Neuilly-sur-Marne - Montpellier (12 avril 2008)
Demi-finale de division 1, match retour.
Un très bon match des deux équipes ce soir, avec du suspense ! Le premier tiers a démarré sur les chapeaux de roues. En effet, Les Vipers ont commencé le match pied au plancher, à tel point que je me suis inquiété sur l'issue finale, et c'est presque contre le cours du jeu que les Bisons ont marqué les deux premiers buts.
Le premier survient rapidement et est l'œuvre de Milan Vatuscko, bien placé au second poteau. À peine le temps de savourer et de vraiment souffler que la défense des Vipers cède devant Garret Larson (Tarlé sur la feuille de match) qui crucifie le Marton après une belle remontée du palet de la zone neutre jusqu'au fond des filets du gardien de Montpellier.
Vu ce début, on se dit que Neuilly va se balader, mais en fait, Montpellier profite d'une première supériorité numérique (accrocher de Ballet) pour marquer sur le rebond du palet. Marek Michalovic, bien installé devant l'enclave (le défenseur des Bisons pensait avoir réussi à l'empêcher de nuire mais...), reprend et marque. Propre et efficace. Rien à dire. Ensuite, les Vipers dominent physiquement tout le reste du tiers. Les Bisons résistent mais le collectif montpelliérain apparaît clairement supérieur.
Le deuxième tiers commence mal a priori pour les gars du 9-3, puisque Ballet a pris 2'+2' pour crosse haute avant la pause, mais cette pénalité compensée par une méconduite du défenseur montpelliérain Richard Filip (pour avoir bousculé son collègue nocéen fautif) qui va faire défaut en jeu de puissance... Montpellier n'en profite donc pas. Pavol Svitana dribble même le gardien et marque en infériorité numérique. À partir de là, les Nocéens commencent à prendre le contrôle du match et Larson convertit le premier caviar de Marton Gascon : ce dernier récupère le palet prêt du cercle d'engagement, côté gauche des buts de Marton, et sans lever la tête, envoie le palet devant le but, mi-passe mi-tir... Vista et confiance. Bravo, ça fait 4-1.
Les Vipers sont à l'ouest et leur entraîneur demande un temps mort. Ce qui aurait alors pu apparaître comme une bonne nouvelle pour les Montpelliérains va s'avérer une catastrophe. Alors qu'ils bénéficient d'une double supériorité numérique, Larson récupère le palet en zone neutre et lance Gascon dans la foulée. Ce dernier s'infiltre entre deux défenseurs, s'échappe et s'en va glisser le palet entre les jambes de Marton. Dans la foulée, Les Vipers qui ne semblent toujours pas décidés à lâcher quoi que se soit se retrouvent à affronter Julien Figved (on est toujours 5 contre 3 à ce moment en faveur des visiteurs). Ce dernier sort alors deux gros arrêts quasiment coup sur coup, dont un 1 contre 1 bien négocié. Déterminant. À noter un troisième gros arrêt de Figved en fin de tiers : comme pour les deux précédents, il en est très fier et le montre...
Retour à égalité numérique puis nouveau coup de boutoir des locaux. Martin Gascon, décidément intenable, s'enfonce dans la défense des Héraultais, embarque tout son monde, gardien compris, et d'une savante passe en retrait du revers sert son deuxième caviar de la soirée. Grégory Tarlé n'a plus qu'à pousser la rondelle au fond des filets. Marton a compris que ce n'est pas sa soirée et laisse la place à Agnel. 6-1 à la fin du tiers, c'est tout bon. Et de bien belles actions dans ce deuxième tiers.
La pause entre les deux derniers tiers est l'occasion de quitter l'arrière des buts et de s'installer derrière les vitres du bar. Des Jets ont fait le déplacement (Persico, Litim, Kernéis). Une question me hante quand même avant le début de ce troisième tiers. Pour avoir vu deux fois les Bisons contre les Jets, et pour l'avoir lu souvent sur le forum, je me dis que ce score de 6-1 ne peut qu'encourager les Nocéens dans leur inconstance/déconcentration légendaire. Facteur aggravant, les Vipers ne semblent pas découragés par le score. Passons ! Pour se qualifier Neuilly doit gagner de deux buts. Les Bisons contrôlent tant bien que mal mais contrôlent. Les Vipers essaient toujours mais ça ne passe pas. Bref, Neuilly-sur-Marne semble sur une voie royale. Arrive le septième but des Bisons, suite il me semble à un faux rebond du palet sur la bande, ou plutôt sur le filet, d'où les protestations du gardien Agnel. 7-1, c'est l'euphorie chez les joueurs et dans le public (patinoire pleine ou presque).
Là, je pense que les Bisons se sont dit que c'était plié et se sont pas mal déconcentrés. Les Vipers, encore vigilants, trouvent rapidement la faille et enfilent enfin un deuxième but pat la palette de Michalovic, encore lui. Pas grave... pour l'instant. En moins de dix minutes, le score passe à 7-4 et là le public stresse et commence "à faire de l'huile" (c'est pas de moi hein...), surtout que le troisième but est entièrement imputable à Figved qui juge mal la trajectoire d'un tir de Richard Filip, puissant et brossé comme il faut, venu de la bleue. Résultat, le palet s'en va au fond des buts. Après le 7-4, on a l'impression que les bisons ont réussi à se ressaisir et qu'ils commencent à contrôler le match.
Les Vipers qui n'ont plus rien à perdre attaquent. Les Bisons commencent alors à faire quelques fautes que l'arbitre sanctionne par deux fois. La deuxième est fatale puisque les Vipers marquent le cinquième (au passage, l'arbitre aurait pu siffler un retenir la crosse de l'adversaire de Franck Saunier juste avant le but, ce qui aurait évité au public de "faire de l'huile" comme me l'a soufflé mon collègue). 7-5, ça se corse. Il reste trois minutes à jouer et là on se dit que si Montpellier, avec un but d'avance à l'aller, remet les pendules à zéro... Surtout qu'à deux minutes de la fin, Benoît Paillet, fatigué sans doute, décide d'aller en prison. De pas ou peu de suspense, on passe à une tension palpable. L'entraîneur des Vipers joue sa dernière carte en sortant son gardien et c'est alors que Zorro Gascon parvient à pousser le palet dans les filets déserts des Vipers suite à une belle passe de Bernardo Larson. 8-5, la messe est dite cette fois et les Nocéens sont définitivement rassurés. À la dernière minute, Ballet obtient un tir de pénalité qu'il ne parviendra pas à transformer. Pas grave.
En conclusion, l'inconstance des Bisons a failli leur coûter la place en finale. Peut-être que si la ligne de Thomas Appert était montée plus souvent au troisième tiers les choses eussent été différentes, mais j'en doute... Et comme ils jouent le premier match à domicile contre Gap, il leur faudra être parfaitement irréprochables s'ils veulent conserver une bonne chance de mettre la main sur le titre... Voilà, c'était une bien belle soirée et j'ai presque été peiné du sort des Vipers qui n'auraient pas démérité s'ils avaient obtenu la qualif'. Bravo aux Bisons !
Compte-rendu signé Erwan
Commentaires d'après-match
Lionel Bilbao (entraîneur de Montpellier) : "On a eu un trou, un seul tiers-temps, ça a suffi. C'est assez difficile à sortir, le remède miracle lorsqu'on voit son équipe couler. Dès qu'on a senti l'équipe revenir un peu plus solidement dans le jeu, n'ayant plus rien à perdre, on a naturellement tenté d'appliquer un système appelé '2-1-2 ailier désigné'. En quelques mots, ça consiste à faire presser (forecheck) les deux ailiers sur le porteur du palet accompagnés du centre-défensif en troisième homme pour la récuperation éventuelle du disque. Une stratégie à très hauts risques car on laisse de grandes ouvertures, en cas d'échec à récupérer. On est parvenu à construire ainsi un ou deux buts, un scénario quasi-idéal. L'adversaire a commencé à douter, à encaisser deux autres buts, on est revenu à 7-5. Notre remontée s'est arrêtée là... Après 8 mois de dur travail pour arriver au bout, il ne faut garder de ces deux matchs que la fierté d'avoir su revenir d'un humiliant 7-1 pour faire douter toute la patinoire, qui a poussé un énorme ouf de soulagement à la délivrance du but marqué en cage vide."
Neuilly-sur-Marne - Montpellier 8-5 (2-1, 4-0, 2-4)
Samedi 12 avril 2008 à 18h45 à la patinoire de Neuilly-sur-Marne. 569 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Nicolas Dessaint et Yann Vandaele.
Pénalités : Neuilly 18' (6', 6', 6'), Montpellier 24' (10'+10', 2', 2').
Évolution du score :
1-0 à 01'02" : Vastusko assisté de Paillet
2-0 à 02'49" : Tarlé assisté de Boileau et Duranceau (sup. num.)
2-1 à 05'37" : Michalovic assisté de Takac (sup. num.)
3-1 à 23'21" : Svitana assisté de Vastusko (inf. num.)
4-1 à 25'22" : Larson assisté de Gascon et Tarlé
5-1 à 32'12" : Gascon assisté de Larson (double inf. num.)
6-1 à 32'52" : Tarlé assisté de Gascon et Duranceau
7-1 à 43'48" : Paillet assisté de Mysicka et Ballet (sup. num.)
7-2 à 45'06" : Michalovic
7-3 à 46'05" : R. Filip
7-4 à 48'21" : Bozik
7-5 à 57'02" : Allard assisté de Saunier et Billard (sup. num.)
8-5 à 59'21" : Gascon assisté de Larson (inf. num., cage vide)
Neuilly-sur-Marne
Gardien : Julien Figved.
Défenseurs : Ludovic Duranceau - Joshua Boileau ; Jérôme Wagner (A) - Francis Ballet.
Attaquants : Garett Larson - Martin Gascon - Grégory Tarlé (A) ; Tomas Mysicka - Benoît Paillet - Benjamin Galmiche (C) ; Milan Vastusko - Pavol Svitana - Clément Rey.
Remplaçants : Roman Svaty (G), Mickaël Goujot, Mickaël Denis, Thomas Appert, Guillaume Leclancher. Absents : Tony Delage (ligaments), Laurent Veret (ligaments), Waldemar Pelikovsky, Jérôme Véret.
Montpellier
Gardien : Robert Marton puis Fabrice Agnel à 32'52".
Défenseurs : Richard Filip - Milan Takac ; Jérôme Catil - Marco Filip ; Thomas Duménil (A) - Franck Saunier.
Attaquants : Juraj Huska - Julius Malcek - Marek Michalovic (C) ; Erik Möller - Alexis Billard - Marc-André Allard ; Andrej Bozik - Ryan Moore - Yann Fornaguera (A) ; Massimo Alfieri.
Remplaçant : Martin Barnay. Absents : Anthony Duchosal, Robert Mokry, Jeffrey Mettler (blessés).