Dunkerque - Viry-Châtillon (23 septembre 2006)

 

Match comptant pour la troisième journée de division 1, poule nord.

Suite à l'affront subi à Courbevoie, Dunkerque se doit de réagir devant une équipe de Viry qui enchaîne son troisième déplacement en autant de rencontres.

Les trajets à répétition ne semblent pas avoir de prise sur les Jets, et d'entrée Mehdi Belhassen prend de vitesse la paire Louf-Dewolf pour s'en aller défier Julien Peyre, salvateur de Corsaires toujours en difficulté avec la sévérité accrue du corps arbitral et déplorant déjà la suspension de Clément Thomas. Viry est appliqué, cherche à combiner, de manière trop prévisible cependant pour une défense finalement peu en difficulté, et ne peut tirer profit de trois situations a priori favorables, à l'image de l'accélération de Yvan Kerneis sur la droite. La chute intempestive de Guillaume Jeannette témoigne des difficultés du jeu de puissance castelvirois. Quand ils ne tuent pas les pénalités, les Corsaires sont en début de rencontre les plus dangereux, et Benjamin Louf, sur un palet arraché derrière la cage par Loïc Destoop, contraint Larivée à une salutaire intervention de la crosse. Cependant, leur indiscipline les suit à la trace et, si Kerneis se montre malheureux devant un Peyre à la renverse, une situation de double supériorité numérique va enfin récompenser ses efforts. De la ligne bleue il alerte Jeremy Buigues, qui n'a plus qu'à décaler Kevin Ledoux seul devant la cage pour conclure une action d'école (0-1, 13'40).

Malgré ce double désavantage, en nombre et au score, il en faut plus pour désarçonner Dunkerque et le pressing haut de Arnaud Péan va lui permettre de battre Francis Larivée de près, en deux temps (1-1, 14'54). Incapable de réagir, Viry concède deux dégagements interdits de suite, et voit Daniel Delbarre échouer de justesse suite au travail derrière la cage de Benjamin N'Guyen. Et, même en perdant sa crosse, Louf a la lucidité d'adresser une passe du patin à Péan, qui reprend instantanément du rond point d'engagement, forçant le gardien à une nouvelle parade. Pour une rare fois en supériorité, les Corsaires finissent le tiers en boulet de canon, toujours à l'initiative de Destoop. Si le premier lancer de l'attaquant trouve le gardien sur sa trajectoire, il n'en est pas de même de la passe de derrière le but de Karl Dewolf, qu'il contrôle en pleine course et, malgré le retour de Jeannette, il expédie un tir en force dans la lucarne gauche (2-1, 19'33).

Cependant, une pénalité sifflée en toute fin de première période, couplée sans doute au discours de Sébastien Roujon, permet aux Jets d'entamer le deuxième tiers en force. Le slap à la ligne bleue de Mickaël Marouillat est repoussé par Peyre, mais Yvan Kerneis a bien suivi (2-2, 20'31). Dans la foulée, Harond Litim expédie sur le poteau un palet venu de la gauche et c'est encore Kerneis qui est le plus prompt (2-3, 23'26). Pour la troisième fois, l'indiscipline a eu raison de Corsaires qui subissent désormais le match et enchaînent de surcroît les relances hasardeuses... Julien Peyre demeure pour eux un dernier rempart très fiable, opposant sa crosse à Victor Peduzzi ou se jetant au-devant de l'intenable Kerneis sur la passe croisée de Kevin Ledoux (26'17). Un rapide échange entre Buigues et Ledoux est encore déjoué de justesse, puis Kerneis, à la conclusion d'une inspiration de Ledoux, est pour une fois malheureux dans le dernier geste, son tir heurtant la barre. Peu après c'est le poteau qui sauve les Nordistes, Kevin Ledoux passant près de tirer profit d'une perte de palet adverse.

Secoués, les Corsaires sortent enfin la tête de l'eau et sur une mise au jeu côté droit, Dewolf s'infiltre dans une arrière-garde jusque là peu inquiétée pour servir Destoop devant la cage. Si Francis Larivée repousse, il ne fait que retarder l'échéance car Arnaud Péan a suivi pour signer un doublé (3-3, 35'03). Viry n'est pas récompensé, et Yvan Kerneis n'arrive plus à se montrer dangereux. Incapable d'armer son lancer, il est sanctionné suite à quelques heurts devant la cage. Ceci n'empêche cependant pas ses équipiers de poursuivre leur domination, marquée par une action rapide de Hugo Astic ou une montée rageuse de Jeremy Buigues. À trop dominer de façon stérile, on s'expose souvent à des déconvenues, et Dunkerque croit en faire la preuve lorsque Destoop reprend un premier lancer repoussé de Benjamin Louf, qu'il expédie en force depuis l'enclave, sous la barre, pour ce que le public considère en vain comme un but (39'39).

Les Jets s'enhardissent et, au retour des vestiaires, sont déterminés à reprendre les devants. Maxime Dorion profite d'une nouvelle relance hasardeuse pour défier Julien Peyre, mais l'ancien gardien de Viry sauve les meubles. Les avants corsaires paraissent bien seuls quand ils parviennent dans une zone offensive de plus en plus inaccessible. Un rapide échange entre Folcke et Dewolf permet toutefois de mettre N'Guyen sur orbite, ce dernier étant déjoué de belle manière par un retour in extremis de Larivée, qui se couche ensuite sur le palet sur une action aussi chaude que rare. Yvan Kerneis est aussi décisif sur le plan défensif, notamment lorsqu'il contre l'envoi de Dewolf lors d'une infériorité numérique. C'est lorsque l'ancien international est sur le flanc pour un faire-trébucher que l'homme en forme de Viry permet aux siens de prendre les devants. Lancé par son intenable numéro huit, Romain Costes profite d'un contrôle hasardeux à la ligne bleue pour s'en aller tromper Peyre de près, malgré le retour de Louf (3-4, 47'50).

Et même si son homologue voit la rondelle s'arrêter sur la ligne de but sur un tir de Arnaud Péan, Julien Peyre doit encore s'employer devant Ledoux et la reprise à bout portant de Kerneis. Le temps presse pour les Nordistes, mais leurs adversaires n'ont pas trop à lutter pour les contenir, et quand N'Guyen parvient à prendre de vitesse une défense assez vigilante, un certain Kerneis se couche pour protéger sa cage. Et malgré deux punitions successives pour les Castelvirois, le jeu demeure équilibré. Finalement, Larivée n'a plus qu'à accompagner de la crosse le tir croisé de Folcke depuis la gauche, et à bloquer la tentative en hauteur de Grégory Dubois, trop éloigné, pour préserver une victoire logique.

Compte-rendu signé Mathieu Hernaz

 

Commentaires d'après-match

Benjamin N'Guyen (attaquant de Dunkerque) : "Pour s'adapter aux nouvelles règles, il faut être appliqués, arrêter de faire des fautes, patiner plus, frapper correctement et arrêter les accrochages. Pour l'instant c'est dur. On a joué à deux lignes, à cause des pénalités. On aurait pu rester à égalité mais la fatigue a pris le dessus. On joue mieux à Dunkerque qu'à l'extérieur, le public pousse, donc on a essayé de lutter. Nous devons aussi travailler les supériorités. On a eu deux 5 contre 3, et sur l'un, on a un peu fait n'importe quoi. Il aurait fallu prendre les positions, faire tourner le palet."

Sébastien Roujon (entraîneur de Viry) : "Avec seulement une heure de glace par ci, deux heures par là, on a trois points en trois journées, donc c'est un plaisir immense pour l'instant. Les équipes les moins pénalisées auront une plus grande influence, et avec le nouveau règlement cela va être encore plus le cas. On a marqué trois buts en supériorité, on en prend aussi un, c'est une évidence que les situations spéciales font la différence à l'heure actuelle. La discipline est le point de travail de Viry depuis cinq ans. On insiste notamment sur les accrochages. On a fait des meetings, cela porte ses fruits. C'est quelque chose de très fragile cependant. [...] Nous ne sommes pas dans la même logique que les autres car nous sommes toujours à l'extérieur. Le fait d'être nomades ne nous dérange plus, mentalement on a franchi un cap. Il faut rester lucides avec notre peu de moyens."

 

Dunkerque - Viry-Châtillon 3-4 (2-1, 1-2, 0-1)

Samedi 23 septembre 2006 à 18h45 à la patinoire Michel-Raffoux. 500 spectateurs.

Arbitrage de Cesary Leszko assistée d'Adrien Ernecq et Nicolas Lobry.

Pénalités : Dunkerque 30' (12', 14', 4'), Viry 18' (6', 4', 8').

Évolution du score :

0-1 à 13'40" : Ledoux assisté de Buigues et Kerneis (sup. num.)

1-1 à 14'54" : Péan (inf. num)

2-1 à 19'33" : Destoop assisté de Dewolf

2-2 à 20'31" : Kerneis assisté de Marouillat et Ledoux (sup. num.)

2-3 à 23'26" : Kerneis assisté de Litim (sup. num.)

3-3 à 35'03" : Péan assisté de Destoop et Dewolf

3-4 à 47'50" : Coste assisté de Kerneis (inf. num.)

 

Dunkerque

Gardien : Julien Peyre (sorti à 59'10).

Défenseurs : Grégory Dubois (C) - Clément Derepper ; Benjamin Louf - Karl Dewolf ; Benoît Guillemot - Sébastien Maison.

Attaquants : Daniel Delbarre - Ghislain Folcke - Benjamin N'Guyen ; Loïc Destoop - Camille Argiolas [puis Eichenolc à 40'00"] - Arnaud Péan ; Maxime Allisse - Christophe Eichenolc [puis Simon Descheyer à 40'00"] - Pierre Deruddre ; Alexandre Delmotte.

Remplaçant : Bram Debacker (G). Absent : Clément Thomas (suspendu).

Viry-Châtillon

Gardien : Francis Larivée.

Défenseurs : Jérémy Buigues - Hugo Astic ; Guillaume Sigonney - Yvan Kerneis ; Guillaume Duboc - Guillaume Jeannette ; Pierre-Jean Karimbocus.

Attaquants : Harond Litim (A) - Romain Danton - Kevin Ledoux ; Medhi Belhassem - Mickaël Marouillat (C) - Victor Peduzzi (A) ; Sylvain Boulot - Julien Boulet [puis Maxime Dorion à 20'00"] - Romain Costes.

Remplaçant : Geoffroy Marcon (G).

 

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