Grenoble - Épinal (13 janvier 2007)

 

Match comptant pour la vingt-et-unième journée de la Ligue Magnus.

Après un difficile succès en terre chamoniarde, les Brûleurs de Loups entendent poursuivre leur série victorieuse afin de consolider leur troisième place au classement et de maintenir la pression sur Morzine et Briançon. Face à eux, une équipe qui d'ordinaire leur réussit plutôt bien à Pôle Sud, les Dauphins d'Épinal qui se déplacent sans véritable pression après avoir assuré l'essentiel face à Dijon, faisant ainsi un pas de plus vers le maintien. À noter l'absence de Woods et Valcak, malades, côté grenoblois, et surtout le grand retour de Nicolas Antonoff après une blessure à l'épaule qui l'a éloigné de la glace pendant plus de trois mois.

Les Grenoblois n'y sont pas en début de rencontre, multipliant les approximations dans leur zone défensive ce qui donnait tout loisir aux Vosgiens d'investir le camp adverse, notamment sous l'impulsion de la première ligne emmenée par le meilleur compteur du championnat, Jan Plch. Une ligne dont la vitesse d'exécution perturbe la défense grenobloise, plutôt lourde et empruntée dans les premières minutes. Wallin se fait sanctionner pour deux minutes et Épinal déroule son premier power-play du match avec Plch à la baguette. Le Slovaque trouve un espace près de la cage de Ferhi, il parvient à éviter le gardien grenoblois, son tir est repoussé sur la ligne de but par un défenseur mais Michal Petrak avait bien suivi et pousse le palet au fond (0-1, 02'14"). Une ouverture du score logique des visiteurs qui pratiquent un hockey sans complexe face à des locaux qui jouent les crosses un peu trop relevées. Les locaux ne montrent pas grand-chose en ce début de rencontre jusqu'à un éclair de Martin Masa - le premier d'une longue série - qui réalise une entrée de zone fracassante avant d'ajuster Petrik d'un tir au ras du poteau (1-1, 06'45"). Une égalisation qui semble mettre Grenoble dans le sens de la marche malgré une pénalité d'Antonoff, sans conséquence cette fois. Avec Mazerolle en prison, les Brûleurs de Loups ont enfin l'occasion qu'ils attendaient. Et Martin Masa profite d'un mauvais placement de la défense spinalienne pour slalomer le palet dans la crosse et ajuster Petrik pour un doublé (2-1, 10'29"). Mais voilà, la défense spinalienne n'est pas la seule aux abonnés absents dans ce premier tiers très ouvert et Jan Plch répond une minute plus tard à son alter ego en profitant d'un espace béant dans l'arrière-garde grenobloise pour battre Ferhi en deux temps (2-2, 11'48"). Tout est à refaire mais le duo tchèque des Brûleurs de Loups continue sur sa lancée et reprend les choses en main. Ludek Broz temporise et trouve Masa démarqué, sa passe est conclue par un one-timer d'école de son compatriote qui expédie le palet au fond des filets de Petrik (3-2, 14'35"). Et un coup du chapeau pour Martin Masa ! Cette fois le score ne changera pas malgré une nouvelle supériorité numérique de part et d'autre et un tiers tout feu tout flamme qui aura fait la part belle à l'offensive.

La deuxième période commence sur un tempo plus lent, avec des Brûleurs de Loups visiblement décidés à calmer le jeu et à ne pas se laisser entraîner dans une course-poursuite offensive qui ne leur réussit guère en général. Place donc à un peu plus de rigueur en défense, et du coup les occasions se font un peu plus rares en ce début de tiers. La patience grenobloise finit pourtant par payer. Martin Masa, déchaîné ce soir en la présence d'une douzaine de supporters des Sheffield Steelers venus encourager leur ancien joueur, ajoute une quatrième unité à son compteur personnel. Cette fois le but est plutôt chanceux puisque son tir excentré derrière les cages trouve les patins de Stanislav Petrik sur sa trajectoire qui dévie involontairement le palet dans ses propres buts (4-2, 24'24"). Malchanceux, le portier slovaque des Dauphins se distingue pourtant par quelques arrêts de très grande classe, lors de deux supériorités numériques concédées par les Vosgiens. Il parvient notamment à s'imposer sur un break de Martin Masa qui manque ainsi de peu son cinquième but de la soirée. Mais l'indiscipline va finir par coûter cher aux hommes de Pierre-Yves Eisenring qui se font sanctionner à deux reprises dans les dernières minutes du tiers. Une double supériorité numérique que vont logiquement concrétiser les Brûleurs de Loups. Cette fois c'est Ludek Broz en personne qui se charge de la sentence en marquant un but similaire au précédent, où une nouvelle fois Petrik se fait surprendre en détournant lui-même le palet dans ses propres buts sur un centre-tir excentré (5-2, 37'10"). Malgré les exploits du virevoltant Plch, les Spinaliens se sont fait petit à petit décrocher dans ce tiers, rendant tout espoir de retour bien hypothétique.

Pourtant les Dauphins, accrocheurs tout au long de la partie, y croient encore à l'entame de la dernière période. L'avalanche de pénalités qui s'abat sur les locaux entretient même l'espoir d'un retour d'Épinal. Mais une double supériorité numérique de plus d'une minute ne sera pas concrétisée, la faute en partie à une abnégation sans faille des Brûleurs de Loups en box-play. Simko tourne autour de la défense grenobloise sans vraiment trouver d'ouverture, Plch ne parvient pas cette fois à déstabiliser Ferhi, encore une fois très rassurant dans ses cages. Cette fois Guillaume Chassard et ses coéquipiers ont définitivement laissé passer leur chance. Comme pour mieux le signifier, une contre-attaque de l'infatigable Sacha Treille est conclue victorieusement au rebond par Benoît Bachelet (6-2, 52'53"). Comme face à Strasbourg la semaine précédente, Grenoble peut se permettre de terminer la rencontre en roue libre, en donnant du temps de glace à sa quatrième ligne. Le succès des Brûleurs de Loups est même parachevé par Kévin Hecquefeuille qui exploite une nouvelle passe décisive de Ludek Broz en ajustant Petrik d'un tir croisé raz de glace (7-2, 55'45"). Dorthe participe alors à son tour à la fête pour les dernières minutes, assurant l'essentiel face à des Spinaliens finalement résignés.

Épinal y a cru l'espace d'un tiers-temps avant de se laisser avaler par le rouleau-compresseur isérois. Les Dauphins ont pourtant affiché un visage séduisant pendant la première partie du match, à l'image d'une première ligne remuante qui a posé beaucoup de problèmes à la défense grenobloise. La suite fut moins heureuse et les deux mauvais buts encaissés au deuxième tiers coûtent cher à l'arrivée. L'attaque s'est montrée très percutante avec un Jan Plch en poison permanent et un Jan Simko dont la vitesse est toujours difficile à contenir. En revanche la défense s'est montrée clairement un ton en dessous, bien passive par moment, montrant en particulier un manque de présence évident autour de la cage malgré un Jan Bohacek au four et au moulin. Quant à Stanislav Petrik, il a alterné l'excellent et le médiocre, s'éteignant progressivement à l'image de ses coéquipiers. Les Spinaliens se sont montrés combatifs et n'ont en tout cas pas à rougir de cette défaite moins lourde que ne l'indique le score.

Du côté des Brûleurs de Loups, on retiendra bien évidemment l'extraordinaire réussite de la première ligne offensive, impliquée sur six des sept buts ce soir. Martin Masa avec quatre buts à son actif a réalisé son match le plus productif sous le maillot grenoblois et sa complicité avec Ludek Broz (1 but et 5 assistances ce soir) ne fait que s'accroître match après match. Kévin Hecquefeuille complète bien le trio et a participé au festival offensif. Une réussite offensive extraordinaire qui fait oublier les errements défensifs du premier tiers, lesquels n'ont pas porté à conséquence face à un adversaire aussi juste défensivement. Avec leur quatrième victoire consécutive en Ligue Magnus, les Brûleurs de Loups continuent leur sans-faute en 2007 en attendant un faux-pas d'un des deux leaders avant d'aller au Coliseum affronter des Gothiques meurtris pour un grand classique qui sent déjà le soufre.

Désignés meilleurs joueurs du match : Martin Masa (Grenoble) et Jan Plch (Épinal).

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Grenoble - Épinal 7-2 (3-2, 2-0, 2-0)

Samedi 13 janvier à 20h30 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3400 spectateurs.

Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de Cyril Carlin et Gwilherm Margry

Pénalités : Grenoble 18' (6', 2', 10'), Épinal 16' (6', 8', 2').

Évolution du score :

0-1à 02'14" : Petrak assisté de Plch (sup. num.)

1-1 à 06'45" : Masa assisté de Broz et Amar

2-1 à 10'29" : Masa assisté de Broz (sup. num.)

2-2 à 11'48" : Plch assisté de Simko et Petrak

3-2 à 14'35" : Masa assisté de Broz

4-2 à 24'24" : Masa assisté de Broz

5-2 à 37'10" : Broz assisté de Hecquefeuille et Amar (double sup. num.)

6-2 à 52'53" : B. Bachelet assisté de Treille

7-2 à 55'45" : Hecquefeuille assisté de Broz

 

Grenoble

Gardiens : Eddy Ferhi puis Frédéric Dorthe à 55'45".

Défenseurs : Baptiste Amar (A) - Martin Millerioux ; Viktor Wallin - Jean-François Bonnard (A) ; Simon Bachelet - Teddy Trabichet ; Antonin Manavian.

Attaquants : Martin Masa - Ludek Broz - Kévin Hecquefeuille ; Martin Paquet - Roger Jönsson - Jimmy Lindström ; Nicolas Antonoff - Christophe Tartari - Benoît Bachelet (C) ; Sacha Treille - Joan Montesinos - Cyril Papa.

Absents : Brad Woods, Patrik Valcak (malades).

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik.

Défenseurs : Peter Listiak - Peter Slovak ; Borislav Ilic - Jan Bohacek ; Peter Strapaty - Lionel Simon.

Attaquants : Jan Simko - Michal Petrak - Jan Plch (A) ; Milan Buda - Luc Mazerolle - Guillaume Chassard (C) ; Tomas Jelinek - Anthony Maurice (A) - Guillaume Papelier.

Remplaçants : Franck Constantin (G), Sébastien Geoffroy. Absent : Radoslav Regenda.

 

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