Épinal - Morzine-Avoriaz (9 décembre 2006)

 

Match comptant pour la quinzième journée de la Ligue Magnus 2006-2007.

Morzine réinvente la guerre-éclair

Sans jamais démériter, Épinal tient régulièrement tête à ses adversaires au point de leur contester jusqu'au bout la décision finale. Briançon n'a pas dérogé à la règle mardi, tout leader et favori qu'il soit. Poussés dans leurs derniers retranchements par des Spinaliens enthousiastes, les Diables Rouges n'ont dû leur salut qu'à une baisse de régime des locaux en fin de partie. Et c'est là que le bât blesse, Épinal joue en sur-régime, sans véritable profondeur digne de ce nom à ce niveau et le paye au prix fort. L'accumulation des matchs durant ce mois de décembre épique n'arrange évidemment rien et les Dauphins peinent à trouver les ressources suffisantes pour mieux figurer d'un point de vue comptable.

Une bataille de courte durée

Engendrant une nouvelle fois une rotation à quatre éléments en défense, le forfait de Radoslav Regenda n'augure pas ce match sous les meilleurs auspices côté bleu. Pas plus que celui de dernière minute du centre Michal Petrak, la cheville ouvrière du premier bloc aux côtés de Jan Plch... C'est donc dans ces conditions difficiles que les Dauphins entrent dans la partie, de bonne manière en obtenant rapidement une première opportunité en supériorité numérique grâce au travail de Plch (01'14"). D'entrée, la trajectoire trompeuse d'un slap dévié dans de Jan Bohacek laisse Stevie Lyle sans réaction; l'international britannique étant semble-t-il secondé par un de ses montants (02'00"). Les Pingouins n'en souffrent d'aucune incidence et demeurent réactifs en contre, notamment par leur fameux trio vedette. Une seule montée lui suffit pour occasionner une première pénalité, vite bonifiée par le blueliner finlandais Santeri Immonen, bien décalé par la passe transversale de Niko Halttunen pour ainsi déjouer Stanislav Petrik d'un slap croisé pleine lucarne (0-1 à 04'52").

En difficulté pour contenir la supériorité intrinsèque du trio Drouin-Cheverie-Welch, les Spinaliens tentent malgré tout de repartir vers l'avant pour égaliser. D'une manière toutefois assez désorganisée il est vrai, même si Guillaume Chassard y va de son abattage coutumier pour importuner Stevie Lyle (9e). Une fois encore, le maigre espoir vosgien de la soirée semble subsister dans le doigté de Jan Plch. Ainsi le Slovaque, bien qu'esseulé par l'absence de son lieutenant Michal Petrak, reste toujours un fameux manieur de palet et le démontre en poussant une nouvelle fois la défense alpine à la faute (09'11"). Ni une ni deux, Plch prend aussitôt les choses en main, rattrapant son contrôle orienté raté devant Lyle en initiant dans la foulée un "tic-tac-toe" relayé par Buda à la gauche du cerbère gallois et conclu imparablement par Simko au second poteau (1-1 à 09'45").

Tentant de surfer sur cette vague, les Spinaliens voient toutefois le ciel leur tomber sur la tête en perdant pour la soirée leur clé de voûte défensive Peter Slovak, victime d'une brutale charge dans le dos (et non sanctionnée) d'Evan Cheverie (11'23"). Cette nouvelle tuile viendra assommer un peu plus des Lorrains déjà forts dégarnis alors que Cheverie ne tardera pas à faire coup double quelques instants plus tard. À la base d'un contre, le poison canadien se voit ainsi reprendre opportunément un tir repoussé de Drouin et donner un avantage déjà définitif à ses couleurs (1-2 à 14'13"). Dépassés par les événements, les restes de l'arrière-garde locale ne peuvent dès lors plus résister au pressing morzinois, à nouveau payant sur un jeu à trois conclu de près par Niko Halttunen (1-3 à 14'51").

La soirée s'annonce très longue pour des Spinaliens usés mais pas encore résignés. Ainsi, les hommes de Pierre-Yves Eisenring tentent bien de riposter mais, peine perdue, sans véritablement inquiéter des Pingouins solides et appliqués. Ainsi, seules les variations et autres combinaisons en première intention semblent être en mesure de faire la différence mais pour l'heure, ces essais ne leur sourient guère à l'image de cette poussée de la paire Plch-Simko (16'43"). La terrible première ligne de Morzine-Avoriaz n'en a cure, elle qui poursuit son festival en profitant des largesses de ses hôtes. Vif comme l'éclair, l'Américain Dan Welch s'insinue dans toutes les brèches (16'14") avant d'amorcer la quatrième réalisation du HCMA, inscrite au second poteau par Santeri Immonen sur une passe tendue devant la cage de Pierre-Claude Drouin (1-4 à 18'24"). La bataille fut brève et Morzine-Avoriaz a tué le match en cinq minutes sous la férule d'une première ligne injouable pour des Dauphins trop limités par les forfaits.

Portes ouvertes

N'aspirant pas encore à rendre les armes, la légion spinalo-slave débute l'acte médian en supériorité numérique et conserve bien le puck jusqu'à ce que Milan Buda, idéalement posté dans l'enclave, ne redirige le slap de Peter Strapaty vers le côté opposé (2-4 à 20'31"). Revigorés, les Dauphins poursuivent dans cet effort et signent ensuite quelques minutes percutantes où Stevie Lyle se voit mis à contribution. Las, le naturel revient vite au galop et un semblant de tir contré de Borislav Ilic à la bleue offensive offre un break tout cuit à Pierre-Claude Drouin qui, gêné par le repli, ne peut sur ce coup venir à bout de Stanislav Petrik (22'50"). Ce n'est que partie remise pour l'ancienne vedette de la défunte Superleague britannique, bien placée en sortie de zone pour récupérer un dégagement raté de Tomas Jelinek et ainsi servir sur un plateau d'argent Jonathan Zwikel, isolé sur la gauche du cerbère local. La sanction de l'ancien Gothique est sans appel (2-5 à 23'41").

Loin de céder au fatalisme, les joueurs de la Cité des Images ne s'en laissent pas compter et ripostent en contre-attaque sur une reprise de leur capitaine courage Guillaume Chassard, bénéficiant d'une bonne passe latérale de Luc Mazerolle pour surprendre Stevie Lyle (3-5 à 25'34"). Entretenant l'illusion par ce jeu rapide et tout en mouvement, les Spinaliens n'en restent pas moins sous l'emprise de Morzinois sereins et à l'affût de chacune de leurs erreurs. C'est dire toutes leurs aises, eux qui n'ont besoin que d'une seule accélération pour faire la différence, comme sur cette montée d'Evan Cheverie et sur le rebond, capitalisé du revers par l'ancienne gâchette des Coventry Blaze (3-6 à 28'22").

Ce sixième filet confère désormais aux hommes de Stéphane Gros une mainmise totale sur les dernières minutes de la période, seulement troublées par une poignée de réactions spinaliennes bien sporadiques, comme cette récupération en zone neutre provoquant l'échappée de Jan Plch. En règle générale, pareille situation se termine par un but, mais pas cette fois-ci, Lyle lisant bien le classique revers à mi-hauteur du Slovaque (33e). De son côté Stanislav Petrik, livré à lui-même par une défensive fourbue, se charge de préserver l'écart au prix de quelques interventions solides face aux Dan Welch et autres Jonathan Zwikel (39'47")...

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Épinal tente un dernier baroud d'honneur à la reprise mais joue toujours de malchance sur un lancer lointain de Chassard, repoussé par l'angle du montant gauche de Lyle (41'12"). Contrant sans réels soucis les incursions locales, les Morzinois laissent clairement venir leurs assaillants pour mieux les contrer et ainsi reprendre les choses en main, surtout quand leurs as sont de sortie. S'efforçant de faire vivre comme ils le peuvent la rondelle, les joueurs de Pierre-Yves Eisenring se livrent corps et âmes sans jamais trouver la solution à un problème incommensurable. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer, par Guillaume Chassard notamment...

Dans cette fin de match plombée par un suspens mort-né, la vaillance (parfois brouillonne il est vrai) des troupes locales donne un semblant d'intérêt à ces dernières minutes, marquées par un contre de Thomas Gueguen repoussé par la base du poteau gauche de Stanislav Petrik (53e) et une cage vide incroyablement manquée à bout portant par Pierre-Claude Drouin (59e).

Trois êtres vous manquent...

Jamais trois sans quatre pour Morzine-Avoriaz, vainqueur facile de Spinaliens exsangues, mais néanmoins volontaires et disciplinés. Sans jamais trembler, les Pingouins ont su se mettre rapidement à l'abri pour accélérer à leur guise et maintenir les Dauphins sous contrôle, eux qui étaient de toutes façons trop limités pour entrevoir une issue moins défavorable. Et si le fantôme de Michal Petrak aura plané sur la glace de Poissompré (et autour d'un Jan Plch légèrement moins en verve qu'à l'accoutumée), la sortie sur blessure de Peter Slovak fut le coup de grâce. Dès lors trop justes pour tenir tête à l'armada haut-savoyarde, les Spinaliens n'ont eu que leur courage à faire valoir, à l'instar de Guillaume Chassard, toujours aussi constant dans son rôle de poumon de l'attaque.

L'équation posée ce soir par le co-leader de Ligue Magnus était assurément trop ardue à résoudre pour des Vosgiens rabougris. La ligne de parade du HCMA aura comme convenu fait feu de tout bois et fait souffrir une arrière-garde réduite à sa plus simple expression. Constamment dangereux, Pierre-Claude Drouin, Evan Cheverie et Dan Welch ont pesé de tout leur poids et leur talent sur le front de l'attaque, bien secondés à l'arrière par un Santeri Immonen efficace. Cette force tranquille fut la base du succès alpin.

Compte-rendu signé Jérémie Dubief

 

Épinal - Morzine-Avoriaz 3-6 (1-4,2-2,0-0)

Samedi 9 décembre 2006 à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 901 spectateurs.

Arbitrage de Julien Avavian assisté de Savice Fabre et Pierre Dehaen.

Pénalités : Épinal 8' (2', 4', 2'), Morzine-Avoriaz 20' (8', 4', 8').

Tirs : Épinal 37 (10, 14, 13), Morzine-Avoriaz 37 (12, 15, 10).

Évolution du score :

0-1 à 04'52" : Immonen assisté de Halttunen et Pipa (sup. num.)

1-1 à 09'45" : Simko assisté de Buda et Plch (sup. num.)

1-2 à 14'13" : Cheverie assisté de Drouin

1-3 à 14'51" : Halttunen assisté d'Ohlsson et Pipa

1-4 à 18'24" : Immonen assisté de Drouin et Welch

2-4 à 20'31" : Buda assisté de Strapaty et Listiak (sup. num.)

2-5 à 23'41" : Zwikel assisté de Drouin et Welch

3-5 à 25'34" : Chassard assisté de Mazerolle et Bohacek (sup. num.)

3-6 à 28'22" : Cheverie assisté d'Immonen et Drouin

 

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik [sorti de sa cage à 59e].

Défenseurs : Peter Slovak [puis Strapaty à 11'23"] - Peter Listiak ; Peter Strapaty [puis Borislav Ilic à 11'23"] - Jan Bohacek.

Attaquants : Milan Buda - Jan Simko - Jan Plch (A) ; Tomas Jelinek - Luc Mazerolle - Guillaume Chassard (C) ; Lionel Simon - Anthony Maurice - Guillaume Papelier.

Remplaçants : Franck Constantin (G), Anthony Pernot, Kevin Benchabane, Sébastien Geoffroy. Absents : Radoslav Regenda (hématome à la cuisse), Michal Petrak (dos).

Morzine-Avoriaz

Gardien : Stevie Lyle.

Défenseurs : Nicolas Pousset - Santeri Immonen ; Mathieu Mille - Johan Ohlsson ; Christian Elian - Tony Bergin (C).

Attaquants : Pierre-Claude Drouin - Evan Cheverie - Dan Welch ; Niko Halttunen - Jonathan Zwikel (A) - Leos Pipa ; Cyril Trabichet - Arto Miettinen - Marc Billieras (A) [puis Thomas Gueguen].

Remplaçants : Olivier Courally (G), Éric Dupieux, Pierre-Yves Albert.

 

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