Avignon - Montpellier (15 septembre 2007)
Match comptant pour la première journée de division 1.
Tout était pourtant réuni pour rassurer les Vipers. À peine le match entamé, à la seconde présence de la première ligne, alors même que le grand défenseur Richard Filip avait goûté à la médecine du docteur Vaissaire, le bon génie des mille et une obstructions possibles et imaginables, voilà que Marek Michalovic servait Juraj Huska pour un modèle de contre-attaque. Celui-ci tirait entre les jambières de Bozik (4'32 0-1). C'était l'un des seuls cadeaux que le portier des Castors accordera de la soirée. Pour preuve ce festival de tirs cadrés (17 dans le tiers-temps) sans qu'il ne cède le moindre pouce. Sur une pénalité accordée par Yann Fornaguera, les Vauclusiens, mis en confiance par les performances de leur gardien, annulaient ce mince avantage. Recroquevillés sur un Robert Marton un peu fébrile en ce début de match, les défenseurs gênaient celui-ci, qui ne voyait pas George-Étienne Côté, bien décalé par Ribourg, décocher un lancer frappé du côté de son bouclier (1-1, 10'08).
La timidité des joueurs de Lionel Bilbao allait apparaître comme flagrante au deuxième tiers-temps. Alors que les Castors attaquaient sans aucun complexe, comme un éclair trop rare, une étincelle s'allumait dans le jeu timoré des Vipers. Sur une sortie de zone de Milan Takac, Erik Möller déviait pour Marc-André Allard qui filait seul au but pour loger le palet entre les jambières de Bozik (1-2, 25'51). Le Québécois montrait un chemin déjà emprunté par Huska, mais qui semblait être dédaigné par ses coéquipiers, plutôt attirés par d'improbables lucarnes toujours sorties par un Bozik serein. Huska privait ses coéquipiers de sa présence pour une septième infériorité concédée. L'opportuniste Georges-Étienne Côté en profitait pour glisser à Pierre Carabalona, qui servait Damien Ribourg paisiblement libéré de tout marquage devant Robert Marton, qu'il se contentait d'ajuster sur un retour un peu lent (2-2, 32'45).
Marek Michalovic profitait d'une infériorité du frère Ribourg pour inscrire le but du capitaine qui tente de galvaniser ses partenaires, glissant tout seul - avec des coéquipiers pourtant en supériorité - le palet dans un trou de souris (2-3, 39'05).
On pouvait espérer des Vipers qu'ils triomphent du signe indien au troisième tiers-temps (le retour au score de l'équipe adverse, must en vogue la saison dernière). Avec un secteur défensif revu et corrigé, on pouvait penser que l'équipe saurait tenir un avantage. On avait tout faux. C'est au contraire un remake des errances de la saison passée auquel on semblait assister. Tout allait de travers pour des Montpelliérains contraints à l'accrochage pour survivre encore un peu. Pourtant les Avignonnais paraissaient bien prenables, commettant faute sur faute eux aussi. À ce jeu idiot, Robert Mokry concédait la pénalité de trop, qui allait permettre à Jonathan Guay (3-3, 57'47) de niveler un score par un travail solitaire. Le Canadien répondait du tac au tac à un Marek Michalovic qui voyait s'envoler son espoir de débuter son capitanat par une victoire.
Les Vipers ont abandonné un point dans le Vaucluse. Un point qu'ils peuvent se féliciter d'avoir pu conserver, tant ils sont apparus inconsistants dans le dernier tiers. Devant une équipe d'Avignon qui a joué de toutes ses qualités, ils ont montré de vraies lacunes. Des carences qu'il faudra vite combler pour la venue de Bordeaux, de Gap et de Neuilly, sous peine de faire déjà sourire avec des prétentions de qualification en poule finale.
Commentaires d'après-match (dans La Provence et sur le site officiel des Vipers)
Denis Charpentier (entraîneur d'Avignon) : "C'est un excellent point dans la mesure où notre effectif était bien incomplet, derrière notamment où Pommier, Lantier et Kalata manquaient à l'appel [problèmes de licence]. Au plan individuel, les défenseurs Côté et Mazuch, mais aussi Lacaes et Ribourg qui revenaient de blessure, ont fait un excellent match. [...] Pour un début de saison, il y a eu beaucoup d'intensité et j'ai apprécié le changement d'attitude côté héraultais qui fait que nous avons pu jouer un match propre, comme je voudrais en jouer tous les samedis."
Lionel Bilbao (entraîneur de Montpellier) : "On a eu du mal au niveau offensif, mais au niveau cohésion de groupe je garde tout de même un point positif, puisque tous les joueurs, sur la glace ou sur le banc, étaient à fond dans leur match. [...] On savait déjà que les unités spéciales seraient d'une extrême importance lors de ce match, et on s'est pourtant retrouvés avec un boxplay en difficulté et un powerplay assez défaillant. Il est vrai que ces configurations prennent du temps à se mettre en place, il nous faut bonifier ces phases de jeu le plus rapidement possible. Il faut dire qu'on a pas été disciplinés. Sur la fin du match, il nous aurait fallu mieux se positionner et délayer le jeu pour conserver l'avantage, au lieu de se laisser aller à des gestes inconsidérés. C'était un sacrifice à faire au nom du collectif. Au niveau arbitral, je trouve tout de même qu'il (M. Vaissaire) a beaucoup laissé le jeu se dérouler. Contrairement aux réactions du public, il aurait pu siffler beaucoup plus. Normalement, samedi on devrait avoir un arbitre (M. Barbez) bien plus strict. L'équipe fera bien de se surveiller."
Avignon - Montpellier 3-3 (1-1, 1-2, 1-0)
Samedi 15 septembre 2007 à 18h00 au Palais de la glace de Montfavet. 540 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Vassaire assisté de Patrick Peythieu et Thierry Espigat.
Pénalités : Avignon 34' (4', 8', 12'+10'), Montpellier 32' (8', 12', 12').
Tirs : Avignon 27 (11, 7, 9), Montpellier 37 (17, 12, 8).
Évolution du score
0-1 à 04'32" : Huska assisté de Michalovic (inf. num.)
1-1 à 10'08" : Côté assisté de D. Ribourg (sup. num.)
1-2 à 25'51" : Allard assisté de Möller et Takac
2-2 à 32'45" : D. Ribourg assisté de Carabalona et Côté (sup. num.)
2-3 à 39'05" : Michalovic (sup. num.)
3-3 à 57'47" : Guay (sup. num.)