Grenoble - Villard-de-Lans (24 octobre 2006)

 

Seizième de finale de la Coupe de France

Premier grand derby de la saison à Pôle sud dans le cadre de la coupe de France. L'arène grenobloise a logiquement fait le plein pour ce match entre voisins qui sent la poudre avec une élimination directe promise au perdant. Au coup d'envoi, tout sépare les deux clubs isérois, entre une équipe de Grenoble en pleine confiance avec une place de leader de la Ligue Magnus et des Villardiens qui n'ont pas le moindre point en championnat et qui n'évitent la place de dernier qu'au bénéfice des points de pénalité infligés à Dijon. Seul motif d'espoir pour les Ours : les quatre victoires acquises en quatre matches de Coupe de la Ligue et le coup de moins bien connu par les Grenoblois à Strasbourg (difficile victoire 2-1), match au cours duquel Nicolas Antonoff est venu rejoindre quatre de ses coéquipiers à l'infirmerie.

Logiquement les Brûleurs de Loups prennent l'initiative du jeu au début de la rencontre et Pascal Favarin doit très vite se signaler face aux assauts conjugués de Bonnard et Hecquefeuille notamment, ce dernier étant très en vue en début de rencontre. Mais Favarin tient le coup et permet à ses coéquipiers de sortir à leur tour de leur zone. Sur un contre rondement mené par la première ligne villardienne, Luc Tardif déborde la défense grenobloise sur le flanc gauche et trompe imparablement Frédéric Dorthe d'un tir croisé à mi-hauteur (0-1, 02'24"). Douche froide à Pôle Sud en ce début de rencontre et les Brûleurs se seraient bien passés de ce handicap d'autant que Martin Paquet écope de la première pénalité du match quelques minutes plus tard. Les Ours se montrent très vifs aux abords de la cage d'un Dorthe, un peu fébrile en début de rencontre mais qui devra très vite s'employer face à Deschaume et Lepers notamment. Les Grenoblois bénéficient d'une belle occasion de revenir au score sous la forme de trois supériorités numériques consécutives mais se montrent dangereux essentiellement sur des tirs de loin que Favarin voit venir et capte avec sérénité. Leur power-play peu convaincant, les hommes de Gérald Guennelon ont l'occasion de tester leur box play en fin de tiers. Avec Woods et Masa en prison, les Villardiens finissent en effet le tiers en double infériorité numérique mais ne parviennent pas à accroître leur avance au score malgré quelques essais de Maurice Rozenthal et Miroslav Dvorak notamment.

L'occasion leur est donnée en début de deuxième période de remettre le couvert avec la fin de leur supériorité numérique mais les Ours ne se montrent pas plus inspirés devant un Dorthe de plus en plus en confiance. Le cours du match semble même tourner quelques minutes plus tard lorsque les Brûleurs de Loups se montrent enfin efficaces en jeu de puissance suite à une pénalité de Jernberg. Dans un jeu un peu plus subtil que ce qui avait été proposé en première mi-temps, Ludek Broz trouve Martin Masa dans un petit périmètre et l'ailier tchèque trompe Favarin en plaçant le palet sous la barre (1-1, 22'56"). Grenoble semble dès lors relancé et appelé à reprendre les commandes du match. Mais les Ours, très concentrés, ne se laissent pas distraire et Pascal Favarin se montre encore à son aise devant Sacha Treille. Deux pénalités consécutives empêchent les locaux de maintenir le jeu dans le camp villardien. L'avantage numérique s'inverse et c'est au tour des Grenoblois de bénéficier de deux supériorités. La pression est forte sur les cages de Pascal Favarin avec des Brûleurs de Loups qui font tourner le palet mais les Ours sont remarquablement en place, très agressifs sur le porteur du palet. Mieux même, à sa sortie de prison, Christophe Lepers offre une solution de contre à Luc Tardif le long de la balustrade et s'en va battre Frédéric Dorthe au nez et à la barbe de Grenoblois médusés (1-2, 35'25"). Décidément rien ne réussit aux hommes de Guennelon, bien timorés et dont le manque de motivation (et la fatigue ?) semble contraster avec des Villardiens débordant d'énergie et d'envie.

Tout est à refaire donc en troisième période pour les Brûleurs de Loups, le déficit d'un but ne semble pas insurmontable, à la condition de rester disciplinés et efficaces en jeu de puissance. Bref, tout le contraire de ce que les locaux vont proposer pendant ce tiers, concédant trois pénalités durant les dix premières minutes du tiers et continuant leurs errances en power-play. À dix minutes de la fin, Villard croit de plus en plus en ses chances à défaut de creuser définitivement l'écart, ce qui aurait pourtant pu être fait sur un tir de Damien Fleury sur le poteau. Le palet est dans les crosses grenobloises mais les occasions les plus franches sont villardiennes, un signe qui ne trompe pas. Une pénalité de Barin en fin de match semble être la dernière chance grenobloise mais la défense villardienne, solide comme rarement cette saison, tient bien le choc. Les dernières secondes sont tendues, Gérald Guennelon demande un temps mort, une pénalité de Rozenthal permet à Grenoble de finir la rencontre à six contre quatre, mais rien n'y fait. Favarin peut lever les bras au ciel et être chaudement congratulé par tous ses coéquipiers : Villard a réussi l'exploit d'éliminer Grenoble sur sa glace !

Dans un match dont l'intensité a paru bien en deçà des joutes homériques face à Briançon, celui qui en voulait le plus a gagné. L'excédent de motivation des Villardiens, qui semblaient jouer leur saison sur ce match, a permis de combler l'écart théorique entre les deux équipes, qui n'est pas aussi important que les positions respectives des deux clubs en Ligue Magnus. Grenoble, déjà auteur d'une prestation en demi-teinte à Strasbourg et qui avait frisé la correctionnelle à Briançon en Coupe de la Ligue, est cette fois passé à la trappe. Un manque d'envie collective qui transpirait sur la glace, à tel point qu'on peut se demander si les Brûleurs de Loups tenaient vraiment à jouer sur tous les tableaux comme ils l'annonçaient en début de saison. Une attaque peu inspirée, une défense souvent surprise par la vitesse des attaquants villardiens, la fatigue accumulée par trois déplacements consécutifs n'explique pas tout. Sur le plan individuel, seuls Masa, Treille et Hecquefeuille pour leur combativité sans relâche sont vraiment ressortis du lot. Mais le coup de moins bien constaté récemment s'est traduit cette fois par une défaite éliminatoire et les Brûleurs de Loups devront vite se reprendre en Ligue Magnus sous peine de glisser sur une mauvaise pente.

Du côté de Villard, cette victoire vient à point nommé pour relancer une équipe à la dérive en championnat. Après sept défaites en Magnus et quatre victoires en Coupe de la Ligue acquises face à des équipes modestes (Chamonix et Gap), Villard tient enfin un match référence à partir duquel la saison des Ours pourrait enfin se lancer. À moins que Villard ne soit définitivement une "équipe de coupe". Toujours est-il que les Villardiens ont montré ce soir qu'ils méritaient mieux que leur peu enviable treizième place. Avec un Pascal Favarin bien dans ses bottes, une défense très appliquée (à l'image de Miroslav Dvorak) quoi qu'un peu indisciplinée (trois pénalités pour Jernberg), les hommes de Stéphane Barin ont posé les bases de leur succès. L'attaque est encore un peu tendre mais la vitesse de patinage des Tardif et autre Rozenthal a fait le reste, et le fait que Villard ait marqué sur deux contre-attaques n'est pas dû au hasard. Les Ours avaient les crocs ce soir et ont bien mérité de poursuivre leur parcours en Coupe de France.

Désignés meilleurs joueurs du match : Martin Masa (Grenoble) et Pascal Favarin (Villard).

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Gérald Guennelon (entraîneur de Grenoble) : "L'accumulation de la fatigue est peut-être une des causes de ce résultat. Ce qui est embêtant, c'est qu'on a eu pas mal d'occasions et qu'on n'a pas été capables de les concrétiser."

Jean-François Bonnard (défenseur de Grenoble) : "Malheureusement, on est dans la continuité des deux matchs précédents. On est éliminé d'une compétition mais ça va nous permettre de nous soulager physiquement."

Pascal Favarin (gardien de Villard-de-Lans) : "On avait très envie de gagner après sept défaites en championnat. On a retrouvé une rigueur défensive qui nous faisait défaut jusque là. Ça a été dur jusqu'au bout mais notre collectif a su faire face."

Stéphane Barin (entraîneur-joueur de Villard-de-Lans) : "On a fait un match complet avec les valeurs villardiennes. On a l'esprit coupe. Cette victoire nous donne du baume au cur. Un de nos objectifs est de jouer la finale à Bercy. C'est vrai que c'est toujours plus facile pour un entraîneur de motiver ses troupes pour jouer un derby. Maintenant, il faut confirmer samedi en championnat."

 

Grenoble - Villard-de-Lans 1-2 (0-1, 1-1, 0-0)

Mardi 24 octobre à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.

Arbitrage de Julien Avavian assisté de Nicolas Barbez et Guillaume Gielly.

Pénalités : Grenoble 16' (6', 4', 6'), Villard-de-Lans 22' (6', 8', 8').

Tirs : Grenoble 31, Villard-de-Lans 30.

Évolution du score :

0-1 à 02'24" : Tardif assisté de Rozenthal et Carry

1-1 à 22'56" : Masa assisté de Broz et Hecquefeuille (sup. num.)

1-2 à 35'25" : Lepers assisté de Tardif

 

Grenoble

Gardien : Frédéric Dorthe (sorti à 59'38").

Défenseurs : Baptiste Amar (A) - Brad Woods ; Viktor Wallin - Jean-François Bonnard (A) ; Simon Bachelet - Teddy Trabichet.

Attaquants : Martin Masa - Ludek Broz - Kévin Hecquefeuille ; Cyril Papa - Christophe Tartari - Jimmy Lindström ; Sacha Treille - Martin Paquet - Benoît Bachelet (C).

Remplaçants : Eddy Ferhi (G), Quentin Garcia, Nicolas Prophette. Absents : Antonin Manavian (déchirure), Roger Jönsson (genou), Martin Millerioux (commotion), Nicolas Antonoff (épaule), Joan Montesinos (genou). 

Villard-de-Lans

Gardien : Pascal Favarin

Défenseurs : Christopher Lepers (A) - Miroslav Dvorak ; James Jernberg - Nicolas Favarin (A) ; Stéphane Barin - Stéphane Guillot-Diat.

Attaquants : Maurice Rozenthal - Romain Carry - Luc Tardif Jr ; Damiens Châlons - Laurent Deschaume - Alexandre Goncalves (C) ; Franck Billieras - Damien Fleury - Mathieu Leblond.

Remplaçants : Nicolas Nogaretto (G), Aurélien Mathieu, Florian Pesce, Yann Diaferia, Jérémy Borie, Cédric Guillot-Diat. Absent : Rich Metro (blessé).

 

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