Tours - Valence (11 novembre 2006)
Match comptant pour la treizième journée de division 1, poule sud.
Toujours invaincus, les Diables Noirs de Tours reçoivent les Lynx de Valence devant un public venu encore assez nombreux. Pourtant, la proximité du match de Coupe de France contre Angers mercredi 15 est déjà dans toutes les têtes. La troupe de Millette salue tout d'abord le voisin Pascal Foussard, manager général de l'équipe de volley-ball locale, qui donne le coup d'envoi du match. Valence est en rouge et blanc, Tours dans ses traditionnelles couleurs noires et blanches, rehaussées de orange... et la première mise au jeu lance la partie.
Les deux équipes proposent dès les premières minutes beaucoup de patinage. Tours plante la première banderille par Claude Devèze oublié devant l'enclave mais sa déviation n'est pas cadrée. Toutefois l'indiscipline ressort et Franco Subrani sort deux minutes pour accrocher. Agressifs à l'échec avant, les locaux empêchent Valence d'installer le jeu de puissance, pour se créer même une occasion par un lancer puissant de Marcel Simak. Le patinage et la puissance dans les duels font la différence et les Lynx n'ont toujours pas pu inquiéter un Girouard touché à la main lors de l'échauffement. Pourtant, le rythme se ralentit peu à peu et les Drômois reprennent l'ascendant. Girouard doit s'interposer à plusieurs reprises en moins de deux minutes, avec un arrêt sur Pierrick Bazin décalé sur l'aile gauche, un essai de François Hernandez de près puis un décalage à droite sur Thomas Gaulier, qui peut s'avancer sans opposition pour lancer depuis le cercle d'engagement. Le gardien a bien couvert ses angles et ne laisse aucun rebond. Les Diables commettent des maladresses inhabituelles même si un bon travail de Subrani offre l'occasion à Kevin Child de frôler le poteau. Cette maladresse transparaît lorsque Gaulier surgit dans la neutre pour piéger un défenseur en faisant passer le palet entre ses jambes et se présenter seul devant Girouard, qui ferme ses bottes. Cette action pique les Tourangeaux qui réalisent enfin un bon enchaînement, ligne bleue - ligne de fond, remise dans l'axe, le tout à une touche de palet mais le gardien sort un bon arrêt sur Jozef Drzik. Le jeu est fluide et Valence tente encore sa chance en contre, sans succès... jusqu'à une percée sur la droite. Le joueur choisit de laisser en retrait pour Bazin qui place au fond. Il ne semble pas y avoir de danger, mais la rondelle rebondit sur la balustrade et revient le long du poteau de Girouard, qui cherche à jouer le palet... mais est surpris par l'arrivée de Rudy Billieras, qui lui tape sur la jambière pour une ouverture du score surprise (0-1, 8'15").
Tours repart immédiatement à l'assaut, piqué au vif. Après une première tentative, les Diables égalisent dans la foulée en se créant un 3 contre 2. Décalé sur l'aile droite, Stastny sert en retrait Sebo pour un tir précis côté mitaine (1-1, 09'03"). Tours poursuit son pilonnage et pousse les Valentinois à la faute. Vincent Mary est pris pour accrocher et le jeu de puissance s'installe. Un premier tir de Drzik inquiète le gardien qui laisse un rebond, dégagé dans la confusion. Valence cherche à gagner du temps en zone adverse mais Hernandez subit une spectaculaire mise en échec à la hanche. Le portier des Lynx réalise un festival avec une série d'arrêts difficiles, sans jamais contrôler le palet. Après quatre tirs et un essai de déviation hors cadre, les deux équipes sont au complet sur la glace... mais le fil du match est clairement en faveur de Tours, qui tente de bombarder de loin. Un tir surpuissant de Roman Novotny sur une mise en jeu, avec un écran "sauteur", ne trouve pas la cible et le rebond est dégagé. Encore une fois, Tours joue au périmètre, lançant de loin mais sans s'approcher suffisamment du but pour bonifier les palets qui traînent. Toutefois, la domination nette aux mises en jeu leur permet de doubler la mise. Subrani remporte l'engagement et remet en retrait pour Michal Divisek ligne bleue. Le tir malin du défenseur est astucieusement dévié par Claude Devèze au fond des filets (2-1, 12'08"). Malgré tout, le jeu est loin d'être à sens unique, Tours s'enferrant dans des slaloms individuels. Le premier but des Diables a certes changé la physionomie du match et Valence souffre mais les occasions ne sont pas très nettes, à l'exception d'un contournement de cage de Kamil Stastny sauvé difficilement du gant. Ce dernier s'échappe même sur une belle passe en profondeur mais il est pris au hors-jeu... avant d'être sorti dix minutes pour méconduite pour avoir continué l'action et dribblé le gardien pour marquer !
Tours continue son pressing avec deux nouveaux tirs qui touchent les montants du gardien, un essai de Novotny suivi d'un tir dangereux de Perna bien dévié. Puis, Subrani reçoit une passe phénoménale depuis sa propre zone, judicieusement remise par la balustrade, pour se créer une échappée et un duel face au gardien. Jérémy Valentin sauve les meubles par un arrêt acrobatique, avant de s'illustrer encore sur la mise au jeu suivante en sortant de la botte un tir de Radek Stepan puis un tir de Child devant l'enclave. Sur cette action, Pierre Rossat-Mignot est pris pour accrochage, l'attaquant tourangeau gêné ayant perdu le contrôle de son palet. Le jeu de puissance d'habitude inefficace finit par trouver la faille. Profitant d'un changement de ligne plutôt lent, Perna reçoit une passe de la ligne bleue de Vladimir Sabol et envoie le palet fort devant le but. La transversale est coupée par Daniel Saint-Amand, crosse au sol (3-1, 18'22"). Un avantage de courte durée puisqu'à la stupeur générale Valence revient au score sur une rare occasion en contre-attaque. Un centre venu de la gauche est contré, le palet vole et Antoine Pelisse se montre le plus rapide pour le reprendre en hauteur et battre Girouard à bout portant (3-2, 18'46"). La période s'achève sur ce score étriqué, la domination de Tours ne s'étant pas vraiment concrétisée par faute d'un jeu stéréotypé et trop loin du but. Le public reste un peu amorphe, et même l'annonce de la défaite de Gap face à Montpellier ne suscite guère de réaction.
L'ASGT revient sur la glace la première, toujours privée de Stastny pendant quelques minutes. Une surprise sur la glace cependant : c'est Arnaud Goetz qui s'approche des cages, alors que Girouard reste introuvable sur le banc... Le gardien québécois est bel et bien blessé. D'entrée Tours porte le danger sur la cage adverse avec un premier tir à gauche sur lequel le gardien laisse un rebond, puis un deuxième venu de la droite par Subrani, dévié par la transversale. Valence repart cela dit avec de meilleures intentions et menace Goetz avec un débordement sur la droite après une mauvaise fermeture de zone offensive. Le contre ne passe pas. Tours continue sa présence en zone offensive mais n'est pas vraiment dangereux. Le palet circule, les joueurs tournent autour du but mais sans en approcher suffisamment, se contentant de remises et de tirs lointains. Ce placement hésitant permet aux Lynx de partir en contre-attaque, Vincent Mary et Sébastien Savajol obtenant quasiment un 2 contre 1 sur lequel Goetz s'impose avec autorité. Mathieu Bidoli le sollicite aussi peu après, seul face à deux défenseurs, avec un tir entre les jambes d'Olivier Vandecandelaere. Il combine ensuite avec Hernandez pour un jeu de passe devant l'enclave qui menace sérieusement Goetz. La technique valentinoise est d'excellent niveau. En face, Tours persiste avec des tirs de loin, un lancer de Simak étant repoussé avec un gros rebond. Le travail derrière la cage paie et une remise de Sabol depuis la bleue démarque Subrani le long du poteau. La cage est ouverte mais le tir est à côté ! Jean-François Gamelin s'essaie lui aussi du revers devant le but, sans succès. Valence recule et Gaulier concède deux minutes pour un coup de coude le long de la balustrade. Le jeu de puissance ne permet qu'une échappée de Pierrick Bazin qui profite d'un mauvais choix de Novotny... mais Goetz sauve le un contre un ! L'occasion d'égaliser est-elle passée pour Valence ? Pas si sûr. Car après un ultime lancer de Subrani sur cet avantage numérique, les Lynx desserrent l'étau.
Le jeu se cantonne dans la neutre, avec quelques banderilles drômoises. Bazin et Billieras se créent ainsi un 2 contre 1 sorti par Goetz. En face, Tours n'a pas plus de réussite sur une passe en retrait suite à un 3 contre 2... mais le jeu ne s'ouvre pas réellement, avec un patinage assez mou et un rythme assez soporifique. Seule la légère échauffourée sur cette dernière action réveille le public, le coup de crosse de l'attaquant tourangeau sur les jambières du gardien n'étant pas du goût de Billieras qui punit son adversaire avant de prendre dix minutes. Le jeu s'équilibre avant une pénalité contre Novotny, auteur d'une charge le long de la bande. L'effectif réduit des Lynx en prend un coup puisque Quentin Roy doit être aidé par deux équipiers pour rentrer au vestiaire, touché semble-t-il à la cheville. Le jeu de puissance valentinois reste dangereux avec un lancer de loin dévié par un défenseur, un tir dans l'axe manquant de puissance, un essai à angle fermé et un dernier tir de loin, le tout dans les derniers instants. Goetz a été solide, sans avoir été réellement mis en danger.
Ces quelques tirs servent plutôt d'avertissement que de menace. Tours repart ainsi avec Saint-Amand qui décale Divisek sur le côté pour un tir en hauteur dangereux. Un contre favorable permet ensuite à Simon Pelisse de se créer une grosse occasion sur une mise en jeu, sans succès. Devèze prend par la suite deux minutes lors d'une défense en retard, pour cinglage, pendant que la cage était dessoclée sur la percée de l'attaquant. Le jeu fluide et technique de Valence déstabilise les Diables Noirs, qui multiplient les mauvais choix, notamment à la relance, gênés par un bon échec avant et par le dynamisme adverse. Les dernières secondes profitent à Hernandez qui contourne la cage pour lancer sur Goetz, sauvé par Subrani, avant que le duo Perna-Stastny parte en contre. Si l'action n'est pas dangereuse, elle envoie tout de même Thomas Gaulier deux minutes en prison pour obstruction. La période s'achève sur ce score de 3-2 avec un jeu qui s'est nettement équilibré, sans pour autant atteindre des sommets d'intensité. Arnaud Goetz est bien rentré dans la partie et a tenu le score, car Valence a bien su profiter du manque de vitesse adverse et des maladresses de relance de son adversaire.
Cette fois-ci ce sont les visiteurs qui sont de retour les premiers. On peut imaginer que Bob Milette a des choses à dire à ses troupes après la prestation peu convaincante de la deuxième période. Tours débute en avantage numérique, mais les maladresses persistent et Valence se dégage. On ne peut donc que compter les tirs, toujours de loin : un lancer depuis la bande, deux tirs de la bleue, dont un dévié qui provoque un peu de confusion devant le but. Les passes longues des Tourangeaux ne sont guère efficaces et on se dit que le leader est dans un drôle de guêpier. Ce n'est pas la préparation idéale avant Angers... On manque de passion et d'engagement, il y a peu de fautes et d'interruption : le temps file assez vite, malgré tout en faveur des locaux qui mènent toujours en score. Tours est toujours installé en attaque et Sabol menace le gardien. Valence semble ralentir son rythme, le banc réduit et le long voyage paraissant peser sur l'effectif. Heureusement les Diables jouent de manière trop compliquée, parfois trop individualiste notamment à la relance ce qui coûte quelques interceptions. Il faut attendre la sixième minute pour voir Tours se créer une vraie occasion, lorsque Child reçoit une bonne passe dans l'intervalle. Mais face à deux défenseurs, son tir n'inquiète pas trop le gardien. Puis, c'est au tour de Simak de solliciter le gardien sur une mise au jeu, avant un nouveau tir à travers la foule. L'échec avant valentinois reste efficace mais ne permet pas de venir s'approcher de Goetz, à l'exception d'un tir excentré de Sébastien Savard. La pression monte, Tours accentuant les duels. Suite à une récupération derrière le but, Perna est trouvé dans l'enclave mais ne fait pas mouche.
Ce n'est que partie remise pour le capitaine tourangeau. Une longue passe sur un changement de ligne un peu lent trouve François Gleize sur l'aile droite. Il contrôle et centre, Kamil Stastny dévie le palet mais celui-ci retombe sur Dominic Perna qui marque du bout de la crosse (4-2, 48'25"). Le break semble fait, même si Valence pousse un peu autour du but de Goetz. Une longue interruption survient peu après, lorsque les arbitres discutent avec la table de marque et le capitaine local, avant finalement de sanctionner Divisek de 2'+2'+10' pour tentative de piquage. Ces quatre minutes d'avantage numérique constituent la dernière chance pour Valence, mais après deux petits tirs d'entrée, plus rien par la suite... Le travail de la brigade défensive est consciencieux et Goetz ne voit même pas le palet. À la fin de ce jeu d'impuissance, Tours repart mais le jeu n'est guère dynamique. Seul un contournement de cage de Novotny décale Sebo pour un essai au ras du poteau, repris immédiatement ligne bleue. Le palet est perdu, l'action est confuse avant que le gardien ne réussisse à geler la rondelle. Finalement Perna débloque à nouveau le match. Une passe en profondeur superbe de Stastny trouve Sebo, qui stoppe dans l'axe face au rideau défensif pour décaler Perna en pivot... et c'est la lucarne (5-2, 17'26"). Les dernières minutes n'apportent pas grand-chose. Un petit tir de chaque côté, une mauvaise charge sur Bastien Quinsac et un ultime lancé tourangeau : le leader s'impose sans briller. On dira que les Diables Noirs ont gardé des forces pour le choc face à Angers...
Tours - Valence 5-2 (3-2, 0-0, 2-0)
Samedi 11 novembre 2006 à 20h00 à la patinoire municipale. 1200 spectateurs.
Arbitrage de M. Baude assisté de MM. Furet et Douchy.
Pénalités : Tours 30' (2'+10', 4', 4'+10'), Valence 20' (4', 4'+10', 2').
Évolution du score :
0-1 à 08'15" : Billieras assisté de Bazin
1-1 à 09'03" : Sebo assisté de Stastny et Sabol
2-1 à 12'08" : Deveze assisté de Divisek et Subrani
3-1 à 18'22" : Saint-Amand assisté de Subrani et Sabol (sup. num.)
3-2 à 18'46" : Pelisse assisté de Savajol
4-2 à 48'25" : Perna assisté de Stastny et Gleize
5-2 à 57'26" : Perna assisté de Stastny