Bâle - Krefeld (10 août 2007)

 

Match amical.

Bâle à blanc...et sans défense !

Eh oui c'est la reprise ! Après une saison fort laborieuse et sauvée sur le fil du rasoir, l'EHC Bâle se remet en selle pour de nouvelles aventures. Faible offensivement et spécialiste des ratés en tous genres avec ses étrangers, le club rhénan aligne dorénavant une nouvelle combinaison d'importés (réduite d'une unité en vertu du nouveau règlement édicté pour les clubs de LNA). Le vieillissant Mike Maneluk, arrivé en janvier passé de Zoug, fait ainsi figure de seul rescapé d'une piètre dernière cuvée. Reste donc à voir si Brett Hauer (Lokomotiv Yaroslavl) et Yves Sarault (Davos) ont encore l'étoffe de mercenaires fiables, tandis que le centre Justin Papineau (Lowell, AHL) a encore tout à prouver dans ce contexte.

Les Bâlois vont surtout devoir digérer le départ du gardien Daniel Manzato (vers l'AHL) et ceux de leurs meilleurs cadres défensifs : la retraite de l'aboyeur Mark Astley, le départ de Gaétan Voisard à Rapperswil et celui d'Alex Chatelain vers Berne. En ce sens, l'incertitude persiste sur le calibre des remplaçants supposés, notamment le cerbère Reto Schürch, déclinant et restant sur une saison quasi-blanche avec Langnau pour cause de blessures récurrentes aux adducteurs.

Après Olten (victoire à l'arrachée 3-2 avec de buts de Walker, Maneluk et Papineau), c'est une opposition tout autre qui se dévoile aux hommes de Mike McParland. Formation du ventre-mou de DEL, les KEV Pinguine ont surtout valu l'an passé par l'envergure d'une poignée d'individualités. En premier lieu le joueur par excellence de la dernière saison outre-Rhin, l'ailier letton Herberts Vasiljevs, qui formait avec le centre tchèque Jan Alinc l'une des paires les plus prolixes du championnat. Ces deux-là sont toujours présents mais ont pourtant été dissociés mercredi à Kloten (2-7), à l'instar du duo défensif slovaque Dusan Milo - Robert Pavlikovský. Malgré ce cuisant revers dans un Schluefweg de gala (en l'honneur du défenseur Marco Klöti, dont le jubilé s'était déroulé en lever de rideau), ce match avait un parfum très particulier pour le gardien-vétéran Reto Pavoni. En effet, l'ex-international suisse, très courtisé cet été par la LNA mais resté en Allemagne pour une seconde saison, passa dans la banlieue zurichoise ses plus belles années...

Bâle a pour sa part perdu l'ailier Thomas Nüssli. Fréquemment hanté par les blessures, le néo-international se retrouve présentement sur le flanc (jusque début septembre) pour une hernie discale récoltée à l'entraînement. Avant même la reprise donc, les pépins physiques s'acharnent encore sur les Rhénans... en plus des fortes précipitations qui se sont abattues sur la Suisse ces jours derniers !

Gigon retarde l'échéance

Après avoir bousculé ses blocs mercredi, Jiri Ehrenberger poursuit dans cette voie au cur d'une Halle Saint-Jacques toujours aussi clairsemée. Les absences des Canadiens Lynn Loyns et Ryan Ramsey ont encore poussé l'entraîneur tchèque à équilibrer ses trios, quitte à séparer de nouveau Vasiljevs et Alinc. Les Rhénans de leur côté tâtonnent et ne tardent pas à afficher la couleur. Celle des mauvais soirs !

Bâle subit donc les premiers instants du match, desservi par une défensive fébrile et trop peu appliquée. Il en résulte donc, côté allemand, une esquisse de domination devant Olivier Gigon, préféré ce soir à Reto Schürch. L'ex-portier du HC Ajoie a ainsi une bonne carte à jouer dans son duel à distance avec Schürch pour l'obtention du poste de titulaire, rendu vacant par le départ de Manzato.

Côté rhénan, seul le duo Tschuor-Schnyder, une valeur sûre, daigne prendre le taureau par les cornes dans cette entame. Les deux larcineurs jouent crânement leur chance aux avant-postes avant qu'un premier powerplay ne permette à Brett Hauer d'afficher ses compétences dans ce compartiment du jeu. L'Américain, plus offensif que jamais, démontre son savoir-faire en initiant quelques combinaisons pertinentes, mais ratées de peu devant la cage par Stalder et Papineau (4e). Bâle s'enhardit donc progressivement, trouvant peu à peu ses marques sans pour autant afficher une réelle stabilité défensive. Fâcheux, assurément, d'autant plus qu'un de ces courants d'air profite au défenseur canadien Daryl Andrews, oublié devant la cage d'Olivier Gigon suite à un contre du jeune André Huebscher (0-1 à 05'33").

Paradoxalement, c'est lorsque le danger se voulait croissant aux portes de Pavoni que Krefeld a ouvert la marque. Un véritable coup d'arrêt pour les locaux, reflétant grandement la faiblesse de quelques nouvelles recrues. Parmi elles, Nicolas Studer poursuit sa collecte de bévues en laissant, entre autres, la vieille gâchette Aleksandr Selivanov s'échapper en breakaway (07'51"). L'ex-Genevois Jakub Horak signe lui aussi des débuts remarqués et s'illustre, notamment, d'une passe téléphonée vers Franco Collenberg, facilement interceptée par Vasiljevs mais encore vendangée par Selivanov devant un Gigon tout aussi inspiré (11'21"). Ne cherchez plus les maillons faibles de la "défense" de l'EHC Basel : ils se nomment Nicolas Studer et Jakub Horak !

Plombé par les errances de son collectif, Bâle s'en remet exclusivement quelques actions isolées. Sur l'une d'entre elles, d'ailleurs, Daniel Rubin surgit au second poteau pour conclure un débordement de Mike Maneluk (1-1 à 11'54").

Tant bien que mal, Bâle tente donc de s'installer en zone allemande, mais son meilleur atout du moment reste incontestablement cette infernale paire Tschuor-Schnyder. Sur une remise derrière la cage du premier nommé, l'intenable feu-follet manque ainsi de déjouer Pavoni dans son angle gauche (16'15"). La jeune garde de Krefeld est-elle plus opportuniste en profitant inexorablement du déchet chronique des sorties de zones rhénanes, assurément des modèles de mauvais goût ! Au gré des relances s'ouvrent donc des chemins tous tracés vers Gigon, et ce dernier est une nouvelle fois soumis à un assaut du puncheur Boris Blank (19'32")... Après vingt minutes fort laborieuses, un constat s'impose, implacable. Les relances sont encore à travailler !

Seule véritable recrue à surnager, l'ex-Biennois Daniel Rubin démontre dans ce match une certaine force de percussion sur son aile. Un effort tantôt récompensé d'une pénalité (20'15") mais finalement pas exploité par un jeu de puissance poussif... où l'on retrouve même un certain Nicolas Studer en canonnier à la ligne bleue ! Brett Hauer n'est pas en reste et se signale encore négativement se faisant proprement déborder par l'impertinent Daniel Pietta, lequel trouve la mire d'un tir excentré fendant les airs et le montant gauche de Gigon (1-2 à 26'43").

Un faux-rythme tenace s'installe alors dans ce match de reprise. Les Bâlois, faibles collectivement et défensivement, patinent dans le vide et cumulent les gaffes. Hauer se fait ainsi avoir sur un surnombre bête et méchant (29'07") et laisse le loup revenir dans la bergerie. La passivité du jeu en désavantage numérique, et plus particulièrement d'une paire Horak-Plavsic brillant par son laxisme, ouvre de grandes fenêtres de tirs à Selivanov, lequel fait trembler le poteau gauche d'un slap très sec (31'36") avant de s'essayer à confondre Gigon en finesse. En pure perte tant le Jurassien ferme son angle devant le soliste russe (31'58").

C'est contre le cours du jeu, sur un malentendu donc, que ce triste EHC Bâle recolle au score. Yves Sarault, jusqu'alors transparent, reprend un palet traînant dans le slot et finissant entre les bottes de Reto Pavoni (2-2 à 33'36"). Le portier suisse du KEV n'en a pas fini et doit même jouer au funambule sur sa ligne pour repousser, dans la foulée, une griffure de Sandro Tschuor (34'49").

Une obstruction de Patric Della Rossa (36'37") brise tout net ce regain de forme et ravive les vieux démons locaux. Fort heureusement, Olivier Gigon veille au grain et tire les marrons du feu en détournant de la plaque un slap à mi-hauteur de Duan Milo (37'58") avant de repousser une nouvelle salve de Daniel Pietta (38'26"). Il va s'en dire que l'ex-portier ajoulot tient ses nouvelles couleurs à bout de bras dans ce match et, à deux partout, le score apparaît bien flatteur pour une équipe rhénane inconsistante et sans grande imagination.

Dans ce festival de maladresses en tous genre, les Krefeld Pinguine serrent les rangs et attendent que ça leur arrive tout cuit dans le bec. Il faut dire que, chaque tentative de relance étant vaine chez leur adversaire, les munitions affluent. Cela, Boris Blank l'a bien compris. Il tranche dans le vif pour harceler un Gigon trop souvent trahi par les siens (44'01"). L'ex-international allemand, tout comme sa formation d'ailleurs, semblent afficher une sérénité de façade, et presque un certain attentisme. Le polyvalent Franco Collenberg, monté aux avant-postes, en profite même pour surprendre Reto Pavoni à bout portant (3-2 à 47'36").

Olivier Gigon préserve aussitôt l'avantage des siens en frustrant la recrue d'AHL Brian Maloney (49e) mais ne peut rien faire devant Jan Alinc, totalement démarqué sous son nez et bien aise de bonifier le rebond de Robert Pavlikovsky (3-3 à 51'16"). Une courtoise bâloise, une de plus !

Figés sur place par le dynamisme retrouvé de Krefeld, les Suisses s'enfoncent et succombent sur un schéma de tableau noir conclu au second poteau par Daniel Pietta (3-4 à 53'37"). Le verdict est sans appel et André Huebscher se joint également à la fête sur un énième boulevard laissé à sa disposition (3-5 à 56'22'). La région bâloise n'est certes pas le pays du gruyère, mais on serait fortement tenté de le croire après une telle démonstration !

Reprise palpable

Hormis quelques lueurs dans la grisaille, la première esquisse bâloise n'a rien de satisfaisante puisque ce sont les deux recrues de LNB (Daniel Rubin et Olivier Gigon) qui furent les plus prometteuses ! Certes, il ne s'agissait là que d'un match typique de reprise, mais les carences persistantes du jeu rhénan, notamment défensif, ont largement de quoi inquiéter Mike McParland. Aucun de ses leaders supposés, excepté Ralf Bundi, ne fut à la hauteur, et surtout pas Brett Hauer, trop souvent tenté d'aller à l'abordage, quitte à dégarnir ses flancs et à affaiblir un repli collectif défaillant. Nicolas Studer et Jakub Horak ont eux confirmé leur réputation de joueurs bon marché en multipliant les négligences qui seront à coup sûres fatales devant plus forte opposition. Car Krefeld n'a rien d'un foudre de guerre...

Aucun étranger ne tira donc son épingle du jeu, qu'il s'agisse d'Yves Sarault, d'un Mike Maneluk sans entrain ou d'un Justin Papineau trop inconstant malgré quelques bons aperçus sur jeu placé. La ligne Schnyder-Tschuor-Tschannen eut beau se démultiplier, le soutien fut bien trop épars pour bousculer une organisation allemande pourtant loin d'être géniale. Un enseignement pourra toutefois être tiré : il faudra revoir toutes les bases, et en cela, la présence pour quelques jours de Brad McCrimmon (assistant-coach à Atlanta en NHL) sera grandement bénéfique !

Les automatismes ont paru plus affûtés du côté d'un Krefeld certes moins joueur, mais plus consistant et surtout plus efficace. Le trio Blank-Vasiljevs-Selivanov a pesé de tout son poids dans la balance alors que Daniel Pietta profita du sillage de Jan Alinc pour se distinguer. Le seul point noir de la soirée peut donc résulter de la blessure en tout début de partie du néo-international Roland Verwey. Les Pingouins n'ont pas été manchots ce soir en jeu de puissance et ont pu compter sur une couverture défensive relativement efficace autour de Reto Pavoni. Pour eux, ce match est un petit gain de confiance pour la suite d'une préparation mal amorcée par deux défaites à Hambourg et Kloten.

Compte-rendu signé Jérémie Dubief

 

Bâle - Krefeld 3-5 (1-1, 1-1, 1-3)

Vendredi 10 août 2007 à 19h45 à la St.Jakob-Arena. 300 spectateurs.

Arbitrage de M. Eichmann assisté de MM. Dumoulin et Fluri.

Pénalités : Bâle 12', Krefeld 10'.

Évolution du score :

0-1 à 05'32" : Andrews assisté de Huebscher

1-1 à 11'54" : Rubin assisté de Maneluk

1-2 à 26'43" : Pietta assisté de Pavlikovsky et Alinc (sup. num.)

2-2 à 33'36" : Sarault assisté de Walker

3-2 à 47'32" : Collenberg assisté d'Hauer

3-3 à 51'16" : Alinc assisté de Pavlikovsky et Maloney

3-4 à 53'37" : Pietta assisté d'Alinc (sup.num.)

3-5 à 56'22" : Huebscher assisté de Bombis

 

Bâle

Gardien : Olivier Gigon.

Défenseurs : Ralph Stalder - Brett Hauer ; Markus Wüthrich - Adrien Plavsic ; Jakub Horak - Ralf Bundi (C) ; Nicolas Studer - Franco Collenberg.

Attaquants : Mike Maneluk - Justin Papineau - Daniel Rubin ; Patric Della Rossa - Régis Fuchs - Yves Sarault (A) ; Stefan Tschannen - Sandro Tschuor (A) - Stefan Schnyder ; Andreas Camenzind, Julian Walker.

Remplaçant : Reto Schürch (G). Absents : Thomas Nüssli (hernie discale), Lukas Gerber et Stefan Voegele (blessés).

Krefeld

Gardien : Reto Pavoni.

Défenseurs : Duan Milo - Daniel Kunce ; Robert Pavlikovský - Sasa Martinovic ; Benedikt Schopper - Daryl Andrews ; André Mangold - Sinan Akdag.

Attaquants : Boris Blank - Herberts Vasiljevs (C) - Aleksandr Selivanov ; Roland Verwey [puis Maloney à 13'41"] - Jan Alinc - Daniel Pietta (A) ; Brian Maloney [puis Markus Ruderer ou Daniel Lupzig en alternance] - André Huebscher - Björn Bombis.

Remplaçant : Danijel Kovacic (G). Absents : Ryan Ramsey et Lynn Loyns (blessés).

 

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