Briançon - Dijon (23 janvier 2007)

 

Match en retard de la deuxième journée de la Ligue Magnus 2006/07.

Royer lâche, Dijion ne lâche pas

Ce match de la deuxième journée, reporté au cœur de la tourmente sur la participation dijonnaise au championnat, cela fait longtemps qu'on le considère acquis pour Briançon, en qui l'on voyait un "leader virtuel" à l'automne grâce à ces deux points "fantômes".

Mais le contexte a changé. Briançon est un peu moins souverain après sa défaite à Chamonix. Et son adversaire n'a plus grand-chose à perdre. Dijon est quasiment contraint à un sans-faute pour espérer se maintenir en gardant ses points de pénalité. Avec Briançon, Grenoble et Rouen au menu, cela relève presque de la mission impossible. Or, on se souvient que les hommes de Daniel Maric n'ont jamais été aussi bons que quand ils ont évolué sans pression cette saison. Ils ont déjà pris des points contre Morzine et contre Grenoble.

Sauf que ce soir, les Dijonnais sont particulièrement diminués. En plus des blessés Jeannette et Gabris, il manque Julien Aubry qui passe des examens sur Paris. Fahas restant sur le banc, Daniel Maric va tourner avec treize joueurs de champ, dont William Mouly qui joue malgré une entorse acromio-claviculaire. Les lignes doivent tourner sans cesse, surtout que les pénalités s'en mêlent. Deux prisons dans les quatre premières minutes, contre Kristin puis contre Stephen Dugas, et Briançon est déjà devant, car Marton Vas allume la lucarne (1-0, 04'11").

Et pourtant... C'est aussi Vas qui est le premier Diable rouge en prison, en raison d'un cinglage. Senko lance, Kristin est au rebond et c'est l'égalisation (1-1, 07'14"). Le jeu a tout juste repris qu'Erik Bochna en rajoute une couche (1-2, 07'51"). Dijon défend âprement en infériorité, alors que Briançon paie ses pénalités au comptant. Szélig et Bronsard sont pénalisés en même temps, et à cinq contre trois, les tirs se multiplient, jusqu'à un énième rebond pris par Bochna (1-3, 13'17"). En avance de deux buts, les Ducs croient l'exploit possible, et ils reprennent leur travail défensif pour écarter les rebonds et user les Briançonnais, comme ils l'avaient si souvent fait l'an passé.

Briançon n'a plus son efficacité habituelle. Mais le chef-artilleur Pierre-Luc Sleigher est de toutes les batailles. Il étanche sa soif de but en logeant le palet dans le haut du filet de Hiadlovsky, en supériorité numérique à la faveur d'une obstruction de Maltais (2-3, 27'27"). Senko prend 2'+10' pour une charge dans le dos, et les minutes deviennent de plus en plus longues pour les maigres lignes dijonnaises... Le match est désormais à sens unique pour Briançon, et Martin Filip éclabousse la glace de son

talent. Le créateur profite pour une fois des passes des autres, en l'occurrence Royer puis Szélig, pour renverser le score : un tir précis en infériorité puis une déviation imparable en supériorité (4-3, 36'30"). Mais Dijon n'a même pas le temps de douter : une minute plus tard, Dermigny est sanctionné pour obstruction, et le CPHD marque un but du même ordre, passe de la bleue de Karrer pour reprise au poteau opposé de Maltais bien placé (4-4, 37'51").

La décision n'est toujours pas faite, mais les évènements vont se précipiter à 44'51". Rémi Royer, pas en réussite dans une action offensive, passe sa rage dans une charge haute sur Kevin Dugas dont la tête percute le plexiglas. Le jeune défenseur reste au sol avant d'être évacué, et il passera une heure et demie à l'hôpital avant de pouvoir rejoindre le bus dijonnais pour rentrer en Bourgogne. Royer, qui était censé s'être assagi et avoir enfin réorienté utilement son jeu, est évidemment renvoyé aux vestiaires. Et il ne se trouve personne pour défendre son geste dans les tribunes de René-Froger...

Il aurait pu être sans conséquence, car l'admirable Martin Filip réussit à marquer un troisième but personnel d'une feinte habile (5-4, 45'34"). Mais il reste encore à cette heure plus de quatre minutes d'infériorité numérique, laquelle est doublée après un retenir de Milovanovic. C'en est trop. Antoine Amsellem glisse le palet entre les bottes de Bronsard, et Guillaume Karrer le bat de la ligne bleue (5-6, 49'37").

Pendant, les dix dernières minutes, ça chauffe devant le but dijonnais. Les prisons s'enchaînent contre Mrena et Gillet. Un tir de Cédric Boldron flirte avec la ligne de but. Anthony Guttig puis Juraj Senko sont sanctionnés pour avoir fait bouger leur cage. Briançon va jouer à cinq contre trois et Luciano Basile demande un temps mort. Mais la pause sera surtout profitable aux Dijonnais, surtout que Stephen Dugas prend une méconduite douze secondes plus tard. Les onze Bourguignons restants (moins les deux frères) se défendent comme des lions, bien aidés par le gardien canadien Christian Bronsard qui donne un coup de bouclier sur une rare contre-attaque des visiteurs, annulant ainsi la supériorité numérique des siens.

Kristin marque un dernier but en cage vide, et le public briançonnais, beau joueur, applaudit cette valeureuse équipe briançonnaise. Il est plus dubitatif sur la prestation des Diables Rouges, qui font de moins en moins peur.

 

Commentaires d'après-match (dans le Bien Public)

Luciano Basile (entraîneur de Briançon) : "[Royer] a laissé tomber ses coéquipiers. Ce qu'il a fait est inacceptable."

Daniel Maric (entraîneur de Dijon) : "Les joueurs ont donné ce qu'ils sont capables de donner et non ce qu'ils ont l'habitude de donner. Depuis le temps que je leur dis qu'ils en sont capables. Chaque joueur n'a pas très envie de jouer Anglet en barrage. Aujourd'hui avec le CNOSF, ça nous a donné un espoir et cette victoire nous a encore plus resserré."

Antoine Amsellem (attaquant de Dijon) : "Je me souviendrai toute ma vie de ce match. Il compte autant que la demi-finale de coupe de France contre Anglet la saison dernière. Tout le monde a eu un comportement mortel. Je marque pour le 5-5. Ça nous relance. Dans cette saison galère, je suis particulièrement content."

 

Briançon - Dijon 5-7 (1-3, 3-1, 1-3)

Mardi 23 janvier 2007 à 20h30 à la patinoire René-Froger. 1100 spectateurs.

Arbitrage de Julien Avavian assisté d'Anne-Sophie Boniface et Nicolas Barbez.

Pénalités : Briançon 43' (8', 6', 4'+5'+20'), Dijon 70' (10', 12'+10', 8'+10'+20').

Tirs : Briançon 40 (14, 13, 13), Dijon 28 (15, 5, 8).

Évolution du score :

1-0 à 04'11" : Vas assisté de Dufour (sup. num.)

1-1 à 07'14" : Kristin assisté d'Amsellem et Senko (sup. num.)

1-2 à 07'51" : Bochna assisté de Jasik et Maltais

1-3 à 13'17" : Bochna assisté de S. Dugas (double sup. num.)

2-3 à 27'27" : Sleigher assisté de Vas (sup. num.)

3-3 à 35'51" : Filip assisté de Royer (inf. num.)

4-3 à 36'30" : Filip assisté de Szélig (sup. num.)

4-4 à 37'51" : Maltais assisté de Karrer (sup. num.)

5-4 à 45'34" : Filip (inf. num.)

5-5 à 48'54" : Amsellem assisté de Kristin (double sup. num.)

5-6 à 49'37" : Karrer assisté de Maltais et Mrena (sup. num.)

5-7 à 59'55" : Kristin assisté de Bochna (cage vide)

 

Briançon

Gardien : Christian Bronsard (sorti de sa cage de 59' à 59'55").

Défenseurs : Viktor Szélig - Milan Tekel ; Jakob Milovanovic - Rémi Royer ; Gary Levêque - Sébastien Dermigny ; Frédéric Borgnet.

Attaquants : Mickaël Pérez - Martin Filip - Edo Terglav (C) ; Jean-François Dufour (A) - Marton Vas - Pierre-Luc Sleigher ; Benjamin Arnaud - Cédric Boldron (A) - Sébastien Rohat ; Dimitri Faure-Brac.

Remplaçants : Damien Angella (G), Nicolas Chevalier, Alexandre Rouillard. Absents : Cyril Arnaud (épaule), Éric Blais (ménisque), Petr Kratky (côtes).

Dijon

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Andrej Mrena (C) - Guillaume Karrer (A) ; Aymeric Gillet - Juraj Senko ; Kévin Dugas.

Attaquants : Antoine Amsellem - Stephen Dugas (A) - Miroslav Kristin ; Erik Bochna - Olivier Maltais - Peter Jasik ; William Mouly, Anthony Guttig.

Remplaçants : Fabien Chardon (G), Yassine Fahas. Absents : Ladislav Gabris (bras), Martin Jeannette (épaule), Julien Aubry (examens).

 

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