Grenoble - Strasbourg (6 janvier 2007)
Match comptant pour la dix-neuvième journée de la Ligue Magnus.
Retour sur terre pour les Brûleurs de Loups après une semaine fastueuse qui les a vus remporter mardi à Méribel leur premier trophée majeur depuis huit ans en finale de la Coupe de la Ligue. Une victoire qui a été fêtée comme il se doit en Isère mais qui ne fait pas perdre de vue l'objectif majeur de la saison qui est une autre coupe, plus prestigieuse celle-là, la Coupe Magnus. Pour y arriver, les Grenoblois doivent replonger dans la routine du championnat et éviter le piège tendu par une Étoile noire qui effectue son premier déplacement à Pole Sud sans aucune pression après une série de résultats plutôt défavorables et l'absence de Norman et Sevcik. Ne pas se relâcher et ne plus abandonner de points en route, tel sera l'objectif des Grenoblois ce soir.
Benoît Bachelet fait son entrée sur la glace en présentant la coupe de la Ligue au public, mais comme on peut s'y attendre, ce sont les Strasbourgeois les plus actifs lors de ce début de rencontre. Une entame de match émaillée de nombreuses pénalités, M. Avavian ayant semble-t-il décidé de faire respecter le règlement à la lettre au cours du premier tiers. Au bout de deux minutes, Grenoble évolue à quatre contre trois. Une situation de jeu qui libère des espaces à son jeu de grenoblois. Une passe de Broz pour Masa est interceptée par Nemcak qui s'impose ensuite sur le rebond repris par Amar. Mais quelques instants plus tard, alors que les deux équipes évoluent à nouveau à quatre contre quatre, Ludek Broz trouve son compatriote Martin Masa complètement démarqué lequel ouvre le score... Un grand classique (1-0, 03'06"). L'Étoile Noire tente alors de réagir et presse les Grenoblois dans leur zone. Une bonne période des Alsaciens ponctuée par des slaps de Dirnbach et Suoraniemi qui mettent Ferhi à contribution. Grenoble procède par contres et parvient à se montrer dangereux sur un tour de la cage de Paquet tandis que Benoît Bachelet manque une belle occasion tout seul devant la cage.
La pression iséroise se fait plus forte à l'image d'un slalom de Masa dans la défense strasbourgeoise mais le Tchèque bute sur Nemcak. Après deux supériorités numériques mal exploitées de part et d'autre, les Brûleurs de Loups profitent de la quatrième pénalité strasbourgeoise du tiers pour prendre le large. Après une combinaison Valcak-Lindström bien près de faire mouche, c'est Kévin Hecquefeuille qui marque du revers sur une entrée de zone classique. Un but sur lequel Nemcak, impeccable jusque là, n'est pas exempt de tout reproche (2-0, 16'16"). C'est donc sans véritablement forcer leur talent que les Brûleurs de Loups mettent leur empreinte sur la rencontre. Sur leur lancée, ils animent la fin de tiers. Lindström teste d'abord Nemcak avant que Broz ne rate le cadre sur un bon service d'Hecquefeuille. Mais c'est dans la dernière minute que Nemcak sort le grand jeu, d'abord sur une reprise de volée de Wallin devant le slot puis en arrêtant un penalty tiré par Jimmy Lindström sans conviction suite à une fauchage de Jolette sur Bachelet parti tout seul en contre.
Au début de la deuxième période, la pression est grenobloise. Benoît Bachelet loupe une nouvelle occasion en bonne position avant que les hommes de Gérald Guennelon n'enchaînent trois buts en l'espace de cinq minutes. Sur une bonne entrée de zone de Wallin, Lindström sert Paquet au cordeau qui prend de vitesse la défense strasbourgeoise (3-0, 22'20"). Passées deux minutes d'avantage numérique infructueux de l'Étoile noire, Grenoble reprend sa marche en avant et un beau mouvement à trois contre un entre Papa, Hecquefeuille et Paquet échoue sur un Juraj Nemcak très inspiré. Un gardien pas récompensé de ses efforts, puisque sur l'action suivante, il se fait fusiller par Jeff Bonnard d'un tir puissant sous la barre. L'arbitre accorde le but alors que le palet était ressorti immédiatement (4-0, 25'51"). Une nouvelle pénalité de Woods n'arrête pas l'euphorie grenobloise. Sur l'infériorité numérique, Sacha Treille s'arrache dans la bande et effectue une grosse mise en échec sur Wes Jarvis. Tartari récupère le palet et centre pour... Treille idéalement placé devant les buts (5-0, 27'41"). Un travail remarquable du jeune attaquant grenoblois qui se trouve à l'origine d'une méconduite. Daniel Bourdages, qui sent ses protégés partir à la dérive, demande un temps mort et remplace Nemcak par Gilles Beck. Un coup de fouet salutaire qui voit les Strasbourgeois réagir. Mais cela ne dure qu'un temps car le jeune Beck va rapidement être assiégé par les attaquants grenoblois. Montesinos puis Lindström s'écroulent tour à tour sur le chemin des buts, stoppés plus ou moins irrégulièrement par la défense strasbourgeoise. Guennelon en profite pour faire tourner son effectif en faisant rentrer Frédéric Dorthe à la mi-match et en donnant un temps de glace appréciable à sa quatrième ligne. Antonin Manavian participe lui aussi à la fête d'abord en infériorité numérique puis dans un roulement à sept défenseurs. Le rythme de la rencontre retombe et Jacko en profite pour inquiéter Dorthe en faisant le tour de la cage. Grenoble tombe même dans la facilité lorsque Valcak fait preuve d'un excès d'altruisme en servant son capitaine alors qu'il était en bonne position.
Avec cinq buts d'écart à l'entame de la dernière période, il ne fallait pas s'attendre à des sommets dans le dernier vingt. Grenoble ne parvient pas à faire la différence en supériorité numérique et multiplie les erreurs de passes en zone défensive, ce qui permet à Strasbourg de continuer à limiter la casse et faire bonne figure. Un tir de Jacko trouve Dorthe sur sa trajectoire tandis que Martin Masa est bien près de marquer en contre après avoir faussé compagnie à la défense alsacienne. Amar teste Beck qui préserve sa cage inviolée et offre une bonne réplique à Dorthe. Les deux jeunes gardiens s'offrent un beau duel à distance alors que Roger Jönsson se procure les occasions grenobloises les plus franches dans ce tiers. D'abord en manquant le palet sur un centre de Paquet puis en butant sur Beck dans une action en solo alors que Lindström était idéalement placé sur sa droite. Hormis ces deux coups d'éclat, la troisième période est plutôt terne avec des jeunes Grenoblois qui se font plaisir et des Strasbourgois plutôt résignés. Grenoble bénéficie même d'une double supériorité numérique pour corser l'addition mais ni Amar ni Masa ne parviennent à déjouer un épatant Gilles Beck. Au contraire, c'est Jonathan Jolette qui exploite un bon décalage d'Hohnadel pour marquer en supériorité numérique à trente secondes de la fin, mettant ainsi fin aux espoirs de blanchissage grenoblois (5-1, 59'33").
Strasbourg est passé bien près de la correctionnelle avec un score déjà sévère à la mi-match mais la remontée de bretelles du coach alsacien a visiblement porté ses fruits car les joueurs de l'Étoile noire ont su éviter la déroute lors de la deuxième partie du match. Les deux gardiens ont fait bonne figure même si Nemcak est coupable sur le deuxième but grenoblois. Beck a fait face avec aplomb, sortant blanchi. Une belle performance qui n'est pas passée inaperçue. En attaque, l'absence de Norman et Sevcik n'a pas vraiment permis à Strasbourg de peser sur la défense grenobloise si ce n'est par des tentatives de loin de Mika Suoraniemi et Jaroslav Jacko, les deux attaquants alsaciens les plus actifs. Quant à la défense, elle a été prise de vitesse en début de deuxième période, laissant échapper le match malgré l'abnégation de Jonathan Jolette et la puissance de Wes Jarvis.
Du côté grenoblois, on a su se mettre à l'abri très tôt dans le match pour ensuite gérer tranquillement et faire participer tout le monde à la "fête". Un roulement de l'effectif bienvenu et qu'il conviendra de maintenir dans la perspective des play-offs. Du coup ce sont logiquement les jeunes qui se sont le plus illustrés : Sacha Treille, toujours aussi actif devant, et Teddy Trabichet, très présent derrière, tandis que Frédéric Dorthe n'a pas démérité en relève d'Eddy Ferhi. Un match sans soucis, teinté de réussite qui permet aux Brûleurs de Loups de souffler un peu après avoir enchaîné des matches à couteaux tirés ces dernières semaines. Attention tout de même à ne pas trop se relâcher car les Chamoniards les attendent mardi de pied ferme.
Désignés meilleurs joueurs du match : Sacha Treille (Grenoble) et Jaroslav Jacko (Strasbourg).
Compte-rendu signé Christophe Laparra
Commentaires d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace)
Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "Ce n'était évident pour personne car avec la suspension de Dano (Sevcik) et le départ de Todd (Norman), nous avons perdu nos automatismes, Heureusement, cette défaite n'hypothèque rien. Comme Dijon et Anglet ont perdu, nous faisons même un pas de plus en direction des play-offs, c'est bizarre mais on ne va pas cracher dessus. Surtout que ce soir, malgré la défaite, je suis fier du comportement de mes joueurs. Ils ont su ne pas baisser la tête et éviter une déroute. D'autres auraient plongé. Même après un début difficile, j'ai aimé notre réaction. Si on regarde bien, on a gagné la deuxième mi-temps 1-0... Ce que je veux dire par là, c'est que ne pas couler ici, dans ces conditions, face à une telle équipe, est important pour la suite. Maintenant, il faut arrêter d'être aussi friables défensivement."
Grenoble - Strasbourg 5-1 (2-0, 3-0, 0-1)
Samedi 6 janvier à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Julien Avavian assisté d'Anne-Sophie Boniface et Gwilherm Margry.
Pénalités : Grenoble 14' (4', 6', 4'), Strasbourg 26' (8', 2'+10', 6').
Tirs : Grenoble 38 (15, 15, 8), Strasbourg 33 (11, 10, 12).
Évolution du score :
1-0 à 03'06" : Masa assisté de Broz
2-0 à 16'16" : Hecquefeuille assisté de Masa et Wallin (sup. num.)
3-0 à 22'20" : Paquet assisté de Lindström et Wallin
4-0 à 25'51" : Bonnard assisté de Hecquefeuille et Paquet
5-0 à 27'40" : Treille assisté de Tartari (inf. num.)
5-1 à 59'33" : Jolette assisté de Jacko et Hohnadel (sup. num.)
Grenoble
Gardiens : Eddy Ferhi puis Frédéric Dorthe à 29'36".
Défenseurs : Baptiste Amar (A) - Brad Woods ; Viktor Wallin - Martin Millerioux ; Jean-François Bonnard (A) - Teddy Trabichet ; Antonin Manavian (à partir du 2e tiers).
Attaquants : Martin Masa - Ludek Broz - Kévin Hecquefeuille ; Martin Paquet - Roger Jönsson - Jimmy Lindström ; Patrik Valcak - Christophe Tartari - Benoît Bachelet (C) ; Sacha Treille - Joan Montesinos - Cyril Papa.
Absents : Simon Bachelet (épaule), Nicolas Antonoff (épaule).
Strasbourg
Gardiens : Juraj Nemcak puis Gilles Beck à 27'40".
Défenseurs : Pavol Resetka - Jonathan Jolette ; Milan Dirnbach - Roman Gurican ; Wes Jarvis (A) - Hugues Cruchandeau ; Thibault Dumuis.
Attaquants : Mathieu Reverdin - Mika Suoraniemi - Peter Himler (A) ; Jaroslav Jacko - Stéphane Hohnadel (C) - Philippe Choinière ; Damien Brau-Arnauty - Mathieu Saint-Marc - Maxime Catelin.
Absents : Tommy Flinck (blessé), Daniel Sevcik (suspendu), Todd Norman (parti hier, mal du pays).