Grenoble - Chamonix (28 octobre 2006)
Match comptant pour la huitième journée de la Ligue Magnus.
Après leur douloureux échec en coupe de France face à Villard-de-Lans, les Brûleurs de Loups espèrent se refaire une santé en Ligue Magnus, une compétition qui leur réussit particulièrement, face aux Chamois de Chamonix. La victoire est donc impérative pour les hommes de Gérald Guennelon toujours privés de cinq éléments.
Le début de rencontre est relativement enlevé et le jeu va d'une cage à l'autre, signe de débats relativement équilibrés. Mais les actions sont souvent confuses et le palet parvient rarement dans de bonnes conditions jusqu'au gardien de but adverse. Les Brûleurs de Loups bénéficient de la première supériorité numérique du match mais en tirent peu de profit, la défense chamoniarde faisant le métier devant un Lukes impeccable et souvent inspiré lors de ses venues à Pôle Sud. Les petits gabarits chamoniards en attaque pratiquent un forechecking efficace à l'image de Clément Masson et gênent considérablement les Grenoblois dans la construction de leur jeu en les bloquant régulièrement à la ligne bleue. Les Brûleurs de Loups parviennent rarement à percer la muraille dans de bonnes conditions, et quand c'est le cas, ils manquent de réalisme devant le filet. Ludek Broz vendange une cage grande ouverte sur une passe de Kévin Hecquefeuillle, et quelques minutes plus tard, Sacha Treille ne parvient pas à bonifier un centre de Christophe Tartari alors que le junior grenoblois avait à son tour la cage grande ouverte. Après ces deux méga-occasions, le score aurait pu être 2-0 à la pause mais voilà, Chamonix tenait bel et bien au terme de la première période après avoir réussi à tuer trois pénalités tout en ayant porté le danger devant la cage de Ferhi par l'intermédiaire de Pain et Audibert notamment. Le premier vingt restera en revanche celui des occasions manquées pour les Brûleurs de Loups.
Après vingt minutes, le match commençait à ressembler à s'y méprendre à celui de mardi avec une équipe grenobloise incapable d'accélérer pour prendre à revers une défense chamoniarde bien en place. La différence était qu'aucun but n'avait été marqué et le premier but prenait une importance primordiale au vu de la physionomie de la rencontre. Aimonetto tentait de forcer le passage mais Ferhi veillait au grain. Guère plus convaincants que lors de la première période, les Grenoblois bénéficient de leur quatrième supériorité numérique du match pour une faute de l'ex-Grenoblois Yven Sadoun. Après deux minutes de supériorité, Grenoble laisse le palet dans la zone chamoniarde et Viktor Wallin déplace le jeu en direction de Jimmy Lindström qui fait apprécier à Radek Lukes sa puissance de slap (1-0, 26'46"). Cette ouverture du score galvanise enfin la troupe grenobloise et Benoît Bachelet est tout près de doubler la mise sur un centre au cordeau de Treille qu'il n'a pas pu négocier correctement. Quelques instants plus tard, c'est Martin Masa qui fait une passe en angle fermée à Hecquefeuille alors qu'il était en bonne position de tir. Dommage car les Brûleurs de Loups restent sous la menace de Chamoniards qui ne présentent aucun signe de renoncement. Grenoble prend quatre pénalités consécutives dans les dix dernières minutes du tiers et doit se contenter de subir à défaut d'être vraiment menacé par le jeu de puissance chamoniard qui manque de percussion. Richard Aimonetto, en bon capitaine, montre une nouvelle fois l'exemple et il semble le seul à être vraiment capable de tromper la vigilance d'Eddy Ferhi. Treille et Masa se procurent pourtant les occasions les plus franches en fin de tiers. Chamonix domine au niveau des tirs et le tiers s'achève sur un score minimal de 1-0 dans une rencontre qui n'atteint pas des sommets, la faute à beaucoup trop d'approximations.
Brian Joubert venait relever le niveau de la soirée en faisant une démonstration de son nouveau programme (basé sur James Bond) lors de la seconde pause. De quoi donner des idées aux hommes de Gérald Guennelon qui souhaitent se mettre définitivement à l'abri afin d'éviter toute mauvaise surprise. Cela fut fait proprement lors d'une nouvelle supériorité numérique concédée par Maxime Claret-Tournier. Les blessures et la fatigue poussaient Gérald Guennelon à aligner une surprenante unité de supériorité numérique composée de Trabichet, Bonnard, des frères Bachelet et Papa. L'absence de joueur étranger pouvait prêter à question et pourtant le jeune Teddy Trabichet montrait l'étendue de ses ressources en envoyant un missile sous la transversale de Radek Lukes (2-0, 45'14"). Dès lors, le match semble avoir choisi son vainqueur et les Brûleurs de Loups vont se contenter de défendre proprement leurs buts, notamment sur deux infériorités numériques d'affilée. Ferhi joue un rôle prépondérant pour garder la cage grenobloise inviolée dans les dernières minutes. Martin Paquet manque d'un cheveu la cage vide, son tir heurtant le poteau, mais les Brûleurs de Loups parviennent à arracher dans la douleur un succès qui leur permet de prendre seuls la tête du championnat.
Les Chamois ont montré toute leur vaillance ce soir en jouant les troubles fêtes face à une équipe grenobloise qui avait du mal à s'organiser offensivement. L'apport des quatre étrangers à la ligne bleue stabilise indéniablement l'arrière garde chamoniarde qui se fait rarement mettre hors de position. Radek Lukes, fidèle à lui-même face à Grenoble, rend une copie très propre. Seule l'attaque est en retrait même si les ex-Grenoblois Aimonetto et Sadoun ont tenté de forcer la décision. Erwan Pain a une nouvelle fois montré tout son talent, mais l'absence de Granath et Kevorkian, deux piliers de l'attaque, s'est une nouvelle fois fait sentir.
À Grenoble, le bilan est très mitigé et la performance de ce soir est malheureusement dans la lignée de celles face à Strasbourg et Villard. Les Brûleurs de Loups souffrent en ce moment, et ne parviennent plus à marquer (seulement cinq buts lors des trois derniers matches). Le manque de réalisme devant la cage n'est pas sans rappeler certaines pâles prestations de l'attaque grenobloise la saison dernière. Les efforts de Papa et Tartari, très actifs sur la deuxième ligne, n'ont pas été suffisamment récompensés, tandis que l'excellent travail défensif de Benoît Bachelet ne permet pas de compenser un manque de percussion offensive du capitaine grenoblois. Dès lors, les Grenoblois se sont réfugiés sur ce qu'ils savent le mieux faire, à savoir défendre, en espérant faire la différence au fil des minutes. Eddy Ferhi, impressionnant de sérénité dans la cage et dont le rôle est prépondérant dans ces matches serrés, signe ainsi son quatrième blanchissage de la saison et Grenoble confirme son statut de meilleure défense de la Ligue. En attendant mieux car la prestation de ce soir sera clairement insuffisante face aux grosses cylindrées du championnat...
Désignés meilleurs joueurs du match : Eddy Ferhi (Grenoble) et Richard Aimonetto (Chamonix).
Compte-rendu signé Christophe Laparra
Grenoble - Chamonix 2-0 (0-0, 1-0, 1-0).
Samedi 28 octobre à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Bachelet assisté d'Éric Bouguin et Gwilherm Margry.
Pénalités : Grenoble 14' (2', 8', 4'), Chamonix 14' (6', 4', 4').
Tirs : Grenoble 35 (16, 6, 13), Chamonix 24 (8, 11, 5).
Évolution du score :
1-0 à 26'46" : Lindström assisté de Tartari et Wallin
2-0 à 45'14" : Trabichet assisté de Papa et B. Bachelet (sup. num.)
Grenoble
Gardien : Eddy Ferhi.
Défenseurs : Baptiste Amar (A) - Brad Woods ; Viktor Wallin - Jean-François Bonnard (A) ; Simon Bachelet - Teddy Trabichet.
Attaquants : Martin Masa - Ludek Broz - Kévin Hecquefeuille ; Cyril Papa - Christophe Tartari - Jimmy Lindström ; Sacha Treille - Martin Paquet - Benoît Bachelet (C).
Remplaçants : Frédéric Dorthe (G), Quentin Garcia, Nicolas Prophette. Absents : Antonin Manavian (déchirure), Roger Jönsson (genou), Martin Millerioux (commotion), Nicolas Antonoff (épaule), Joan Montesinos (genou).
Chamonix
Gardien : Radek Lukes.
Défenseurs : Rastislav Böhme - Martin Toms ; Maxime Claret-Tournier - Peter Hrehorcak ; Anders Torgersson - Damien Torfou (A).
Attaquants : Kévin Maresca - Richard Aimonetto (C) - Yven Sadoun ; Valérian Croz - Clément Masson - Erwan Pain (A) ; Julien Lebey - Emil Tobiasson-Harris - Alexandre Audibert.
Remplaçants : Andy Foliot (G), Mathieu Séguy, Vivien Renson, Sébastien Payot. Absents : Tobias Granath, Aram Kevorkian (blessés).