Grenoble - Caen (20 février 2007)

 

Match comptant pour la vingt-sixième et dernière journée de la Ligue Magnus.

Dernière sortie de la saison régulière à Pôle Sud avec un enjeu relativement clair pour Grenoble : s'imposer pour conserver au minimum la deuxième place et espérer un faux-pas de Morzine à Chamonix. Du côté de Caen, les choses sont plus compliquées car la nouvelle est tombée en fin d'après-midi : Dijon récupère ses neuf points de pénalité et va disputer les play-offs. Résultat : Caen est sous la menace directe des play-down au même titre que Strasbourg et Villard qui s'expliquent au même moment en Alsace. Inutile de dire que les Drakkars n'abordent pas cette rencontre dans les meilleures dispositions psychologiques avec l'épée de Damoclès au dessus de leur tête et l'obligation impérative de prendre un point pour rester maîtres de leur destin.

En titularisant Eddy Ferhi dans les buts, Gérald Guennelon montre que ce match doit être pris au sérieux. Ses joueurs ont bien reçu le message et le capitaine montre l'exemple sur sa première présence sur la glace : suite à un premier tir repoussé par Kudrna, Jimmy Lindström s'essaye à son tour sur le gardien tchèque avant que Benoît Bachelet se saisisse du palet contré par un défenseur pour le placer tranquillement au dessus du gardien caennais couché sur la glace (1-0, 00'45"). La défense caennaise n'a pas brillé par sa présence sur l'action et doit encore subir pendant les minutes suivantes devant la déferlante grenobloise. Ladislav Kudrna est tout heureux de bloquer le palet sur une action d'école qui aurait mérité meilleur sort. Benoît Bachelet, en grande forme ce soir, est tout près de réaliser la passe de deux sur un geste technique remarquablement exécuté avant de buter à son tour sur Kudrna. En face, pas grand-chose à se mettre sous la dent, les quelques tirs caennais ne mettant que rarement Ferhi hors de position. Si les Drakkars parvenaient à se maintenir à flot tant bien que mal à cinq contre cinq, ils se trouvaient rapidement en difficulté dès la première infériorité numérique. Et quand Tuomo Määttä rejoignait Mickaël Brodin en prison, la situation devenait quasiment impossible à gérer. Le duo Jönsson-Lindström se chargeait du reste en mettant hors de position les trois joueurs caennais, Kudrna repoussait le tir de Lindström sur Jeff Bonnard qui reprenait victorieusement le rebond (2-0, 13'45"). Un but qui aurait bien pu être suivi d'un autre mais la cage avait bougé avant que le palet ne rentre. Avec un break d'avance, les Brûleurs de Loups relâchaient quelque peu la pression mais n'étaient guère inquiétés sur une prison de Masa. Ferhi faisait sentir sa présence rassurante dans les cages et maintenait le score en l'état jusqu'à la pause.

La deuxième période commençait doucement mais sûrement pour des Brûleurs de Loups qui évoluaient en supériorité numérique au début du tiers. Le power-play ne donnait rien mais Jimmy Lindström décochait peu après son tir du poignet instantané dont il a le secret qui laissait Kudrna immobile (3-0, 23'11"). Un but qui ne devait rien à personne mais qui venait confirmer l'excellente forme de la deuxième ligne grenobloise impliquée sur les trois buts. Les autres lignes se signalent également lorsque Sacha Treille trouve le poteau et lorsque Cyril Papa et Christophe Tartari jouent un tour de passe-passe derrière la cage caennaise sans être réellement inquiétés. Guennelon en profite d'ailleurs pour faire tourner ses lignes au maximum mais la défense, privée ce soir de Wallin, reste vigilante et ne laisse que peu d'actions dangereuses à un Ferhi très rassurant dans ses cages. Il doit d'ailleurs sortir un arrêt important face à Luc Chauvel avant de frustrer des attaquants caennais peu imaginatifs, notamment sur une reprise à bout portant qu'il avait bien anticipé. Le score aurait pu gonfler pendant ce tiers mais l'attaque grenobloise a péché dans le réalisme à l'image de Masa en panne de confiance et malheureux à deux reprises face à Kudrna en fin de tiers.

La dernière période ne réservera guère de suspense mais les Brûleurs de Loups auront le mérite de la jouer jusqu'au bout évitant le relâchement coupable qui vient parfois ternir les fins de match. Avec Nemcicky en prison, le jeu de puissance grenoblois s'installe rapidement sous l'impulsion de Ludek Broz. Le centre tchèque ne trouve pas de partenaire suffisamment démarqué, alors il décide d'y aller seul et fusille Kudrna d'un tir puissant en lucarne opposée (4-0, 43'08"). Broz s'illustre à nouveau quelques minutes plus tard, en infériorité numérique cette fois alors qu'il récupère un palet de contre, temporise pour laisser Nicolas Antonoff se positionner près du but caennais avant de lui déposer la rondelle sur la palette... et le n°91 grenoblois conclut comme à la parade (5-0, 46'20"). Le score enfle tranquillement et curieusement les locaux profitent davantage des situations d'infériorité numérique. Caen déjoue en power-play et se fait contrer une nouvelle fois alors que Tartari est en prison. Cette fois Antonoff récupère une passe en profondeur de Cyril Papa et fausse compagnie à la défense caennaise pour crucifier Kudrna d'un tir croisé imparable ras de glace (6-0, 51'04"). Grenoble se fait malgré tout une petite frayeur en concédant deux pénalités d'affilée par Bonnard et Treille. Les joueurs de Rodolphe Garnier ne parviennent pourtant pas à profiter de l'aubaine, d'autant que Cesnek rejoint à son tour la prison. Il ne reste plus à Eddy Ferhi qu'à préserver son blanchissage (le sixième de la saison en championnat et le deuxième face à Caen) ce qui est fait sans trop de difficultés.

Les Caennais ont sans doute accusé le coup du repêchage dijonnais ce soir car ils n'ont pas montré grand-chose pendant soixante minutes. Les attaquants les plus remuants comme Hascoët, Brodin, Chauvel ou Pepy se sont heurtés à un Ferhi très solide et le collectif caennais s'est effrité au fil du match. En défense, seul Tibor Schneider ressort vraiment du lot, et si l'équipe caennaise est arrivée à tenir le choc à cinq contre cinq, elle a très mal géré les unités spéciales, encaissant deux buts en supériorité et deux buts en infériorité numérique. Kudrna a fait ce qu'il a pu pour repousser l'échéance et a réalisé quelques arrêts de bonne facture. Mais l'ensemble caennais a paru bien faible ce soir (à l'image des attaquants étrangers) et pourra se consoler en apprenant la victoire de Villard à Strasbourg en temps réglementaire qui leur permet d'assurer leur maintien et de se libérer l'esprit pour les play-offs.

Du côté grenoblois, on n'a pas forcé son talent ce soir pour ramener les deux points de la victoire. Sans rechercher à tout prix le feu d'artifice offensif, les Brûleurs de Loups se sont contentés de jouer sérieusement en défense et de profiter des occasions en jeu de puissance. Un match au final relativement tranquille qui doit beaucoup à Eddy Ferhi, rassurant dans ses cages, effectuant les arrêts qu'il fallait au moment où son équipe était encore à portée d'un retour caennais. On retiendra également la forme affichée par la deuxième ligne emmenée par les Suédois et surtout un Benoît Bachelet très affûté avant d'aborder les play-offs. Nicolas Antonoff a également montré son utilité en infériorité numérique tandis que Martin Millerioux a remplacé avec bonheur Wallin, affichant ainsi une forme nettement ascendante. Le miracle n'ayant pas eu lieu à Chamonix, les Brûleurs de Loups devront donc se contenter de la deuxième place et se préparer à affronter le vainqueur du barrage entre Chamonix et Mont-Blanc.

Désignés meilleurs joueurs du match : Nicolas Antonoff (Grenoble) et Arnaud Hascoët (Caen).

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Gérald Guennelon (entraîneur de Grenoble) : "On n'avait pas notre destin en mains et on a réalisé ce qu'il fallait pour nous assurer de la deuxième place. Les gars ont déjà les play-offs en tête et nous aurons dix jours sans match pour les préparer et garder notre rythme."

Rodolphe Garnier (entraîneur de Caen) : "Prendre un point ici était vraiment une mission difficile. En face Grenoble était une équipe solide qui a bien joué les jeux de puissance avec un gardien qui a fait le travail dans la cage. Sur notre saison on méritait les play-offs."

Nicolas Antonoff (attaquant de Grenoble) : "C'était quand même un match particulier puisqu'on devait assurer la deuxième place tout en guettant un faux-pas de Morzine. On l'a fait en plus avec la manière. Désormais on va penser aux play-offs et travailler en conséquence."

 

Grenoble - Caen 6-0 (2-0, 1-0, 3-0)

Mardi 20 février à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.

Arbitrage de Gilles Durand assisté d'Anne-Sophie Boniface et Gwilherm Margry.

Pénalités : Grenoble 14' (4', 2', 8'), Caen 14' (6', 2', 6').

Tirs : Grenoble 32 (12, 10, 10), Caen 28 (11, 8, 9).

Évolution du score :

1-0 à 00'45" : B. Bachelet assisté de Lindström et Jönsson

2-0 à 13'45" : Bonnard assisté de Lindström et Jönsson (double sup. num.)

3-0 à 23'11" : Lindström assisté de Jönsson et B. Bachelet

4-0 à 43'08" : Broz assisté de Amar (sup. num.)

5-0 à 46'20" : Antonoff assisté de Broz et S. Bachelet (inf. num.)

6-0 à 51'04" : Antonoff assisté de Papa (inf. num.)

 

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Baptiste Amar (A) - Brad Woods ; Martin Millerioux - Jean-François Bonnard (A) ; Simon Bachelet - Teddy Trabichet ; Antonin Manavian.

Attaquants : Martin Masa - Ludek Broz - Kévin Hecquefeuille ; Benoît Bachelet (C) - Roger Jönsson - Jimmy Lindström ; Martin Paquet - Patrik Valcak - Sacha Treille ; Cyril Papa - Christophe Tartari - Nicolas Antonoff.

Remplaçant : Frédéric Dorthe (G), Absent : Viktor Wallin (blessé au genou).

Caen

Gardien : Ladislav Kudrna

Défenseurs : Michal Cesnek - Tibor Schneider ; Francis Ballet - Daniel Socha (A) ; Frédéric Brodin - Alexis Gomane (A).

Attaquants : Mickaël Brodin - Tomas Nemcicky - Tuomo Määttä ; Luc Chauvel (C) - Jaroslav Prosvic - Pierre-Antoine Devin ; Arnaud Hascoët - Quentin Pepy - Jonathan Avenel.

Remplaçants : Jérôme Salley (G), Jonathan Janil, Pierre Bennett.

 

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