Dynamo Moscou - Avangard Omsk (8 mars 2008)

 

Huitième de finale de Superliga russe, match 4.

Dynamo-Avangard, c'est la grosse affiche de ces huitièmes de finale. Un match entre géants du hockey russe et européen. D'un côté, les Moscovites, champions de Russie 2005 et champion d'Europe 2006 et de l'autre les Sibériens, champions de Russie 2004 et d'Europe 2005.

Sauf que ces deux équipes sont quand même en perte de vitesse. Le Dynamo avait été sèchement éliminé en huitièmes de finale l'an passé et a dû se contenter d'une pâle neuvième place en saison régulière. L'Avangard, demi-finaliste la saison dernière, n'a pu faire mieux que huitième.

Dans ce match des espoirs perdus, qui va rester en rade ? Pour l'instant, c'est Omsk qui est le plus mal engagé. Les Sibériens sont menés deux manches à une. Ils se sont fait surprendre lors de la première manche à domicile sur un lancer de la bleue de Vichedkevitch dans le temps supplémentaire, puis ils sont revenus à égalité lors du match suivant. Au début de la prolongation, l'annonceur de la patinoire a rendu public le coup de téléphone d'encouragement passé quelques minutes plus tôt par l'ancien joueur du club Jaromir Jagr qui suivait le match par internet. Fort de ce soutien à distance, Maxime Iakoutsenia a fini par marquer le  but vainqueur... Mais pour le premier match à Loujniki, le Dynamo a repris l'avantage dans la série en gagnant 3-2, dans le temps réglementaire cette fois. Autant dire que c'est très serré, mais les Sibériens n'ont plus le droit à l'erreur.

Le Dynamo attaque donc patin au plancher histoire d'en finir rapidement. C'est le Canadien Éric Landry qui place la première banderille, mais l'ancien attaquant du Canadien de Montréal touche le poteau de Fred Brathwaite, qui n'arrête pas les allers et retours entre la Russie et l'Amérique du Nord. On ne joue que depuis cinq secondes !

C'est ensuite au tour d'Alexeï Tchoupine d'être dangereux. L'Avangard de la Région d'Omsk (c'est à la mode d'être financé par les régions et donc de changer de nom...) est pris dans le blizzard et s'en sort par une première pénalité à 01'18 pour Alexeï Tertychnyï. Cela chauffe sur la cage de Brathwaite, mais le gardien canadien s'en sort bien face à Dimitri Chitokov puis Vitali Iatchmenev. Heureusement pour Omsk, le Dynamo est à son tour sanctionné avec deux minutes pour Alexeï Badioukov (02'43). La première action notable pour les visiteurs intervient à la 5e avec un tir de la bleue d'Anton Babtchouk, mais le tir du défenseur ukrainien naturalisé russe ne trompe pas Vitali Eremeiev, le gardien de l'équipe nationale du Kazakhstan.

Et cela repart pour le Dynamo avec deux belles occasions pour Dimitri Afanassenkov puis Eric Landry encore une fois. Mais Fred Brathwaite veille au grain. Et comme Vitali Eremeïev est également parfait lors de la pénalité dynamiste qui suit... On sent cependant que les prisons risquent bien de faire la différence. En supériorité numérique, le Dynamo est très dangereux : un tir de la bleue de Sergueï Vychedkevitch à la 9e le rappelle.

La suivante sera la bonne ! Mikhaïl Lioubouchine, le défenseur d'Omsk, ancien des Krylia Sovietov (y'avait longtemps tiens !), est sanctionné... et la réplique ne tarde pas : 38 secondes plus tard, le Dynamo a ouvert la marque d'un puissant tir de la bleue en coin de son défenseur Iakov Rylov (1-0, 13'46"). Une dernière tentative de Tchoupine qui passe de peu à côté et c'est la première pause.

Dépassé par les évènements, l'Avangard ne veut pas être largué dans ce match couperet et revient sur la glace avec de meilleures intentions. Cela se remarque d'entrée par une première tentative lointaine de Babtchouk. Mais la délivrance sibérienne intervient la minute suivante, où Alexeï Tchérépanov trompe un Vitali Eremeïev gêné par l'un de ses défenseurs (1-1, 22'21"). L'espoir renaît en Sibérie.

Pas pour longtemps ! Anton Babtchouk trouve le moyen d'être pénalisé juste après le but égalisateur de son équipe, et hop, tout est à refaire ! En cause, un missile lointain d'Alexeï Tchoupine. Le vétéran du Dynamo (35 ans) a mis une grosse patate qui est allé directement sous la transversale de Fred Brathwaite (2-1, 24'41").

L'Avangard encaisse le coup mais repart cependant de l'avant (normal !). C'est le défenseur canadien (d'origine ukrainienne comme de nombreux Canadiens) Ross Lupaschuk qui tente sa chance de loin (28e) mais Eremeiev est dans un grand jour...

Et à force de ne pas profiter des actions…l'Avangard se tire une balle dans le pied avec un 3 contre 5 à la 34e minute. Autant dire que le Dynamo chaud bouillant en supériorité numérique aujourd'hui ne va pas laisser passer l'occasion ! C'est le défenseur canadien Mark Giordano qui crée d'abord le danger par deux fois, et c'est Vitali Iatchmenev qui conclut victorieusement (3-1, 34'25"). Le Dynamo est même à deux doigts de tuer le match à trente secondes de la fin du tiers, encore en jeu de puissance et encore grâce à Giordano, mais son tir passe juste à côté.

Omsk n'a plus le choix. Il ne lui reste que vingt minutes pour sauver sa saison. Les Sibériens se jettent alors à corps perdu dans le dernier tiers. C'est d'abord une belle parade de Vitali Eremeiev qui les empêche de revenir au score, mais ils vont y parvenir la minute suivante en supériorité numérique. Babtchouk bombarde de la bleue, le palet heurte le poteau, et le premier à la récupération est le redoutable buteur international bélarussien Alyakseï Kalioujnyï (2-3, 42'42"). Tout est relancé. L'entraîneur dynamiste, le Tchèque Vladimir Vujtek, demande d'ailleurs un temps mort.

Mais la fin du match va filer à une vitesse incroyable. À partir de ce moment-là, accrochez vos ceintures ! Le rythme devient infernal. Le palet va d'une cage à l'autre à toute allure, cela patine dans tous les sens. Et comme l'arbitre ne siffle plus (il n'a peut-être plus assez de souffle, tellement cela va vite !), le temps passe incroyablement vite. Le Dynamo sent que c'est sa chance. Il évite les dégagements interdits, il ne gèle jamais le palet, il ne fait pas de faute. Il n'y a plus d'arrêt de jeu et le chrono tourne, défile, s'enfuit...

Omsk ne sait plus comment s'en sortir. Ils sont obligés de jouer pour revenir au score, mais le Dynamo en fluidifiant un maximum le jeu, leur tend un piège diabolique. Pensez-donc, pratiquement pas un arrêt depuis le but à la 43e, jusqu'à la prison suivante sifflée à la 57e ! Incroyable ! Et malheureusement pour les visiteurs, ce sont eux qui la prennent, cette prison : Denis Kazionov pour une faute pas évidente en plus, alors que l'arbitre avait tout laissé faire pendant toutes les minutes précédentes...

Tchoupine en profite pour envoyer un nouveau missile qui frappe le masque de Brathwaite... L'Avangard peut bien demander un ultime temps mort et sortir son gardien, c'est fini. Le Dynamo, en jouant la montre avec une grande maîtrise dans le dernier tiers, a réussi son pari : revenir en quart de finale un an après son échec en huitième contre le Lokomotiv.

Pour Omsk, c'est une saison à l'Amiénoise... L'époque de Jagr semble bien loin...

Étoiles du match Soviet Sport : *** Iakov Rylov (Dynamo), ** Alexei Tcherepanov (Avangard), * Vitali Iatchmenev (Dynamo).

Compte-rendu signé Bruno Cadene

 

Commentaires d'après-match

Vladimir Vujtek (entraîneur du Dynamo) : "Enfin nous avons corrigé notre jeu de puissace. Le secret, c'est de trouver des lignes de passes dégagées, sans pied ou crosse sur la trajectoire. Par exemple, le premier but, Kharitonov donne à Fedorov qui va à la cage et remet en retrait à Rylov. Excellent but ! C'est comme cela que nous avons gagné ce match et la série. [...] Le problème de Fedor Fedorov, c'est qu'il joue tout seul, sans utiliser ses partenaires. Mais aujourd'hui, il a prouvé qu'il était capable de jouer un hockey collectif. Je lui ai dit que c'est comme ça qu'il faut qu'il joue. Il peut déborder seul sur l'aile, mais pas repiquer au centre, il faut faire une passe. [...] Où Omsk a-t-il trouvé les forces dans cette dernière période ? Dans ce tiers, les 'faucons' ont failli nous donner des coups de bec. Je n'aurais pas été étonné de devoir jouer une autre prolongation... Durant le temps mort, j'ai dit aux joueurs de se calmer, de jouer à leurs positions... et ils ont fini sans chercher à dégager le palet !"

Sergei Gersonsky (entraîneur d'Omsk) : "Nous n'avons pas contrôlé nos émotions et nous avons pris trop de pénalités. La principale raison de notre élimination prématurée est le recrutement raté. Alors que beaucoup de clubs ont cinq lignes de seniors, nous en avons à peine trois. En conséquence nous avons dû jouer les deux tiers du championnat à trois lignes. Cette fatigue a affecté les meilleurs joueurs, et les blessures nous sont tombées dessus. En play-offs, nous étions simplement à bout de souffle. Les joueurs ont cru en leurs forces, je n'ai rien à redire sur leur attitude. Il nous restait à espérer que les blessés auraient le temps de guérir et d'être opérationnels. [...] Et quoi, vous voulez me virer tout de suite ? J'ai signé un contrat de deux ans et demi."

 

Dynamo Moscou - Avangard Omsk 3-2 (1-0, 2-1, 0-1)

Samedi 8 mars 2008 à 17h00 à la Malaïa Sportivnaïa Arena Loujniki de Moscou. 6000 spectateurs.

Arbitrage de M. Kadyrov assisté de MM. Mikhel et Shikhanov.

Pénalités : Dynamo 12', Avangard 18'.

Tirs : Dynamo 28 (13, 11, 4), Avangard 21 (8, 6, 7).

Évolution du score :

1-0 à 13'46" : Rylov assisté de Fedorov et Kharitonov (sup. num.)

1-1 à 22'21" : Cherepanov assisté de Popov

2-1 à 24'41" : Chupin assisté de Rylov (sup. num.)

3-1 à 34'25" : Yachmenev assisté de Landry et Giordano (sup. num.)

3-2 à 42'42" : Kalyuzhny assisté de Babchuk (sup. num.)

 

Dynamo Moscou

Gardien : Vitali Eremeiev (KAZ).

Défenseurs : Aleksandr Budkin - Mark Giordano (CAN) ; Yakov Rylov - Sergei Vyshedkevich ; Alekseï Troshchinski (c, KAZ) - Daniil Markov ; Oleg Orekhovsky.

Attaquants : Éric Landry (CAN) - Aleksei Badyukov - Vitali Yachmenev ; Fedor Fedorov - Alekseï Chupin - Aleksandr Kharitonov ; Dmitri Shitikov - Igor Emeleev - Dmitri Afanasenkov ; Gennadi Stoliarov - Aleksandr Goroshansky - Aleksandr Polukhin.

Remplaçant : Vadim Zhelobnyuk (G). Absents : Sinuhe Wallinheimo, Gennadi Razin (étrangers surnuméraires), Konstantin Romanov, Roman Voloshenko, Andrei Lozhkin (choix du coach).

Avangard Omsk

Gardien : Fred Brathwaite (CAN) [sorti à 58'55"].

Défenseurs : Anton Babchuk - Denis Denisov ; Evgeni Kurbatov - Nikita Nikitin ; Ross Lupaschuk (CAN) - Aleksandr Titov ; Evgeni Dubrovin - Mikhaïl Lyubushin.

Attaquants : Pavel Rosa (TCH) - Aleksei Kalyuzhny (BLR) - Egor Averin ; Aleksei Tertyhny - Aleksandr Svitov (c) - Aleksandr Golovin ; Denis Kazionov - Nikita Smirnov - Vladimir Pervyshin ; Aleksei Cherepanov - Anton Zhdanov - Aleksandr Popov.

Remplaçant : Aleksandr Fomichev  (G). Absents : Sergei Klimentiev (étranger surnuméraire), Artem Chubarov (genou), Anton Kuryanov (muscle de la cuisse gauche déchiré le mois dernier dans un choc genou contre genou avec Korolyuk).

 

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