Montpellier - Valence (26 janvier 2008)

 

Match comptant pour la dix-huitième journée de division 1.

Les Vipers ont largement racheté leur match perdu à Valence. Pas par une victoire et les deux points, mais par ce qu'ils auront montré de courage et d'abnégation pour résister, à la fois à une équipe de Valence toujours accrocheuse (au bon sens du terme) ainsi qu'à la minceur d'un effectif, réduit désormais à sa portion congrue. Dans ce contexte-là, le point conservé garde toute sa valeur.

Après avoir vu, juste avant leur match, l'équipe Minime U15 (moins de 15 ans) livrer un beau combat contre Grenoble et ses Brûleurs de Loups (2-3), les Vipers attaquaient les hostilités en se lançant par Andrej Bozik sur la cage de Lucas Fournier, le second gardien valentinois, préféré ce soir à Jérémy Valentin. À l'occasion, ils découvraient un nouveau venu à Végapolis issu du PAF (paysage des arbitres français), Fabrice Hurth. Celui-ci donne d'emblée une bonne impression, en laissant le vétéran Franck Saunier se faire proprement justice d'une charge correcte d'un jeune Valentinois.

Lorsque les Vipers se retrouvent en supériorité numérique pour la première fois, on se met à comprendre comment ils ont pu encaisser quatre buts dans cette configuration à Neuilly. Brouillons, peu inspirés, ils peinent à s'installer convenablement.

Mais c'est dans l'adversité qu'ils sont meilleurs. Avec la complicité mélodieuse du sifflet arbitral, les Vipers se retrouvent à tour de bras sur le banc des pénalités, sans que l'on sache alors vraiment s'il y a parti pris ou pas. Les Montpelliérains résistent bien et laissent les assauts valentinois se briser contre une défense bien en place.

Remis en supériorité par une charge contre Robert Marton à la relance, les Vipers concluent par un superbe lancer frappé à ras de glace asséné par Richard Filip sur une longue passe de Massimo Alfieri (1-0, 16'01). Les choses se compliquaient quand Alexis Billard écopait de 2'+10' d'inconduite, privant ainsi de rotation des coéquipiers déjà en sous-nombre. Si l'on ajoute à la sortie de Franck Saunier pour un deuxième adducteur plié, Lionel Bilbao pouvait bien faire la grimace.

Ayant bien noté que la mansuétude traditionnelle des arbitres s'appliquerait encore une fois, les Lynx avaient pris le parti de frapper à tort et à travers. Une charge dans le dos et contre la bande à Andrej Bozik, non sanctionnée, avait été le message implicite donné par Fabrice Hurth que la chose irait encore une fois de soi. Aussi est-ce tout surpris que les joueurs de Rossat-Mignod se voyaient envoyés au banc des prisons. Sachant pertinemment que l'embellie ne durerait pas, les Vipers prenaient un peu d'avance au score avec encore un tir de la pointe, en supériorité numérique, de Milan Takac (2-0, 23'54).

Bien leur en prenait, car juste un peu plus tard, Adryan Serrano sortait du match Yann Fornaguera, durement touché à la hanche. S'ensuivait une séquence de pénalités contre les Vipers qui allait largement contribuer à vider les Montpelliérains de leur force. Réduits à 7 attaquants et 5 défenseurs opérationnels, les Vipers tenaient pourtant. C'est un mauvais renvoi défensif en infériorité numérique qui devait coûter le but assassin. Les Lynx s'emparaient d'un palet trop faiblement renvoyé et Thomas Gaulier finissait le travail (2-1, 39'54).

C'est dans un vestiaire dévasté que le capitaine tentait de regonfler le moral de ses minces troupes, avant un tiers-temps qui s'annonçait épique. À la première pénalité infligée aux Valentinois, les Vipers se ruaient à l'attaque mais ne parvenaient pas à tromper le jeune Fournier, qui allait se montrer décisif tard dans le tiers.

L'arbitre soulevait le coeur du public en sifflant inversé, et c'est ainsi que le malheureux Alexis Billard, victime, se trouvait puni. Le tiers avançait ainsi au rythme des sifflets et de l'abnégation de Montpelliérains accrochés à leur mince avantage. Fatigués, las, touchés, les Vipers continuaient à tenir, même réduits à 3 contre 5 par des pénalités à Alexis Billard et Massimo Alfieri. Une résistance qui mettait hors de lui Antoine Pelisse qui aurait peut-être voulu qu'on enlevât un adversaire de plus. L'excité mis dehors, les Montpellierains se retrouvaient à 3 contre 4, pendant quelques secondes. C'est à la dernière, avant le retour d'Alexis Billard pour une parité, que Cyril Jossaume logeait le palet dans la lucarne (2-2, 57'27).

Un but logique, qui laissait les Vipers avec 2'30 pour tenter de reprendre l'avantage. Ils y seraient peut-être parvenus si un joueur Valentinois n'était pas venu devant le banc Montpelliérain et sous les yeux de l'arbitre, mimer un geste obscène avec sa crosse entre les jambes. Furieux de cette vulgarité et de ce manque total de respect, le capitaine Marek Michalovic exprimait sa façon de penser à l'arbitre qui trouvait plus commode de l'expédier, lui et Richard Filip, au vestiaire. La fin du match donnait lieu à une série de tentatives montpelliéraines que Lucas Fournier s'employait brillamment s'employer à réduire.

La route sera longue avant la rentrée des blessés, des indisponibles. Mais cela fait partie d'une saison de hockey. Il va falloir aux Vipers beaucoup de courage dans ces conditions pour aller chercher des résultats dans les prochains matchs. Les joueurs de Lionel Bilbao n'en manquent pas.

 

Commentaires d'après-match (sur le site des Vipers)

Lionel Bilbao (entraîneur de Montpellier) : "On ne va pas parler d'épuisement, mais plutôt d'une rupture physique, seul le mental les a tenus... On perd Franck (Saunier) au début du match, touché aux adducteurs, Andrej (Bozik) est chargé contre la bande, la jambière a tourné et son genou l'a gêné tout le long du match, puis Yann (Fornaguera) sort sur coup de coude et de genou au milieu du second, ça nous enlève deux avants. Dans le money time, l'arbitre nous enlève Marek et Rich' qui s'indignaient de la minable attitude d'un joueur de Valence après le but égalisateur. On se fait enlever Alexis (Billard) pendant 12 minutes en fin de première période. J'avoue, en tant que coach, que ce fut un match très très difficile à gérer, où il fallait essayer de tout anticiper : la fatigue, les remontées de l'adversaire, les pénalités, les blessures... On voyait la difficulté à avancer qui crispait le visage des joueurs, on pouvait lire leur fatigue dans leurs yeux. Il fallait malgré tout être là, à communiquer, à remotiver, à encadrer tout ça, demandant aux joueurs si ils étaient à 100% pour le prochain shift, leur demandant de mettre encore plus d'intensité dans un match où Valence mettait beaucoup de rythme. Nos deux buts d'avance ne pesaient pas bien lourd dans ce contexte. C'est pour ça que je dis que les garçons se sont battus jusqu'au bout pour 'conserver' ce point."

 

Montpellier - Valence 2-2 (1-0, 1-1, 0-1)

Samedi 26 janvier 2008 à 20h30 à Végapolis. 972 spectateurs.

Arbitrage de Fabrice Hurth assisté de Guillaume Barthe et Patrick Peythieu.

Pénalités : Montpellier 56' (12'+10', 6', 8'+10'+10'), Valence 24' (4', 6', 4'+10').

Tirs : Montpellier 19 (5, 7, 7), Valence 25 (7, 5, 13).

Évolution du score :

1-0 à 16'01" : R. Filip assisté d'Alfieri (sup. num.)

2-0 à 23'54" : Takac assisté d'Alfieri et R. Filip (double sup. num.)

2-1 à 39'54" : Gaulier assisté de Medeiros et Savajol (sup. num.)

2-2 à 57'27" : Josseaume assisté de Medeiros et S. Pelisse (sup. num.)

 

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