France - Japon (24 avril 2006)

 

Première journée du championnat du monde de division I, groupe A

Entrée en matière pour l'équipe de France face à une équipe japonaise à laquelle certains attribuent le rôle d'arbitre dans cette compétition. Il faut dire que le succès des Nippons contre l'Italie a interpellé les observateurs, mais la France, auteur d'une campagne de préparation dans l'ensemble plutôt réussie, se doit de passer ce premier test. Antoine Lussier, victime d'un commotion la semaine dernière, tient finalement sa place.

Les Français montrent d'entrée de belles intentions et mettent la pression sur la cage du portier nippon Haruna. Mais Sébastien Subit commet une faute en zone offensive dans la première minute, ce qui freine l'élan français. Le jeu de puissance nippon n'est guère menaçant si ce n'est par quelques slaps de la bleue qui n'inquiètent pas outre mesure Fabrice Lhenry. Les Français reprennent ensuite logiquement leur domination et obtenaient deux supériorités numériques quasi-consécutives suite à des fautes de Kon et Imura. Avec Stéphane Barin à la manúuvre, le jeu de puissance des Bleus s'installe mais ne trouve pas la faille dans la défense japonaise malgré l'activité d'Anthony Mortas et Maurice Rozenthal notamment. Les hommes de Dave Henderson bousculent leurs adversaires mais pèchent dans la finition à l'image de François Rozenthal qui rate une cage grande ouverte en prenant trop de temps pour contrôler le palet. Les Français montrent beaucoup d'envie, et même si cela se traduit par une seconde pénalité, cette fois contre Marcos, la domination exercée doit finir par payer. Quarante-quatre secondes disputées à cinq contre trois procurent l'occasion rêvée d'ouvrir le score. Finalement il en faut six de plus à Laurent Meunier pour contourner la cage nippone, reprendre un palet repoussé par Haruna et le placer en pleine lucarne, profitant au passage d'un bon bloc d'Olivier Coqueux devant la cage (1-0, 14'52"). Les Français, soulagés par ce premier but, continuent sur leur lancée et profitent des espaces lors d'une phase de jeu à quatre contre quatre. François Rozenthal signe un petit exploit personnel en récupérant le palet près des cages, et en plaçant la rondelle au ras du poteau japonais d'un tir du poignet vif et précis (2-0, 18'08"). Les Bleus peuvent rentrer au vestiaire satisfaits du devoir accompli.

Avec deux buts d'avance les Français n'ont plus qu'à gérer un avantage confortable et laissant venir les Japonais. Mais les hommes de Dave Henderson se mettent eux-mêmes en difficulté en accumulant les pénalités. Barin part en prison une minute après Lussier et les Japonais bénéficient à leur tour d'une minute en double avantage numérique. Comme les Français au premier tiers, ils ne marqueront pas à cinq contre trois mais parviendront à leurs fins quelques secondes plus tard par l'intermédiaire de Tetsuya Saito suite à un bon décalage de Chris Yule (2-1, 24'16"). De quoi semer le doute dans les esprits tricolores, mais trente secondes plus tard Yosuke Kon part en prison et les Bleus se retrouvent à nouveau en position de force. Et ils reprennent rapidement deux buts d'avance sur une action d'école : centre fort devant le but d'Oliver Coqueux et reprise directe de Baptiste Amar à bout portant (3-1, 25'20"). Les situations d'avantage numérique auront été essentielles jusqu'à présent, ce qui n'empêche pas les Français de se montrer particulièrement indisciplinés en concédant notamment deux fois plus de pénalités que leurs adversaires dans ce deuxième tiers. Heureusement la défense française tient bien le choc et Lhenry impeccable parvient à repousser les assauts du tandem Yule-Suzuki, très remuant. Une combinaison des jumeaux Rozenthal manque de peu de faire mouche, Maurice ratant d'un cheveu le contrôle du palet devant Haruna. Mais Julien Desrosiers assure définitivement le succès français quelques instant plus tard d'un puissant slap de la bleue (4-1, 36'24"). La France rentre au vestiaire l'esprit tranquille.

La dernière période n'aurait pu être qu'une formalité avec un score acquis sans cette terrible indiscipline française. Quatre nouvelles pénalités des Bleus pour autant d'infériorités numériques viennent ponctuer le troisième tiers-temps et pourraient permettre aux Japonais de croire de nouveau en leur chance. Heureusement pour les coéquipiers de Laurent Meunier, le power-play japonais n'a rien d'une machine infernale et le brio de Lhenry parvient à préserver l'essentiel sur les tentatives de loin de Kengo Ito et Takahito Suzuki. Pourtant les Nippons évoluent encore pendant une minute en double supériorité numérique et la France souffre terriblement en fin de match. Plus rien ne sera marqué mais les Français, dominés au nombre de lancers dans le troisième tiers, ont bien perdu leur allant du premier tiers.

La France a rempli son contrat en remportant cette première rencontre des championnats du monde. L'essentiel a été réalisé au cours d'une première période très convaincante avec des Français faisant preuve d'une grosse envie et d'un réel allant offensif. Les deuxième et troisième périodes ont été en revanche marquées par un nombre trop élevé de pénalités à ce niveau, ce qui aurait pu avoir des conséquences plus importantes face à un adversaire plus huppé. La différence entre l'arbitrage français et international était redouté par les Français, ils savent maintenant à quoi s'en tenir. Fabrice Lhenry a montré une fois de plus qu'on pouvait compter sur lui en l'absence de Cristobal Huet tandis que Meunier, Desrosiers et Amar ont joué leur rôle de leader offensif en l'absence de Bordeleau et Treille. Voilà la France partie sur des bons rails...

Quant au Japon, il a souffert en début de match avant de se reprendre par la suite, offrant une prestation dans l'ensemble assez décevante par rapport aux attentes. Les lacunes entrevues en jeu de puissance et le manque de percussion offensive devrait limiter les ambitions nippones dans ce Mondial.

Désignés meilleurs joueurs du match : Julien Desrosiers (France) et Masashi Sato (Japon)

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Commentaires d'après-match

Dave Henderson (entraîneur de la France) : "Nous sommes satisfaits par ce match, avec des buts en supériorité numérique. Nos prisons sont dues au fait qu'il convenait de s'adapter aux nouvelles règles. Il ne faut négliger aucune équipe. Si on croit que c'est arrivé, on a tout faux. Nous nous sommes bien concentrés sur ce premier match important ces trois derniers jours, nous étions prêts mentalement. Il ne faudra pas négliger la Grande-Bretagne, chaque match est différent. Ils sont peut-être moins rapides que les Japonais mais physiquement ils sont plus costauds, il faudra être efficaces dans tous les domaines."

Mark Mahon (entraîneur du Japon) : "Nous n'avons pas bien abordé les supériorités numériques. Lhenry est bon, mais nous n'avions pas assez faim. Notre objectif est de monter, nous sommes déçus mais nous devons préparer l'Allemagne. En Hongrie l'année passée, la glace était mauvaise, presque digne d'une piscine, mais je n'ai pas à commenter l'état de la glace."

 

France - Japon 4-1 (2-0, 2-1, 0-0)

Lundi 24 février 2006 à 20h00 au Coliséum d'Amiens. 2600 spectateurs.

Arbitrage de Marc Muylaert (CAN) assisté de Sébastien Molenda (POL) et Christian Gamper (ITA).

Pénalités : France 22' (6', 8', 8'), Japon 16' (10', 4', 2').

Tirs : France 38 (20, 9, 9), Japon 26 (7, 7, 12).

Évolution du score :

1-0 à 14'52" : Meunier assisté de Coqueux (sup. num.)

2-0 à 18'08" : F. Rozenthal assisté de Bonnard et S. Bachelet

2-1 à 24'16" : Saito assisté de Yule (sup. num.)

3-1 à 25'20" : Amar assisté de Coqueux et Meunier (sup. num.)

4-1 à 36'24" : Desrosiers assisté de M. Rozenthal et F. Rozenthal

 

France

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Nicolas Besch - Baptiste Amar ; Vincent Bachet - Stéphane Barin ; Jean-François Bonnard - Simon Bachelet ; Guillaume Karrer.

Attaquants : Laurent Meunier (C) - Laurent Gras - Luc Tardif ; Maurice Rozenthal - Julien Desrosiers - Sébastien Subit ; Julian Marcos - Anthony Mortas - François Rozenthal ; Antoine Lussier - Olivier Coqueux - Kévin Hecquefeuille ; Brice Chauvel.

Remplaçant : Eddy Ferhi (G).

Japon

Gardien : Masahito Haruna.

Défenseurs : Kengo Ito - Fumitaka Miyauchi ; Hideyuki Osawa - Jun Tonosaki ; Aaron Keller - Shinya Yanadori ; Kyohei Kikuchi.

Attaquants : Tomohiko Uchiyama - Yosuke Kon - Takeshi Saito ; Hiroki Ueno - Daisuke Obara - Masahito Nishiwaki ; Chris Yule - Tetsuya Saito - Takahito Suzuki (C) ; Masashi Sato - Yoshinori Iimura - Masato Domeki ; Masafumi Ogawa.

Remplaçant : Naoya Kikuchi (G).

 

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