CSKA Moscou - Khimik MO (30 janvier 2007)

 

Match comptant pour la quarante-huitième journée de Superliga.

Le seul avantage du CSKA par rapport aux Krylia Sovietov (le premier qui me parle de niveau d'équipe et de classement, je lui rappelle le score du dernier KS-CSKA : 3-1, non mais...), c'est que ce n'est pas loin de chez moi et facilement accessible en métro.

Le principal inconvénient, c'est le système de vente des places aux guichets qui n'est pas vraiment des plus efficaces et qui engendre à chaque match des queues interminables. Comme il fait moins 10 en ce moment sur Moscou, autant s'y prendre à l'avance et aller acheter les billets la veille. Mission accomplie et direction le complexe sportif du CSKA, rebaptisé désormais du nom de Bobrov, première star du hockey soviétique après-guerre et qui avait la particularité d'être international en football et en hockey !

Finalement, il y a moins de monde que je ne l'aurai imaginé, 2500 spectateurs, comme aux Krylia Sovietov, samedi dernier, alors que ce soir l'affiche concerne le haut du tableau. Les supporters du CSKA sont en nombre, mais la déception vient de ceux du Khimik. Pourtant l'équipe de la région de Moscou évolue souvent devant une patinoire pleine à Mytichtchi. Cela prouve bien que cette équipe n'a pas de réel et profond soutien populaire, que c'est une création artificielle. Du temps où le Khimik, évoluant en Superliga, était encore de Voskresensk, je me souviens d'une invasion de supporters en jaune et bleu pour un match au Spartak. Là, ils ne sont qu'une petite centaine, et très jeunes. Beaucoup trop pour avoir connu les grandes heures du Khimik de Voskresensk. Des supporters qui ont déployé une banderole souhaitant une victoire pour l'anniversaire de leur entraîneur, ce cher Piotr Vorobiev, à qui j'en profite également pour présenter mes hommages, moi qui ai toujours été très chaleureux à son égard... Sauf que le sympathique homme a célébré son anniversaire il y a deux jours, le 28 janvier.

Quoi qu'il en soit, ce match est une sacrée affiche dont le titre pourrait être : "l'éternel retour de la revanche". Pour se hisser vers les sommets de la Superliga, le Khimik version Région de Moscou a allègrement puisé dans les rangs du CSKA. Ce soir, ils sont pas moins de huit anciens joueurs de l'équipe militaire dans les rangs du Khimik : quatre défenseurs, Dimitri Kosmatchev, Mikhaïl Balandine, Vadim Khomitski et Andreï Kroutchinine, et quatre attaquants, Alexandre Boïkov, Sergueï Moziakine, Nikolaï Pronine et Albert Letchev. Ces trois derniers sont regroupés sur le même bloc en compagnie du défenseur Khomitski, histoire d'être ainsi plus voyant pour les supporters du CSKA ! Le club militaire attend donc l'arme au pied les traîtres à la patrie, ayant fait défection chez les nouveaux riches de la banlieue, alors qu'au CSKA, on sait pertinemment qui est le plus chic de tous les clubs ! Bref, entre le CSKA, 7e, et le Khimik, 4e, cela promet de belles retrouvailles.

Et les rouge et bleu mettent les choses clairement au point d'entrée de jeu avec la première attaque du match par l'intermédiaire d'Egor Mikhaïlov, mais l'ancien gardien du Spartak, Konstantin Barouline, est présent. Mais si le CSKA est le premier en action, il est également le premier sanctionné. Le capitaine moscovite Andreï Nikitenko est sanctionné à la cinquième minute. C'est pourtant l'armée russe qui va également dégainer la première. L'excellent Denis Parchine trouve le contre, il se présente seul devant le gardien chimique et le fusille sans hésitation (1-0, 05'42"). Et en infériorité, s'il vous plaît, après une perte de palet en zone offensive d'Andrei Kruchinin. Joyeux anniversaire Piotr Ilitch qui adore les bêtises défensives de ses joueurs !

Le CSKA a même l'occasion juste ensuite d'enfoncer le clou en supériorité numérique, puisque Pavel Vorobiev est embastillé, mais les locaux n'en profitent pas, puisque quelques secondes plus tard, c'est l'un des leurs qui est à son tour pris par la patrouille, en l'occurrence Ozoline (7e). Les Moscovites reprennent leur offensive lorsque leurs forces sont de nouveau au complet et la poursuivent en supériorité (prison de Balandine, 12e). L'attaque du CSKA est impressionnante, tout comme Konstantin Barouline dans la cage du Khimik. Sur leurs attaques, les banlieusards sont également dangereux, mais là aussi, l'autre Konstantin, l'international ukrainien Simtchouk, est parfait, en particulier sur un beau tir du capitaine des jaune et bleu, Alexandre Boïkov. Et malgré un tir "chimique" qui fait bing sur le poteau moscovite, le premier tiers se termine donc par ce cours mais mérité avantage en faveur du CSKA.

Le tiers suivant débute d'une manière plus prudente de la part du CSKA. Il ne s'agit pas de se jeter ainsi dans la gueule du Vorobiev qui n'attend qu'une seule chose tapi dans l'ombre : le méchant contre ! À la 26e, alors que les Moscovites sont en infériorité, le Khimik est même dangereux par Ilia Krikounov, mais Konstantin Simtchouk est imperturbable et reçoit les félicitations de la foule. Le tournant intervient à la 33e, lorsqu'une pénalité est infligée au "régional" Dimitri Bykov. Le CSKA met immédiatement la machine en marche et Andreï Chefer double la mise de près, comme souvent en pareille situation (2-0, 33'56").

La réplique des Gromoviens (du nom du président de la région de Moscou qui a décidé la "déportation" du Khimik de Voskresensk à Mytichtchi) est immédiate. Un peu plus d'une minute plus tard, la troïka issue du CSKA, Moziakine-Lechtchev-Pronine, sème le trouble dans l'arrière-garde de l'armée russe, et l'ultime défenseur de la patrie en est réduit à balancer dans le décor l'attaquant adverse qui se présentait seul devant Simtchouk (un Ukrainien dernier rempart de l'armée russe, c'est géopolitiquement toujours aussi drôle...). Monsieur Boulanov n'hésite pas : penalty (34"24"). C'est l'ancien chouchou du public local Sergueï Moziakine qui est chargé de la tâche de réduire la marque. Sous les huées du public, le buteur maison s'avance, mais lentement, lentement, et à deux à l'heure, il tente de contourner Konstantin Simtchouk. L'Ukrainien n'a plus qu'à se coucher pour fermer son angle et basta. Sous les quolibets de la foule, Moziakine retourne au banc la tête basse.

Pour compliquer les choses, le Khimik se retrouve la minute suivante en double infériorité numérique ! Le défenseur Vadim Khomitski puis le gardien Konstantin Barouline (ce dernier pour avoir fait le ménage dans sa zone à coups de crosse) sont sanctionnés. Cette occasion idéale de mener 3-0, le CSKA ne veut pas la manquer. Le palet tourne dans la zone adverse, mais cela ne passe pas. Le CSKA a laissé passer sa chance, le Khimik va en profiter. À peine sommes-nous revenus à égalité numérique que la même troïka que tout à l'heure reprend son travail de sape. Une entrée en zone de Nikolaï Pronine, un tir de près de Sergueï Moziakine repoussée par Simtchouk, et la reprise instantanée de loin d'Albert Lechtchev fait mouche (2-1, 38'18"). Le Khimik relance la partie.

Dans l'ultime période, le Khimik n'a plus le choix. Il doit attaquer, même durant les cérémonies d'anniversaire de Piotr Vorobiev. Je sais, la vie est parfois impitoyable ! Le problème est que les jaune et bleu font plus de fautes que les rouge et bleu (qui jouent en blanc à la maison...). Ils perdent donc du temps à tuer deux pénalités en première partie de tiers (Filipp Metliouk à la 42e pour un dangereux coup de crosse dans le dos et Pavel Vorobiev, encore lui pour une faute moins évidente). Le CSKA en profite donc pour faire passer le temps. La défense des Moscovites est impressionnante ! Les militaires bloquent pratiquement toutes les actions dangereuses adverses à l'orée de leur zone de défense. Et les contres du CSKA sont terribles, comme ce tir de Vladimir Jarkov sur le poteau le rappelle à la 53e. En fait, le CSKA joue à la "vorob" ! Quel bel hommage pour les 58 ans et deux jours du maître ! Le Khimik ne parvient absolument pas à franchir la muraille militaire, et lorsqu'elle parvient dans la zone sensible, Konstantin Simtchouk joue les cerbères. Ou alors, ce sont les "Mytichtchiens" (je ne vous la referai pas deux fois celle-là, car c'est trop pénible à écrire) qui sont soit malchanceux, avec un deuxième poteau dans le match, soit maladroits, comme ce palet en or totalement vendangé par Anton Lazarev. Bon, avant de vous moquer sur cinq colonnes à la une, sachez que le Lazarev en question n'a que 16 ans ! Comme de ombreux grands joueurs, il arrive du Traktor Tcheliabinsk. Ce n'est que son cinquième match en Superliga, mais au vu de son talent et de son patinage, je vous assure que cela ne sera pas son dernier !

Le temps passe et au vu de l'assise défensive du CSKA, on voit mal comment les banlieusards vont réussir leur razzia sur le luxueux centre ville de la capitale. À l'approche des ultimes instants, Piotr Vorobiev demande donc un temps mort, mais comme le CSKA gagne l'engagement suivant, Konstantin Barouline doit attendre pour sortir. Et comme le CSKA en gagne un autre (d'engagement), il doit même vite rentrer. Au cours de cette dernière minute, le Khimik est incapable de perturber la défense moscovite. Au contraire, il est même à deux doigts de prendre un troisième but et par deux fois en plus. La première, c'est Alexeï Simakov qui jusqu'à la fin de sa vie risque bien de se demander comment il n'a pas marqué. Tout seul, devant la cage vide, il veut assurer le coup et ne pas tirer de trop loin. Sauf qu'à inasser, il laisse le temps à son défenseur de revenir... Il parvient à en débarrasser et donc va marquer... Mais non, il s'est engouffré trop loin sur l'aile et son tir passe à côté. La patinoire en rit encore ! La deuxième, c'est Dimitri Ouper en angle qui lui aussi tarde trop à tirer et voit sa tentative renvoyée par un désespéré jet de jambe d'un défenseur banlieusard. Bon, ben ce n'est pas grave, on s'en contentera !

Cela fait donc au final 2-1 et une équipe du CSKA qui a parfaitement contrôlé la partie et le score dans l'ultime période. Viatcheslav Bykov a joué un beau tour à Piotr Vorobiev pour ses 58 ans en le prenant à son propre piège. Joyeux anniversaire ! Le buf ("Byk") a été plus malin que le moineau ("Vorobei") ou plutôt les choses ont tourné dans le sens des locaux, car si le Khimik avait ouvert le score...

Étoiles du match Sovietsky Sport : *** Denis Parchine (CSKA), ** Vadim Epantchinstev (CSKA), * Konstantin Barouline (Khimik).

Étoiles du match Sport Express : *** Anton Belov (CSKA), ** Denis Parchine (CSKA), * Konstantin Barouline (Khimik).

Compte-rendu signé Bruno Cadene

 

CSKA Moscou - Khimik Moskovskaïa oblast 2-1 (1-0, 1-1, 0-0)

Mardi 30 janvier 2007 à 19h00 au palais des sports de glace du CSKA. 2500 spectateurs.

Arbitrage de Vyacheslav Bulanov (Moscou) assisté de Yuri Oskirko et Sergei Serdyuk (tous deux de Yaroslavl).

Pénalités : CSKA 6', Khimik 18'.

Tirs : CSKA 33 (9, 13, 11), Khimik 20 (4, 11, 5).

Évolution du score :

1-0 à 05'42" : Parshin assisté d'Epanchintsev (inf. num.)

2-0 à 33'56" : Shefer assisté d'Epanchintsev (sup. num.)

2-1 à 38'18" : Leshchev assisté de Mozyakin et Pronin

 

CSKA Moscou

Gardien : Konstantin Simchuk.

Défenseurs : Sergei Rozin - Konstantin Korneev ; Martin Strbak - Kirill Lyamin ; Vladislav Ozolin - Anton Belov ; Maksim Goncharov - Andrei Shefer.

Attaquants : David Nemirovsky - Vadim Epanchintsev - Aleksei Kosurov ; Yuri Dobryshkin - Andrei Nikitenko (C) - Egor Mikhaïlov ; Sergei Shirokov - Aleksandr Nikulin - Denis Parshin ; Aleksei Simakov - Dmitri Upper - Vladimir Zharkov.

Remplaçant : Ivan Kasutin (G). Absent : Jan Platil (défenseur surnuméraire).

Khimik Moskovskaïa oblast

Gardien : Konstantin Barulin (sorti de 59'01" à 59'27" et de 59'37" à 60'00").

Défenseurs : Dmitri Kosmachev - Mikhaïl Balandin ; Vadim Khomitsky - Dmitri Bykov ; Andrei Kruchinin - Maksim Semenov ; Filipp Metlyuk - Georgijs Pujacs.

Attaquants : Aleksandr Boïkov (C) - Sergei Sevostianov - Mikhaïl Sevostyanov ; Sergei Mozyakin - Albert Leshchev - Nikolaï Pronin ; Ilya Krikunov - Piotr Schastlivy - Pavel Vorobiev ; Mikhaïl Glukhov - Ilya Vorobiev - Anton Lazarev.

Remplaçant : Vitali Kolesnik (G).

 

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