Gap - Montpellier (11 novembre 2006)

 

Match comptant pour la neuvième journée de division 1, poule sud.

En offrant sa première victoire à leur tout jeune coach, Lionel Bilbao, les Vipers ont aussi mis fin à la pire séquence qu'a connue le club montpelliérain. Il fallait sortir d'une spirale infernale qui aura entraîné l'équipe jusqu'à subir six défaites consécutives, toutes compétitions confondues, à peine interrompues par un pâle match nul. C'est devant les Rapaces qui les avaient si fortement humiliés que les Vipers ont choisi de sonner la révolte. Une réaction d'hommes faite d'un mélange de fierté retrouvée et de solidarité. Des valeurs quelque peu égarées en chemin depuis ce début de championnat et qui seront bien nécessaires pour préparer les play-down qui s'annoncent...

Lorsque les Vipers sautaient sur la glace de la Blâche, toujours ouverte à tous les vents, les mines concentrées et les mentons hauts des joueurs de l'Hérault laissaient déjà à penser que ce match allait être différent. Et pourtant... À la dernière seconde d'une pénalité appelée sur Dennis Martindale, Nicolas Ravoire, posté à la droite de la cage de Martin Bradette, finissait une action de Cornaire et Jackson en donnant l'avantage aux siens (1-0, 5'48"). Menés au score, les Vipers s'arc-boutaient déjà. Survoltés et désireux d'effacer le dernier match perdu à Limoges, les Haut-Alpins bourdonnaient dans la zone montpelliéraine. Mais ce sont les joueurs du Languedoc-Roussillon qui peu à peu desseraient l'étau et se portaient à l'attaque, provoquant deux pénalités consécutives. À trois contre cinq, les Vipers ne laissaient aucune chance à Cédric Dietrich. Nul autre que Lubos Pavel, attaquant aux plus de 300 matches d'Extraliga slovaque qui remplace Lionel Bilbao sur la glace, se chargeait de l'égalisation, en reprenant un rebond laissé sur un tir d'Urbasek (1-1, 08'10"). Kim Wikström, bien lancé par Martindale et Billard, se présentait sur la droite du gardien Gapençais pour loger un tir du poignet en plein top corner (1-2, 12'31"). Silence dans la cathédrale gapençaise. Mais ces Vipers-là ne voulaient plus rien abandonner : Michalovic par deux fois et Martindale voyaient leurs efforts offensifs récompensés par de vraies chances d'aggraver le score.

En powerplay à la reprise, les Vipers enfonçaient le clou sur un slapshot de Martin Patak armé par Billard (1-3, 24'57"). Les Gapençais réagissaient timidement, semblant ne pas pouvoir prendre la mesure de cette équipe montpelliéraine, si différente de l'effectif laminé par tous depuis de nombreuses semaines. Yanick Riendeau, lancé pour son entrée en zone par Michalovic et Appert, servait alors une série de feintes dont il a le secret pour conclure juste sous la barre du malheureux portier des Hautes-Alpes (1-4, 31'11"). Sans doute l'action de trop pour le coach Patrick Turcotte qui appelait ses troupes au banc pour un recadrage.

Sursaut immédiat, qui se traduisait par une sortie des épaules gapençaises, conclue par une solide mise en échec en plein centre glace qui faisait voler Yann Fornaguera. Sur la séquence, Mettler puis Duménil s'en allaient visiter la prison, permettant à Jean-Charles Charette de marquer deux buts à une minute d'intervalle et de ramener les Rapaces à une seule longueur des Vipers (3-4, 34'12"). Le tournant du match était amorcé. Les Montpelliérains d'il y a une semaine auraient paniqué et cédé devant un tel renversement. Pas ceux-là ! Profitant d'un vilain geste gapençais, Lubos Pavel réduisait la marque en supériorité numérique après avoir créé du trafic devant la cage adverse pour reprendre un tir du remplaçant de Henrik Ring, Robert Mokry (3-5, 38'56").

De retour au jeu, les Rapaces fondent sur les Vipers avec détermination. Martin Bradette se trouve sanctionné pour avoir fait bouger la cage intentionnellement. Retard de jeu, siffle l'arbitre, laissant Ondrej Mertl reprendre une passe de Rambousek (4-5, 44'08"). Dès lors, les Gapençais connaissent une période folle et bombardent littéralement Martin Bradette qui enchaîne les arrêts sur des palets venant tous face à lui. De sauvetages in extremis en parades désespérées, le Québécois garde son équipe dans le match. Les Montpelliérains, acculés, s'échappent pourtant par Michalovic et Appert, mais sans succès. Survient alors le "Big save" ! Rambousek reçoit un palet, posté seul à la droite du gardien montpelliérain. Frappé sur le côté, Martin s'écroule. La cage est vide, c'est l'égalisation. Non... Venue de nulle part, une mitaine s'ouvre pour frustrer l'attaquant gapençais (57'). C'est fini. Les Gapençais jettent leurs derniers atouts dans la bataille. Sortie du gardien. C'est Yanick Riendeau, et non Pavel comme l'indique la feuille de match, qui se débarrasse de son adversaire pour exécuter un pivot et tirer sans regarder vers la cage gapençaise vide (4-6, 59'27"). Comme un signe que la série des avanies est bien finie, le palet se dirige tout droit vers elle pour s'y enfoncer. Le banc montpelliérain peut exulter.

Lionel Bilbao a recueilli les fruits de son travail. Une équipe disciplinée, qui accepte de payer le prix de l'effort collectif. Des joueurs qui savent se sacrifier pour l'équipe et surtout une envie offensive retrouvée. Les Vipers ont servi un hockey de conviction dans la capitale des Hautes-Alpes. Les nouveaux joueurs Pavel et Mokry ont parfaitement rempli leur rôle et contribué à équilibrer les lignes. Préparer l'effectif aux chocs futurs d'une poule de relégation qui laissera trois, voire quatre équipes sur huit sur le carreau demande bien d'autres efforts. Les Vipers ont encore cinq matchs pour s'y bien préparer.

 

Commentaires d'après-match (dans le Dauphiné Libéré)

Jean-Charles Charette (attaquant de Gap) : "On n'a pas d'excuse. On a perdu contre les deux derniers de la poule. On pourrait penser qu'on prend nos adversaires de haut, mais je ne pense pas que ce soit le cas. Il semble qu'on ait du mal à se mettre dans le match face à des équipes plus faibles. Mais c'est vrai que tous les joueurs se posent des questions. On ne sait pas vraiment ce qui a changé. Les efforts aux entraînements restent les mêmes, on se met peut-être de la pression pour rien. Au début, tout allait tellement bien. On était sur une autre planète. On revient peut-être à une situation plus normale, nous devons revenir à des choses simples."

 

Gap - Montpellier 4-6 (1-2, 2-3, 1-1)

Samedi 11 novembre 2006 à 20h00 à la patinoire Brown-Ferrand. 800 spectateurs.

Arbitrage de Damien Velay assisté de Kévin Coulon et Patrick Peythieu.

Pénalités : Gap 14' (6', 6', 2'), Montpellier 12' (2', 4', 6').

Tirs : Gap 35 (8, 8, 19), Montpellier 39 (16, 14, 9).

Évolution du score :

1-0 à 05'48" : Ravoire assisté de Cornaire et Jackson (sup. num.)

1-1 à 08'10" : Pavel assisté d'Urbasek (double sup. num.)

1-2 à 12'31" : Wikström assisté de Martindale et Billard

1-3 à 24'57" : Patak assisté de Billard (sup. num.)

1-4 à 31'11" : Riendeau assisté de Michalovic et Appert

2-4 à 33'16" : Charette assisté de Rambousek (double sup. num.)

3-4 à 34'12" : Charette assisté de Moussier et Rambousek (sup. num.)

3-5 à 38'56" : Pavel assisté de Mokry (sup. num.)

4-5 à 44'08" : Mertl assisté de Rambousek (sup. num.)

4-6 à 59'27" : Pavel (cage vide)

 

Gap

Gardien : Cédric Dietrich.

Défenseurs : Jean-François Cal - Ondrej Mertl ; Alexandre Cornaire - Jeffrey Smith ; Henrik Arnström - Frédéric Roussin-Bouchard.

Attaquants : Jiri Rambousek - Jean-Charles Charette - Romain Moussier (A) ; Nicolas Ravoire (C) - Nathaniel Jackson - Matthieu Hottegindre ; Fabien Matheron - Jody Obninsky - Sébastien Vidal ; Julien Maréchal.

Remplaçants : Aurélien Bertrand (G), Julien Parinet, Yohan Orsoni.

Montpellier

Gardien : Martin Bradette.

Défenseurs : Martin Urbasek - Robert Mokry ; Thomas Duménil - Martin Patak ; Peter Kozar - Jérôme Catil.

Attaquants : Lubos Pavel - Yanick Riendeau - Marek Michalovic ; Alexis Billard - Kim Wikström - Dennis Martindale ; Jeffrey Mettler - Thomas Appert - Yann Fornaguera (A).

Remplaçants : Yann Auzeby (G), Anthony Duchosal, Germain Raimbourg. Absent : Fabrice Agnel (cheville).

 

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