Montpellier - Viry-Châtillon (9 février 2008)

 

Match comptant pour la vingtième journée de division 1.

Blessé, Francis Larivée n'a pu faire le voyage, Geoffroy Marcon était dans les cages. Pas très attentif pour cette entame (il se rattrapera ensuite), le jeune gardien ne serrait pas assez ses bottes et Thomas Dumenil glissait le palet transmis par Andrej Bozik (1-0, 00'59). Une première supériorité ne donnait rien pour les Montpelliérains, mais au retour à parité, ils faisaient admirer une de leurs combinaisons préférées, le one-timer. Parti de Massimo Alfieri, le palet transitait par Alexis Billard et c'est le néo-ailier (par la grâce des blessures...) Jérôme Catil qui concluait le joli mouvement par une reprise instantanée (2-0, 5'48). Les prédictions du coach Lionel Bilbao allaient-elles se réaliser ? Les Vipers allaient-ils ne faire qu'une bouchée des Jets ? Pas tout à fait...

Les patineurs castelvirois surprenaient un powerplay un peu lent à se replier. Kevin Ledoux interceptait, prenait tout le monde de vitesse et parvenait à transmettre le palet au défenseur Yvan Kerneis qui déjouait habilement Robert Marton (2-1, 10'12). Ce but, pris alors qu'ils étaient en supériorité numérique, faisait descendre les Vipers de leur nuage. Un peu fébriles, les Montpelliérains enchaînaient subitement les fautes, immédiatement sanctionnées par l'arbitre M. Vaissaire. Celui-ci se montrait attentif à ne pas dénaturer le jeu, mais ne tolérait pas le mauvais geste. Les deux frères Filip en même temps sur le banc de punition, Robert Marton s'employait à tenir son équipe dans le match.

Les Franciliens revenaient au jeu avec le même plan de match, presser des Vipers dont l'énergie semblait décroître au fur et à mesure. Ceux-ci parvenaient de moins en moins à contenir les montées fulgurantes des attaquants en jaune et vert. C'est dans ces moments-là qu'un gardien doit faire la différence. Robert Marton sauvait son équipe par les arrêts-clés devant une attaque qui commençait à prendre conscience des failles défensives des Vipers et faisait tinter le fer de la transversale.

C'est à mi-parcours que les Vipers se donnaient de l'air en transformant une supériorité en or. Nul autre que Jérôme Catil n'aurait voulu plus conclure ce travail, pour un doublé salvateur (3-1, 30'31). Les Jets ne profitaient pas de deux supériorités et se voyaient ainsi asséner le coup de bambou de retour à parité. Le duo Julius "feu follet" Malcek - Juraj Huska mettait en orbite Andrej Bozik, celui-ci ne manquait pas son tir et  donnait un avantage décisif à son équipe (4-1, 37'55).

Dans le monde de Robert Marton, il y a sans doute comme une frustration. Ayant très bien fait son travail défensif par des arrêts importants, pourquoi ne pas participer à l'animation collective ? Or, le gardien des Vipers est empêtré dans son lourd équipement. Sa crosse, on doit l'avouer, n'est pas faite pour imprimer une direction fiable au palet. Il advient qu'il y ait du déchet... Après un arrêt du gant, le renvoi du bâton atterrissait direct sur la crosse de Victor Peduzzi qui exécutait un retour à l'envoyeur en faisant trembler les filets (4-2, 41'42).

Si les consignes du coach étaient de fermer tout couloir après ce rappel à l'ordre, un joueur ne l'entendait pas de cette oreille. Juraj Huska, en pleine période anniversaire (26), avait décidé de marquer un but de virtuose... Après un sonore poteau, le jeune Slovaque faisait admirer la mobilité de ses poignets, faisait se coucher Geoffroy Marcon... qui dressait sa mitaine au dernier moment pour frustrer l'attaquant des Vipers d'une lucarne promise.

Le public encore venu en nombre, malgré un tour de Coupe d'Europe au hand, avait eu droit aux facéties. Lionel Bilbao allait siffler la fin de la récréation et revenir aux choses sérieuses. "Tenir..." D'abord le score... Cela passait par la réflexion. Ensuite le physique... Cela passait par ne plus faire que les efforts indispensables. Malgré les nombreuses pénalités infligées aux Castelvirois, les Vipers ne se livraient plus. À tel point qu'en fin de match, malgré une supériorité annoncée, ils faisaient "la passe à 5", ce qui avait le don d'agacer les Jets qui en renversaient la cage. Le match en finissait là.

Ils ont assuré. Voilà ce que l'on peut dire de ce match où les Montpelliérains ont conservé le bénéfice de cette victoire, si importante avant les "explications" de la fin de course. À la peine, les Vipers ont payé cash les efforts consentis depuis maintenant un mois. Alfieri et Mettler sont rentrés, bientôt Allard et Fornaguera, puis peut être Moore et Möller, rejoindront leurs coéquipiers. Espérons que ce sera pile poil pour le money time de la qualification...

Il y a au moins une certitude. Les Vipers n'ont jamais été mis en danger, ils ont su resserrer les rangs pour ne pas se faire rejoindre et trouver l'opportunité de conforter leur avance. Ils savent aussi que tout un public leur est acquis, que tout un club les soutient, à l'image d'un dirigeant, Franck Saunier, faisant taire ses adducteurs, pour contribuer à cette victoire. Dans cette véritable course de haies, il faut savoir tenir, passer le cap, et pour cela, tous les moyens sont bons.

 

Commentaires d'après-match (sur le site des Vipers)

Lionel Bilbao (entraîneur de Montpellier) : "L'équipe a fait une très bonne entame, mais la suite est devenue de plus en plus compliquée. [...] En deuxième période on leur laisse plusieurs 2-contre-1, 3-contre-2, à des moments où il fallait pourtant tenir nos positions et rester solide défensivement. Le physique, le manque de fraîcheur et la fatigue nous ont compliqué la tâche. Face à une équipe jeune et dynamique, ce n'était pas gagné d'avance, et je pense que ces deux buts dès l'entame du match ont créé les conditions qui nous convenaient : à eux de se lancer à l'assaut pour revenir dans le match. Quant à nous, il fallait s'appliquer et s'économiser, tout en gardant le résultat. [...] Nous tournons depuis trois semaines en moyenne sur deux lignes. Les blessés sont justement les garçons qui ne travaillent pas en dehors (Möller, Allard, Alfieri ennuyé à l'aine) et dont on attend beaucoup pour le rythme. Le sort a voulu qu'en même temps d'autres joueurs non "pro" se blessent (Mokry, Duchosal, Mettler, Fornaguera) et que les garçons qui restent aient eu à faire face à un surcroît d'activités professionnelles qui ont perturbé les entraînements. Les ingrédients étaient réunis pour rencontrer les limites de l'organisme, on le paye cash."

 

Montpellier - Viry-Châtillon 4-2 (2-1, 2-0, 0-1)

Samedi 9 février 2008 à 20h30 à Végapolis. 1016 spectateurs.

Arbitrage de Laurent Vaissaire assisté de Guillaume Gielly et Laurent Garbay.

Pénalités : Montpellier 12' (6', 4', 2'), Viry 34' (4'+10', 6', 14').

Tirs : Montpellier 31 (7, 9, 15), Viry 22 (7, 11, 4).

Engagements : Montpellier 33 (12, 9, 12), Viry 36 (14, 10, 12).

Évolution du score :

1-0 à 00'59" : Duménil assisté de Bozik

2-0 à 05'48" : Catil assisté de Billard et Alfieri

2-1 à 10'12" : Kerneis assisté de Ledoux (inf. num.)

3-1 à 30'31" : Catil assisté de Michalovic et M. Filip (sup. num.)

4-1 à 37'55" : Bozik assisté de Huska et Malcek

4-2 à 41'42" : Peduzzi

 

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