sol faute de réalisme. Tomas Banas s'essaye dans le rôle du lance-missiles, c'est cadré mais stoppé. Ensuite, c'est Damien Laplace qui s'engouffre dans la défense et donne en retrait pour Christophe Perez. Caramba, encore raté, ça ne veut décidément pas rentrer ce soir. On réengage toutefois dans la zone rémoise : au petit jeu des défenseurs qui marquent, c'est finalement Hannes Jonsson qui décroche la timbale, après un palet gratté à l'engagement par son compatriote et coéquipier Mikael Thoren (1-0 à 28'57). Gros soulagement dans les rangs niçois !

Conséquence presque logique : les Azuréens repartent de l'avant. Ils y sont bientôt aidés par Julien Delaunois, qui écope d'une des rares pénalités dans ce match très correct. Objectivement, ça aurait pu être pire pour le jeune attaquant, qui jette sa crosse de rage sitôt franchie la porte de la prison. Injustement sanctionnés ou non, les Phénix se rebellent et Julien Thiery, couché sur la glace, envoie le palet dans la crosse d'Arnaud Maujean. Infériorité numérique oblige, le capitaine rémois a du mal à reprendre, mais c'était chaud pour Nice. Voilà qui énerve Yves Cruz, coupable d'une faute lui aussi (30'20). Il va falloir que ses coéquipiers se méfient : les rares phases de jeu un peu déliées dans cette partie cadenassée ont plutôt souri aux Rémois. Alors Romain Laplace virevolte dans la zone défensive champenoise, et donne un bon palet à Martin Dubaj. Marek Raczka détourne (30'42). Le temps pour Christian Carlsson de s'offrir à son tour un bon arrêt (de l'épaule !), Cédric Jalet est reparti à l'attaque et, de derrière la cage, cherche la passe parfaite pour un de ses partenaires. Peine perdue, même Damien Laplace ne parvient pas à attraper le cadre. C'est son frère Romain qui s'y emploie, grâce à un contre inespéré. Bien en place à la réception d'un caviar de Pascal Margerit, l'ancien junior virois fait grimper son compteur (2-0 à 34'21). Reims n'est pas pour autant décidé à abdiquer. Au contraire, l'occasion suivante est signée Gaël Cler, mais bute sur Christian Carlsson. Nice pousse un peu plus fort et contraint Julien Thiery à aller faire un petit tour en prison. Résultat, une bonne passe de Petter Krantz derrière la cage, à destination d'Aurélien Frasier, mais pas de but (38'06). Après tout, ce n'est peut-être pas si mal, deux points d'avance. Mikael Thoren n'a pas l'air d'être d'accord et prend une pénalité stupide. Reims joue alors la carte des tirs lointains, notamment par Richard Zavodny. La technique s'avère plutôt efficace, mais les missiles s'écrasent sur une muraille baptisée Christian Carlsson. Après quelques essais infructueux, les Rémois laissent le palet dans les crosses niçoises.

Il reste douze secondes d'infériorité à tuer pour Nice au départ du troisième tiers, ce que les Aigles parviennent à faire sans trembler. Reims pousse fort pour réduire la marque. Des velléités offensives clairement affichées et finalement contrées par l'incontournable première ligne des locaux : Pascal Margerit n'est pas des plus inspirés ce soir, mais c'est quand même lui qui amène le danger et oblige Zavodny à une faute. La ligne du capitaine niçois n'est pas la seule qui soit surveillée de près : le corps arbitral siffle pénalité contre Reims. Ce qui génère du mouvement. Les Niçois veulent marquer leur troisième but, c'est très net quand Marcus Lindholm sauve une sortie de zone pour conforter le jeu de puissance. Las ! Ni lui ni aucun autre de ses coéquipiers ne trouve l'ouverture, même si Marek Raczka se fait quelques frayeurs. La cage bouge, mais ce n'était pas volontaire aux yeux de l'arbitre. Nice va-t-il donc parvenir à marquer ? Romain Laplace n'en est pas loin. Anthony Miramond préfère jouer collectif, mais son palet pour Yves Cruz ne connaît pas un meilleur sort. Finalement, les habitués de la patinoire Jean-Bouin se laissent surprendre. Un gros slap de Richard Zavodny, et c'est un mauvais rebond du palet qui trompe Christian Carlsson (2-1 à 44'34). Le match est relancé, et les Phénix, fidèles à leur surnom, semblent soudainement revigorés. On ne peut pas en dire autant de Pascal Margerit, qui se distingue par... un cinglage. Sans leur meilleur buteur en infériorité, les Aigles ont fort à faire. Mais ils tiennent, grâce à la vista de Cruz ou au courage de Banas. Et quand tout ça ne suffit pas, il y a encore Christian Carlsson pour faire des miracles et écœurer les attaquants adverses avec des dégagements à la crosse au milieu de la mêlée (46'35). Le Suédois fait un gros match, et se montre déterminant dans une longue période d'infériorité, Mikael Thoren rejoignant son capitaine sur le banc des punis. En face, Marek Raczka n'a que peu de travail, mais s'impatiente et tape sur la glace pour motiver ses partenaires. Souvent plus rapides que les Niçois, les Champenois se font alors prendre au piège du hors-jeu.

Le jeu revient à égalité numérique. Il reste dix bonnes minutes à jouer et on sent venir le but du KO. Alors, égalisation des uns ou envol des autres ? C'est franchement difficile à dire tant le jeu est équilibré. La pression est clairement sur les gardiens, le premier qui fera une erreur risque de fortement pénaliser son équipe. Bien aidé il est vrai par son défenseur Cédric Jalet, Christian Carlsson s'offre un nouveau double arrêt sur Vincent Bouché. Rebelote quelques minutes plus tard sur un contre de Julien Carolet (53'34). Dix de der sur une merveilleuse action de Valère Vrielynck, qui avait grillé la politesse à Marcus Lindholm (54'18). Toutes ses actions sur la cage niçoise prouvent au moins une chose : Reims domine et veut encore y croire. Vincent Bouché, par exemple, file à tout berzingue dans la défense niçoise. Tomas Banas est certes là pour l'arrêter, mais le Slovaque fait faute. Et voilà donc deux nouvelles minutes de supériorité qui s'annoncent pour les Rémois. La première occasion est pour Matthieu Bouché, mais son joli tir au ras de la glace ne trouve pas la cible. Et pourquoi pas la jouer collectif ? C'est ce qu'essaye de faire son frère Vincent avec Julien Carolet. Résultat au moins aussi chaud, mais finalement pas plus concluant. Les Phénix n'y arrivent pas, et sont une nouvelle fois pris plusieurs fois dans la nasse du hors-jeu, quand ils ne sont pas tout simplement... frustrés par un Christian Carlsson des grands soirs. C'est dur, cette équipe mériterait largement l'égalisation. Parce qu'au fond, Nice n'est pas plus efficace. Ou alors c'est Marek Raczka qui reste très concentré, notamment pour stopper un slap de Martin Dubaj (56'55). Le jeu se fait soudainement plus rugueux, quand Julien Carolet joue des coudes le long de la bande. Les Phénix renonceraient-ils à l'égalisation pour la baston ? Illusion de très courte durée, car ce sont bien les Aigles qui sont rappelés à l'ordre, une nouvelle fois à cause de Tomas Banas (58'21). Nice finit donc le match en infériorité numérique. Sur le banc de Reims, Victor Nunes veut donner les dernières consignes. Temps mort. On s'attend à voir Raczka sortir de ses cages, mais non, le Polonais reste à sa place. Prêt à bondir pour créer un double surnombre, il se poste tout de même à mi-chemin entre son slot et la ligne rouge. L'arbitre le fait un peu reculer, puis ce sont les Niçois qui l'y obligent. Quand le jeu revient près de l'enclave de Christian Carlsson, l'arrière-garde azuréenne fait preuve de solidarité. Christophe Perez, toujours aussi appliqué, contrarie le jeu des Rémois et parvient même finalement à se dégager. C'est ensuite Pascal Margerit qui ramène le jeu en zone champenoise. Bilan : quand le cerbère rémois sort enfin, il ne reste que vingt-cinq secondes à jouer. Vingt-cinq secondes pour deux arrêts décisifs côté niçois, sur des essais signés Julien Thiery et Matthieu Bouché. Les Aigles tiennent. Les deux points qu'ils décrochent ce soir pourraient valoir de l'or. Beaucoup de regrets pour les Phénix, dont la longue série de bons résultats s'arrête brutalement. Nul doute pourtant que cette équipe de Reims a le potentiel pour faire une très belle saison.

Compte-rendu signé Martin de Kerimel

 

Commentaires d'après-match

Michael Medioni (président de Nice) : "Je suis ravi. C'était un match très intéressant, d'un bon niveau. L'équipe niçoise a fait plaisir à son entraîneur, à son président et, je crois, à son public. C'était une belle soirée de hockey. Christian Carlsson fait un excellent match ce soir, mais c'est tout le groupe qu'il faut féliciter. Toute l'équipe a donné tout ce qu'elle avait, avec du cœur et du courage. Cela fait particulièrement plaisir pour ce groupe qui se construit. On conforte notre place de leader de la poule, mais c'est anecdotique. Il faudra jouer notre prochain match avec le même sérieux. Chaque rencontre est différente. Ce n'est parce qu'on gagne avec nos tripes ce soir qu'on va aller gagner à Boulogne le week-end prochain. Restons humbles et continuons à travailler".

Christian Carlsson (gardien de Nice) : "Cela me fait plaisir d'entendre dire que j'ai fait un bon match, surtout venant du président et des supporters. Le but que j'ai pris ne m'a pas déstabilisé, ça s'était bien passé jusque là, alors je suis resté confiant. Pour le poste de titulaire, Peter (Almasy) n'a rien décidé, j'espère que je pourrai continuer à jouer, et surtout à bien jouer. Je suis venu ici pour l'aventure, parce que ça me plaisait de venir jouer quelque temps sur la Côte d'Azur... Je ne suis pas surpris de nos bons résultats, car il y en avait déjà la saison dernière, et le groupe s'est bien renforcé. J'ai déjà joué avec Mikael (Thoren), mais je ne connaissais pas les autres Suédois qui sont là cette année. D'après moi, si on continue à bien travailler tous les petits détails, ça va aller de mieux en mieux. Et on va continuer à gagner."

Victor Nunes (président de Reims) : "C'était un match de gardiens ce soir. Il aurait pu basculer à notre avantage à la fin du deuxième tiers ou pendant le troisième. On a loupé un nombre hallucinant d'occasions. On paye cash deux erreurs de placement. À ce niveau, contre une équipe comme Nice, ça ne pardonne pas. La différence est dans le gardien, et avec un autre joueur dans les cages de Nice ce soir, je suis persuadé que ça serait terminé en notre faveur. Nous avons un petit problème de concentration, en fait. C'était déjà la même physionomie la semaine dernière, contre Amiens II, en Coupe. Au premier tiers, on doit avoir quatorze tirs sur la cage picarde sans marquer, eux ont trois occasions de contre et mettent trois buts. On attend désormais un joueur américain qui devrait régler ces fameux problèmes de finition. Nos blocs sont homogènes, je pense que son apport nous fera du bien. Allons en playoffs, et on verra la suite. La demi-finale me paraît possible avec le potentiel que nous avons."

Arnaud Maujean (attaquant de Reims) : "C'était un match super difficile. Le gardien de Nice est une vraie muraille. Notre objectif ce soir était de ne pas prendre trop de buts, de limiter la casse et de ramener à Reims le point du match nul. On encaisse deux buts sur deux erreurs de placement. Cela dit, notre effectif n'est pas au complet, ce sera peut-être un autre match à Reims avec une équipe plus étoffée. On a fait un long déplacement, ce n'est pas facile, mais on a fait une bonne prestation. C'est vrai qu'on a fait un mauvais match chez nous contre Chambéry dernièrement, mais on va se refaire contre des équipes plus faibles. Et puis, on n'a plus à penser à la Coupe de France. Qualifions-nous pour les playoffs, je pense qu'on peut finir vers le cinquième rang cette année."

 

Nice - Reims 2-1 (0-0, 2-0, 0-1)

Samedi 8 octobre 2005 à 19h15 à la patinoire Jean-Bouin.

Arbitrage de Bruno Catelin et Patrick Peythieu.

Pénalités : Nice 14' (2', 4', 8'), Reims 10' (2', 6', 2').

Évolution du score :

1-0 à 28'57" : Jonsson assisté de Thoren

2-0 à 34'21" : R. Laplace assisté de Margerit et Dubaj

2-1 à 44'34" : Zavodny assisté de Le Pezeron

 

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