CSKA Moscou - Salavat Yulaev Ufa (24 mars 2007)

 

Quart de finale de Superliga, match 4.

Si l'on souhaite voir du hockey à Moscou en cette fin du mois de mars, il n'y a pas le choix. Le Dynamo a été éliminé en huitième, les Ailes Soviétiques se sont écrasées en bout de piste, quant au Spartak... il n'a pas joué de la saison !

Il ne reste donc que le CSKA. Cela tombe bien, les militaires moscovites disputent le quart de finale le plus serré de la série face au Salavat Ioulaiev d'Oufa. Les deux premiers matchs se sont disputés dans la capitale du Bachkorostan. Oufa a gagné le premier, le CSKA le suivant. La veille, les deux équipes ont tenu en haleine les spectateurs. Oufa menait 3-0 (avec deux premiers buts dignes d'erreurs de maternelle, selon Bykov), les Moscovites sont remontés à 3-3 et les Bachkires se sont imposés en mort subite grâce à Ilya Zubov qui a exploité une erreur de Rozin. Les choses sont claires désormais. Soit Oufa s'impose et ouf... les Bachkires sont qualifiés en demi-finale, soit les Moscovites égalisent à deux succès partout et tout se jouera lors de l'ultime manche au Bachkorostan.

Peut-être que c'est le temps printanier (il fait 15 tous ces jours dans la capitale russe), mais l'ambiance est festive aux abords du Palais des Sports de Glace du CSKA. Une fanfare militaire (le CSKA est le club de l'armée russe) accueille le public sur les marches de la patinoire, non pas avec des airs martiaux... mais avec du Jazz New Orleans ! Elle a changé, l'armée rouge, hein ? Et en entrant dans le Palais des Sports, on est accueilli par... Green Day à fond les ballons dans les baffles ! Bon, je vous rassure, lorsque les joueurs du CSKA pénètrent sur la glace, c'est toujours l'hymne de l'Armée Rouge qui retentit. Quand même, tout ne fout pas le camp, ma pôv' dame !

Ce qui change également, c'est la grosse, grosse ambiance qui règne cet après-midi dans l'enceinte de la patinoire militaire. Le public du CSKA, habituellement plutôt "prout-prout ma chère" se prend à se comporter comme de vulgaires membres de la populace et scande de bruyants "CSKA" ! Il faut préciser que des Ultras du CSKA football sont présents et font beaucoup de bruit. Comme, en face, il y a également plusieurs centaines de supporters bachkirs et bien, c'est sympa comme tout !

Pour rester dans les tribunes, quelques têtes célèbres, tout d'abord, le président de la Fédération Russe de Hockey sur Glace, le plus grand gardien de but russe de tous les temps, Vladislav Tretiak. Ensuite, le défenseur du Dynamo, ancien du CSKA, Denis Kouliach que la vox populi annonce comme étant de retour au CSKA l'an prochain.

Et c'est parti. À fond, dès les premières secondes ! Et les Militaires gagnent, non pas une tringle à rideau, mais une supériorité numérique dès la deuxième minute. Pourtant, ce sont les Bachkirs qui plantent la première banderille de la partie avec un deux contre un conclut par un tir dangereux d'Ilia Zoubov. Il faut attendre la quatrième minute pour voir le premier tir cadré des locaux, c'est le défenseur Anton Bélov qui s'y colle. Le CSKA prend alors petit à petit le contrôle sur la partie, même s'il faut que son gardien international ukrainien Konstantin Simtchouk soit là et bien à la sixième minute.

Le public est vraiment présent cet après midi et les "CSKA" fusent lorsque les Militaires sont en infériorité numérique. Une pénalité sans conséquence, Oufa ayant du mal à s'installer en jeu de puissance. Les Bachkirs sont cependant dangereux, mais en infériorité numérique, lorsqu'Alexeï Chkotov place un contre percutant. Le CSKA répond, également en contre, par un beau tir du défenseur tchèque Jan Platil (arrivé à Moscou en cours de saison en provenance de Lukko Rauma en SM-Liiga). L'ambiance est toujours aussi bruyante, surtout lorsque Vadim Tarassov, le gardien Kazakhstanais d'Oufa doit se coucher (sur le dos), sur le palet pour éviter l'ouverture du score.

Le jeu est très rapide et vraiment plaisant à suivre, cela va d'une cage à l'autre... jusqu'à la seizième minute, où justement la cage visiteuse sort de ses gonds. S'ensuit une longue interruption, le temps qu'un employé de la patinoire monte sur la glace, perceuse en main, afin de refaire les trous pour bien replacer la cage. Le temps que tout le monde reprenne le rythme et les deux équipes ont chacune une superbe occase, pour le visiteur Konstantin Makarov (18'12) puis pour le local Jan Platil d'un tir puissant juste au dessus à 18'55. Allez, il est temps d'aller se reposer. 0-0, mais on n'a pas vu le temps passer.

Le CSKA débute la nouvelle période en supériorité numérique et cela crée le danger, avec un tir d'Alexeï Kossourov qui frôle le poteau de Tarassov. Le Kazakhstanais qui propose ensuite une superbe mitaine juste avant que Egor Mikhaïlov (dont le père Boris, grand joueur mythique du CSKA et de la Sbornaïa, est également présent dans les travées) ne place à son tour un tir rasant le poteau. Le jeu est toujours aussi vif et superbe à suivre. Vadim Tarassov bloque un tir à bout portant du capitaine militaire Vadim Epantchintsev, puis Konstantin Simtchouk fait pareil 20 secondes plus tard !

Vers la mi-match, Oufa met une énorme pression sur la cage moscovite. Trente secondes de tirs incessants, qui appellent une réaction des locaux ! Toujours poussé par son public, le CSKA met à son tour le siège sur l'arrière-garde bachkire. Oufa en est alors réduit à user des dégagements interdits car le CSKA fait du camping dans sa zone d'attaque.

Et cela finit par marcher, mais en toute fin de tiers. Une incursion militaire de Sergueï Chirokov transperce la défense. La passe de Chirokov arrive sur Denis Parchine idéalement placé seul devant la cage de Tarassov. Et tout rentre, le palet et Parchine emporté par son élan (1-0 à 39'28"). Sauf que 18 secondes plus tard, Jan Platil est sanctionné pour deux minutes. Il faut un grand Simtchouk pour que le score en reste ainsi au retour aux vestiaires.

C'est donc en supériorité numérique qu'Oufa débute l'ultime tiers. Les visiteurs en profitent pour être dangereux, en particulier par leur ligne Koltsov-Mikeska-Bernikov. Mais le CSKA attend que l'orage passe pour reprendre ensuite le chemin de l'offensive. À la 48e, Mikhaïlov, puis Dobrychkine et Nikitenko tirent chacun à leur tour sur la cage de Tarassov qui renvoie chacune de ces tentatives.

La tension est à son comble, surtout lorsque Michal Mikeska (ex-Pardubice), se présente absolument tout seul devant Simtchouk et qu'il échoue par deux fois devant l'Ukrainien. Le Tchèque en "pleure" de dépit sur la cage moscovite pendant quelques secondes...

Mais le véritable tournant du match a lieu lorsque les Militaires sont en double infériorité numérique pendant 1'26" à la 53e. Les Bachkires campent dans la zone mais ne tirent pas. Le CSKA se bat sur tous les palets et les visiteurs ne peuvent lancer que deux fois. Deux tirs à chaque fois impeccablement bloqués par Konstantin Simtchouk. Le public est déchaîné et le Salavat Ioulaiev ne parvient pas à trouver la faille. Les spectateurs qui jubilent même lorsque la deuxième pénalité moscovite se termine. Oufa à la peine en supériorité numérique, qui a une belle occasion à cinq contre cinq avec Bernikov idéalement placé, mais aussi idéalement contré par Simtchouk !

Il ne reste que cinq minutes à jouer. Et le CSKA compte bien ne pas lâcher son petit but d'avance. Les Militaires sont calmes, déterminés et contrôlent parfaitement la fin de la rencontre. Ils empêchent les visiteurs de s'installer dans leur zone d'attaque et de pouvoir ainsi sortir leur gardien. Oufa ne parvient à faire sortir Tarassov qu'à vingt secondes de la fin et c'est bien trop tard ! Le CSKA n'a rien lâché et égalise à deux victoires partout. Les Moscovites sortent de la glace sous une ovation grandiose (et assez inhabituelle !) qui semble même étonner un peu les joueurs.

Une superbe après-midi qui s'achève de la plus belle des façons dans les couloirs de la patinoire. Vladislav Tretiak est arrêté par des fans et de la plus gentille des manières, il signe des autographes, pose pour des photos, avec une simplicité incroyable. Je peux dire à mon fils : "Regarde, c'est le plus grand gardien de tous les temps !" Chapeau M. le président !

Désignés meilleurs joueurs du match : Denis Parchine (CSKA) et Vadim Tarasov (Oufa).

Étoiles du match Sport-Express : *** Konstantin Simtchouk (CSKA), ** Vadim Tarasov (Oufa), * Sergueï Chirokov (CSKA).

Compte-rendu signé Bruno Cadene

 

CSKA Moscou - Salavat Yulaev Ufa 1-0 (0-0, 1-0, 0-0)

Samedi 24 mars 2007 à 17h00 au palais des sports de glace du CSKA. 4700 spectateurs.

Arbitrage de Vyacheslav Bulanov (Moscou) assisté de Yuri Oskirko et Sergei Serdyuk (tous deux de Yaroslavl).

Pénalités : CSKA 12', Ufa 12'.

Évolution du score :

1-0 à 39'17" : Parshin assisté de Belov et Shirokov

 

CSKA Moscou

Gardien : Konstantin Simchuk.

Défenseurs : Sergei Rozin - Konstantin Korneev ; Martin Strbak - Kirill Lyamin ; Jan Platil - Anton Belov ; Vladislav Ozolin - Maksim Goncharov.

Attaquants : David Nemirovsky - Vadim Epanchintsev - Aleksei Kosurov ; Yuri Dobryshkin - Andrei Nikitenko (C) - Egor Mikhaïlov ; Aleksei Simakov - Dmitri Upper - Vladimir Zharkov ; Sergei Shirokov - Denis Parshin - Aleksandr Nikulin.

Remplaçant : Ivan Kasutin (G). Absent : Andrei Shefer (élongation à l'aine).

Salavat Yulaev Ufa

Gardien : Vadim Tarasov (sorti à 59'40").

Défenseurs : Andrei Zabolotnev - Aleksandr Boïkov ; Radek Philipp - Roman Kukhtinov ; Leonid Kaneirikin - Aleksandr Loginov ; Vyacheslav Belov - Andrei Iakhanov.

Attaquants : Andrei Sidiakin - Igor Volkov - Nikolai Zavarukhin (C) ; Ruslan Bernikov - Michal Mikeska - Konstantin Koltsov ; Aleksei Shkptov - Ilya Zubov - Denis Metlyuk ; Dmitri Tarasov - Maksim Belyaev - Konstantin Makarov.

Remplaçant : Andrei Mezin (G). Absent : Vladimir Antipov (blessé).

 

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