Dunkerque - Neuilly-sur-Marne (1er avril 2006)
Match comptant pour la treizième journée de la poule finale de division 1.
Les oppositions entre Nocéens et Dunkerquois ont donné lieu cette saison à des matches à sens unique, avec notamment deux victoires 9-3 des Franciliens, mais cette dernière confrontation s'annonce plus indécise du fait d'un enjeu capital. Une victoire relancerait les Bisons, tandis qu'un nul suffit aux Nordistes pour assurer leur place en barrages face à Chamonix.
Même si le palet navigue d'un camp à l'autre, l'entame est plutôt à l'avantage de Neuilly, et suite à un échange avec Milan Vastusko sur sa gauche, Jérôme Veret puis Jouni Kuokkanen viennent inquiéter Macrez. Les Dunkerquois profitent quant à eux d'une double supériorité numérique (4'22) pour se porter à l'attaque, et Karl Dewolf d'un lancer à ras glace depuis la droite inquiète une première fois Roman Svaty. Sur la mise au jeu, remportée par Billard, le défenseur remet cela depuis la gauche d'un lancer haut cette fois imparable (1-0, 5'02). Si Ghislain Folcke tente de l'imiter, les choses rentrent peu à peu dans l'ordre par la suite. Mais l'indiscipline va une nouvelle fois jouer un mauvais tour aux Bisons, et Benjamin N'Guyen trouve Clément Thomas isolé devant le but pour un lancer imparable (2-0, 9'51).
Cette situation est d'autant plus rageante pour les visiteurs qu'avec cinq hommes ils font plus que jeu égal, surtout quand Kris Knoblauch est sur la glace, même si le Canadien est trop juste pour redresser dans une cage ouverte un palet venu de la gauche. Puis c'est au tour de Vastusko de s'en aller défier Macrez sur une échappée, mais le gardien ne tombe pas dans sa feinte (13'54). Comme un peu plus tôt, les Corsaires attendent la bonne occasion pour partir à l'assaut de la cage francilienne, et le lancer de la gauche de Derepper est bien suivi par Declerck, qui est le plus prompt sur le rebond (3-0, 16'40). Les visiteurs ne passent pas loin de la correctionnelle sur le tir frappé de Saint-Amant, qui heurte le montant, et finalement Mysicka et Dubois s'associent pour la copie conforme du troisième but, le capitaine dunkerquois ayant bien suivi le lancer initial repoussé par Svaty (4-0, 17'23). Neuilly n'arrive pas à tirer profit de ses rares possibilités, car Veret bien placé envoie largement à côté, et c'est même Matthieu Bécuwe qui s'en va défier le gardien nocéen, qu'il déjoue de près d'un lancer haut après avoir résisté au retour de Jérôme Wagner (5-0, 18'27). La fin de tiers est très animée, et chaque offensive donne lieu à une action chaude. Les visiteurs trouvent enfin la faille, sur un lancer lointain de Tuominen, que Kris Knoblauch n'est pas loin de reprendre, mais Benjamin Galmiche est bien présent pour suppléer son coéquipier (5-1, 19'15). Dunkerque aura finalement le dernier mot avant le retour au vestiaire, et Karl Dewolf empêche ses adversaires de sortir le palet de leur zone défensive, permettant à Daniel Saint-Amant de redonner cinq buts d'avance aux siens (6-1, 19'54). Roman Svaty, dépité, rentre directement au vestiaire sans attendre la sirène.
Si Neuilly se retrouve en début de deuxième tiers avec un homme en moins, il va néanmoins se procurer une belle occasion, encore par Benjamin Galmiche, qui prend de vitesse la défense nordiste et contraint Macrez à repousser la rondelle sur Knoblauch, qui ne peut cadrer. Le jeu de puissance dunkerquois ne donne lieu qu'à des lancers lointains des inévitables Dubois et Dewolf, preuve que le jeu s'est équilibré. C'est ensuite au tour des Bisons de profiter d'un avantage numérique, s'installant rapidement en zone offensive. Jani Tuominen s'avance et inquiète une première fois Macrez, puis c'est au tour de Galmiche d'être encore stoppé seul, avant de s'associer à Kris Knoblauch, en vain. Une fois les deux équipes au complet, ce sont alors les Dionysiens qui sont le plus souvent en zone adverse, et Milan Vastusko seul devant le but manque le cadre dans une position idéale, suite à une combinaison avec son compère Guilhem. Le gardien corsaire est encore mis à contribution par Goujot, puis par l'omniprésent Knoblauch depuis l'aile gauche (29'15). Ce dernier joue un rôle de chef d'orchestre au cours de la supériorité numérique consécutive à la pénalité infligée à Alexandre Declerck pour obstruction (32'10). Il trouve ainsi Kuokkanen dans l'enclave, mais Macrez se montre décisif, avant d'y aller seul d'un lancer qui passe au-dessus. Les Dunkerquois ont beau revenir au complet, l'intenable Canadien est encore bien présent pour s'infiltrer dans leur défense et lancer en hauteur à mi distance (6-2, 35'26). Et même à genoux derrière la cage, Knoblauch a la lucidité de trouver Benjamin Galmiche bien placé dans l'enclave pour une dernière tentative bien maîtrisée par Macrez.
Neuilly entame le dernier tiers avec le même enthousiasme, Tarlé et Tuominen inquiètent Macrez, mais Wagner est contré à la ligne bleue par Clément Thomas, qui s'en va battre le gardien suppléant Geoffroy Marcon d'un tir croisé en force (7-2, 41'46). Les Corsaires sont plus entreprenants et Dubois, sur une passe de la gauche de Saint-Amant, puis d'un lancer puissant dès la mise au jeu, puis Mysicka d'un tir en hauteur font briller le gardien des Bisons. Ces derniers repartent vers l'avant, mais sans trouver de bonnes positions de tir. Clément Thomas y va d'un nouveau contre sur l'aile droite et alerte N'Guyen devant le but, mais Marcon oppose sa jambière (47'22). Neuilly se procure une belle occasion quand Grégory Tarlé de la droite lance Guilhem, qui s'en va seul défier l'ultime rempart corsaire, qu'il feinte avant de placer la rondelle hors du cadre (48'18). Les équipes se répondent au coup par coup, et le pressing du remuant Mysicka lui permet de récupérer le palet dans les crosses adverses, avant de le transmettre à Karl Dewolf, qui reprend à bout portant (8-2, 49'05). Neuilly n'est pas anéanti pour autant, et si Justin Spencer bute à son tour sur Macrez, Jouni Kuokkanen depuis la gauche permet à Knoblauch de trouver l'ouverture d'un lancer haut depuis l'enclave (8-3, 52'04). L'homme fort des Bisons se met encore en évidence en infériorité numérique, avant que son portier ne se mette une fois de plus en évidence, d'un double arrêt aux devants de N'Guyen et Billard, puis face à Dubois à bout portant.
Revenus à forces égales, les Franciliens vont camper chez leur adversaire, encore sous la houlette de leur numéro 21, mais aussi de Spencer, pour deux tentatives stoppées par Macrez. Ce dernier s'interpose encore sur l'essai à mi-hauteur de Guilhem depuis la droite (57'34). Le portier nordiste ne peut cependant que s'incliner devant Kris Knoblauch, qui a bien suivi le travail de Spencer (8-4, 57'44). Un semblant de panique s'empare ensuite des Corsaires, car dès la mise au jeu Jouni Kuokkanen se retrouve seul pour réduire un peu plus la marque de près (8-5, 57'57). Pire, Clément Thomas qui avait auparavant permis à ses partenaires de reprendre leurs distances, est cette fois sanctionné pour une faute sur l'homme à tout faire des Bisons, leur permettant de sortir leur gardien et de trouver à nouveau la faille sur un lancer de la droite de Tuominen, dévié par Kuokkanen (8-6, 58'40).
Le doute s'empare soudain des Corsaires, qui ont encaissé trois buts en une minute et n'ont plus que deux longueurs d'avance. Un coup du sort va finalement les relancer... Geoffroy Marcon, revenu provisoirement dans ses cages, en ressort bien vite aux devants d'un palet lancé en profondeur, qu'il dégage directement dans les tribunes. Sa sanction pour retard de jeu prend la forme d'un tir de pénalité au bénéfice de Tomas Mysicka. L'ancien Angevin feinte son adversaire sur sa droite et glisse le palet au fond des filets (9-6, 59'04). Il en faut plus pour abattre les dernières velléités de Neuilly, mais Macrez veille devant les lancers de Kuokkanen et Galmiche, assurant ainsi la place des siens pour les barrages et leur médaille d'argent. Neuilly n'a jamais abdiqué, sous la houlette d'un Kris Knoblauch époustouflant, qui a passé la quasi-totalité des cinq dernières minutes sur la glace...
Compte-rendu signé Mathieu Hernaz
Commentaires d'après-match
Matthieu Bécuwe (attaquant de Dunkerque) : "Nous avions un gros esprit de revanche après avoir pris deux grosses valises chez eux, et comme au bout il y avait la deuxième place, on a joué à fond pour ne pas gâcher la fête devant notre public. Les difficultés du gardien nous ont facilité la tâche. Il n'était pas dedans, c'est dommage, mais cela fait partie du jeu. Nous avons un peu levé le pied au deuxième tiers, et au troisième nous les avons laissés revenir pour le spectacle, pour nos partisans... J'ai entendu parler de Chamonix par mon ami Mickaël Bardet. On sait que c'est du très sérieux avec de gros étrangers, et derrière de bons jeunes Français. Nous allons jouer à fond tout en sachant qu'il s'agit d'une grosse équipe."
Jérôme Pourtanel (entraîneur de Neuilly) : "Nous manquons de confiance depuis un certain temps, malgré une série de victoires, et jouer les grosses équipes nous a mis un peu de pression. On prend trois pénalités en début de match qui nous emmènent sur deux buts, sachant qu'à domicile les Dunkerquois sont très forts sur les jeux spéciaux. On a fait jeu égal à cinq contre cinq mais il y a eu un peu d'inexpérience de notre part malgré cinq occasions franches. On joue bien, avec un système bien rodé et organisé mais devant le but on a du mal à concrétiser : sauf contre Strasbourg, on fait plus de cinquante lancers par match. Landry Macrez fait un bon match mais je pense plutôt que l'on a eu des cages vides où le palet n'a pas été redressé suffisamment. On est conquérants et volontaires dans notre jeu, mais pas devant le but où on continue à faire du beau jeu. C'est pour moi un manque de réalisme. Les scores lourds entre les deux équipes sont dus au fait qu'elles jouent à domicile. Les deux patinoires sont particulières, avec une mauvaise glace, de mauvaises balustrades, et chacun arrive dans son chez-soi en se disant que cela va être l'enfer. Un peu de spectacle, du monde, du show, de la musique, et c'est parti, on se croit en enfer. Kris Knoblauch est pour moi le meilleur étranger de Division 1. Que personne ne coure après lui car il arrête le hockey pour raisons professionnelles. Il rentre en Alberta et là-bas il n'y a pas de ligue intéressante pour un joueur de son niveau."

Dunkerque - Neuilly-sur-Marne 9-6 (6-1, 0-1, 3-4)
Samedi 1er avril 2006 à 18h30 la patinoire Michel-Raffoux. 800 spectateurs.
Arbitrage de Cesary Leszko assisté de Nicolas Dessaint et Adrien Ernecq.
Pénalités : Dunkerque 28' (4', 4', 10'+10'), Neuilly 20' (8', 2', 10').
Évolution du score :
1-0 à 05'02" : Dewolf assisté de Billard (sup. num.)
2-0 à 09'51" : C. Thomas assisté de N'Guyen et Billard (sup. num.)
3-0 à 16'40" : Destoop assisté de Derepper et Declerck
4-0 à 17'23" : Dubois assisté de Mysicka
5-0 à 18'27" : Bécuwe assisté de Folcke
5-1 à 19'15" : Galmiche assisté de Knoblauch et Tuominen
6-1 à 19'54" : Saint-Amant
6-2 à 35'26" : Knoblauch assisté de Galmiche et Spencer
7-2 à 41'46" : C. Thomas assisté de N'Guyen et Billard (sup. num.)
8-2 à 49'05" : Dewolf assisté de Mysicka
8-3 à 52'04" : Knoblauch assisté de Kuokkanen et Galmiche ( sup. num.)
8-4 à 57'44" : Knoblauch assisté de Spencer et Kuokkanen
8-5 à 57'57" : Kuokkanen assisté de Knoblauch et Spencer
8-6 à 58'40" : Kuokkanen assisté de Tuominen (sup. num.)
9-6 à 59'04" : Mysicka (tir de pénalité)
Dunkerque
Gardien : Landry Macrez.
Défenseurs : Grégory Dubois (C) - Ghislain Folcke ; Clément Derepper - Karl Dewolf.
Attaquants : Matthieu Bécuwe (A) - Daniel Saint-Amant (A) - Tomas Mysicka ; Benjamin N'Guyen - Alexis Billard - Clément Thomas ; Loïc Destoop - Christophe Eichenolc - Alexandre Declerck.
Remplaçant : Julien Peyre (G), Pierre Deruddre.
Neuilly-sur-Marne
Gardien : Roman Svaty puis à 19'54" Geoffroy Marcon (sorti de 58'23" à 58'40").
Défenseurs : Jani Tuominen - Justin Spencer ou Mickaël Goujot ; Jérôme Wagner - François Besseyre (C) ; Romain Lefèvre.
Attaquants : Grégory Tarlé - Kris Knoblauch - Benjamin Galmiche ; Milan Vastusko - Jérôme Veret (A) - Gaël Guilhem ; Harond Litim - Jouni Kuokkanen - Franck Legou (A).