Spartak Moscou - Dynamo Moscou (6 septembre 2007)

 

Match comptant pour la deuxième journée de Superliga russe.

Et revoilà le spectacle de la Superliga ! Avec dès la première semaine, un grand derby, un classique du hockey russe, le derby de l'éternelle rivalité entre le Spartak, "le club du peuple", le club censé être le plus populaire du pays (du moins en foot) et l'ancien club de la police (politique...), le Dynamo, champion de Russie en 2005, champion d'Europe en 2006, et depuis quelques années le club qui draine le plus de monde dans la capitale russe.

Pour les supporters du Spartak, ce match est la preuve que leur cauchemar est terminé, que l'année blanche de la saison précédente est définitivement rangée dans l'armoire aux (mauvais) souvenirs. Pour le Dynamo, il s'agit de maintenir sa suprématie sur ses voisins.

Reste que les supporters des deux équipes doivent s'habituer aux changements.

Pour les rouge et blanc spartakistes, après un an sans équipe, il faut tout réapprendre. Parmi les nouveaux noms à retenir, le gardien international ukrainien Konstantin Simtchouk qui a fait des merveilles l'an passé chez l'autre voisin, le militaire CSKA, les défenseurs Léonid Kanareïkine (formé aux Krylia Sovietov de Moscou et l'an passé à Oufa), Alexeï Bondarev (ex-Omsk et Lokomotiv), ou les attaquants Dimitri Oupper (international kazakhstanais en provenance du CSKA) ou les formés au club Maxime Rybine et Mikhaïl Ivanov. En revanche, l'équipe est toujours entraînée par Valeri Braguine, resté après l'interruption momentanée des programmes rouges et blancs.

Pour les bleu et blanc, toujours dirigés par l'ancien entraineur national Vladimir Krikounov, pas mal de changements aussi. Il a déjà fallu encaisser pas moins de onze départs dont les Canadiens David Ling (en LNH à Toronto), et Mike Bishai. Le capitaine ukrainien Vadim Chakhraïtchouk a changé d'uniforme pour le club du ministère de l'intérieur, le HK MVD, et il y a également le retour au CSKA du défenseur international Denis Kouliach.

À la place, quatorze arrivées. Parmi elles, trois Canadiens de haut niveau : le défenseur Mark (Marco) Giordano (ex-Calgary Flames) et les attaquants, Eric Landry, en provenance de Suisse, et Jamie Lundmark, qui a beaucoup changé de club en LNH (New York Rangers, Coyotes de Phoenix, Calgary Flames et Los Angeles Kings en cinq ans), mais aussi le Russe des Flyers de Philadelphie et des Lightning de Tampa Bay, Dimitri Afanasenkov. Les trois Canadiens sont tous alignés ce soir, alors que Giordano et Lundmark - pas content d'ailleurs - avaient manqué le premier match pour cause de tournante des étrangers. On signale aussi le retour de l'ancien capitaine du Dynamo, international kazakhstanais, parti deux saisons à Omsk, Alexeï Trochtchinski, ou celui d'Alexeï Badioukov, formé au club et de retour.

Pour cette deuxième journée de championnat, outre les affres émotionnelles du derby, les deux équipes n'ont déjà plus les mêmes priorités mathématiques. Le Spartak a perdu, pour son retour en Superliga, à Sokolniki qui plus est, 3-5 face à l'impersonnel HK MVD de la Région de Moscou. Le Dynamo, lui a débuté en fanfare en s'imposant 3-1 chez l'un des gros favoris, l'Avangard Omsk, avec un triplé de Fedor Fedorov, absent ce soir. Se rattraper pour les uns, confirmer pour les autres...

Un dernier coup d'il dans les tribunes avant le coup d'envoi... et... oh ! Mais qui est là ? Ben oui, c'est lui, Alexandre Ovechkine en personne, venu soutenir ses anciens coéquipiers de son club de cur, son club formateur, le Dynamo de Moscou ! Ce n'est pas Ilia Kovaltchouk qui ferait de même avec le Spartak...

Moins agréable, la présence, désormais habituelle, des cranes rasés du football, et des deux côtés en plus ! Les supporters du Dynamo-foot ont même déployé un grand drapeau avec une croix celtique noire au milieu... brr... Ils rejouent le championnat de foot par hockey interposé. Dans la "premier-league" russe, le Spartak est premier et le Dynamo quatrième...

Et une première surprise vestimentaire, déjà aperçue lors des résumés télévisés de la victoire du Dynamo à Omsk. Cette saison, les Dynamistes ont un maillot très original. Tout bleu (évidemment !), sans sponsor sur le devant, et écrit en blanc, dans une calligraphie à l'ancienne : Dynamo Moscou. Un côté vieux KGB sur le retour ! Stagnation brejnevienne quoi !

En tout cas, sur la glace, pas de stagnation pour le Dynamo. Après une première pénalité de Trochtchinski tuée d'entrée, il prend les choses en main et domine un Spartak timoré en ce début de rencontre. Les rouges et blanc sont sous la pression et commettent des fautes. Le Dynamo a trois supériorités numériques consécutives (Galouchkine 5e, Vichniakov 9e, Pestounov 15e), mais la domination est vaine. Dans les cages spartakistes, Konstantin Simtchouk est aussi vaillant qu'un cosaque ukrainien zaporogue et ne laisse rien passer.

Pas de but donc durant les vingt premières minutes, mais heureusement, on ne va pas attendre longtemps lors de la période suivante.

Une grosse pression dynamiste dans la zone spartakiste, un premier tir du Canadien Mark Giordano renvoyé par Konstantin Simtchouk, et sur le rebond, une reprise du revers de l'ancien attaquant des Krylia Sovietov (qui a fui à l'intersaison la déroute financière des Moscovites ailés), Alexandre Gorochanski, qui trompe le gardien international ukrainien pour l'ouverture du score (0-1, 24'59").

La minute suivante, les locaux ont l'occasion de remettre les pendules à l'heure, suite à une pénalité infligée à Igor Mirnov. Mais Sergueï Zviaguine (encore un formé aux Krylia...) bloque, en deux temps, une lointaine tentative. Les Spartakistes ont énormément de mal à installer leur jeu de puissance, et même leur jeu en général. Peut-être une conséquence de cette année sabbatique. Les rouge et blanc ne sont pas vraiment dangereux et doivent même se méfier des contres, comme à la 30e où Simtchouk renvoie un palet chaud du bout du patin, ou à la 34e, où le même Simtchouk déjoue un dangereux 2 contre 1.

Et quand le Spartak parvient a déjouer la défense, c'est Zviaguine qui s'interpose, comme sur cette belle tentative d'Albert Vichniakov à la 34e. Le problème pour le Spartak, c'est que quelques secondes plus tard, Dimitri Pestounov (encore un joueur formé à Oust-Kamenogorsk au Kazakhstan...) est sanctionné pour une charge dans le dos et que le Dynamo en profite pour remettre une grosse pression en faisant tourner la rondelle dans la zone spartakiste.

Une fois à nouveau à égalité numérique, le Spartak tente de revenir dans la partie, avec une belle action de Kirill Kniazev, bien en jambes ce soir. S'ensuit une petite échauffourée où se trouve mêlé, à son habitude, le bouillant Alexeï Tchoupine. Mais c'est finalement Iakov Rylov que l'arbitre sanctionne. Deux nouvelles minutes de supériorité pour le Spartak... toutes aussi vaines que les précédentes.

Sokolniki croit à la délivrance à la 39e, lorsqu'après avoir été superbement lancé dans l'axe, le Bélarussien Dzimitri Mialechka se retrouve seul face à Sergueï Zviaguine. Malheureusement pour les rouge et blanc, l'attaquant rate totalement son tir, qui passe au-dessus de la cage. Et l'on se quitte donc sur ce score de 0-1 pour la seconde pause.

Le Spartak décide de prendre à bras le corps l'ultime période. Il faut cependant attendre la 47e minute pour voir une attaque un brin sérieuse. C'est encore Kirill Kniazev qui se distingue. Mais le tir du revers du joueur d'Ijvesk, habitué à la Vyschaïa Liga, est bien dévié par Zviaguine.

Un Zviaguine qui fait un vrai festival. Il renvoie tout à la manière d'un Dimitri Iatchanov des grands jours, ce qui est évidemment un pléonasme. Même lorsque les pénalités pleuvent, même en double infériorité pendant quinze secondes, même à quatre contre quatre, dans l'axe, en coin, de près, de loin, Sergueï Zviaguine renvoie...

Le match devient à sens unique. Le Spartak attaque, le Dynamo laisse passer le temps, bien regroupé autour de son héroïque gardien. Sauf que ce qui marchait à la grande époque du titre de 2005... ne fonctionne pas jusqu'au bout en ce début de saison 2008.

À six minutes de la sirène finale, en supériorité numérique, le Spartak finit par trouver la faille. Et comme l'on n'est jamais trahi que par les siens, c'est un ancien Dynamiste qui égalise. Un but superbe. Un tir lointain d'Albert Vichniakov qui file dans la lucarne gauche de Zviaguine (1-1). Outre le fait que Vichniakov a passé trois saisons au Dynamo, il est également à noter qu'il marque un but à son ancien coéquipier, puisque les deux joueurs ont évolués ensemble à Nijnekamsk en 2004... sous la férule d'Alexandre Krikounov, actuel entraîneur du Dynamo. Le monde est tout petit...

Quoi qu'il en soit, le Spartak a réussi l'essentiel. Arracher le point du match nul... au minimum, car il faut jouer les cinq minutes de mort subite. Une prolongation dominée par les Spartakistes, mais sans véritable occasion franche. De quoi nous amener tranquillement vers la séance des tirs au but. Car c'est la nouveauté de la Superliga cette saison, plus de match nul, mais une séance de trois pénaltys et plus si affinité...

C'est Pavel Vorobiev qui débute pour le Spartak, mais le natif de Karaganda au Kazakhstan, ancien des Chicago Blackhawks, voit sa tentative repoussée par Sergueï Zviaguine.

Place au défenseur dynamiste Iakov Rylov. Le joueur formé à Kirovo-Tchepetsk échoue sur Konstantin Simtchouk. 0-0 après le premier tour.

Comme visiblement ce soir on fait tirer les natifs du Kazakhstan au Spartak, c'est Dimitri Oupper qui se présente... pour la même sanction : un arrêt de Zviaguine !

La réplique dynamiste vient de l'expérimenté international russe, Alexandre Kharitonov. Et celui qui a tout connu avec son club du Dynamo trouve enfin la faille : 0-1.

Les choses sont claires, si Alexeï Akifeïev rate sa tentative, c'est la défaite pour le Spartak. Le capitaine, en provenance à l'intersaison du SKA Saint-Pétersbourg, ne tremble pas et égalise : 1-1.

Mais il reste une tentative au Dynamo... et c'est la bonne ! Alexeï Badioukov, l'un des "traîtres" partis à Kazan après le titre de 2005, revenu cette saison à la maison, se fait "pardonner" en inscrivant son tir au but. 1-2 sur la série de penalties pour le Dynamo et 1-2 pour le match.

Les bleu et blanc confirment leur succès de la première journée à Omsk, les rouge et blanc confirment eux leurs difficultés à se remettre dans le bain de la Superliga. Deux rencontres à domicile et juste un petit point dans la musette... et voilà que se profile l'autre grand derby : CSKA-Spartak !

Quant aux Krylia Sovietov, ils étaient présents ce soir sur les deux buts : Gorochanski buteur du Dynamo et Kanareïkine assistant sur celui du Spartak ! Ben quoi ?

Étoiles du match Sport-Express : *** Sergueï Zviaguine (Dynamo), ** Albert Vichniakov (Spartak), * Konstantin Simtchouk (Spartak).

Compte-rendu signé Bruno Cadene

 

Commentaires d'après-match

Valeri Bragin (entraîneur du Spartak) : "Simchuk s'est magnifiquement défendu. Malheureusement, nous avons encaissé un but évitable, alors que nous avons eu par deux fois la possibilité de dégager le palet. En tout cas, nous avons bien mieux joué, qu'au premier match, tactiquement comme par notre combativité."

Vladimir Krikunov (entraîneur du Dynamo) : "Ce n'est jamais simple avec le Spartak. J'ai demandé aux joueurs de ne plus prendre de pénalités en troisième période, et sur les quatorze dernières minutes, nous en avons passé huit en infériorité. Heureusement que nous avons pu gagner aux tirs au but. [...] Non, je ne regrette pas que Vishniakov soit parti. Je l'ai traîné avec moi depuis qu'il a 14 ans. Je l'ai suffisamment traîné comme ça. [...] Il ne faut jamais aligner Orekhovsky au premier match de la saison. Si il joue, forcément il se blesse ! Je n'aurais pas dû le laisser jouer à Omsk, ça aurait été mieux de le faire commencer par ce match."

 

Spartak Moscou - Dynamo Moscou 1-1 (0-0, 0-1, 1-0, 0-0) / 1-2 aux tirs au but

Jeudi 6 septembre 2007 à 19h00 au palais des sports Sokolniki, Moscou. 3800 spectateurs.

Arbitrage de M. Karabanov assisté de MM. Shelyanin et Sazonov.

Pénalités : Spartak 14', Dynamo 20'.

Tirs : Spartak 38 (5, 13, 17, 3), Dynamo 26 (11, 10, 5, 0).

Évolution du score :

0-1 à 24'59" : Goroshanski assisté de Giordano

1-1 à 54'43" : Vishniakov assisté de Kanareïkin (sup. num.)

Tirs au but :

Spartak : Vorobiev (manqué), Upper (manqué), Akifeïev (réussi).

Dynamo : Rylov (manqué), Kharitonov (réussi), Badyukov (réussi).

 

Spartak Moscou

Gardien : Konstantin Simchuk (UKR).

Défenseurs : Leonid Kanareïkin - Vyacheslav Belov ; Evgeni Sapozhkov - Roman Kukhtinov ; Vladimir Korsunov - Sergei Zimakov ; Alekseï Bondarev - Vladislav Egin.

Attaquants : Albert Vishniakov - Maksim Rybin - Dmitri Pestunov ; Dmitri Meleshko (BLR) - Mikhaïl Yunkov - Andreï Galushkin ; Alekseï Akifeiev (c) - Dmitri Upper (KAZ) - Kirill Knyazev ; Ilya Dokshin - Pavel Vorobiev - Alekseï Zykin.

Remplaçant : Evgeni Lobanov (G). Absents : Aleksandr Yunkov, Mikhaïl Ivanov, Andrei Yakhanov (choix du coach).

Dynamo Moscou

Gardien : Sergei Zvyagin.

Défenseurs : Sergei Vyshedkevich (c) - Yakov Rylov ; Aleksandr Budkin - Alekseï Troshchinski (KAZ) ; Andreï Zabolotnev - Ivan Maksimkin ; Renat Mamashev - Mark Giordano (CAN).

Attaquants : Igor Mirnov - Dmitri Shitikov - Vitali Yachmenev ; Maksim Ossipov - Aleksei Badyukov - Aleksandr Goroshanski ; Jamie Lundmark (CAN) - Aleksandr Polukhin - Aleksandr Kharitonov ; Alekseï Chupin - Gennadi Stoliarov - Éric Landry (CAN).

Remplaçant : Aleksandr Zalivin (G). Absents : Oleg Orekhovsky (commotion cérébrale après une charge d'Artyukhin à Kazan), Fedor Fedorov (pied enflé après avoir heurté le poteau), Vitali Eremeïev, Gennadi Razin, Evgeni Blokhin (étrangers surnuméraires).

 

Retour au championnat de Russie