Mulhouse - Lyon (27 septembre 2008)
Division 2, poule sud, première journée.
C'était la rentrée à l'Illberg : un public plutôt nombreux s'était déplacé pour assister au premier match des Scorpions version 2008-2009. Finie l'intersaison interminable, à se demander où les Mulhousiens allaient évoluer. Finis aussi les rêves d'une division 1 encore plus alléchante. Ce sera la bonne vieille D2 et ses approximations de tous bords. Fini aussi de se demander si les renforts seront bons, si la préparation n'a pas été trop courte, si...
Ce soir, c'était déjà l'Affiche de la Poule avec la venue de Christer Eriksson (toujours chaleureusement salué par les Mulhousiens) et ses Lions de Lyon, eux aussi pas vraiment épargnés pendant l'été par l'amateurisme des, et de leurs, instances dirigeantes. Ce soir, en tout cas, le sport reprenait sa place et ce n'était pas plus mal pour tout le monde.
Enfin le sport, pas si sûr... Ça faisait seulement deux minutes environ qu'on jouait qu'il y avait déjà trois Mulhousiens et un Lyonnais en prison. Beaucoup de tension dans ce premier tiers où les Scorpions étaient complètement à la rue face à des Lions beaucoup plus remuants et relativement précis. Cela dit, on tire mais pas vraiment cadré.
La première occasion franche est à mettre à l'actif de Fredrik Berglind (8'45"), assurément le pivot de l'équipe rhodanienne hier soir. Les Lyonnais n'ont pas trop de difficulté à s'installer en zone mulhousienne ni à créer le danger tant les locaux sont statiques, peu précis et surtout très passifs devant leur gardien. Il s'en faut d'ailleurs de peu pour que Jérémy Bigot ne marque contre son ancienne équipe (11'00").
Pourtant, Mulhouse ouvre le score sur sa première occasion : David Croteau prolonge la passe-pichenette de son acolyte Tomas Tupy (1-0 à 12'38"). C'est d'ailleurs leur seule grosse occasion face à des Lyonnais qui pêchent en finition, comme cet ultime tir d'Aden , idéalement décentré par Sacha Jean, qui échoue sur Marc André Martel bien monté pour boucher l'angle (20'00").
À peine sortis des vestiaires, les Scorpions créent la sensation en scorant de nouveau : Olli Ruokamo conclut le centre impeccable de Romain Pierrel (2-0 à 21'51"). La défense mulhousienne va alors singulièrement subir un siège devant ses buts (Hansson face à Martel à 24'47") auquel elle ne répondra que peu, si ce n'est lors d'un échange Aubry-Croteau (26'00"). Le jeu est haché par de nombreuses fautes de part et d'autre, et par d'incessants arrêts de jeu. L'indiscipline alsacienne est alors sanctionnée par Lorris Katchadorian qui envoie dans la cage grande ouverte suite à un bon travail de la paire Kim Wikström - Quentin Garcia (2-1 à 31'10").
Les Haut-Rhinois jouent pourtant mieux que durant les premières vingt minutes, surtout devant... et quand ils sont au complet, fait plutôt rare durant la partie. Ce qui n'empêche pas Mikko Eloranta, servi au poil près par Berardino Quinto, de rater l'immanquable (37'28"). Dans la foulée, Lyon remonte et croit avoir légitimement marqué mais Martel, sanctionné aussitôt pour retard de jeu, a préalablement testé le manque de fixation de sa cage. Ce n'est que partie remise puisque sur la pénalité qui suit, c'est Yoann Chauvière qui punit Martel d'un tir tendu. Le gardien voit le palet ricocher sur son équipement avant de finir sa trajectoire au fond des filets, via un espace laissé un peu trop béant (2-2 à 38'23"). Il est alors temps que le tiers se termine car les locaux accusent sensiblement le coup pour l'occasion et ont de plus en plus de difficultés à contenir leurs rivaux.
Le second repos est de nouveau favorable aux Haut-Rhinois : Lyon joue alors en double infériorité quand Eloranta tire sur Macrez. Le palet ricoche sur l'épaule de l'ex-Amiénois et Pierrel accourt aussitôt pour exploiter le rebond (3-2 à 43'20"). Cette troisième réalisation redonne un peu plus de confiance aux locaux, sensiblement plus concentrés sur leur jeu. Toutefois, ils se font frayeur sur un contre d'Erik Aden dont le tir est repoussé par Martel, sans que le rebond trouve acquéreur (43'55"). Lyon arrive systématiquement à s'installer en zone offensive mais bute souvent sur un gardien requinqué, comme lors de ce réflexe face à Bigot, largement oublié par la patrouille (51'19"). Les Lions vont alors profiter d'un nouvel élan d'indiscipline alsacienne pour renverser la situation à leur profit : ils s'installent alors dans la zone locale, font tourner derrière jusqu'à ce tir de Berglind qui profite enfin d'un espace créé devant lui (3-3 à 53'27"). Dans la foulée, le même Berglind envoie en éclaireur Bigot. L'ancien attaquant caennais exécute un break turbo pour s'en venir crucifier Martel (3-4 à 55'09"). Plus rien ne sera alors marqué. Les Lions savent, eux, gérer leur avantage et les Scorpions baissent complètement les bras, handicapés par une fin de match sans Croteau, ni Tupy (sanctionné pour méconduite).
Pour résumer ce match trop haché pour rester dans les annales de l'Illberg, on peut dire que :
- des deux équipes, c'est Lyon qui possèdait la vitesse, la précision (toute relative), la discipline (toute aussi relative), l'homogénéité et la meilleure cohésion. Sa victoire est donc méritée. On retiendra aussi l'omniprésence de Fredrik Berglind, rendu indispensable notamment en powerplay. Le seul ennui, c'est que tous les palets convergeaient vers lui face à des Mulhousiens qui ne laissaient que rarement des couloirs face à lui : la tactique était donc trop souvent vouée à l'échec, au grand dam de Christer Eriksson qui possède toujours autant de voix ! À noter quand même les bonnes prestations du jeune quintet tricolore (la deuxième ligne)
- des deux équipes, celle qui était trop statique, trop empruntée, trop molle, trop peu cohérente et surtout beaucoup trop indisciplinée est celle qui a perdu, en l'occurrence Mulhouse. Pas la peine d'accabler de reproches les arbitres (sans doute un peu trop tatillons quand même). Les Scorpions sont encore en rodage, ce qui n'est pas étonnant quand on connaît leur intersaison, avec les conditions de recrutement que cela a imposées, et le peu de matches de préparation. On a donc vu un Martel d'abord fébrile puis de plus en plus efficace. On a vu aussi que le mot défense n'est toujours pas la spécialité locale, notamment pour nettoyer le trafic adverse devant la cage, hormis Eddie Stahre qui fut sans doute le seul à survoler au-dessus de la mêlée. On a enfin vu une attaque joyeusement bordélique... La tactique "on envoie sur Croteau, il va bien faire quelque chose" avait ses limites, surtout quand le bougre n'a que très peu participé au dernier tiers. C'est dommage car les trois blocs sont plutôt travailleurs et même techniquement et hockeyistiquement intéressants pour certains (Pierrel, Ruokamo, Tremellat et surtout Quinto). Il manque surtout énormément de cohésion et de discipline. Mais avec plus de travail, ces 9 lascars seront vraiment à surveiller. Deuxième point encourageant, la présence de Julien Aubry est un vrai plus, devant comme derrière.
- La prestation de Mulhouse était donc, ce soir, celle d'une équipe de D2 fin des années 90 (comprendre que la seule tactique qui vaille est d'y aller seul). Il y a donc du pain sur la planche si le club veut honorer son objectif : les play-offs et même plus !
Compte-rendu signé Stéphane Rault - photos Caroline Landré
Mulhouse - Lyon 3-4 (1-0, 1-2, 1-2)
Samedi 27 septembre 2008 à 17h40 à la patinoire Trimolet. 914 spectateurs.
Arbitrage de Hervé Roulet et Didier Drif.
Pénalités : Mulhouse 52' (14', 10'+10', 8'+10'), Lyon 24' (12', 4', 8').
Tirs : Mulhouse 24 (8, 9, 7), Lyon 47 (14, 18, 15).
Évolution du score :
1-0 à 12'38" : Croteau assisté de Tupy et Ruokamo (sup. num.)
2-0 à 21'51" : Ruokamo assisté de Pierrel et Croteau
2-1 à 31'10" : Katchadourian assisté de Garcia et Wikström (sup. num.)
2-2 à 38'23" : Chauvière assisté de Jean (sup. num.)
3-2 à 43'20" : Pierrel assisté d'Eloranta et Bringuet (double sup. num)
3-3 à 53'27" : Berglind assisté de Garcia et Chauvière (double sup. num.)
3-4 à 55'09" : Bigot assisté de Berglind (inf. num.)
Mulhouse
Gardien : Marc-André Martel.
Défenseurs : Eddie Stahre - Julien Aubry (C) ; Sylvester Selster - Adrian Durta ; Franck Herbrecht (A) - Tomas Tupy.
Attaquants : Olli Ruokamo - David Croteau (A) - Romain Pierrel ; Vincent Bringuet - Berardino Quinto - Vincent Da Silva ; Timo Preuss - Mikko Eloranta - Lucas Tremellat ; Nicolas Maindron.
Remplaçants : Dorian Delpal (G), Nicolas Waterlot, Maxime Mathieu.
Lyon
Gardien : Landry Macrez.
Défenseurs : Fredrik Berglind - Sacha Jean ; François-Henri Désérable - Ludovic Garreau ; Damien Croux - Johan Hansson.
Attaquants : Erik Aden - Yoann Chauvière - Sébastien Berthet ; Jérémy Bigot - Geoffrey Paillet (A) - Romain Masson ; Quentin Garcia - Kim Wikström (C) - Thomas Reverdin ; Lorris Katchadorian.
Remplaçants : Mickael Müller (G), Thibaud Rabinzhon, Barthelemy Cousein.