Viry-Châtillon - Limoges (25 mars 2006)

 

Match comptant pour la douzième journée de la poule de maintien de division 1.

C'est un match capital qui se joue ce soir pour Viry-Châtillon, qui malgré ses onze points en onze rencontres n'est toujours pas à l'abri de terminer barragiste. La faute à un calendrier qui réserve comme trois derniers adversaires l'équipe la plus technique de la poule (Amnéville) et les deux clubs actuellement en lutte pour éviter les barrages, Limoges et Lyon, qui valent bien mieux que ça sur le papier. En cas de victoire, les Castelvirois pourraient se sauver, mais en cas de défaite, ils n'auraient pas du tout la position la plus enviable.

Nous ne sommes pas des Anges

Pour avoir un peu oublié que Limoges jouait en jaune, Viry s'est présenté dans une couleur proche des visiteurs et a donc été contraint de revêtir des maillots blancs du Vésinet, habituel pensionnaire de cette patinoire de Colombes. Les Essonniens se retrouvent ainsi transformés en Anges. Cela suffira-t-il à leur éviter le purgatoire des barrages ?

Beaucoup de tirs de part et d'autre en première période, mais pas de buts. Pour Limoges, le temps fort a indubitablement été l'unique supériorité numérique, pendant laquelle les Taureaux de Feu ont pris beaucoup de lancers, avec Yannick Riendeau en accélérateur de jeu. Comme d'habitude, Viry a manqué de monde devant la cage pour exploiter les bons palets qui se sont présentés.

À Limoges, on aura pu noter que Jean-Philippe Pacull patine fort dans les deux sens de la glace, que Nicolas Payen met de bonnes charges, que Sébastien Aris arrive à gêner les défenseurs par un pressing qu'il est le seul à effectuer. Le problème de cette équipe, c'est qu'il faudrait que tout le monde fasse tout ça à la fois. Or il n'y a pas vraiment de fort implication collective, notamment dans le rythme de patinage.

Une défense en carton

M. Barré tient son match et sévit tout de suite après la première petite échauffourée qui éclate devant la cage de Limoges en début de deuxième période. Deux joueurs de chaque côté prennent 2'+2'. La différence, c'est que ce sont deux attaquants pour les locaux, mais deux défenseurs pour les visiteurs. Les deux effectifs ayant huit attaquants et cinq défenseurs, la première situation est un peu plus confortable. Les Limougeauds n'ont plus que trois arrières, en comptant le polyvalent Payen. Et après guère plus de deux minutes dans cette configuration, il n'y a plus personne au marquage de Kévin Ledoux, qui reçoit un centre de la gauche de Duchosal, feinte le gardien et lève le palet du revers dans un geste à l'exécution parfaite (1-0 à 23'55").

Michal Tomasik prend une pénalité idiote en faisant trébucher Marouillat, mais Limoges part en contre sur l'infériorité et Mathias Arnaud doit bien se coucher sur le palet. Viry finit par s'installer et Loïc Querrec commet une obstruction sur Victor Peduzzi qui a bien joué son rôle de perturbateur devant la cage. Le jeu est confus pendant la trentaine de secondes à cinq contre trois, Kerneis faisant même écran à un tir de son propre coéquipier Marouillat. Après être revenu à quatre, Limoges récupère le palet et veut partir en contre-attaque, mais le palet est intercepté in extremis au centre de la glace par une crosse castelviroise. Le jeu repart aussitôt dans l'autre sens avec un superbe décalage en zone neutre qui envoie Anthony Duchosal à la cage. Julien Boulet suit au rebond (2-0 à 30'34"). Ce but, indiquant la meilleure qualité du jeu de transition castelvirois, fait très mal à Limoges qui accuse le coup et peine à repartir. Mathias Arnaud enfonce encore le clou à bout portant (3-0 à 30'58"). Le partiel des tirs est à cet instant de 12 à 1 dans ce deuxième tiers-temps, et cette fois les Jets ont capitalisé leur domination.

Le joker providentiel de Limoges, Tom Charton, qui avait mis ses talents informatiques au service du webmaster de Viry il y a quelques années, a été complètement abandonné par sa défense sur les trois premiers buts, et il n'est plus dedans sur les deux suivants en fin de période. Le palet passe de crosse en crosse dans l'enclave jusqu'à ce que Duchosal le glisse entre les jambières d'un Charton surpris (4-0 à 37'24"). Anthony Duchosal pourrait doubler la mise après avoir feinté le gardien mais il ne trouve pas la cage ouverte. Qu'importe car le palet ressort vers Marouillat qui l'envoie à ras la glace pour un poteau rentrant (5-0 à 38'55"). Charton a eu sa dose et demande à sortir avant de rentrer aux vestiaires.

L'impossible retour

C'est donc Marc-Antoine Richard qui prend place dans les cages de Limoges pour les vingt dernières minutes. La défense de Viry n'est plus concentrée et donne un but chanceux à Yannick Riendeau (5-1 à 40'32"). Viry n'attaque plus, mais Limoges accumule quand même les dégagements interdits et se met même en danger tout seul sur un mauvais changement. Peduzzi prend aussi le meilleur sur Kolbaba mais ne cadre pas. Il faut donc attendre plus de douze minutes pour que "M.A.R." ait son premier vrai arrêt à faire. Il ne tremble pas sur un breakaway en infériorité de Kévin Ledoux pendant une pénalité de Kerneis. Quelques secondes après la fin de cette prison, Sébastien Aris convertit une passe de Riendeau (5-2 à 53'55"). Une minute plus tard, un tir de Riendeau est dévié par la crosse du défenseur (5-3 à 53'55"). Puisque la chance sourit à son buteur canadien, Limoges pourrait-il réussir l'impossible retour ? C'est le danger pour Viry qui avait déjà failli se faire avoir à Asnières en arrêtant de jouer en dernière période après avoir normalement plié le match. Les Jets essaient de rester calmes, de repousser tranquillement les palets et de ne surtout pas se mettre en danger. Ils y parviennent assez bien.

Il faut dire qu'on ne sent pas une vraie volonté sur le banc des Taureaux de Feu. On pourrait s'attendre à ce qu'ils essaient de terminer le match à six joueurs de champ, et c'est le cas... sauf qu'ils n'ont pas sorti leur gardien ! Ils se font donc siffler un surnombre à quatre secondes de la fin, ce qui signifie un tir de pénalité puisqu'on est dans les deux dernières minutes. C'est Anthony Duchosal qui s'élance, mais il échoue sur Richard qui aura donc pu garder ses cages inviolées.

Grâce aux victoires de Cergy et de Valence qui éliminent tous les cas complexes d'égalité à plusieurs, les Jets, qui ont l'avantage par rapport à Limoges ou dans une égalité à trois avec Limoges et Lyon, sont assurés de leur maintien dès ce soir. Vont-ils demander à garder leurs maillots porte-bonheur du Vésinet ?

Le duel pour se sortir des barrages se circonscrit maintenant entre Limoges et Lyon, deux équipes qui chercheront à éviter le gâchis.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Viry-Châtillon - Limoges 5-3 (0-0, 5-0, 0-3)

Samedi 25 mars 2006 à 18h30 à la patinoire du parc de l'île Marante, Colombes. 50 spectateurs.

Arbitrage de Frédéric Barré assisté de Nicolas Dessaint et Mathieu Coquet.

Pénalités : Viry 16' (2', 10', 4'), Limoges 14' (2', 12', 0').

Tirs : Viry 39 (15, 14, 10), Limoges 38 (17, 7, 14).

Évolution du score :

1-0 à 23'55" : Ledoux assisté de Duhosal

2-0 à 30'34" : Boulet assisté de Duchosal (sup. num.)

3-0 à 30'58" : Arnaud

4-0 à 37'24" : Duchosal assisté de Ledoux et Arnaud

5-0 à 38'55" : Marouillat assisté de Ledoux

5-1 à 40'32" : Riendeau

5-2 à 53'55" : Aris assisté de Riendeau

5-3 à 54'56" : Riendeau assisté d'Aris

 

Viry-Châtillon

Gardien : Francis Larivée.

Défenseurs : Jérémy Buigues - Yvan Kerneis ; Hugo Astic - Guillaume Jeannette (C).

Attaquants : Mathias Arnaud - Kévin Ledoux - Anthony Duchosal ; Romain Costes - Mickaël Marouillat (A) - Victor Peduzzi (A) ; Mehdi Belhassen - Julien Boulet.

Remplaçants : Julien Roullier (G), Guillaume Duboc. Absents : Romain Danton (opéré du genou), Mohamed Benyahia (luxation du genou).

Limoges

Gardien : Tom Charton puis Marc-Antoine Richard à 40'00".

Défenseurs : Michal Tomasik - Vladimir Kolbaba ; Loïc Querrec - Wilfried Molmy ; Nicolas Payen.

Attaquants : Sébastien Aris (A) - Yannick Riendeau - Arnaud Disnard ; Aurélien Carmona - Tomas Tomasik - Fabien Matheron ; John-Henry Père (C) - Jean-Philippe Pacull.

Absents : Jean-Édouard Couffe (blessé), Vladislav Drab, Roman Margunov, Doug Merrell.

 

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