Yunost Minsk - Kazakhmys Satpayev (19 novembre 2006)

 

Coupe Continentale, demi-finale.

Ce duel décisif, véritable finale pour la qualification, se joue à guichets fermés. Le stress est palpable : pour sa quatrième participation, le Yunost est tout près d'une première qualification en finale de la Coupe Continentale, ce qu'avait uniquement réussi un club concurrent de Minsk, le Keramin. Le seul autre club biélorusse qui ait atteint ce niveau, Gomel, avait bénéficié d'une place d'office comme organisateur.

Pour le Kazakhstan, ce serait carrément une grande première. Après tant d'essais infructueux du Torpedo Ust-Kamenogorsk, une éventuelle réussite du nouveau champion Kazakhmys serait un sacré coup de tonnerre.

Aujourd'hui, ce sont aussi deux modèles de développement qui s'affrontent : les clubs kazakhs jouent depuis des années dans le championnat russe, en Vysshaïa Liga, mais sans avoir le droit de monter dans l'élite. Le Bélarus s'est développé de son côté avec un championnat de plus en plus fort. Cependant, lors d'une réunion à Minsk cette semaine entre le président de la fédération biélorusse Vladimir Naumov et son homologue russe Vladislav Tretiak, ils ont annoncé qu'un club biélorusse serait admis en Vysshaïa Liga, avec le droit d'être promu. Le championnat voulu par le ministre des sports Fetisov, qui accueillerait des pays frères, pourrait ainsi se mettre en place sportivement. Et ce match est une jauge pour voir ce que vaut le Yunost actuel - qui ne semble plus être le meilleur club de son pays - face à un bon adversaire de Vysshaïa Liga.

C'est un match à fort enjeu, et cela se ressent dans la tactique des deux équipes, qui restent en défense et attendent l'erreur de l'adversaire. À ce petit jeu, l'avantage semble aller au Yunost, qui paraît au fil des minutes un peu plus fort que son adversaire dans tous les domaines. Mais le match reste bloqué et il a encore peur de se découvrir pour concrétiser cette domination. Des occasions se présentent, mais le champion du Bélarus ne les concrétise pas. À domicile, la pression est très forte : est-elle trop lourde à porter ?

On peut le craindre en début de troisième tiers-temps quand le Yunost se retrouve à trois après une pénalité d'Erkovich. La sanction est immédiate : un tir précis du capitaine Lev Krutokhvostov donne l'avantage au Kazahhmys (0-1, 41'04"). Plus que jamais, les visiteurs jouent pour préserver le score. Les espaces sont très difficiles à trouver. Et le gardien Aleksandr Byzov tient toujours bon.

Les battements de cur du public s'accélèrent tandis que les minutes s'égrènent. L'espoir s'amenuise, mais il demeure. C'est le money time, celui qu'Anatoli Zakharov avait si mal géré lors d'un match mémorable de qualification olympique en Lettonie que cela lui avait coûté sa place à la tête de l'équipe nationale (et ouvert la voie à l'expérience nord-américaine). Désormais simple entraîneur de club, Zakharov prouve donc à ses détracteurs qu'il est capable de demander un temps mort quand il le faut ! Il sort son gardien et donne ses consignes avant une mise au jeu en zone offensive.

Et tout se passe idéalement pour le Yunost : l'engagement est gagné par Artiom Volkov, son meilleur centre dans cet exercice. Les Biélorusses travaillent dans les coins et mettent la pression sur les arrières adverses qui ratent la sortie de zone. Sur cette récupération de palet, deux joueurs viennent se placer près de la cage où ils font régner la confusion. Tout le monde s'attend à une passe d'Oleg Leontiev pour Andrei Kovalev au poteau opposé, et il amorce le mouvement en ce sens, mais le palet prend tout le monde par surprise en filant entre les jambières de Byzov (1-1, 59'19").

Cette improbable égalisation est un coup de massue pour le Kazakhmys. Maintenant en confiance, Minsk attaque la prolongation avec ferveur et compte sur son expérience. En moins d'une minute, le vétéran Igor Andrushchenko qui déroute la défense des visiteurs et marque le but vainqueur (2-1, 60'52").

Après soixante minutes de tension, le public biélorusse a vécu une formidable libération quand le Yunost a réussi à renverser ce match dans un crescendo final. Et cette demi-finale de Coupe Continentale a bénéficié ainsi d'un vrai feu d'artifice en guise de conclusion, de ces moments de hockey où tout ne tient qu'à un fil et qu'on n'oublie jamais.

Désignés trois meilleurs joueurs du match : Igor Andrushchenko, Andrei Kovalev (Yunost) et Aleksandr Byzov (Kazakhmys).

 

Commentaires d'après-match (dans Pressbol)

Oleg Leontiev (attaquant du Yunost) : "Cela ne s'est pas fait sans réussite. Les défenseurs et le gardien du Kazakhmys ont suivi le swing de la crosse, s'attendant à ce que je fasse une passe, mais le palet est descendu de ma palette et a filé en direction de la cage. On aurait dû l'y mettre avant. Mais on a passé la majorité du match en défense et on n'a haussé le rythme qu'après qu'ils soient passés devant. Immédiatement, on a senti qu'ils cédaient physiquement. Peut-être qu'il aurait fallu s'activer plus tôt pour éviter ce final qui a mis les nerfs à rude épreuve."

Andrei Kovalev (attaquant du Yunost) : "Je n'ai pas vécu de telles émotions depuis notre victoire sur la Suède aux Jeux Olympiques de Salt Lake City."

Vladislav Kolchkov (attaquant du Yunost) : "Notre ligne avait une mission spéciale : neutraliser la troïka de Bets. Apparemment nous l'avons bien fait, puisque ses partenaires n'ont plus reparu sur la glace en troisième période, tandis que le centre lui-même était transféré sur la troisième ligne. Dans les minutes décisives, moi et Oleg Voshchenikin sommes restés sur le banc. Et quand Goryachevskikh a été remplacé par un joueur de champ, j'ai pensé : maintenant nous allons voir si Dieu nous aime. J'étais sûr que, si nous égalisions, nous viendrions forcément à bout de notre adversaire en prolongation.

Anatoli Kartayev (entraîneur du Kazakhmys) : "C'est très dur de rater une victoire qui était presque dans la poche, mais que faire... J'ai déjà parlé du manque d'expérience internationale du Kazakhmys. Ce facteur a été déterminant. Personne ne peut nous reprocher une absence de volonté, nos joueurs se sont bien battus. Ils étaient simplement un peu perdus. Avant la prolongation, comme avant le match, j'ai demandé aux joueurs de prêter une attention toute particulière à la défense. Mais cela ne signifie pas de reculer totalement."

 

Yunost Minsk - Kazakhmys Satpayev 2-1 après prolongation (0-0, 0-0, 1-1, 1-0)

Dimanche 19 novembre 2006 à 18h30 au Palais des sports de Minsk. 3400 spectateurs.

Arbitrage de Timo Favorin (FIN) assisté d'Ivan Dedyulya et Valeri Gotsulya (BLR).

Pénalités : Yunost 22', Kazakhmys 16'.

Tirs : Yunost 33 (10, 11, 9, 3), Sokol 19 (11, 3, 5, 0).

Évolution du score :

0-1 à 41'04" : Krutokhvostov assisté de Korshkov et Yakovenko (double sup. num.)

1-1 à 59'19" : Leontiev assisté de Kovalev et Andrushchenko

2-1 à 60'52" : Andrushchenko assisté de Khatseï et Erkovich

 

Yunost Minsk

Gardien : Stepan Goryachevskikh (sorti de sa cage de 59'04" à 59'19").

Défenseurs : Aleksei Shagov - Sergei Erkovich (C, 4'+10') ; Igor Khatseï - Oleg Leontiev ; Evgeni Krivomaz - Igors Bondarevs ; Nikolai Stasenko - Vladimir Kopat.

Attaquants : Alekseï Efimenko (2') - Artiom Volkov - Evgeni Kashtanov ; Mikelis Redlihs - Igor Andrushchenko - Andrei Kovalev ; Vladislav Klochkov - Oleg Voshchenikin (4') - Sergei Paklin ; Tomas Chlubna (2') - Stepan Ponomarev - Sergei Shitkovsky.

Kazakhmys Satpayev (2' pour surnombre)

Gardien : Aleksandr Byzov.

Défenseurs : Aleksei Chikalin (4') - Evgeni Ushkov (2') ; Sergei Yakovenko - Aleksei Korshkov ; Ildar Yubin - Evgeni Fadeyev ; Artem Lakiza.

Attaquants : Oleg Eremeyev - Aleksandr Filippov - Andrei Gavrilin ; Lev Krutokhvostov (C, 2') - Konstantin Kasatkin - Ilya Solarev ; Aleksei Fetisov - Vladimir Ivantsov (2') - Vitali Kazarin ; Pavel Zhilin (2') - Maksim Bets - Vyacheslav Tokarev (2').

Remplaçant : Aleksei Gubarev (G).

 

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