Dijon - Épinal (21 octobre 2006)

 

Match comptant pour la septième journée de Ligue Magnus 2006-2007.

Les Ducs conquièrent le flanc est

Forts d'une série concluante, d'abord face à des Ours villardiens (5-3) en pleine déconfiture et dernièrement sur la glace strasbourgeoise, les Ducs abordent ce derby de l'est avec confiance. Vainqueurs avec autorité du surprenant néo-promu alsacien la semaine passée (5-2), les Dijonnais, véritables vengeurs d'outre-tombe, ont sorti l'esprit commando pour se sortir de l'ornière. Et peut-être mieux que ça, qui sait...

Leurs "ennemis" spinaliens restent eux aussi sur un succès. Cependant, les légionnaires de Pierre-Yves Eisenring n'impressionnent plus tellement et la large victoire obtenue devant Chamonix (5-1) n'occulte en rien leur irrégularité et leurs carences du moment. Mais pour la tenue d'un derby de l'est, tout est remis à plat et chacun n'a qu'un seul objectif: la gagne à tout prix.

Cela démarre pourtant très mal pour le CPHD, obligé de défendre sa peau sur une double infériorité numérique après un retenir de Kristin (04'05") et une crosse haute de Gábris (05'08"). Heureusement pour Dijon, le jeu d'impuissance débute pour des Dauphins enrayés et pas en réussite pour prendre d'assaut le bunker Hiadlovský.

Réussite, un mot qui sied bien à l'ouverture du score ducale. Ou opportunisme, c'est selon. Miroslav Kristin en fait la démonstration en interceptant une transmission d'importance. Le sniper slovaque, se voyant servi devant le but par... Milan Buda, punit une première fois le manque d'application du corps spinalien (1-0 à 09'57"). Cette énorme boulette de son centre tchèque dernièrement recruté déstabilise l'ICE, s'enfonçant au fil des minutes sous les coups de boutoir bourguignons. Mis sous le feu nourri de l'artillerie adverse, Stanislav Petrik dresse son bouclier et s'attelle à la tâche. Mais sans soutien défensif, le gardien slovaque des Dauphins ne peut éternellement tenir sa position et doit s'incliner sur un raid où Erik Bochna, lancé à vive allure, détruit la cible (2-0 à 15'41").

Dijon progresse rapidement dans le champ de mine et n'a jusqu'alors pas à craindre l'hostilité de Spinaliens très moyennement belliqueux. Enfin c'était le cas durant le premier acte, car le capitaine Guillaume Chassard convertit dans le haut du filet un rebond abandonné par la défense (2-1 à 22'05") et remet dans le match son escadrille. Celle-ci fait aussitôt meilleure figure et charge avec hargne dans la zone adverse. Un pilonnage de tous les instants qui fait fléchir les lignes adverses mais pas son dernier rempart, impérial face à la percée de l'éclaireur Ján Simko (27'43").

Mis dos au but, les Ducs résistent et retrouvent leur aplomb en exploitant une certaine passivité des lignes arrières, par Martin Jeannette (3-2 à 34'41"). Pourvues d'un avantage numérique plus consistant, les troupes de Daniel Maric réinstallent leurs batteries sans pour autant rester à l'abri d'une riposte vosgienne. Et sur une contre-offensive dirigée par le lieutenant Simko, le général Plch réduit l'écart (3-2 à 38'01"). Hélas pour la garnison lorraine, son manque récurrent de discipline se traduit par une comparution immédiate en cour martiale, pour Luc Mazerolle en l'occurrence (39'50"). Une infraction aussi inutile que contrariante pour ses frères d'armes, touchés sur un obus du canonnier Miroslav Kristin (4-2 à 39'53").

La bataille peut paraître perdue pour le maréchal Eisenring, surtout que la dernière rafale bourguignonne a laissé des traces dans son blindage. Profitant des brèches apparues dans la défense, le première classe Anthony Guttig en profite pour prendre ses premiers galons en Ligue Magnus, sur un débordement de Peter Jasík qu'il reprend de demi-volée (5-2 à 40'33").

L'heure du retrait ne sonne pas encore pour les Dauphins, bien que leurs chances s'amenuisent de minutes en minutes. Au contraire, ceux-ci tentent un ultime baroud d'honneur en misant sur leur artillerie lourde. Le tankiste Radoslav Regenda y va ainsi de son missile gagnant (5-3 à 43'31") avant que le stratège Ján Plch ne fasse une fois encore parler son expérience du terrain (5-4 à 55'04"). Un peu trop tardivement néanmoins pour renverser une situation trop compromise pour être redressée. Ainsi, en dépit des ultimes manœuvres vosgiennes, les troufions bourguignons ne se replient pas et voient leurs adversaires rendre les armes. Une étoile de plus pour le général Maric et une conquête de plus pour une infanterie ducale pouvant poursuivre sereinement sa lancée à travers le front de la Ligue Magnus, désormais bien dégagé avec ces trois succès de rang. Vladimír Hiadlovský peut bien arroser ça d'un de ses poiriers coutumiers !

La soupe à la grimace s'impose du côté spinalien, où tous les moyens n'étaient visiblement pas mis en œuvre pour cette bataille orientale. On espère dans le camp vosgien un déploiement tout autre pour la confrontation de Coupe de France à venir face aux redoutables Strasbourgeois, héroïques ce samedi devant l'armada grenobloise (1-2).

Compte-rendu signé Jérémie Dubief

 

Commentaires d'après-match (dans le Bien Public)

Daniel Maric (entraîneur de Dijon) : "Sur le match, on prend dix minutes de taules évitables. Malgré tout, il y a eu la manière, mais je reste prudent car, vu comme c'est parti, d'autres tuiles peuvent encore nous tomber sur la tête. Nous devons nous fatiguer le moins possible et éviter toute blessure. L'essentiel est de s'amuser et, pour le moment, tant qu'on gagne, on s'amuse."

Erik Bochna (attaquant de Dijon) : "Tous les matches sont importants et c'est évident que lorsque l'on gagne de cette manière, ça fait du bien au moral. C'est une grande victoire car Épinal a d'excellents joueurs. Mon entente avec Miro [Kristin] ? Il me comprend, je le comprends et tout se passe très bien."

Pierre-Yves Eisenring (entraîneur d'Épinal) : "Je regrette les deux buts cadeaux. C'est la quatrième fois que nous nous inclinons d'un but, cela devient énervant. Je ne comprends pas les passages à vide de mon équipe. À tour de rôle, chacun a lâché. C'est incompréhensible."

 

Dijon - Épinal 5-4 (2-0, 2-2, 1-2)

Samedi 21 octobre 2006 à 20h00 à la patinoire de Trimolet. 956 spectateurs.

Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Jeremy Rauline et Éric Bouguin.

Pénalités : Dijon 20' (6', 8', 2'), Épinal 16' (6', 8', 2').

Tirs : Dijon 30 (14, 8, 8), Épinal 33 (8, 11, 14).

Évolution du score :

1-0 à 09'57" : Kristin

2-0 à 15'41" : Bochna assisté de Jeannette

2-1 à 22'05" : Chassard

3-1 à 31'41" : Jeannette assisté de Bochna et Kristin

3-2 à 38'01" : Plch assisté de Simko

4-2 à 39'53" : Kristin assisté de Bochna (sup. num.)

5-2 à 40'33" : Guttig assisté de Jasík

5-3 à 43'31" : Regenda assisté de Plch et Listiak (sup. num.)

5-4 à 55'04" : Plch assisté de Bohácek (sup. num.)

 

Dijon

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Juraj Senko - Andrej Mrena (C) ; Ladislav Gabris - Guillaume Karrer.

Attaquants : Erik Bochna - Martin Jeannette - Miroslav Kristin ; Antoine Amsellem - Kevin Dugas - Julien Aubry (A) ; Peter Jasik - Stephen Dugas (A) - Anthony Guttig.

Remplaçants : Fabien Chardon (G), William Mouly, Yassine Fahas. Absent : Aymeric Gillet.

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik.

Défenseurs : Jan Bohácek - Radoslav Regenda ; Peter Slovák - Peter Listiak ; Borislav Ilic - Peter Strapatý.

Attaquants : Ján Simko - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Luc Mazerolle - Tomás Jelínek - Guillaume Chassard (C) ; Guillaume Papelier - Anthony Maurice (A) - Milan Buda ; Lionel Simon.

Remplaçants : Franck Constantin (G), Sébastien Geoffroy, Kevin Benchabane.

 

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