Strasbourg - Caen (17 février 2007)

 

Match comptant pour la vingt-cinquième journée de la Ligue Magnus 2006/07.

Plus de 1500 spectateurs s'étaient déplacés à Cronenbourg pour assister au match de la peur : tout comme l'indiquait le présentateur, "malheur au vaincu" qui risquait de retrouver dans son sillage la troupe dijonnaise et ainsi le spectre des matches de relégation.

Caen présentait un effectif complet, hormis le défenseur Tibor Schneider, tout comme Strasbourg qui voyait le grand Tomi Flinck enfin de retour sur la glace après six mois d'indisponibilité suite à une défaillance de ses ligaments croisés.

Les gradins finissaient de se remplir que le match prenait déjà une tournure délicate pour les Alsaciens : premier envoi caennais au fond la zone locale que Wesley Jarvis récupérait pour renvoyer. Malheureusement, le colosse canadien commettait une erreur de débutant en relançant dans l'axe. Tomas Nemcicky récupérait en entrée de zone et shootait victorieusement face à un Juraj Nemcak pas vraiment préparé (0-1 à 0'21"). La partie devenait aussitôt délicate pour les Bas-Rhinois. En effet, si Caen n'est pas vraiment réputé pour sa hardiesse offensive, il n'en est pas de même pour ses talents défensifs. Aussi, il ne fallait pas être devin pour se dire que le reste de la partie risquait de voir Strasbourg se heurter à un mur normand bien compact, constitué assez fréquemment de quatre défenseurs en ligne devant leur gardien.

Ce fut le cas : Strasbourg réussissait à se montrer en dangereux en supériorités mais peinait à égalité sur la glace. Le placement alsacien était quasi-inexistant, les noirs et jaunes étaient trop regroupés autour du palet face à des Caennais très agressifs sur le porteur du puck.

Aussi, hormis un raid de Daniel Sevcik qui butait sur Ladislav Kudrna, mais dont le rebond sur Daniel Socha aurait pu se traduire par un but contre son camp du Slovaque (10'46"), puis une réponse normande que Nemcak contrait d'un arrêt-réflexe (11'17"), le match était plutôt imprécis. Strasbourg semblait s'essouffler et tentait souvent des raids personnels ou de longs dégagements à la bleue, laissant à Caen quelques timides libertés offensives.

Le premier tiers se terminait prématurément sur une supériorité caennaise : Cyril Gavalda sortait d'ailleurs bien sonné d'une charge locale et devait laisser sa place. Le corps arbitral décidait alors de jouer les cinquante secondes restantes à la sortie des vestiaires.

La table de marque était un peu en retard sur l'évolution du jeu puisque ces cinquante secondes refusaient de défiler lorsque Jonathan Jolette commettait un accrocher mal choisi : en double supériorité, Mickaël Brodin, de près, donnait deux longueurs aux siens (0-2 à 19'56").

Le jeu continuait de rester désespérément stérile malgré une tentative de Peter Himler, servi sur un plateau par Mika Suoraniemi (25'07"). Les locaux pouvaient pourtant croire à un déclic quand Stéphane Hohnadel déviait de près un tir de Milan Dirnbach (1-2 à 30'01"), mais c'était sans compter sur l'indiscipline de la troupe bas-rhinoise : pourtant en infériorité, Jolette commettait une faute inutile et loin de l'action sur l'aîné des frères Brodin. Jaroslav Prosvic en profitait pour allumer de près l'infortuné gardien local (1-3 à 33'42"). De nouveau le doute s'installait chez les Strasbourgeois, malgré un raid du duo Sevcik-Jacko qui butait sur Kudrna toujours bien concentré (35'31"). Les boys de Daniel Bourdages péchaient toujours par un placement erratique mais bien maîtrisé par des Caennais qui pressaient sensiblement plus haut qu'au premier tiers.

D'ailleurs, Arnaud Hascoët et Quentin Pépy se chargeaient de maintenir le pressing en début de troisième tiers avant que Jacko ne profite d'un mauvais contrôle d'un défenseur normand voulant relancer : le Slovaque gagnait son duel face à Kudrna (2-3 à 45'15").

Caen continuait pourtant à repousser vers Nemcak même si Strasbourg semblait gagner un peu de courage. Néanmoins, l'offensive alsacienne était trop souvent menée par des défenseurs (Resetka, Gurican, Jarvis) alors que les attaquants se révélaient trop lents. Caen profitait alors des trous laissés pour lancer par Francis Ballet (50'01"), Prosvic (50'12") ou leurs coéquipiers, bien plus rapides sur le palet.

La chrono avançait à grande vitesse sans que l'on puisse espérer un retournement de situation pour les locaux. Il allait pourtant arriver, sur la seule vraie action bas-rhinoise construite du match : Jarvis perforait la bleue caennaise et centrait pour Thomas Reverdin qui ne se posait pas de question pour allumer le pauvre portier caennais (3-3 à 56'09"). L'Iceberg pouvait enfin soupirer, le plus dur semblait fait surtout que dès lors, Caen se recroquevillait sur lui même et Strasbourg relâchait sensiblement la pression : la peur de perdre l'acquis du point, celui qui les mettait définitivement à distance des infortunés Dijonnais, figeait alors les concurrents.

La prolongation ressemblait donc à un bonus et Caen en profitait, notamment par Prosvic (64'10"), ou Tuomo Määttä, qui temporisait trop (67'49") car les Strasbourgeois restaient avant tout bien indisciplinés. Pourtant, ce sont eux qui scoraient à une seconde de la fin du match, sur un palet mal maîtrisé par Kudrna : Himler repoussait victorieusement au fond des filets après que l'arbitre eut hésité sur la validité du but (4-3 à 69'59").

Que c'est difficile d'évoluer face à un adversaire quand tous les deux ont le même impératif : ne pas perdre.

Caen, en profitant immédiatement d'une bévue strasbourgeoise, ne pouvait pas mieux commencer sa partie. Disposant, de plus, d'un point d'avance sur l'Étoile Noire avant le match, on se doutait que les Normands ne prendraient alors plus aucun risque, ce qu'ils firent. Offensivement, ils ne produirent donc pas grand-chose sinon deux autres buts quand les Bas-Rhinois leur en laissaient la chance. Par contre, défensivement, on ne peut que rendre hommage aux seize guerriers qui soutinrent leur gardien : grattant par ci, pressant par là, mettant une boîte dès que possible, le mur caennais était bien souvent trop compact à franchir pour les troupes adverses, du moins tant qu'elles étaient sans tactique. Hommage donc aux Socha, Brodin, Cesnek, Pépy, Hascoët ou Chauvel qui aidèrent de leur mieux un Kudrna souvent bien placé, pour rapporter en Basse-Normandie un point non démérité.

Strasbourg va pouvoir jouer sa dernière partie contre Villard de façon un peu plus sereine : l'Étoile Noire est qualifiée pour les play-offs, c'était l'objectif souhaité. Mais que la manière fut laborieuse. Il y a bien longtemps que l'on avait plus vu un Strasbourg aussi hésitant, aussi brouillon. D'ailleurs, dans ce match, on aura plus facilement remarqué la hardiesse offensive de la défense qui palliait ainsi les déficiences des deux premières lignes d'attaque, peu en phase pour ce match. Maintenant, le reste de la saison sera bonus mais la venue de Villard (avide de revanche après une défaite à Ravix face aux Strasbourgeois) décidera de l'adversaire qui rencontrera l'Étoile Noire en play-offs.

Compte-rendu signé Stéphane Rault

 

Strasbourg - Caen 4-3 après prolongation (0-2, 1-1, 2-0, 1-0)

Samedi 17 février 2007 à 17h40 à l'Iceberg. 1595 spectateurs.

Arbitrage de Frédéric Bachelet assisté de Mathieu Loos et Benjamin Grémion.

Tirs : Strasbourg 41 (11, 16, 11, 3), Caen 32 (8, 11, 7, 6).

Pénalités : Strasbourg 14' (6', 4', 0', 4'), Caen 10' (4', 4', 2', 0').

Évolution du score :

0-1 à 00'21" : Nemcicky

0-2 à 19'56" : M. Brodin assisté de Socha (double sup. num.)

1-2 à 30'01" : Hohnadel assisté de Dirnbach (sup. num.)

1-3 à 33'42" : Prosvic assisté de Socha et Cesnek (double sup. num.)

2-3 à 45'15" : Jacko assisté de Dirnbach

3-3 à 56'09" : Reverdin assisté de Jarvis et Himler

4-3 à 69'59" : Himler assisté de Suoraniemi

 

Strasbourg

Gardien : Juraj Nemcak.

Défenseurs : Roman Gurican - Pavol Resetka ; Wesley Jarvis (A) - Jonathan Jolette ; Milan Dirnbach - Hughes Cruchandeau ; Thibault Dumuis

Attaquants : Thomas Reverdin - Mika Suoraniemi - Peter Himler (A) ; Jaro Jacko - Stéphane Hohnadel (C) - Daniel Sevcik ; Tomi Flinck - Philippe Choinière - Damien Brau-Arnauty ; Mathieu Saint-Marc - [Choinière] - Maxime Catelin.

Remplaçant : Gilles Beck (G).

Caen

Gardien : Ladislav Kudrna.

Défenseurs : Michal Cesnek - Jonathan Janil ; Francis Ballet - Daniel Socha (A) ; Frédérick Brodin - Alexis Gomane (A).

Attaquants : Mickaël Brodin - Tomas Nemcicky - Tuomo Määttä ; Pierre Antoine Devin - Jaroslav Prosvic - Luc Chauvel (C) ; Quentin Pépy - Arnaud Hascoët - Cyril Gavalda puis Jonathan Avenel à 19'10".

Remplaçants : Jérôme Salley (G), Pierre Bennett. Absent : Tibor Schneider.

 

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