Caen - Angers (16 octobre 2007)

 

Quart de finale de la Coupe de la ligue, match aller.

Que d'enjeux pour un match de Coupe de la ligue ! Les Caennais ont connu un de leur rares succès cette saison face à Neuilly au premier tour mais ont échappé de peu à l'élimination. Les dernier matchs de championnat ont été catastrophiques (défaites 7-3 à Strasbourg et 7-2 contre Briançon puis 3-2 contre Villard) et le HCC n'a pas encore engrangé de victoire. La coupe est donc l'occasion de jouer sans la pression de la relégation (on en parle déjà !). Les Angevins réalisent un très beau début de saison et on attend d'eux qu'ils servent le même hockey qu'au match de préparation. Un jeu qui leur avait réussi puisqu'ils avaient balayés les locaux 5 à 1. Un résultat largement favorable aux Ducs est d'autant plus attendu qu'ils ont annoncé la "grande équipe" : pas question donc de négliger cet aspect de la compétition.

La force de la jeunesse

Dès l'échauffement on peut apercevoir un changement par rapport à l'habitude. Mais qui est ce n°9 dans les rangs bas-normands ? L'interrogation nous quitte à la présentation de l'équipe ; il s'agit d'Olivier Vandecandelaere (que je surnommerai "Vande" pour des raisons que vous pouvez comprendre) qui vient renforcer la défense des Drakkars. Il ne s'agit pas d'un joker défensif mais d'un passage de l'équipe D2 à l'équipe Magnus. Après une présentation vidéo des joueurs locaux, le match commence sous les acclamations persistantes des supporters angevins qui ont fait le déplacement. Leur entrain réussit même à couvrir les haut-parleurs de la patinoire. Dommage que l'acoustique ne restitue que très médiocrement leurs encouragements.

Ainsi que prévu, Angers domine le sujet et les hommes de Dusseau se montrent agressifs. Mais ils se heurtent à Arnaud Goëtz, bien décidé à montrer qu'il est encore dans la course pour la première place dans les cages des Drakkars. Sa défense est également bien en place puisque le renfort défensif permet de revenir à trois paires. "Vande" met un peu de temps à trouver ses marques mais il fait un très bon match avec Jonathan Janil dont la qualité n'est plus à prouver. Leurs coéquipiers ne sont pas non plus en reste et la cohésion permet de clore le tiers sans but. Côté angevin, la domination se concrétise par 15 tirs contre 6 mais rien n'aboutit. On commence alors à sentir de la frustration chez eux avec les premières erreurs : passes mal ajustées ou mal contrôlées qui n'enlèvent pourtant rien au danger créé par ces attaquants.

Le retour sur la glace est difficile pour le Drakkars. Ils peinent à construire le jeu en attaque et génèrent de nombreux dégagements interdits pour sortir le palet de leur zone. Jodoin profite de la nette supériorité de Metsäranta à l'engagement pour ouvrir le score dès la réception de la rondelle (0-1 à 22'02"). Et ce but réveille les Caennais. Les jeunes ont déserté le banc et les frères Avenel ainsi que Pépy associés à la plus jeune paire défensive mettent leurs adversaires à la faute. S'ensuit un festival offensif orchestré par un Nemcicky qu'on sent revivre quelques minutes. Les efforts consentis restent vains car Florian Hardy ne laisse rien passer. Et la sanction arrive à nouveau sur un engagement où Salonen concrétise le rebond sur le shoot de Lacroix (0-2 à 28'43"). Alors que l'écart est creusé, l'attaque ne faiblit pas et les Angevins sont mis à la faute. Mais ils restent à l'affût même pendant ces périodes. Il faut toute la vigilance de Nemcicky et une mise en échec un peu sévère pour éviter le 1 contre 1 contre Goëtz. Il termine ainsi la période sans se laisser distancer davantage.

La situation s'améliore alors pour les locaux en reprenant à 5 contre 4 pour deux minutes pleines. Mais la supériorité est plus utilisée pour se remettre dans le bain que dans un but agressif. Toutefois, les deux équipes revenues à cinq, c'est la défense des Ducs qui est acculée et contrainte au dégagement. Elle n'est cependant pas totalement submergée et arrive par moment à redresser la tête. Le manque de réalisme adverse les aide également à se préserver. Pour illustration, à la cinquantième minute, Rusnak n'arrive pas à cadrer son tir alors que la cage est grande ouverte devant lui. Cet échec coûte cher au moral et amène l'arbitre à siffler deux pénalités contre les locaux. Bien installé à l'attaque, Angers attend le retour de son dernier joueur et prend le large (0-3 à 52'36"). Si l'issue de la rencontre ne fait plus de doute, l'écart au score ne reflète pas ce que l'on voit sur la glace. C'est à Josef Liska que revient l'honneur de rétablir la situation en sauvant l'honneur sur une belle progression de sa ligne (1-3 à 57'36").

Au final, la mise à mort attendue n'a pas eu lieu et les Ducs ont serré les dents pendant un bon moment avant de décrocher la victoire. Jamais ils n'ont pu baisser le rythme. Ils ont quand même fait honneur à leur première place en championnat en montrant une grande maîtrise du jeu et un excellent gardien. Au HCC, on a enfin compris que la force de l'équipe résidait dans sa jeunesse et qu'il faut donc les faire jouer ! On les a d'ailleurs vus dans tous les secteurs du jeu y compris au grand complet dans les défenses d'infériorité. Le résultat est plus que probant et on espère voir autant d'engagement et plus de concrétisation dans les prochains matchs.

Compte-rendu signé Benoît Gy

 

Commentaires d'après-match (dans Ouest France)

Rodolphe Garnier (entraîneur de Caen) : "Depuis l'entraînement de lundi, je sens beaucoup de détermination. On a su parfois les faire déjouer, on les a fait travailler. En supériorité, on n'ose pas non plus prendre les bons shoots, parce qu'on manque de confiance. On met beaucoup d'énergie à défendre, peut-être qu'on manque aussi de lucidité pour enchaîner devant. [Vandecandelaere] a fait son boulot, je souhaite que l'expérience se renouvelle, au club de décider. [Goëtz] mérite [d'être titulaire], vu ce qu'il montre depuis quelque temps, notamment à l'entraînement."

François Dusseau (entraîneur d'Angers) : "On s'est satisfait de peu, les gars n'ont pas trop respecté ce que j'avais demandé en terme de jeu, de mouvement. Nous avons joué à leur rythme. Il y a des choses à voir, on va en discuter, car on devra jouer différemment [samedi en championnat, toujours contre Caen]. Il faudra faire preuve de beaucoup plus de détermination."

 

Caen - Angers 1-3 (0-0, 0-2, 1-1)

Mardi 16 octobre 2007 à 20h00 à la patinoire de Caen la mer. 500 spectateurs

Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Yann Furet et Jérémy Rauline.

Pénalités : Caen 24' (8', 2', 14'), Angers 18' (4', 10', 4').

Évolution du score :

0-1 à 22'02" : Jodoin assisté de Metsäranta

0-2 à 28'43" : Salonen assisté de Lacroix

0-3 à 52'36" : Lavigne assisté de Tessier et Fortier (double sup. num.)

1-3 à 57'36" : Liska assisté de Decock et Rusnak

 

Caen

Gardien : Arnaud Goëtz .

Défenseurs : Michal Cesnek - Alexis Gomane (A) ; Stefan Rusnak - Frédérick Brodin (A) ; Jonathan Janil - Olivier Vandecandelaere.

Attaquants : Brice Chauvel - Thibault Geffroy - Luc Chauvel (C) ; Thomas Decock - Tomas Nemcicky - Josef Liska ; Arnaud Hascoët - Jaroslav Prosvic - Jonathan Avenel ; [Hascoët ou Janil] - Quentin Pépy - Graham Avenel.

Remplaçant : Petr Tucek (G).

Angers

Gardien : Florian Hardy

Défenseurs : Pavol Mihalik - Simon Lacroix ; Jean-François Jodoin (A) - Kévin Igier ; Lauri Lahesalu - Éric Lavigne.

Attaquants : Hermanni Vidman - Sami Salonen - Martin Lacroix (C) ; Juho Jokinen (A) - Matias Metsäranta - Yven Sadoun ; Tomas Baluch - Éric Fortier - Michael Tessier.

Remplaçants : Pavol Mihalik (G), Nicolas Deshaies, Julien Albert.

 

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