Dijon - Rouen (3 février 2007)

 

Match comptant pour la vingt-quatrième journée de la Ligue Magnus 2006/07.

Après l'élimination en coupe à Angers et le match en retard à Saint-Gervais, Rouen termine sa rude semaine par un déplacement chez des Dijonnais paradoxaux : plus leur espoir de maintien est mince, plus leur cœur est gros ! Ils viennent de faire chuter Grenoble et Briançon, alors pourquoi pas Rouen ? Entre deux équipes aux défenses décimées, on peut s'attendre à un match spectaculaire, et on ne sera pas déçu. Dans une bonne ambiance, c'est une partie enlevée que livreront les deux formations.

Les deux gardiens slovaques Vladimir Hiadlovsky et Ramon Sopko (le second avait pris la place de titulaire du premier à Tours) vont se livrer un formidable duel. Dès la première minute, Julien Aubry profite d'une erreur défensive normande pour la première occasion. Dijon a entamé la partie avec le mort aux dents et sa pression provoque des pénalités de Fortier puis de Besch. Mais Gillet commet une charge dans le dos en supériorité (ce qui laisse le CPHD à trois défenseurs pour plus de dix minutes), et bientôt l'avantage numérique s'inverse. Au même moment, Éric Doucet a placé une contre-attaque, et si Hiadlovsky fait l'arrêt en grand écart, le palet reste en zone dijonnaise. Les Dragons le font circuler jusqu'à ce que l'inévitable Doucet le mette au fond (0-1, 07'42"). Les Dijonnais n'abandonnent pas leur jeu : Jasik déborde, Kristin lance... Sopko arrête. Chacun dans son rôle. Celui de Marc-André Thinel est alors d'utiliser le moindre palet de contre. Il en subtilise un sur une offensive de Bochna et part seul crucifier Hiadlovsky d'un tir croisé en lucarne (0-2, 15'26").

Dur, très dur. Daniel Maric appelle un temps mort pour répondre au désarroi de ses hommes. Il faut insister. Antoine Amsellem et Stephen Dugas prennent des tirs, et au second rebond, Miroslav Kristin a l'ouverture (1-2, 16'28"). Mais Rouen en remet tout de suite une couche. Julien Desrosiers conclut dans le slot un très bon travail le long des bandes d'Éric Fortier (1-3, 17'45"). Le métier rouennais a fait la différence.

Rouen n'a pas pour autant éteint la volonté dijonnaise. Sopko se fait très vite piéger à la reprise par un tir ras glace de la bleue de Guillaume Karrer (2-3, 21'30"). Auteurs d'un gros travail défensif, les Bourguignons se permettent encore une occasion par Bochna, rattrapé par un excellent Nicolas Besch. Dix secondes plus tard, Fortier est pénalisé pour crosse haute. Mais après avoir tué cette pénalité, le Dragon se réveille. Une pénalité de Senko, seulement la deuxième du match pour Dijon, aboutit à deux

minutes terribles autour de la cage de Hiadlovsky. C'est la rétro 2005/06 : les champions de France sont redevenus cette équipe indomptable qui faisait peur à tout le monde, et les tenants de la Coupe de France sont redevenus cette équipe courageuse qui défend héroïquement : Gillet sauve sur sa ligne, et Fortier échoue de peu en déviation sur Hiadlovsky. Quand la sirène retentit, il n'y a toujours qu'un but de retard.

Le début du troisième tiers laisse croire que le récital normand va se poursuivre, mais Dijon reprend l'initiative. Amsellem de près ne trouve que la mitaine de Sopko, Kristin perd lui aussi son duel. Et c'est l'arrière Juraj Senko qui décoche un beau tir du poignet dans la lucarne (3-3, 49'57"). Tristan Lemoine ou Sébastien Thinel ont encore des occasions, mais les vaillants Dijonnais ont arraché un point.

En prolongation, à quatre contre quatre, la moindre pénalité est dramatique. Quand Erik Bochna commet un cinglage sur Nicolas Besch, les Dijonnais arrivent pourtant à ressortir le palet hors de leur zone. Mais quand ce même Besch est sanctionné pour obstruction, Daniel Maric sort son gardien pour bénéficier d'une mise au jeu en zone offensive à cinq contre trois. Le tir sur engagement de Kristin est repoussé, et Fortier dégage le palet sans atteindre les filets déserts. Les Dijonnais repassent à l'assaut, mais cette fois Sedlak règle sa mire pour viser la cage vide depuis l'autre bout de la glace (3-4, 65'27"). Le pari de Maric est perdu, mais il fallait le tenter. Chaque point compte, et l'avenir dira si celui-ci suffit. Plus que deux points de retard sur Caen et trois sur Strasbourg... Mais ces deux équipes se rencontrent deux fois et il reste à peine deux journées au CPHD.

Rouen continue son carton plein en 2007 et a connu ce soir son match le plus difficile, avec des joueurs diminués (dont Desrosiers touché au dos pendant le match), la fatigue due à l'enchaînement des matches, et un adversaire prêt à tout donner. Bref, un vrai avant-goût des play-offs !

 

Commentaires d'après-match (dans le Bien Public)

Daniel Maric (entraîneur de Dijon) : "Je me demande comment je vais faire quand tout le monde sera là. Je crois que nous avons démontré que nous n'avons rien à faire dans la zone des relégables. Je savais que si nous gardions un tempo très élevé, ça allait être bon. Ils ont tout de même fait trois matches en quatre jours. Tous les joueurs se sont arraché la tête et particulièrement la ligne de Julien Aubry qui a éteint Desrosiers et compagnie. On s'est fait plaisir."

Olivier Maltais (attaquant de Dijon) : "Durant les deux derniers tiers, la meilleure attaque de la Ligue reste muette. Ils marquent deux de leurs trois buts quand Aymeric (Gillet) est en prison. Nous n'étions alors plus que deux défenseurs de métier. Contre des petites équipes, ça peut passer mais là, c'est Rouen. Ils en ont profité. Ils vont tellement vite... Ils ont plusieurs joueurs qui ont frôlé la Ligue nationale (Thinel, Doucet, Fortier...), si tu leur laisses un demi-centimètre, ils font la différence. Mais nous avons su être patients. Nous n'avons rien lâché. Au deuxième tiers, nous traînions la patte face à ces fusées mais nous avons bien pris notre chance en contre-attaque notamment."

 

Dijon - Rouen 3-4 après prolongation (1-3, 1-0, 1-0, 0-1)

Samedi 3 février 2007 à 20h15 à Trimolet. 982 spectateurs.

Arbitrage de Gilles Durand assisté de Savice Fabre et Cyril Carlin.

Pénalités : Dijon 16' (2'+10', 2', 0', 2'), Rouen 10' (4', 4', 0', 2').

Tirs : Dijon 38 (14, 11, 11, 2), Rouen 36 (13, 13, 8, 2).

Évolution du score :

0-1 à 07'42" : Doucet assisté de Fortier et S. Thinel (sup. num.)

0-2 à 15'26" : M.-A. Thinel

1-2 à 16'28" : Kristin assisté de Dugas et Amsellem

1-3 à 17'45" : Desrosiers assisté de Fortier

2-3 à 21'30" : Karrer assisté de Mouly et Aubry

3-3 à 49'57" : Senko assisté de Mouly et Aubry

3-4 à 65'27" : Sedlak (inf. num., cage vide)

 

Dijon

Gardien : Vladimir Hiadlovsky (sorti de 64'33" à 65'27").

Défenseurs : Aymeric Gillet - Juraj Senko ; Kévin Dugas - Guillaume Karrer.

Attaquants : Antoine Amsellem - Stephen Dugas - Miroslav Kristin ; William Mouly - Julien Aubry - Anthony Guttig ; Erik Bochna - Olivier Maltais - Peter Jasik ; Yassine Fahas.

Remplaçants : Fabien Chardon (G). Absents : Andrej Mrena (adducteurs), Ladislav Gabris (bras), Martin Jeannette (entorse acromio-claviculaire).

Rouen

Gardien : Ramon Sopko.

Défenseurs : Daniel Sedlak - Nicolas Besch (A) ; Vesa Ponto - Benoît Quessandier ; Kévin Igier.

Attaquants : Sébastien Thinel - Éric Doucet (A) - Marc-André Thinel (C) ; Kimmo Salminen - Julien Desrosiers - Éric Fortier ; Thibault Geffroy - Édouard Dufournet - Tristan Lemoine.

Remplaçants : Landry Macrez (G), Damien Raux, Fabien Veydarier. Absents : Daniel Carlsson (coup de patin au mollet), Sami-Ville Salomaa (malade), Alexandre Lefebvre (adducteurs).

 

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