Montpellier - Lyon (12 novembre 2005)

 

Match comptant pour la huitième journée de division 1, poule sud.

Certains, en début de saison, avaient appelé les Lions et les Vipers, les Ambitieux... Sans doute parce que l'une et l'autre de ces équipes ont su mobiliser autour d'elles une ville, un public. Les deux équipes ont été bâties sur deux philosophies différentes mais avec un but commun. Devenir des sports ayant droit de cité dans des villes où les sports de haut niveau se ramassent à la pelle. Et cela ne passe pas forcément par un modèle, vu ailleurs, avec des équipes bâties à coups de sponsors volages ou des spéculations ineptes, capables de s'envoler sans coup férir vers, soit des dépôts de bilans, soit des disparitions, qui ne laissent que des cendres. Il s'agit de construire quelque chose de solide et de durable. Comme dans tous les sports sérieux, il faut donc aux ambitieux du hockey l'apprentissage de la défaite et des périodes creuses pour que les victoires futures aient elles aussi un sens.

Quatre défenseurs de Montpellier sur sept disponibles manquaient à l'appel (Johansson et Batardière suspendus, Hodon blessé à la cheville et Catil dont le pouce est fracturé), mais Pascal Ryser avait dans sa manche un atout. Marek Michalovic. L'exemplaire joueur a été à la hauteur, comme il l'est depuis le premier jour des Vipers en division 3, en prenant le poste du quatrième défenseur. Cela n'a pas suffi. Comme le prisme qui permet d'observer toute la palette des couleurs en diffractant le rayon lumineux, les Vipers auront, cette saison, fait observer tous les scénarios possibles du match nul à travers les cinq matchs à parité consécutifs de la saison. Peut-être celui contre Lyon fût-il de trop...

Un premier tiers-temps crispé entre deux équipes qui savent bien qu'elles ont le dos au mur. Comme de bien entendu, ce sont les pénalités qui rythmeront le résultat du jour. Premier accroc de Thomas Appert, et c'est Yann Lecompère qui sanctionne l'infériorité par la crucifixion de Fabrice Agnel d'un tir lointain (0-1 à 2'32"). Steve Michou s'y colle à son tour. Avertissement sans frais, les Vipers ne parvenant pas à rendre la monnaie de leur pièce aux Lyonnais. À la seconde pénalité du même Steve, Matt Froehlich ne laisse pas passer l'occasion de revenir à parité, aidé dans ses œuvres par Wikström et Martindale (1-1 à 11'31").

Un deuxième tiers-temps où les Vipers prenaient à leur compte le jeu. Sur la première pénalité du tiers infligée à Lyon, le sniper Zdenek Sikl redonnait l'avantage aux siens, d'une reprise instantanée amenée par Froehlich (2-1 à 24'13"). Mettler et Masson rejoignaient alors le banc d'infamie lorsque Thomas Dumenil se rendait coupable d'une charge sur sa ligne bleue, charge furieuse qui fut qualifiée de "trébucher". À quatre contre trois, les hommes du président Berthet faisaient fi de la sémantique pour s'en aller égaliser par Yann Lecompère (2-2 à 28'20"). Flottement chez les Vipers qui laissaient les Lions prendre de l'avance sur une pénalité de Bilbao : Romain Masson esseulé au second poteau reprenait une passe de Steve Michou (2-3 à 30'16"). Julien Leconte et Sébastien Berthet se hâtaient de rendre la politesse des pénalités, et c'est Zdenek Sikl qui fusillait Burnet à cinq contre trois (3-3 à 32'53"). Toujours à court d'un homme, les Rhodaniens assistaient impuissants au rush de Lionel Bilbao (4-3 à 33'30"). Encore une pénalité, cette fois pour surnombre, et Matt Froehlich reprenait une passe de Sikl en trompant Burnet d'un magistral mouvement qui logeait le puck sous la transversale (5-3 à 36'28").

Au troisième tiers-temps, les Vipers se présentaient sur la glace pour achever le travail. Allaient-ils enfin faire la différence ? Tous les ingrédients semblaient réunis. C'est d'abord Zdenek Sikl qui vendangeait une belle occasion. Thomas Appert se voyait offrir un face-à-face contre Burnet. Puis Kim Wikström passait en revue toute la défense, s'ouvrait la cage béante, pour glisser le puck... à côté ! Le même Kim, quelques instants plus tard, oubliant les principes de prudence, s'en allait rejoindre le banc de pénalité. Les Lyonnais, rageurs, n'oubliaient pas de revenir au score par Romain Masson (5-4 à 43'46"). Dès lors, le siège de Fabrice Agnel commençait. Les Vipers, affaiblis défensivement, laissaient les Lions s'installer en zone de défense. Profitant d'un incroyable cafouillage, avec des Vipers assis ou allongés devant leur cage, Patrice Vichier-Cerf vint donner le coup de grâce d'un puck idiot qui grimpait, comme mû de sa seule force, par dessus l'épaule de l'infortuné Fabrice Agnel (5-5 à 56'44").

Bien sûr, mathématiquement, rien n'est perdu dans la course à la quatrième place. Les deux rivaux immédiats Avignon et Limoges ayant eu l'idée de faire match nul, les positions sont comme figées. Mais Montpellier, comme Lyon, n'a plus tout à fait son destin en mains et est au bord du gouffre.

 

Commentaire d'après-match (sur le site du LHC) :

Henrik Alfredsson (entraîneur de Lyon) : "C'était un bon match, difficile, de la part de notre équipe, à l'exception des dernières minutes de la deuxième période au cours de laquelle nous avons concédé deux buts en infériorité. Pour le reste, il y a eu de bonnes choses notamment à égalité numérique. Sur l'ensemble de la rencontre, les pénalités ont été déterminantes, mais il faut souligner la qualité de l'arbitrage avec des décisions justes et aucune pénalité superflue. Les deux équipes ont été efficaces sur les jeux de puissance. Il faut accepter les erreurs liées à la jeunesse de notre équipe mais c'est bien d'avoir ramené un point de ce déplacement."

 

Montpellier - Lyon 5-5 (1-1, 4-2, 0-2)

Samedi 12 novembre 2005 à 19h00 à Végapolis. 1241 spectateurs.

Arbitrage de Damien Velay assisté d'Olivier Salicio et Guillaume Barthe.

Pénalités : Montpellier 18' (6', 10', 2'), Lyon 16' (6', 10', 0').

Évolution du score :

0-1 à 02'32" : Lecompère (sup. num.)

1-1 à 11'31" : Froehlich assisté de Wikström et Martindale

2-1 à 24'13" : Sikl assisté de Freohlich (sup. num.)

2-2 à 28'20" : Lecompère assisté de Bigot et Michou (sup. num.)

2-3 à 30'16" : Masson assisté de Michou et Lecompère (sup. num.)

3-3 à 32'53" : Sikl assisté de Martindale et Wikström (double sup. num.)

4-3 à 33'30" : Bilbao assisté de Duménil (sup. num.)

5-3 à 36'28" : Froehlich assisté de Sikl (sup. num.)

5-4 à 43'46" : Masson assisté de Michou et S. Berthet (sup. num.)

5-5 à 56'44" : Vichier-Cerf

 

Retour au championnat de France de division 1