Montpellier - Courbevoie (8 mars 2008)

 

Match comptant pour la vingt-quatrième journée de division 1.

Jamais facile de concrétiser un parcours par une victoire. Dans un match à enjeu, c'est souvent celui qui se libère le plus tôt de la pression qui l'emporte. L'enjeu tue le jeu. C'est ainsi que les deux équipes entraient un peu à reculons dans un match qui ne restera dans les annales de Végapolis que parce qu'il aura vu la qualification des Vipers aux demi-finales 2007/2008.

Le talentueux Juraj Huska illustrait cette pression paralysante par un palet perdu en zone offensive, alors même que l'entraîneur-joueur adverse Rishi Ovide-Étienne était en prison pour obstruction. Gregory Boissière le récupérait, transmettait à Filip Vychodil qui rapidement propulsait Arnaud Bougaran vers le but de Robert Marton. Le jeune Francilien exécutait une feinte et logeait la rondelle noire dans le haut du filet (0-1, 9'28).

Limiter à quatre lancers la production de l'opposant gallinacé dans ce tiers ne pouvait suffire avec un but de retard. C'est, comme souvent, de la volonté qu'allait naître la solution. Après une double supériorité restée sans effets, Alexis Billard continuait à cinq contre quatre et essayait une première fois de rentrer en zone pour effectuer un grand mouvement stérile. Malgré tout l'action n'était pas vaine, car elle allait permettre un peu plus tard à Marek Michalovic de trouver le même Alexis pour glisser le palet au fond des filets (1-1, 15'02). Les joueurs de Montpellier donnaient pourtant l'impression de tâtonner, malgré les nombreux tirs. Le tiers-temps crispé se finissait sur ce score de parité.

Le talent n'est rien sans l'orgueil du joueur qui sait qu'il a fauté. Juraj Huska n'aurait laissé à personne le soin de laver l'affront de cette erreur commise au premier tiers. Lancé par Julius Malcek, l'ailier slovaque allait effacer la défense pour tromper Nicolas Fourcade (2-1, 21'53).

Penser un instant que le COC allait ainsi abdiquer ne pouvait s'envisager. Les Courbevoisiens rappelaient que l'on ne termine pas sur un podium par hasard. En l'absence de Jan Timko, le buteur Zdenko Sarnovsky se met souvent en évidence. Profitant d'une erreur commise en zone centrale, l'inévitable Filip Vychodil ouvrait pour Alexandre Motte qui relayait intelligemment sur Sarnovsky. Celui-ci se jouait de Richard Filip pour glisser le palet entre les bottes de Robert Marton (2-2, 22'42).

L'expérience d'un grand ancien, ça sert. Sans doute conscient du flottement qui risquait de naître de cette égalisation, Franck Saunier réveillait son monde en distribuant coups d'épaule et attaques rageuses sur le porteur du palet. Un travail de sape qui portait ses fruits lorsque Richard Filip, le même qui n'avait pu trouver le moyen d'arrêter Sarnovski, transmettait un palet récupéré à Massimo Alfieri qui tirait fort devant le filet. Le vétéran coupait la trajectoire et déviait le palet au fond (3-2, 24'53). Un but qui sera attribué à tort à Yann Fornaguera par les arbitres.

Échouant dans un break devant le gardien du COC, Julius Malcek ruminait son échec. C'est Marc-André Allard et Juraj Huska qui lui permettaient d'effacer la malheureuse tentative. Le feu follet allait en jeter théâtralement sa crosse sur la glace après avoir accru l'avance de son équipe (4-2, 34'24). Un geste interdit par l'arbitre, M. Avavian, qui rappelait que le jet de crosse est réprimé par les textes.

Mais il fallait tuer le match. C'est Milan Takac qui se muait en bourreau. Transformé en attaquant, le jeune défenseur allait tromper le gardien adverse d'un revers qui levait le palet sous la barre (5-2, 39'43).

Même s'il n'est pas d'une facture exceptionnelle, un match à enjeu n'est jamais ennuyeux. L'enjeu pour les Vipers était tout de même une qualification pour des demi finales, l'un des objectifs affichés par le club depuis le début de la saison. L'enjeu pour le COC était de garder un espoir de qualification pour défendre un podium acquis ici même au mois d'avril 2007.

Le petit millier de spectateurs l'avaient bien compris car tous retenaient leur souffle aux tentatives des deux équipes. Des mouvements qui se succédaient de part et d'autre, même si les Montpelliérains semblaient plus spectateurs qu'acteurs, se contentant de maîtriser les Franciliens. Les joueurs de Rishi Ovide-Étienne héritaient d'une bonté de Marc-André Allard qui transmettait par erreur le palet à Alexandre Capet. L'homonyme de la dynastie royale ne tardait pas à l'aiguiller vers la gare de triage de son équipe, Zdenko Sarnovsky, qui alertait Alexandre Motte pour tromper Robert Marton une troisième fois (5-3, 52'03).

Un but qui avait pour effet de rebooster l'équipe de Courbevoie, humant tout à coup la possible remontée. Mais l'exploit nécessitait des ressources que les Franciliens n'avaient plus et une complaisance que les Vipers ne sont plus décidés à accorder. C'est donc au rythme du tambour des supporters que les dernières secondes s'égrenaient pour qu'enfin explose à nouveau le "thunder truck" sauce Vipers qui ne se joue qu'en cas de victoire. Un hymne qui n'a plus cessé de retentir à Végapolis depuis un certain 2 novembre, pour un Montpellier-Reims, match du réveil.

 

Montpellier - Courbevoie 5-3 (1-1, 4-1, 0-1)

Samedi 8 mars 2008 à 19h30 à Végapolis. 979 spectateurs.

Arbitrage de Julien Avavian assisté de Guillaume Barthe et Laurent Garbay.

Pénalités : Montpellier 18' (6', 6', 6'), Courbevoie 14' (6', 6', 2').

Tirs : Montpellier 33 (13, 9, 11), Courbevoie 17 (4, 7, 6).

Évolution du score :

0-1 à 09'28" : Bougaran assisté de Vychodil et Boissière (inf. num.)

1-1 à 15'02" : Billard assisté de Michalovic (sup. num.)

2-1 à 21'53" : Huska assisté de Malcek

2-2 à 22'42" : Sarnovsky assisté de Al. Motte et Vychodil

3-2 à 24'53" : Fornaguera assisté d'Alfieri et R. Filip

4-2 à 34'24" : Malcek assisté de Huska et Allard

5-2 à 39'43" : Takac assisté d'Allard et M. Filip

5-3 à 52'03" : Al. Motte assisté de Sarnovsky et Mistrik

 

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